
Chère lectrice, cher lecteur,
Après cinq jours passés à la Fashion Week de Milan, me voici à Paris, prête à embrayer sur dix jours de défilés et autres extravagances vestimentaires. Croyez-le ou non: il y a quelques jours encore, le coronavirus était un petit monstre lointain. Entre les rangs, pas un masque en vue, on parlait plutôt de l’affaire Griveaux, du réchauffement climatique (15 degrés en février, bizarre, non?) ou de la nomination de Raf Simons chez Prada. Et puis Giorgio Armani a décidé de présenter son défilé dans une salle vide, sans public, histoire de pallier les risques de propagation du Covid-19. Le rêve transpercé par la réalité.
A Paris, mes congénères refusent de céder à la psychose. Pourtant, je sens s’éveiller l’hypocondriaque en moi. Un défilé de mode, je vous l’assure, c’est beaucoup de contacts humains. Il faut prendre les transports en commun, supporter la cohue, se serrer comme des sardines sur des bancs étroits comme une boîte de conserve. Attendre dans une salle bondée que le show commence. Effleurer l’écran de son iPhone. Parler à son voisin, l’embrasser, lui serrer la main, sentir son souffle sur son visage. N’est-ce pas multiplier les risques?
Rassurez-vous, aucun risque de votre côté de l’écran. A part celui de me lire.
– Séverine Saas, Journalist - Fashion Director @letemps
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