Isère Deux manifestations, beaucoup de revendications à Bourgoin-Jallieu - Vienne
En Nord-Isère, ce mardi 1er octobre, dans la matinée, deux cortèges ont rassemblé quelques centaines de personnes au départ de Bourgoin-Jallieu et de Vienne. En ce jour de premier discours de politique générale du nouveau Premier ministre, les manifestations ont été très politiques.
En Nord-Isère, ce mardi 1er octobre, dans la matinée, deux cortèges ont rassemblé quelques centaines de personnes au départ de Bourgoin-Jallieu et de Vienne. En ce jour de premier discours de politique générale du nouveau Premier ministre, les manifestations ont été très politiques. Un certain nombre de participants étaient là pour dénoncer la composition d’un gouvernement « absolument pas en rapport avec le résultat des dernières élections législatives ». En juillet, le Nouveau Front populaire était arrivé en tête au soir du second tour. « Le taux de participation historique [66,7 %, NDLR] était le signe d’un sursaut de la population pour éviter que l’extrême droite se retrouve à Matignon. Aujourd’hui, on a pourtant l’impression que c’est Marine Le Pen qui tire toutes les ficelles et qui dicte le tempo », regrettait un manifestant berjallien. « C’est une situation qui peut dégoûter des gens qui ont voté pour la première fois, notamment les plus jeunes, qui ne se sentent pas écoutés », ajoutait Nadia Salin, une habitante de Saint-Chef.
« Du pognon, il y en a »
Les manifestants avaient néanmoins tout un tas de revendications, certaines plus sociales : « On souhaite augmenter le point d’indice dans la fonction publique, augmenter les pensions de retraite, abroger la réforme des retraites, financer la rénovation de l’ensemble des services publics, défendre les camarades de Photowatt et l’ensemble de la filière photovoltaïque française, tonnait Serge Mazars, membre de l’union locale de la CGT à Bourgoin-Jallieu. Le pognon, il y en a, il suffit d’aller le chercher dans les caisses du patronat. » « On veut montrer que les coupes drastiques dans le budget ont un impact sur la vie des gens dans le transport, la santé, l’énergie », expliquait pour sa part Anthony Martinez, secrétaire de l’union locale CGT de Roussillon/Beaurepaire.

Édith Delabre est venue manifester pour marquer son inquiétude face aux potentielles mesures austérité pour combler le déficit alors qu’elle fait déjà attention à ses dépenses. Photo Le DL/Tim Buisson
« Après 43 ans de travail, on n’en profite pas comme on devrait »
« Il y en a des choses à dire », glisse Édith Delabre. À la gare routière de Vienne, les enceintes du camion de la CGT crachent les “tubes” maintes fois entendus lors de la réforme des retraites. Derrière son sourire, la retraitée qui habite Le Péage-de-Roussillon bouillonne.
Elle est à la fois inquiète et en colère. Elle redoute les mesures d’austérité que le gouvernement de Michel Barnier risque d’annoncer pour faire face au dérapage du déficit de la France. « Je crains que ce soit encore plus dur et que l’on doive faire encore plus attention », confie-t-elle. Les coupes budgétaires risquent d’être nombreuses pour réduire le déficit. « Nous, on est à deux, on vit mais on évite d’aller trop au restaurant ou au cinéma, explique la retraitée. Après 43 ans de travail, on n’en profite pas comme on devrait. » Elle n’a pas d’enfant, mais elle voit autour d’elle des parents qui aident leur progéniture. Certains jeunes sont même contraints de revenir habiter dans le foyer parental. « Quand on voit des étudiants qui ont des difficultés pour manger, ce n’est pas normal », tempête Édith Delabre.
« L’argent y en a quand on voit les résultats du CAC 40 »
Pour résorber le déficit, la piste de la taxation des plus hauts revenus mais aussi des grandes entreprises a été évoquée par le Premier ministre. « L’argent y en a quand on voit les résultats du CAC 40, tempête Édith Delabre. À un moment ça suffit. » Si elle salue cette initiative, elle attend de voir si la mesure sera acceptée. Plusieurs députés macronistes s’y sont vivement opposés dans une tribune.
Retraitée de la sécurité sociale, Édith Delabre est une habituée des cortèges. L’an dernier, elle a participé au mouvement social contre la réforme des retraites. Elle a manifesté à Vienne, à Roussillon ou encore à Annonay. Mais aujourd’hui la colère a monté d’un cran après les élections législatives anticipées de juin dernier. « C’est une colère que j’ai du mal à exprimer, explique-t-elle. Le résultat des urnes n’a pas été respecté. Voter, on se demande à quoi bon ? Ils se sont foutus de nous. »
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