Cette gazette vous plaît ? Transférez-là à votre carnet d’adresses… Ils vous remercieront et nous aussi. | | En pleine dégradation du cessez-le-feu, l’ambassadeur d’Iran en France est venu dans notre matinale présenter le récit officiel de Téhéran sur la guerre en cours. Au cœur de son propos, l’ambassadeur affirme que l’Iran a joué la carte de la négociation, et que ce sont les États-Unis et Israël qui ont brisé la dynamique diplomatique. Il raconte six tours de discussions « autour d’une table de la diplomatie » depuis « l’arrivée de monsieur Trump pour le 2e mandat présidentiel », avec un médiateur omanais décrit comme « un témoin fiable » pour les deux camps. Alors qu’un nouvel échange est prévu, « soudainement dans la matinée, il y a eu l’agression israélienne, l’attaque et l’agression américaine sur nos installations nucléaires pacifiques sous l’inspection de l’Agence internationale de l’énergie atomique ». Il accuse encore Washington et Tel-Aviv d’avoir « dès le début […] assassiné notre guide suprême », en violation des immunités reconnues aux chefs d’État. Dans ce cadre, il martèle que « les États-Unis ne voulaient pas tomber sur un accord et ne veut pas tomber sur un accord », et renverse le discours sur Ormuz : pour lui, « le blocus imposé par monsieur Trump sur l’ensemble de la région » vient de Washington, l’Iran prétendant au contraire défendre « un passage libre et juste des navigations internationales ». Le deuxième axe est géopolitique et économique : la guerre irano-américaine ne serait, selon lui, qu’un front d’un affrontement plus large autour des ressources et de l’ordre mondial. L’ambassadeur reprend la formule de son ministre : « Ce n’est pas un combat pour l’uranium de l’Iran, c’est un combat pour la paix de l'Iran, la durabilité et l’autosuffisance de la Chine, de la Russie et de l’Inde ». Il insiste sur le fait que Téhéran se considère « dans le cadre du droit international » et rappelle que « 15 rapports ont confirmé la nature pacifique des activités dans des installations nucléaires iraniennes » pendant la mise en œuvre de l’accord de 2015. Sur l’uranium enrichi, il affirme que l’Iran a proposé de « diluer » ses stocks, comme en 2015, tout en rappelant que « avoir l’uranium n’est pas un péché, n’est pas interdit. Avoir une activité militaire, c’est interdite ». Il prête enfin à Donald Trump un objectif assumé de prédation : « mettre la main sur l’Iran et sur nos ressources », citant cette phrase attribuée au président : « je veux avoir la main sur le pétrole iranien ». Dernier point saillant : l’ambassadeur conteste frontalement le récit moral dominant sur l’Iran, qu’il s’agisse du nucléaire, d’Israël, des femmes ou de la contestation intérieure. Face au discours de Benyamin Netanyahou accusant Téhéran de préparer un « holocauste » nucléaire, il répond que « la Shoah d’aujourd’hui est où dans un petit territoire 2 millions de personnes ont été déplacées et 70 15000 personnes plus de la moitié enfants ont été tués : Gaza ». Il affirme que l’Iran « n’a aucune invasion ou une attaque à ses voisins » à son actif et répète que le pays « ne voulait pas, ne veut pas et ne voudra pas avoir la bombe atomique », jugée illégitime même comme moyen de défense. Sur les femmes, il parle d’« une liberté en Iran », assure qu’« il n’y a pas de limite » vestimentaire et qu’« elles peuvent ne pas porter le voile » sans « punition ou sanction » automatique, présentant les condamnations à mort comme « très très rares » et souvent exagérées par la « propagande » . Quant à la révolution de janvier 2026, il l’explique par des sanctions « illégales » qui ont humilié la population et poussé les gens dans la rue, avant que des acteurs étrangers ne tentent de transformer cette colère en « émeute » et en prétexte à intervention. Tout cela compose le récit de la République islamique d’Iran ; notre choix éditorial est de vous le donner à entendre clairement, afin que vous puissiez vous-même le confronter à d’autres sources et vous forger votre propre jugement. |
|
|
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire