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vendredi 21 février 2020

EPHAD ET DOULEURS par Frédéric Camoin



EPHAD ET DOULEURS
La table de mortalité s'allonge
Mais les progrès de la science me rongent
Quatre vingt printemps
Ma main tremble, sans espoir de retour
Je vous écris si vous avez un peu d'amour
Allez-vous me faire souffrir encore longtemps
Muré entre quatre angles
Au pied de mon lit une sangle
À l'écart du monde dit civilisé
La dernière demeure de ma destinée
Je suis seul face au temps
Pourquoi suis- je là?
Qu'ai-je fait pour mériter cela?
Quel-est mon forfait?
Un poids mort pour la société
Là où seul compte la productivité?
Jeunesse et vieillesse en sanglots
Au milieu des salauds
Fermant les yeux à l'épreuve. des années
Quand s'envole la santé
Quand le corps a besoin de repos
Quand de simples gestes tendres deviennent un cadeau
Hélas je n'ai que le plafond pour me parler
De vagues souvenirs pour me rappeler
Ma lettre est restée morte
J'ai la force d'une feuille-morte
Je meurs un peu chaque jour qui se lève
L'absence d'amour me crève
Pour moi la route est finie
J'aimerais entendre les cris
Que le peuple s'enflamme
Allumant des mèches d'espoir
L'insurrection des âmes
Pour que ne se reproduisent pas mes déboires
Février 2020
Frédéric Camoin

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