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mercredi 6 mai 2026

VU DU DROIT : - Bruno Retailleau, ouvrier zélé de la construction d’un « fascisme déjà là » - Mercredi 6 mai 2026

 

Après la proposition de loi Yadan, avec laquelle les naïfs pensent qu’on en a terminé, voilà que le Sénat saisit d’une autre proposition scélérate, présenté par un Bruno Retailleau ayant basculé dans toute une série d’obsessions liberticides, vient de voter un texte absolument monstrueux. Cette fois-ci, le prétexte mis en avant pour installer à bas bruit le néo fascisme cher au cœur du « bloc central » macronien, c’est la lutte contre « l’entrisme » islamique. Notion popularisée par la promotion des « travaux » d’une obscure chargée de recherche au CNRS, ayant brutalement accédée à la notoriété en se chargeant d’une propagande anti musulmane à la fois bruyante, obsessionnelle et systématique.

Dans l’ordre du pire, dont ce texte est farci, et à titre d’illustration on en retiendra les sujets suivants :

Dissolution des associations

• création d’un nouveau motif de dissolution des associations. On sait qu’il existe en France un texte liberticide issu des célèbres sœurs-zombres des années 30, et utilisé à foison depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir. Avec l’appui du conseil d’État, qui refuse catégoriquement de censurer les décrets de dissolution, toute association qui entend contester les politiques du système va rapidement passer sous les fourches caudines. Le pli pris sous François Hollande d’abord, est devenue systématique et massif avec Emmanuel Macron, puisque l’on est en présence d’une cinquantaine de dissolutions, ce qui est sans précédent historique depuis l’instauration de cette possibilité donnée au pouvoir exécutif en 1936. Le nouveau texte retailliste permettrait la dissolution des associations « qui se prévalent ou encouragent à se prévaloir de ses opinions, y compris religieuses pour ne pas respecter la loi, dans des conditions qui portent atteinte aux principes républicains et qui visent à déstabiliser le fonctionnement de la société a porté atteint à la cohésion nationale ». On voit bien quelle est la cible, mais cette fois-ci, ce ne sont pas des actes qui sont visés pour permettre la mesure de dissolution mais bien d’usage de la liberté d’expression. Dont le contrôle des excès relève pourtant par principe de l’office du juge organisé par la loi sur la presse. Mais que par cette nouvelle astuce liberticide on va restituer au pouvoir exécutif. Et comme d’habitude, les musulmans auront rapidement bon dos, car cette mesure sera rapidement appliquée à d’autres. La fameuse citation du pasteur Niemoller trouvant évidemment à s’appliquer.

Délit d’atteinte aux « principes fondamentaux »

• Il y a naturellement un volet pénal dans ce texte, la névrose obsessionnelle de la « punition » étend devenue quasiment une seconde nature dans ce bloc politique. Existerait donc un nouveau délit « d’atteinte aux principes fondamentaux de la République, susceptible de mettre en cause la cohésion de la nation ». Pardon ? Qu’est-ce que c’est que cette notion qui évidemment relève là aussi de la liberté d’expression ? Conscient du caractère éminemment flou de l’incrimination, quelques précisions ont été apportées. D’abord, on nous rassure, cela ne concerne que les musulmans « qui font de l’entrisme ». Ce n’est pas aussi clairement énoncé mais c’est bien ce que ça veut dire. Ensuite on renvoie aux principes fondamentaux de la république tels qu’ils sont énoncés à l’article premier de la Constitution. Qui nous dit : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. » Très bien, mais on va quand même immédiatement rappeler que la Constitution est un texte qui relève de la souveraineté de la Nation. Et qu’à travers des procédures normées, prévoyant évidemment des majorités renforcées, cette souveraineté peut la modifier. On rappellera d’ailleurs les 20 réformes européistes, destiné précisément à priver la nation de cette souveraineté au profit de l’UE. Sans compter les bricolages ridicules pour y faire rentrer tout et n’importe quoi. Alors le texte de l’article 1er est modifiable comme les autres, et mes amis de la Nouvelle Action Royaliste devraient pouvoir continuer à militer pour l’instauration en France d’une royauté constitutionnelle, sans risquer de se faire envoyer en taule comme le permet cette loi scélérate. Et ce d’autant que ce rappel bienvenu des principes dans l’article premier, ne masque pas le caractère de « vœu pieux » pour certains.

La mort sociale par voie administrative

• Dernière horreur examinée (il y en a malheureusement d’autres), le texte commet une violation grossière des principes républicains pourtant sacralisés, en transférant au pouvoir exécutif la compétence de condamner à des peines pénales. Au prétexte « d’assécher le financement des groupes séparatistes », le Sénat a créé un article L5 162 – 2 – 3 du Code monétaire et financier selon lequel : « le ministre chargé de l’économie et le ministre de l’intérieur peuvent décider, conjointement pour une durée de six mois renouvelables, le gel des fonds et des ressources économiques […] qui appartiennent sont possédés, détenues ou contrôlées par des personnes physiques ou morales, ou tout autre entité qui soit provoquent ou contribuent par leurs agissements à la discrimination, à la haine ou la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine de leur sexe, de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion déterminée, soit propagent des idées théorie tendant à justifier ou encourager cette discrimination, cette haine ou cette violence et qui présente une menace d’une particulière gravité pour la sécurité et l’ordre public en raison de leur rôle dans ses actions de leur caractère réputé de leur ampleur. »

Ce texte pose deux problèmes. D’abord, il reprend en partie la rédaction de l’article 225-1 du code pénal qui sanctionne les discriminations. Mais il en élargit le périmètre à la « provocation » à la discrimination qui dans ce cas peut devenir indirecte. Le droit pénal étant d’interprétation restrictive, une telle rédaction beaucoup trop large n’aurait pas sa place dans le Code du même nom. Et c’est là toute l’astuce de cette mesure ahurissante, on transfère au pouvoir exécutif le prononcé d’une sanction dont le caractère pénal saute aux yeux. Avec la condamnation à la mort sociale que provoque « le gel des fonds et des ressources économiques » des personnes frappées. Le sort récent fait à l’expert suisse Jacques Baud par l’UE, ou à Nicolas Guillou magistrat de la CPI par les Américains témoignent de la dimension totalitaire d’une telle mesure. Le grand démocrate Bruno Retailleau la reprend à son compte en faisant voter une mesure qui non seulement est radicalement inconstitutionnelle, mais viole TOUS LES PRINCIPES RÉPUBLICAINS, dont il se prétend par ailleurs le défenseur. Tout le monde sait très bien que le prétexte avancé pour justifier ce genre de texte n’est en fait que le moyen de mettre en place le système autoritaire et illibéral à portée générale auquel le pouvoir aspire. S’imaginer que les seules cibles sont les musulmans relève d’un singulier aveuglement.

Cette dérive dont la proposition Retailleau est l’illustration irréfutable, n’a absolument pas gêné une grosse majorité de sénateurs, qui se vivraient très bien dans un régime ayant basculé dans une forme de fascisme déjà là.

Nous allons vers des temps difficiles.

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Franceinfo : - La Quotidienne Radio - Mercredi 6 mai 2026

 

%attac - Devant Bercy, Attac dénonce les multinationales biberonnées aux aides publique - le 5.05.2026

 

 

Devant Bercy, Attac dénonce les multinationales biberonnées aux aides publiques

 
 

Agir avec Attac 5 mai 2026

 
 

Ce mardi 5 mai à 8h sur le parvis du ministère de l’Économie et des Finances, une vingtaine d’activistes d’Attac ont déposé des marionnettes de patrons de multinationales en forme de bébés « biberonnés » aux aides publiques.

Par cette mise en scène, qui illustre la dépendance des grands groupes à l’argent public, Attac dénonce un système d’aides publiques opaque, inefficace, sans contrôle ni contreparties, au bénéfice des multinationales.

 
 
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Ce mardi 5 mai, une vingtaine d’activistes d’Attac ont installé, face au ministère de l’Économie et des Finances, une crèche accompagnée d’une banderole sur laquelle on pouvait lire : « Des milliards d’aides publiques pour les multinationales : stop au biberonnage ».

Pendant qu’une partie des activistes déployaient la banderole, une dizaine d’entre elleux ont mis en place des marionnettes à l’effigie des patrons de TotalEnergies, Sanofi, LVMH, Lactalis et STMicroelecronics. Ces multinationales, largement soutenues par l’argent public, sont pourtant impliquées dans des pratiques d’évasion fiscale, dans la destruction de l’environnement et dans l’affaiblissement des droits sociaux.

Au centre, un biberon géant symbolise leur dépendance à l’argent public : un système qui nourrit les plus riches au détriment de l’intérêt général. Installée face au ministère de l’Économie et des Finances cette mise en scène dénonce Bercy comme le maître d’œuvre d’un système d’aides publiques massif, opaque et sans contreparties.
 

Pour Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac : « Aujourd’hui, 211 milliards d’euros d’argent public sont distribués chaque année sans contrôle, évaluation ou conditionnalité. Ce système profite en priorité aux multinationales, qui mobilisent des moyens considérables pour capter ces aides. Le crédit d’impôt recherche (CIR) en est un symbole. Les économistes s’accordent pour dire qu’il n’a pas entraîné d’accroissement de la R&D ni de créations d’emplois scientifiques. Par exemple, Sanofi reçoit des millions d’euros de CIR tout en licenciant des chercheurs. Par contre, c’est un levier majeur d’optimisation fiscale qui représente un manque à gagner de 6 milliards d’euros par an pour les caisses de l’État ».

Youlie Yamamoto, porte-parole d’Attac, ajoute : « Les multinationales délocalisent, échappent à l’impôt, polluent et bafouent les droits humains. Elles sont à l’avant-garde de la marchandisation délétère du monde. Elles ne sont pas seulement des acteurs économiques, elles sont aussi des acteurs politiques qui influencent les règles du jeu de la course au moins disant social et environnemental. Et tout cela se fait aux frais du contribuable ! Des milliards d’argent public leur sont versés chaque année, au nom de l’emploi, de l’innovation ou de la transition écologique… sans contrepartie réelle, sans contrôle efficace, et sans être inquiétées pour leurs pratiques. »


Ce que nous défendons

À travers sa campagne, Attac exige de reprendre le contrôle sur les 211 milliards d’euros d’aides publiques aux grandes entreprises. Nous exigeons la transparence totale d’un système aujourd’hui opaque, la refonte ou la suppression de dispositifs injustes et inefficaces, un réel contrôle et l’arrêt immédiat des aides publiques aux entreprises qui bafouent les droits et détruisent la planète et nos vies.

Depuis plusieurs années, des études et enquêtes, y compris du Sénat, montrent que ce système dysfonctionne. Passons à l’action ! Dans les prochaines semaines, Attac va notamment se mobiliser pour exiger que pas un euro d’aides publiques ne soit versé aux multinationales qui pratiquent l’évasion fiscale.

Vous pouvez également signer la pétition pour taxer les super-profits pétroliers : alors que la population subit de plein fouet la hausse des prix des carburants, Total et les multinationales des énergies fossiles dégagent des bénéfices faramineux. Il est urgent de mettre à contribution ces multinationales qui évitent l’impôt, pour financer les urgences sociales et écologiques !


Rejoignez le combat pour la justice fiscale, soutenez Attac !

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