Chères lectrices, chers lecteurs,
800 000 spectateurs, des historiens qui s'étripent dans « le Monde », des débats qui se prolongent sur les trottoirs à la sortie des salles… Depuis sa sortie mi-mars, « les Rayons et les Ombres », le film de Xavier Giannoli avec Jean Dujardin, ne laisse personne indifférent.
Le sujet ? La trajectoire de Jean Luchaire, journaliste pacifiste radical-socialiste qui a sombré dans la collaboration et fut fusillé en 1946, et celle de sa fille Corinne, éphémère étoile du cinéma français condamnée à dix ans d'indignité nationale.
Huit décennies après la fin de la Seconde Guerre mondiale, peut-on faire d'un collaborationniste le personnage principal d'un film de fiction ? Au Nouvel Obs, on a voulu poser la question à Pierre Assouline. L'écrivain, biographe d'Hergé et de Simenon, auteur de nombreux ouvrages sur l'Occupation, n'élude rien des polémiques : les approximations chronologiques, les scènes d'orgie devenues clichés, la dépolitisation du personnage.
Mais il défend aussi une idée simple, et qui dérange : les collabos étaient des êtres humains. Pas des animaux. C'est précisément là que le film interroge, et fascine.
« Le plus important, à mes yeux, ce n'est pas l'exactitude, c'est la vérité », dit-il, en citant René Char : l'exactitude aux historiens, la vérité aux artistes. Une distinction qui éclaire toutes les controverses récentes sur les fictions historiques.
Dans cet entretien mené par notre journaliste Nathalie Funès, Pierre Assouline décrypte ce que ce film réussit, ce qu'il manque (la séquence de Sigmaringen, la relation avec son père), et pourquoi le cinéma français a si longtemps esquivé le sujet.
À lire en intégralité sur Le Nouvel Obs.
Bonne lecture, La rédaction du Nouvel Obs |
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