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lundi 16 mars 2026

VU DU DROIT : - Contre l’Empire romain devenu fou, l’Iran a relevé le défi - Lundi 16 mars 2026

 

Nous avions indiqué dans un précédent article que face au traitement que subissait Israël après le déclenchement de la guerre d’agression contre l’Iran pouvait susciter une certaine « joie mauvaise » (schadenfreude).

Un petit tour du monde sur Internet permet de constater que cette joie mauvaise s’est étendue à toute la planète. À preuve, l’incroyable succès d’une chanson datée d’ailleurs de la guerre des 12 jours de juin 2025. Intitulée « boom boom Tel-Aviv » elle est accompagnée d’images des bombardements que subit la capitale d’Israël. Les paroles renvoient évidemment à ce que ce dernier a fait subir aux palestiniens à Gaza. Et présentent les bombardements comme un juste retour des choses. Utilisée, arrangée, modifiée et traduite dans toutes les langues, elle fait l’objet d’une diffusion colossale de l’ordre de plusieurs dizaines de millions de vues.

Ce phénomène raconte au fond une histoire, qui si elle peut apparaître étonnante, n’en est pas moins très simple.

Il y a d’abord l’évidence de l’agression américano-israélienn du 28 février au moment même où les négociateurs américains iraniens arrivaient à un accord. Agression commençant par le bombardement meurtrier d’une école de fillette et l’assassinat du dirigeant religieux suprême de l’Iran. Et puis ensuite passé ce premier choc, la puissance initiale de la riposte iranienne, exprimant refus de céder aux objurgations et aux rodomontades de plus en plus grotesques de Donald Trump. L’évidence du désarroi américain dont l’expression la plus effarante fut la fameuse prière de la Maison-Blanche, où l’on vit une bande de fanatiques imposants leurs mains tremblantes sur le corps du président des États-Unis assis à son bureau. Il faut relire les déclarations de Trump sur son réseau social ou devant des journalistes. Il y dit absolument n’importe quoi, et l’on voit se succéder tout et le contraire de tout, donnant l’impression que le chef de l’hégémon a complètement perdu les pédales. Et que dire des interventions de l’abruti parfait qui lui sert de « secrétaire d’État à la guerre », affichant sa jouissance devant les massacres qu’il ordonne. Et exprimant sa stupidité vertigineuse en affirmant que « le détroit d’Ormuz est en réalité ouvert mais que l’Iran refuse simplement de laisser passer des navires ».

Enfin, comme rien ne tourne comme l’ont stupidement pensé Trump et Nétanyahou, l’aventure commence à ressembler à un échec catastrophique avec une défaite américaine à l’arrivée et une probable disparition du projet sioniste. Nous avons dit ici que ce qui s’exprimait dans cette crise c’était bien la contradiction principale de l’affrontement entre le reste du monde et un Occident finalement pas si éloigné que ça de sa chute.

Et cette défaite qui se profile, cette défaite qui réjouit ce reste du monde, c’est à l’Iran qu’on la doit. Qui a refusé de s’incliner, et a décidé de résister et d’affronter le monstre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il lui porte des coups sévères. Et qu’on le veuille ou non, que l’on ressente de l’aversion pour un régime théocratique, qu’on ait la mémoire des répressions passées, force est de respecter le courage de l’ancienne Perse d’avoir relevé le défi et accepté de prendre en charge ce combat contre cet Occident qui, ayant oublié tous ses principes, n’est plus capable que d’exhiber cette part de brutalité et de violence qui a toujours aussi été la sienne.

J’ai effectué mon premier voyage au Moyen-Orient en 1969. C’est-à-dire deux ans après la guerre des six jours et six mois après celle de l’aéroport de Beyrouth par l’armée israélienne qui a fait de ce pays jusque-là paisible, une nation impliquée dans les guerres israéliennes. En Égypte, Jordanie, Syrie, Liban, un portrait s’affichait dans tous les cafés, tous les restaurants, toutes les épiceries à côté de celui de leur chef de l’État respectif. C’était celui de Charles de Gaulle. Parce qu’il était celui qui en Occident avait refusé de plier devant les Américains. Maintenant, c’est celui de Khamenei l’ayatollah assassiné que l’on voit affiché, bien sûr dans les pays musulmans mais également désormais en Amérique latine, et en Asie. Cela dit tout ce qui est en train de se passer. L’affrontement Occident en mode Empire romain devenu fou contre le reste du monde.

Et aux yeux de celui-ci, c’est bien l’Iran qui a relevé le défi.

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