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Lorsque nous avons dénoncé la manipulation grossière que caractérisait le retrait de la proposition de loi Yadan de l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, nous eûmes droit à une jolie bordée de quolibets. Les plus modérés nous qualifiant de « pisse vinaigre » pour ne pas saluer la formidable victoire des larges masses rassemblées derrière Mathilde Panot.
Nouvel épisode de ricanements après la publication de l’article où l’on essayait d’expliquer la manœuvre. Même si en la circonstance, il n’est pas agréable de répéter aujourd’hui que nous avions entièrement raison, force est de constater la mise en place des mâchoires du piège à cons.
Aurore Bergé, grande spécialiste s’il en est, a été chargée par Lecornu de conduire la procédure permettant de faire advenir la saloperie. (On nous excusera de ces grossièretés de langage dictées par la colère devant l’ignominie à tout point de vue, de ce qui est en train de se produire.) Aurore Bergé donc, ministre chargée de la « lutte contre les discriminations » (défense de rire) organise avant le dépôt du « projet Yadan » devant l’assemblée, des « réunions préparatoires ». Auxquelles les groupes parlementaires représentés à l’Assemblée sont invités. LFI encore occupée à savourer son triomphe bidon du retrait de la « proposition » a été prise au dépourvu. Ce que démontrent ses hésitations tactiques puisqu’elle a d’abord refusé avant de se raviser. Il serait plus sérieux de ranger au magasin des accessoires les ridicules cris de victoire et d’évaluer la réalité du rapport de force politique. Il faut reconnaître ce mérite à l’organisation « gazeuse » de Jean-Luc Mélenchon, qu’elle est la seule force organisée à lutter sérieusement contre l’abominable politique israélienne en Palestine. Dont les réseaux décrivent quotidiennement les crimes, dans le silence obstiné de la presse mainstream et le soutien du système Macron. Et que l’on ne vienne pas me parler du dérisoire groupuscule qu’est devenu le PCF, ou de la CGT qui a résolument abandonné le terrain des luttes populaires. Quant au Parti socialiste, dont l’éminent représentant François Hollande avait signé la proposition de loi, et ayant évidemment été informé de la manœuvre du retrait, il avait annoncé avant qu’elle soit annoncée, qu’il ne voterait pas le texte ! Il est plus que probable qu’il votera bien le projet du gouvernement qu’il soutient, habillant sa soumission d’une soi-disant amélioration du texte. On connaît bien ses habitudes, où la trahison est une seconde nature.
Rappelons brièvement ce qu’est la loi Yadan, c’est-à-dire la mise en place d’un outil de répression de la liberté d’expression visant à interdire la critique de l’État d’Israël. Contester cette qualification est simplement indigne. L’arsenal juridique français dispose de tous les outils permettant de lutter contre l’antisémitisme. Il s’agit avec cette opération de verrouiller encore un peu plus le soutien de l’État français aux horreurs commises en Palestine. Tout le reste est du bavardage.
Ce qui est en train de se préparer, démontre s’il en était besoin, que le retrait de la proposition Yadan était une étape dans un processus défini en amont.
Ce texte est d’abord une commande. Du pouvoir israélien par l’intermédiaire d’une de ses représentantes dans notre pays. Benjamin Nétanyahou a besoin du soutien occidental pour la mise en œuvre de son génocide. Celui-ci est assumé, revendiqué et surtout montré. Ce qui en ces temps de globalisation provoque aversion et colère contre Israël. Que le gouvernement français est prié de réprimer.
Le CRIF, outil soi-disant communautaire mais qui intervient essentiellement comme ambassade numéro deux de l’État d’Israël a confirmé cette commande. Le premier ministre de la République française, s’est précipité au coup de sifflet bref et, au garde-à-vous, a confirmé qu’il allait s’exécuter. La proposition de loi d’initiative parlementaire, a donc été retirée de l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Pour être remplacé par un projet de loi d’initiative gouvernementale. Les ordres sont les ordres. Comme rapporteur, on a choisi Aurore Bergé le pire des ministres engagés dans le service d’un État étranger. Celle-ci a commencé par recevoir les représentants français des commanditaires, à savoir les « associations » que sont le CRIF (déjà qualifié) et la LICRA (qui fait le même boulot). Les représentants du peuple avec les groupes parlementaires, seront reçus après. Formidable agenda, qui montre bien qu’en mode Knesset 2.0, l’Assemblée nationale est considérée par la ministre comme un prestataire.
Une fois loi adoptée, elle sera déférée au Conseil constitutionnel. Qui censurera quelques dispositions marginales et sans intérêt. Emmanuel Macron la promulguera, Gérald Darmanin publiera immédiatement une sévère circulaire d’application, et les parquets se précipiteront pour poursuivre quiconque oserait émettre des réserves concernant Nétanyahou, Ben Gvir ou Smotrich, qui donnent quotidiennement au monde le spectacle de ce qu’est devenue la vérité d’Israël.
La France restera ainsi, en disputant peut-être le titre à l’Allemagne, le pire pays en matière de soutien aux horreurs commises en Palestine.
Jusqu’à quand ?
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