Cette gazette vous plaît ? Transférez-là à votre carnet d’adresses… Ils vous remercieront et nous aussi. | | Georges Kuzmanovic propose une lecture à rebours du récit dominant sur l’Iran. Il explique d’emblée que les États-Unis et Israël se sont enfermés dans une « impasse stratégique ». L’objectif affiché – « un changement de régime en Iran » – a échoué. D’où ce constat : « De facto… l’Iran a gagné la guerre en tout cas pour le moment ». Le régime tient. Le programme nucléaire n’est pas stoppé. « Le détroit d’Ormuz est bloqué alors qu’il n’était pas bloqué avant le début du conflit ». L’Iran conserve en outre une forte capacité de nuisance asymétrique, en frappant les infrastructures pétrolières régionales. Dans ce cadre, Georges Kuzmanovic démonte la communication américaine sur un prétendu blocus : « il y a 18 navires opérationnels américains pour faire un blocus… Depuis que ce blocus a commencé, 150 navires iraniens sont passés ». Il parle même d’une « fiction médiatique ». Cette impasse militaire a des effets immédiats chez nous. Georges Kuzmanovic insiste : même si la guerre s’arrêtait aujourd’hui, la note serait déjà lourde pour la France. Il imagine un scénario presque idéal – « si tout reprenait, le conflit s’arrête là aujourd’hui… ils se mettent d’accord, ils se serrent la main ». Pourtant, dans ce cas minimal, « pour la France, c’est déjà une récession de -1,1 % du PIB pour 2026, -0,9 % pour 2027. C’est une inflation qui va aller entre 5,5 et 6,5 % sur l’ensemble des prix ». Il évoque aussi « un demi-million de chômeurs en plus en catégorie A », dans un pays où les budgets des familles sont « très, très tendus » et où les hausses de prix précédentes n’ont jamais été rattrapées. Si le conflit repart, l’alerte devient rouge : le monde pourrait basculer « dans une dépression comme celle de 1929, pire en l’état actuel des choses ». Des économistes comme Jacques Sapir comparent déjà cette crise à un mélange du choc pétrolier de 1973 et de la crise énergétique de 2022. Chaque escalade militaire se traduit ainsi par plus de chômage, plus d’inflation et plus de tension sociale en France. À la question de savoir si les déclarations de Donald Trump sur l’Iran et le pétrole ne servent pas aussi des intérêts financiers, Georges Kuzmanovic répond sans détour : « c’est très exactement ce qui se passe ». Trump se vante de ne pas prendre de salaire, mais « sa fortune… est passée de 2,3 milliards de dollars au moment où il devient président à plus de 6,2 milliards », et autour de lui, « des délits d’initiés, il y en a ». Ce cynisme se déploie pourtant dans un rapport de force qui, de plus en plus, tourne à l’avantage de la Chine. Georges Kuzmanovic rappelle que Pékin extrait une large part des terres rares et en raffine plus de 90 %, qu’elle a déjà fait plier Trump lors du précédent sommet en bloquant les livraisons, au point que « au bout de trois semaines, tous les industriels appelaient la Maison-Blanche ». Il souligne aussi que certaines terres rares sont indispensables à la fabrication des armes de précision américaines et que la Chine maintient cet embargo, tout en apportant un soutien « plein et entier » à l’Iran avant le prochain sommet. Dans son image la plus forte, Xi Jinping apparaît comme un catcheur qui a « le genou sur le cou du gars en bas », tandis que Trump rêvait d’arriver à la table des négociations en jetant symboliquement « la tête de Maduro et la tête d'Ali Khamenei ». Sur ce ring géopolitique où s’entrecroisent sanctions, pétrole, terres rares et blocus fictifs, ce sont nos économies, notre souveraineté et notre paix sociale qui servent de tapis. |
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