Translate

mercredi 21 septembre 2016

L'ECONOMIE - Mercredi 21 septembre 2016


L'ECONOMIE

Mercredi 21 septembre 2016


Bercy prévoit de passer sous 3 % de déficit malgré les dérapages

Le ministre des finances Michel Sapin (à gauche) le secrétaire d’Etat chargé du budget Christian Eckert (à droite) à Bercy, le 20 septembre.
Le ministre des finances Michel Sapin (à gauche) le secrétaire d’Etat chargé du budget Christian Eckert (à droite) à Bercy, le 20 septembre. ÉRIC PIERMONT / AFP
Le gouvernement a promis de ramener le déficit public sous la barre fatidique de 3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2017, année de l’élection présidentielle, malgré les nouvelles dépenses et les baisses d’impôt annoncées par l’exécutif et en dépit d’une croissance qui devrait rester modérée.
Selon le cadre budgétaire présenté mardi par Bercy, le déficit cumulé de l’Etat, des collectivités locales et de la Sécurité sociale sera ramené à 2,7 % du PIB l’année prochaine, après 3,3 % cette année, revenant pour la première fois dans les clous européens depuis 2007. Ce résultat devrait être atteint à la faveur d’une croissance économique de 1,5 %, avec une consommation des ménages en hausse de 1,6 % et un investissement des entreprises en progression de 3,5 %. Ce calcul est en ligne avec les prévisions de la Banque de France, mais plus optimiste que celui du Fonds monétaire international (1,2 %). Le président, François Hollande, avait évoqué en juin une possible croissance de 1,7 % l’année prochaine, supérieure aux 1,5 % annoncés dans le « programme de stabilité ». Mais le gouvernement a dû faire marche arrière, au vu des mauvais résultats du printemps (0 % de croissance au deuxième trimestre, après 0,7 % au premier). « L’élan pris par la croissance va se poursuivre », a toutefois assuré le ministre de l’économie et des finances, Michel Sapin, en présentant à la presse ces « grands équilibres macroéconomiques ».« Depuis le début de l’année, les moteurs internes de notre croissance sont plus vigoureux qu’escompté », a-t-il ajouté.
Le retour sous la barre de 3 % du déficit « est une bonne nouvelle pour la France et pour la zone euro », s’est félicité le commissaire européen chargé des affaires économiques, Pierre Moscovici, insistant sur la nécessité de respecter les « règles budgétaires communes ».
Pour boucler son budget, qui sera présenté le 28 septembre en conseil des ministres, Bercy a néanmoins dû faire preuve d’imagination. D’autant que le gouvernement a multiplié depuis le début de l’année les annonces de dépenses supplémentaires et les gestes fiscaux, dont une baisse de l’impôt sur le revenu de 1 milliard d’euros. « Ces nouvelles mesures ne mettent en aucun cas en danger la trajectoire de notre solde », a assuré Michel Sapin, en assurant que l’ensemble des nouvelles mesures, dont le coût pour l’Etat est chiffré par Bercy à 5,7 milliards d’euros, « seraient financées ». Selon le ministère des finances, la dette publique devrait ainsi se stabiliser l’an prochain à 96 % du PIB, contre 96,1 % cette année. Le taux de prélèvements obligatoires, malgré les baisses d’impôt prévues pour les ménages et pour les entreprises, devrait pour sa part rester stable, à 44,5 % du PIB, au lieu d’une baisse à 44 % annoncée au printemps.
« Il n’y aura aucun dérapage des finances publiques dans ce budget, dans tous les cas tant que nous en aurons la responsabilité », a promis Michel Sapin, disant vouloir « rassurer » ses détracteurs.
Le gouvernement est critiqué depuis plusieurs semaines par l’opposition, qui lui reproche de jouer sur des « artifices budgétaires », comme la sous-évaluation du coût des dépenses, pour boucler son budget. « Dire que le déficit sera de 2,7 % en 2017, c’est bidon ! », a ainsi lancé François Fillon, candidat Les Républicains à la primaire de la droite et du centre. Comme la plupart des candidats à droite, l’ancien premier ministre a prévenu qu’il ne respecterait pas cet engagement en cas de victoire à la présidentielle, accusant le gouvernement d’avoir dissimulé plusieurs milliards d’euros de dépenses non budgétées et jugeant nécessaire de fortes baisses d’impôt. Il serait « irresponsable de laisser filer le déficit, car ce serait d’abord remettre notre pays dans la dépendance de ses créanciers », a rétorqué, agacé, le secrétaire d’Etat chargé du udget, Christian Eckert. « La thérapie de choc que certains nous promettent aujourd’hui est un mirage préélectoral », a dénoncé M. Sapin. La France a déjà obtenu deux délais de deux ans, en 2013 et en 2015, pour repasser sous la barre de 3 % du PIB. La Commission européenne a exclu au début de septembre toute nouvelle rallonge pour Paris.
Dérapages de l’Assurance-maladie, mise en garde de la Cour des comptes.Le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, a appelé mardi le gouvernement à « ne pas relâcher les efforts de maîtrise des dépenses » de l’Assurance-maladie. En vain, le ministre de l’économie Michel Sapin ayant annoncé que l’étau serait desserré autour ce poste en 2017. C’est sans doute « le principal message » que la Cour veut faire passer : « L’amélioration de la situation financière de la Sécurité sociale est réelle tout en étant fragile, il ne faut donc pas relâcher les efforts de maîtrise des dépenses, tout particulièrement pour l’Assurance-maladie », avait souligné M. Migaud dans la matinée en présentant lerapport annuel de la Cour des comptes sur la Sécurité sociale. Mais comme le redoutait la Cour des comptes, le gouvernement a relevé l’objectif national des dépenses d’assurance-maladie (Ondam), –utilisé pour freiner leur augmentation naturelle, notamment liée au vieillissement de la population et à l’augmentation des maladies chroniques –, de 1,75 % à 2,1 %.
L’OCDE revoit encore la croissance mondiale à la baisse. L’organisation a revu à la baisse mercredi pour la troisième fois de l’année ses prévisions pour la croissance mondiale en 2016 et 2017, avec une légère réduction supplémentaire de 0,1 point de pourcentage, en raison de la faiblesse du commerce mondial et notamment du Brexit. La croissance mondiale passera cette année sous la barre des 3 %, à 2,9 %, et se limitera à 3,2 % en 2017, affirme l’OCDE qui ampute de 0,4 point la croissance des Etats-Unis, à 1,4 % en 2016, et abaisse drastiquement celle du Royaume-Uni à 1 % (- 1 point) pour 2017 après le vote du Brexit, dans ses prévisions actualisées. En revanche, elle réduit les effets de la récession au Brésil de 1 point, à - 3,3 % cette année.
Vers le « revenu universel » ? Manuel Valls défend une simplification et une extension des minimas sociaux, avec une « allocation unique » et « à partir de 18 ans », dans une tribune publiée mercredi matin, où le premier ministre qualifie d’« injure » le discours de la droite sur l’« assistanat ».
Politique monétaire plus flexible au Japon. La Banque du Japon (BoJ) a annoncé mercredi une série d’ajustements destinés à apporter davantage de flexibilité à sa politique monétaire, qui n’est pas parvenue pour l’heure à faire atteindre à l’inflation la cible de 2 % trois ans après le lancement d’une vaste offensive. Le taux d’intérêt négatif – une pénalité imposée aux banques qui déposent trop d’argent auprès de la banque centrale pour les inciter à prêter aux entreprises et aux particuliers – reste inchangé, à - 0,1 %. Mais le programme de rachats d’actifs, auparavant fixé à 80 000 milliards de yens (690 milliards d’euros) par an, pourra désormais fluctuer autour de ce montant. La Banque du Japon poursuivra ces actions « aussi longtemps que nécessaire » pour parvenir à une inflation de 2 %.
Contrôle des drones civils. Les députés ont adopté mardi à l’unanimité en commission une proposition de loi sénatoriale LR destinée à sécuriser l’usage des drones civils, en précisant que ces nouvelles règles, notamment d’enregistrement, s’appliqueraient aux drones de plus de 800 grammes. Les fabricants auront pour ces appareils une obligation d’enregistrement électronique, de signalement électronique et lumineux, de limitation des performances, ainsi qu’une obligation de formation de l’utilisateur.

Micro-Macro

par Thibaut Soulcié
Dessin de Thibaut Soulcié
100 millions
C’est l’objectif de touristes étrangers en France en 2020, selon le secrétaire d’Etat au tourisme, Matthias Fekl, qui inaugurait mardi le Salon Top Resa et qui a tenté d’insuffler de l’enthousiasme dans un secteur économique« fondamental », durement frappé par les attentats. Malgré une chute de 7 % des arrivées internationales depuis le début de l’année, M. Fekl s’est donc voulu optimiste.

Dans la presse étrangère

Quand la distribution devient entièrement robotisée

Robots Kiva dans un centre d’Amazon, à Tracy, Californie, en décembre 2014.
Robots Kiva dans un centre d’Amazon, à Tracy, Californie, en décembre 2014. © NOAH BERGER / REUTERS / REUTERS
Lorsque la société américaine Target Corp. a décidé de réorganiser l’un de ses plus grands centres de distribution de Californie, elle avait le choix : construire un nouvel entrepôt avec des technologies ou prendre le risque sur une nouvelle lignée de robots, ceux de la société Symbotic LLC. C’est le second choix qui a été fait, explique The Wall Street Journal. Le système d’automatisation de Symbotic comprend des robots qui peuvent se déplacer de façon autonome entre les différents lieux de stockage d’un centre de distribution. Ils peuvent monter et descendre les allées pour empiler et récupérer des objets. Ils se coordonnent avec des robots plus conventionnels, qui exécutent, eux, des tâches simples. Et quand un robot Symbotic est « malade » ou connaît un dysfonctionnement, il se met de lui-même en retrait et alertes des techniciens pour effectuer les réparations ou l’entretien. C’est très différent d’autres entrepôts automatisés où les robots sont limités à des pistes fixes et sont moins flexibles dans ce qu’ils peuvent faire. Rick Cohen, patron de Symbotic, a déclaré dans une interview : « Je pense que dans les cinq ans, cela va changer la distribution. » L’objectif des entrepôts automatisés est de contrôler les trois grands coûts de la distribution : le travail, le temps et l’immobilier, pour répondre aux coûts élevés de cette industrie à faible marge. Jusqu’à présent, les détaillants de produits de consommation ont trouvé difficile d’automatiser les procédures, même simples. Ces tâches ont été effectuées par environ 867 300 personnes dans des entrepôts aux Etats-Unis, selon les plus récentes données du département du travail. La situation est en train de changer alors que la hausse du coût du travail et les coûts des terrains menacent les bénéfices, et que les acteurs de la distribution font face à une concurrence accrue d’Amazon.com Inc. et d’autres sociétés technologiques qui bouleversent les pratiques établies. L’avenir est donc aux entrepôts entièrement automatisés. Au cours de l’année prochaine, Symbotic prévoit de déployer près d’une douzaine d’entrepôts alimentaires entièrement automatisés à travers le pays, de la Pennsylvanie à la Californie, au service des chaînes d’épicerie.
« On nous raconte des histoires. Nous ne serons pas à 2,7 % (…). La première chose que je ferai, c’est de demander à la Cour des comptes ce qu’elle peut faire en quinze jours, d’établir un état des lieux réels (…) nous serons vraisemblablement plus près de 3,5 % que de 2,7 % »
Déclaration mardi d’Alain Juppé, candidat à la primaire de la droite, à propos du gouvernement qui table sur une prévision de déficit à 2,7 % du PIB en 2017. « Si je parle de déficit, ce n’est pas pour complaire à Bruxelles, c’est parce que je pense à nos enfants », a-t-il argué à la tribune lors de la présentation des axes de son programme économique, qui prévoit entre 80 milliards et 100 milliards d’euros d’économies et le retour au plein emploi. Interrogé sur sa méthode, il a répété qu’il voulait utiliser la procédure des ordonnances, qui permettrait de faire adopter les réformes « en quelques mois », au lieu « d’un an » avec la procédure parlementaire. Il a rappelé qu’il avait utilisé en 1996 cette procédure pour la réforme de l’Assurance-maladie.
L'éco & moi
Développement durable. Conjuguer productivité et écologie, le défi des agriculteurs. En quête de sens dans la pratique de leur métier, les agriculteurs s’interrogent sur l’avenir de leur filière en crise et cherchent à conjuguer productivité et respect de l’environnement, sans pour autant verser dans le « tout-bio »« Les agriculteurs sont des citoyens comme les autres, ils sont concernés par le réchauffement climatique, qu’ils vivent au quotidien. Ils sont aussi concernés par la qualité des produits, et notamment l’utilisation des OGM [organismes génétiquement modifié] », explique Claire Ruault, sociologue spécialisée dans le développement rural, à l’occasion du Salon des productions animales-carrefour européen (Space), à Rennes.« L’exemple type, c’est le producteur de porc qui est conscient que le public ne veut plus de viande aux antibiotiques », poursuit-elle. Selon elle, plusieurs éléments font basculer l’agriculteur dans une démarche qui se veut « écoperformante », c’est-à-dire conciliant productivité et respect de l’environnement. Le « déclic » est souvent lié aux problèmes de santé auxquels les exploitants sont confrontés notamment lors de la manipulation de produits chimiques. Les difficultés économiques et la perte de sens sont autant de facteurs qui vont modifier les pratiques de l’agriculteur, explique Mme Ruault. Ces nouvelles démarches qui se veulent écologiques sont encouragées par le ministère de l’environnement et les chambres d’agriculture, comme celle de la Bretagne, première région agricole, qui a lancé des appels à projet pour « une agriculture écologiquement performante » (AEP). En 2015, le marché du bio, estimé à 5,76 milliards d’euros (+ 14 % par rapport à 2014), représentait 3 % du marché alimentaire français, selon les données de l’Observatoire national de l’agriculture biologique.
Etudes & documents
En réalité, il n’y a pas eu de reprise économique dans la zone euro. La plupart des observateurs concluent qu’il y a une reprise économique à partir de 2014 dans la zone euro. Mais quand on corrige la croissance de l’effet de la baisse du pétrole sur la demande des ménages, on s’aperçoit qu’il n’y a pas eu en réalité de reprise économique dans la zone euro. Cette absence de reprise peut être attribuée en particulier : à la présence d’une forte contrainte extérieure dans les pays périphériques avec l’arrêt de la mobilité des capitaux entre les pays de la zone euro ; à l’absence de correction de l’excès d’épargne en Allemagne et aux Pays-Bas ; à la faiblesse des gains de productivité et de la croissance potentielle qui réduit la progression des salaires réels (hors effet du prix du pétrole) et le besoin d’investir ; à l’affaiblissement du commerce mondial.
Italie : premiers constats post-« Brexit ». L’économie italienne a cessé de croître au deuxième trimestre du fait du ralentissement de la consommation privée et de la baisse de l’investissement. Avec une modeste accélération de la croissance attendue au second semestre, la croissance du PIB pour l’année 2016 serait de 0,8 %. Du côté bancaire, les stress tests de l’EBA n’ont rien révélé d’inattendu, mais le problème de fond de la qualité des actifs n’a pas varié en taille ou en nature, mais le « Brexit » a contribué à tendre un peu plus le sentiment des marchés.
À lire sur Le Monde.fr

On a testé Allo, l’application de messagerie de Google dopée à l’intelligence artificielle

La nouvelle application de Google, lancée mercredi, ajoute un assistant capable de faire des suggestions contextualisées.
Lire la suite

Source Le Monde.fr 


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire