Chers amis, Si vous me suivez régulièrement, vous savez que je vis avec un acouphène depuis maintenant plusieurs semaines. À ce sujet, je tiens à remercier chaleureusement celles et ceux qui m’ont adressé un message de soutien. Les pistes que vous me donnez sont d’une aide précieuse. De mon côté, au gré des consultations médicales et de mes recherches, j’ai rassemblé de nombreuses informations. À nous tous, peut-être allons nous aboutir à des amorces de solution ? Dites « non » aux idées fausses et angoissantesCe billet s’adresse à tous mais en particulier à ceux qui auraient des acouphènes depuis peu. Je sais quelle foule de questions vient vous hanter lorsque ce phénomène se déclenche sans prévenir. C’est déstabilisant et angoissant. On imagine le pire, on pense être condamné à vivre cet enfer pour le restant de nos jours. À la fatigue physique provoquée par les symptômes qui troublent le sommeil, vient s’ajouter la fatigue psychologique. Les nuits sont courtes, souvent peuplées d’idées fausses… auxquelles je vais m’employer à tordre le cou ! La première d’entre elles étant qu’on ne peut pas soigner ce trouble. C’est faux. Il existe des thérapies efficaces pour mettre fin à ce mal. Il faut ensuite mettre de côté l’idée que nos acouphènes sont la conséquence d’une pathologie grave. Dans 99 % des cas, la cause des acouphènes est bénigne.1 Une fois ces deux inquiétudes levées, on se sent déjà plus détendu. Cela ne peut être que bénéfique pour vous engager sur le chemin de la guérison. Qu’est-ce qu’un acouphène ?L’acouphène est un trouble auditif qui se manifeste par la perception d’un son que je qualifierais de « parasite ». Cela peut être un tintement, un sifflement, un bourdonnement, un battement ou un souffle. Cela peut se produire dans une ou dans les deux oreilles. Ce son ne provient pas du monde extérieur, il n’y a que la personne qui souffre d’acouphène qui peut l’entendre. On parle alors d’« acouphène subjectif ». Parfois, un ORL peut percevoir le bruit qui vous gêne avec un appareil spécifique. On parle alors d’« acouphène objectif ». Dans mon cas, il s’agit de pulsations dans l’oreille droite, rythmées par les battements de mon cœur. En France, il y aurait près de 16 millions de personnes touchées, parmi lesquelles 3,7 millions en permanence et 12,3 millions ponctuellement2. C’est bien plus que je ne l’imaginais ! Avant d’en être moi-même atteint, je pensais naïvement que ce trouble n’affectait que les gens exposés régulièrement à des décibels assourdissants (musiciens, ouvriers sur les chantiers, adeptes de concerts rock ou de musique écoutée au casque à fond les ballons…). Ce n’est pas le cas ! Acouphènes : les causes les plus fréquentesLorsque c’est le fonctionnement anatomique de l’oreille qui est en cause, un ORL pourra assez facilement vous dire ce qui cloche et adapter le futur traitement. Il trouvera peut être : - un simple bouchon de cérumen ;
- un kyste bénin dans le conduit auditif ;
- un tympan perforé (suite à une infection ou à un traumatisme) ;
- une infection de l’oreille moyenne (les otites et les sinusites, en particulier peuvent causer ce type d’infections et entraîner une accumulation de liquide derrière le tympan. La présence de ce liquide dans l’oreille peut causer l’impression d’entendre de manière assourdie) ;
- une otosclérose (les osselets de l’oreille moyenne s’épaississent et deviennent plus rigides) ;
- une dysfonction de la trompe d’Eustache (petit conduit qui relie l’arrière du nez à la cavité de l’oreille moyenne) qui peut causer la sensation d’entendre l’écho de votre propre voix, les battements de votre cœur ou de votre respiration ;
- une perturbation du flux sanguin dans l’oreille interne (trop ou trop peu) ;
- une contraction involontaire du muscle tenseur du tympan (ce muscle est responsable de la protection de l’oreille lorsqu’elle est en présence de bruits forts : sa contraction permet de diminuer l’intensité du son transmis vers l’oreille interne).
L’acouphène prend alors la forme de cliquetis, de craquements, de battements ou autres bruits pulsatiles sans lien avec le cœur. Douleur et engourdissement au niveau de l’oreille sont aussi parfois ressentis ; - un vieillissement prématuré ou naturel de votre organe auditif ou une exposition répétée à des sons violents. Parfois, les acouphènes accompagnent le début de la surdité.
Les maladies spécifiques de l’oreilleLes acouphènes peuvent aussi être la conséquence de certaines pathologies plutôt rares propres à l’organe de l’audition. - La maladie de Ménière, qui se caractérise par une trop grande pression exercée par le liquide naturellement présent dans l’oreille interne. Il y a alors une pression trop forte sur l’organe de l’audition et cela peut causer des acouphènes (souvent décrits comme des sons graves), mais également des vertiges et une perte d’audition. Ces symptômes apparaissent généralement par vague ou par épisode.
- La perte auditive cachée, quand les terminaisons nerveuses du nerf auditif se sont détruites. Le phénomène est encore mal connu, et ses causes restent floues. Malheureusement, ces dommages sont permanents. L’audition est normale (pas de surdité), mais le message transmis au cerveau via le nerf est de moins bonne qualité, ce qui pourrait provoquer des acouphènes.
Le neurinome est une tumeur bénigne. Les neurones du nerf auditif sont entourés d’une gaine isolante : les cellules de Schwann. Lorsque ces cellules isolantes prolifèrent en trop grand nombre, cela peut créer une tumeur bénigne que l’on appelle « schwannome vestibulaire ». On constate alors une perte auditive et l’apparition d’un acouphène, tous deux unilatéraux (dans une seule oreille), et parfois des maux de tête, des vertiges, des fourmillements ou une paralysie au niveau du visage. |