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CLOVIS Ier (2) De Clotilde au baptême. L’Histoire n’a pas retenu la réaction de l’évêque lorsqu’il a recouvré son vase sacré malmené à Soissons par l’irascible guerrier franc. Mais passons et allons plus avant. On rapporta à la cour de Clovis que Gondebaud, roi de Burgondie, aurait égorgé son frère Childéric, faisant ainsi deux orphelines envoyées en exil, dont l’une d’elles, Clotilde, était réputée pour sa beauté et sa sagesse. Clovis envoya un émissaire qui put s’entretenir en secret avec Clotilde. De retour, l’émissaire confirma tout ce que l’on disait sur l’orpheline et ajouta qu’elle ne refuserait pas une demande en mariage. Aussitôt, Clovis envoya une délégation auprès de Gondebaud. Ce dernier, bon gré mal gré, et surtout craignant Clovis, fit remettre Clotilde à la délégation. Le mariage fut célébré en 493. Fervente catholique, Clotilde entendait convertir son époux à sa foi. L’autre opposa d’abord un refus en argumentant que si d’aventure il abandonnait ses dieux, il s’attirerait le courroux de ses guerriers qui alors se détacheraient de lui. Un premier fils vint au monde. Clotilde le fit baptiser sous le nom d’Ingomer. Le roi bougonna, sans plus. Hélas, l’enfant mourut dans la semaine de son baptême. Clovis affirma que si l’enfant avait été consacré aux dieux, il vivrait encore. Seconde naissance, nouveau baptême sous le nom de Clodomir. Hélas, l’enfant tomba malade, mais se rétablit. Clotilde ne manqua pas de faire valoir l’intervention de la miséricorde divine. Mais de sombres nouvelles parvinrent à Clovis. Les Alamans s’agitaient, attaquèrent les Francs ripuaires, et Sigebert, roi de Cologne, reçut une blessure au genou dont il demeura boiteux. Clovis marcha donc contre les Alamans. Les deux armées s’affrontèrent, en 496, dans la vallée du Rhin, près de Tolbiac. Mais voilà que les Francs faiblirent. Clovis se trouva isolé. Désespéré, il leva les bras au ciel et implora « Jésus-Christ ! Toi que Clotilde déclare Fils du Dieu vivant ! Toi qui, selon elle, accordes ton secours à ceux qui sont en danger, et la victoire à ceux qui espèrent en toi, si tu me donnes de triompher de mes ennemis, je me ferai baptiser en ton Nom ! ». Et soudain, comme par enchantement, une vive nouvelle parcourut le champ de bataille. Le roi des Alamans est mort !!! Du coup, la tendance s’inversa. Voilà les Alamans en déroute avec les Francs à leurs trousses. Ceux-ci firent grand carnage de ceux-là. Les jours suivants, les survivants s’en allèrent demander asile auprès de Théodoric le Grand, roi des Ostrogoths d’Italie, et beau-frère de Clovis. Théodoric écrivit une missive à Clovis pour l’exhorter à la clémence, dont ce passage : « Modérez les coups que vous portez aux restes d’une nation écrasée. Considérez que les vaincus qui se réfugient sous la protection de vos parents ont quelque titre à vos égards. Soyez clément pour des hommes qui se cachent épouvantés derrière les frontières de notre royaume… ». Ainsi, les Alamans cessèrent d’être une menace pour Clovis. Lequel en profita pour occuper leur territoire. D’une persévérance sans pareille, Clotilde rappela à Clovis son serment fait au cœur même de la bataille de Tolbiac, alors que tout semblait tourner au vinaigre. Mais le roi hésitait encore et toujours. Finalement, il céda en se disant, qu’après tout, il ne serait pas mauvais pour son étoile d’avoir tout l’épiscopat avec lui. Et un beau jour, il déclara à ses principaux séides « Mes bons compagnons ! J’ai décision prise, mon baptême aura lieu en la cathédrale de Reims, ce vingt-cinq décembre ! ». Si le jour de Noël est admis à peu près par tous, en revanche les historiens se chamaillent à propos de l’année, entre 496 et 506, voire même au-delà. La logique voudrait que l’on situe cette date assez proche de 496. En effet, pourquoi Clovis aurait-il tant tardé à s’assurer de la bénédiction de l’Eglise pour justifier ses conquêtes ? Bref, vint enfin le jour J. Lors de la cérémonie, quand l’évêque Remi lui donna lecture d’un passage relatif à la Passion, Clovis qui manifestement n’avait pas tout saisi de l’esprit des Evangiles, rétorqua « Si j’avais été là avec mes Francs, j’aurais vengé le Christ ! ». Puis l’évêque prononça ces célèbres paroles « Courbe doucement la tête, ô Sicambre (Barbare) ; adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré ». Avec Clovis, 3 000 guerriers reçurent le sacrement du baptême. Et lui qui craignait que ses sbires ne tiquassent à cette conversion… L’évêque Avitus (Saint Avit de Vienne), chef de l’épiscopat burgonde écrivit à Clovis « Votre adhésion à la foi est notre fierté. Il vous faut désormais propager le christianisme chez les peuples barbares plus éloignés… ». C’est plus que Clovis n’osait espérer. Du coup, les conquêtes de bas étage vont être transformées en croisades ! A suivre… Ci-dessous : Gravure bataille de Tolbiac, offerte par les pastilles Salmon ; récompense pour l’élève sage. Baptême de Clovis. On peut voir comme cela le royaume de Clovis (Francs saliens) vers 496. |
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