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samedi 28 mars 2026

Mon actu insoumise du samedi 26 mars 2026

 


Il fut un temps où l’extrême droite faisait peur.
Aujourd’hui, elle est invitée à dîner.
Le Rassemblement national ne choque plus. Il rassure. On le dit « crédible », « prêt à gouverner ». Les plateaux l’accueillent, les éditorialistes l’analysent comme une alternance ordinaire.
La honte a disparu.
Et pendant ce temps, La France insoumise est traquée.
Pas contredite.
Pas débattue.
Traquée.
Chaque mot devient polémique.
Chaque position devient suspecte.
On ne discute pas — on disqualifie.
Ce contraste n’est pas un hasard.
Il révèle une ligne de fracture.
Pas seulement économique.
Pas seulement sociale.
Une fracture plus profonde.
La Palestine, bien sûr.
Mais au-delà, une question centrale :
qui compte,
qui parle,
et quelles vies méritent d’être défendues.
C’est là que La France insoumise devient un problème.
Parce qu’elle nomme.
Parce qu’elle inclut.
Parce qu’elle refuse les silences.
Et surtout, parce qu’elle rompt un consensus.
Un consensus implicite :
on peut critiquer… à condition de ne pas déranger.
Mais LFI dérange.
Elle parle d’occupation.
Elle parle de droit international.
Elle refuse de hiérarchiser les vies.
Et à partir de là, la rupture devient politique.
Car face à cela, une partie de la gauche ne contredit plus —
elle combat.
Il faut être précis.
Ce n’est pas tout le Parti socialiste.
C’est une fraction.
Une fraction influente, organisée, héritière d’une tradition politique qui a idéalisé certaines expériences israéliennes en occultant leur réalité :
celle d’une colonisation, d’une dépossession, d’un peuple chassé.
Mais ce phénomène ne se limite pas à un parti.
Il s’inscrit dans un ensemble plus large de rapports de force.
Réseaux d’influence.
Relais politiques.
Pressions médiatiques.
Des cercles organisés, en France comme à l’international, qui défendent les positions des gouvernements israéliens — y compris les plus à droite — et qui interviennent activement dans le débat public.
Non pas pour débattre.
Mais pour cadrer.
Limiter.
Tracer les lignes à ne pas franchir.
Dans ce cadre, certaines paroles deviennent inacceptables.
Certaines critiques deviennent suspectes.
Certaines forces politiques deviennent des cibles.
Et La France insoumise en fait partie.
Alors la mécanique se met en place.
Accusations répétées.
Amalgames.
Disqualification permanente.
L’accusation d’antisémitisme détournée de sa fonction :
non plus combattre la haine,
mais neutraliser un adversaire.
Ce n’est plus un débat.
C’est un dispositif.
Un dispositif qui s’appuie aussi sur des moments symboliques.
Des images.
Des mises en scène.
Comme ces députés debout dans l’hémicycle — une scène qui dépasse le simple hommage et participe à désigner, implicitement, qui est du bon côté et qui ne l’est pas.
Et au centre de cette désignation : La France insoumise.
Mais malgré cela, elle tient.
Elle avance.
Elle progresse.
Elle résiste.
Et c’est précisément cela qui dérange.
Car elle prouve qu’on peut refuser de se soumettre
et continuer d’exister.
Pendant ce temps, le RN avance.
Sans pression.
Sans mise en accusation permanente.
Avec indulgence.
Ce contraste n’est pas une anomalie.
C’est une construction.
Normaliser l’un.
Disqualifier l’autre.
Préparer le terrain.
Car derrière tout cela, il y a un objectif :
la prochaine élection présidentielle.
Réduire le champ du possible.
Fabriquer les choix à l’avance.
Décider qui peut gouverner — et qui doit être écarté.
Un Rassemblement national rendu acceptable.
Une La France insoumise rendue inacceptable.
Et une partie du Parti socialiste qui accompagne ce tri.
Ce n’est pas une dérive.
C’est une stratégie.
Et la question n’est plus seulement de comprendre.
Elle est de choisir.
Le Rassemblement national est normalisé, La France insoumise est diabolisée — à nous de décider si on accepte ce tri.
______
🇵🇸 Palestine au cœur, lucidité en tête

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