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mercredi 1 août 2018

Les Crises.fr - Benallagate : Une affaire d’Etat, par Guillaume Berlat

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                                 Les Crises


1.août.2018 // Les Crises







Benallagate : Une affaire d’Etat, par Guillaume Berlat
« Ainsi, craignant toujours un funeste accident, J’imite de Conrart le silence prudent » écrit Nicolas Boileau dans son épitre I au Roi en 1669, citant le premier secrétaire perpétuel de l’Académie française. C’est vraisemblablement la posture choisie par le président de la République, Emmanuel Macron dans ce qu’il est convenu de qualifier d’affaire Benalla. À chaque époque politique son Alexandre, pas le Grand mais Alexandre Djourhi sous Nicolas Sarkozy et Alexandre Benalla sous Emmanuel Macron. Décidemment, la promesse des pratiques d’un « monde nouveau » décrétée par Jupiter ne tient pas ses promesses. Il n’entre nullement dans nos intentions de participer à la curée, de s’acharner sur un homme à terre – quoi qu’il ait pu faire et sur lequel nous ne savons que ce que l’on veut bien nous dire – comme le font nos moralistes à la petite semaine. Et, de nos jours, les vautours, les charognards prolifèrent comme le chiendent avec leur bonne conscience en étendard.
Grand bien leur fasse ! Pour notre part, nous préférons suivre la maxime de Jésus « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ». Plus intéressantes et utiles sont les leçons intemporelles que l’on peut tirer de ce fait divers, condensé des dérives de notre époque, fait divers mu en affaire d’État1 quoi que prétende Jupiter («tempête dans un verre d’eau »). Elles méritent d’être détaillées pour tenter d’aller au-delà de l’écume des jours.
TRAHISON DES CLERCS
On peut élargir le propos de Julien Benda à la trahison permanente de nos dirigeants politiques – toutes opinions confondues – qui prétendent servir des valeurs (le vrai, le juste) dans leur discours mais font tout le contraire dans leurs actes. Rappelons ce que chantait Guy Béart au siècle dernier dans Les grands principes : « elle me parlait des grands principes, puis agissait n’importe comment en vertu des grands sentiments » ! Ces paroles n’ont pas pris la moindre ride dans la Macronie conquérante2. L’affaire Benalla tombe fort à propos, après l’hystérie collective de la victoire de la coupe du monde de football, pour nous ramener à la dure réalité. La prétendue « République exemplaire » ou sa version actualisée de la « République inaltérable », ce n’est que billevesée et sornette3. Nous en possédons la preuve tangible chaque semaine que le dieu Jupiter fait. Le feuilleton de la moralisation de la vie publique que nous livre régulièrement Prochetmoyen-orien.ch en est la triste illustration. Le nouveau monde ressemble étrangement à l’ancien monde stigmatisé par Emmanuel Macron… en pire avec ses conseillers invisibles, ses copains, ses coquins. Nous baignons en plein dans la confusion des rôles si ce n’est la confusion des sentiments. Mais, juste retour des choses, et « en attendant le fusible et les révélations des commissions d’enquête, dans l’affaire Benalla, c’est Macron qui casque »4.
COURAGE FUYONS…
Dès que les « vents mauvais » soufflent, c’est le sauve-qui-peut généralisé chez les hauts dignitaires de la République. Le patron est aux abonnés absents (comme un monarque, il fait distiller sa pensée profonde : « il n’est pas question de laisser accréditer l’idée d’une quelconque impunité »)5tandis que ses éliacins au château se refilent la patate chaude le secrétaire général, le sinistre et copilote caché de l’État, Alexis Kohler (inspecteur général des finances) empêtré dans ses affaires de conflits d’intérêt mais chargé de remettre de l’ordre dans le foutoir élyséen, le directeur de cabinet Patrick Strzoda (préfet) qui a pris la première sanction contre Alexandre Benalla (quinze jours de suspension et mutation sur un poste administratif ?) sont transparents à souhait.
Quant aux députés de la République qui marche sur la tête, ils jouent à la perfection leur rôle de parti godillot, répétant à qui veut l’entendre leurs stupides éléments de langage (EDL) sans rapport avec la réalité objective. Ne parlons pas des sornettes que nous sort, le plus sérieusement du monde, le porte-parole de la présidence de la République, Bruno Roger-Petit ! Tout cela est digne de la Pravda du temps de la guerre froide ou de ce que l’on attribue à « Russia Today ». Vive la République, vive la France. Fermez le ban ! On cherche les fusibles qui vont sauter, les boucs émissaires que l’on va livrer en pâture à la valetaille pour la rassasier6. Aussi vieux que le monde. On cherche à gagner du temps, la bonne vieille politique du chien crevé au fil de l’eau7.
COURAGE DE LA VÉRITÉ
Michel Foucault avait mis dans le mille lorsqu’il expliquait dans son ouvrage Le courage de la vérité paru en 2009 que la vérité n’est pas forcément un discours sur le monde, une forme d’adéquation au réel ou manière de reproduire un état de fait : le marqueur de la vérité peut être aussi ce qui dérange. Il reprend là une idée de Nietzche : la vérité est ce que nul ne veut reconnaître, ce que chacun tente de masquer. Le contraire de la vérité, ce n’est donc pas l’erreur ou le mensonge mais la doxa, l’opinion commune. Pour aller contre l’opinion commune et se faire son propre jugement, il faut fournir un certain effort actuel, ce qui requiert du courage. Mais aussi prendre le risque de ne pas être d’accord avec ses semblables, ce qui demande, là encore, du courage.
Nous connaissons tous les fondements de la démocratie – l’égalité devant la loi, la liberté d’expression, les droits fondamentaux, la dignité de chacun. Michel Foucault y ajoute un pilier oublié de la démocratie grecque : la parésia, un terme qui signifie le fait de tout dire, sans retenue hypocrite ni arrière-pensée. L’affaire Benalla, c’est l’éternel combat du courage contre la lâcheté. Cette lâcheté qui emprunte de multiples visages. Qu’il eut été plus simple de tout mettre sur la table dès que le Monde fait ses premières révélations8 et non de biaiser en permanence ! Dans les milieux bien informés, on pensait candidement que l’affaire ferait rapidement pschitt.
L’ESPRIT DES LOIS
Manifestement, la France, mère des arts, des armes et des lois a un problème avec la loi et cela au moins à deux titres.
Un problème général de droit constitutionnel qui tient à la caporalisation croissante du parlement (Cf. les dispositions envisagées dans le projet de réforme constitutionnelle renvoyée aux calendes grceques) qui fait que la représentation nationale est l’une des plus faibles de l’Union européenne. Et, nous découvrons à la faveur de l’affaire Benalla que l’on prépare une révision constitutionnelle en plein été, dans des hémicycles presque vides, en adoptant des dispositions importantes dans la nuit en toute opacité. Vive la démocratie française ! Nous n’avons aucune assurance qu’elle soit soumise au peuple pour éviter qu’il ne fasse pas ce qu’on lui demande. Concentrer trop de pouvoir lorsque l’on est au sommet de l’État, c’est être très vulnérable. Emmanuel Macron se dit, dans l’affaire Benalla, « seul responsable ». Mais, comme toujours, Emmanuel Macron met en avant une forme de responsabilité morale, pour mieux fuir sa responsabilité politique9.
Un problème spécifique du droit de la sanction dans notre pays10. Nos très hauts fonctionnaires (couverts par le pleutre Conseil d’État) ignorent les grands principes contenus dans la convention européenne des droits de l’homme. Alexandre Benalla a été sanctionné une première fois par une suspension de quinze jours sans solde. Pour certains juristes, ce ne serait pas une sanction s’agissant d’un chargé de mission11 recruté par le fait du prince. Sous la pression du tribunal médiatique, le parquet se saisit dans la plus grande précipitation de la question et surtout sur injonction de la ministre de la Justice (en 2010, la Cour européenne des droits de l’Homme a condamné à deux reprises la France, motif pris que le parquet à la française n’était pas un juge indépendant et impartial au sens de l’article 6 de la convention qui pose les principes du droit à un procès équitable). La France n’a toujours pas mis son parquet aux normes européennes pour désamorcer l’affaire, le parquet aux ordres de l’Élysée, s’intéresse subitement désormais au couple agressée par Alexandre Benalla12). Nous apprenons que, dans la plus grande précipitation une fois encore, on découvre un deuxième chef d’incrimination – qui nous dit-on était connu dès l’origine au plus haut sommet de l’État – pour contourner la règle non bis in idem qui pose que l’on ne peut être sanctionné deux fois pour les mêmes faits.
Quelles sont dans ces conditions, les chances raisonnables qu’Alexandre Benalla et ses quatre compagnons d’infortune bénéficieront d’un procès équitable, véritable marqueur de l’état de droit et de la démocratie ? Toutes choses que nous voulons imposer à la terre entière alors même que notre comportement est loin d’être irréprochable. C’est le moins que l’on puisse dire. Comment accepter que ce soient les médias qui dictent leur calendrier et leur décision aux pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire ? C’est tout simplement impossible. La mise à mort médiatique est souvent synonyme de mise à mort judiciaire. Que font nos droits de l’hommistes pour dénoncer cette situation intolérable ? Rien. Ils sont muets comme des carpes. Par chance, l’intéressé nous livre sa vérité au nom du respect du principe du contradictoire, principe cardinal du droit de la défense dans une authentique démocratie. !13
LES COPAINS D’ABORD
Il ait une tradition bien établie sous tous régimes que nos hommes (femmes) politiques arrivent dans leurs hautes fonctions flanqués d’un certain nombre de personnages des plus sulfureux dans leurs bagages. Le cas d’Alexandre Benalla (7300 euros de traitement brut plus voiture et logement de fonction quai Branly) est emblématique de cette pratique de République bananière. Il n’est malheureusement pas un cas isolé dans la « République exemplaire et inaltérable » chère à Jupiter et à sa garde prétorienne. République au sein de laquelle les frères pèsent de tout leur poids dans la balance14.
Deux exemples peuvent être citées qui sont révélateurs de toutes ces dérives inadmissibles.
Michèle Alliot-Marie (la minable MAM) est arrivée dans tous les ministères régaliens qu’elle a dirigés (Justice, Intérieur, Défense, Affaires étrangères) avec sa nièce Ludivine Olive en paquet cadeau, nièce qu’elle désignait comme chef de cabinet. Au Quai d’Orsay, Le Canard enchaîné révélait qu’elle touchait 15 000 euros mensuellement. Aucun haut fonctionnaire de cette Maison ne parvient à ce niveau de traitement.
Quant au responsable « d’affaires sans frontières », un tiers mondiste/deux tiers mondain, Bernard Kouchner, il a fait très fort. Après avoir désigné comme responsable de la presse à son cabinet et de la DCP, son âme damnée, Eric Chevallier (médiocre médecin surnommé «Pol Pot »), il l’a fait intégrer dans le corps des ministres plénipotentiaires. Ce sera son cadeau empoisonné au Quai d’Orsay. Il bénéficiera de deux ambassades : en Syrie et au Qatar pendant que des diplomates ayant passé le filtre de la méritocratie républicaine (concours sélectifs) se morfondent chez eux ou dans le couloir de la mort sur le site de la Convention. Nous apprenons qu’il vient d’être nommé directeur du centre de crises du Quai d’Orsay (bébé de BK). Excellente gestion de l’argent public pour plaire à des ministres sans scrupules.
La République des copains, des cousins, des coquins a de beaux jours devant elle. Que nous dit le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, le 23 juillet 2018 lors de son audition par la commission des lois de l’assemblée nationale ? Il stigmatise des « dérives individuelles inacceptables condamnables sur fond de copinage malsain » (sic). On ne saurait mieux dire15.
LA TYRANNIE MÉDIATIQUE
Dans les médias, que l’on désignait en son temps, de médias de référence, en passant par les radios et télévisions d’information en continue – avec une mention spéciale pour les chaînes du service public – celles qui coûtent un « pognon de dingue » aux contribuables – une dérive particulièrement inquiétante s’installe Un mélange toxique de propagande, d’approximations, de non-vérifications des faits mêlés aux opinions, de « fake news », d’incapacité à prendre du recul sur l’évènement.
Le journalisme d’investigation se fait journalisme de délation, avec la nécessaire complicité de policiers bafouant le secret de l’instruction pour faire avancer leurs agendas parallèles, sans parler de magistrats qui ignorent les règles dont ils sont censés être les gardiens scrupuleux. Le journalisme de combat est devenu un journalisme d’invective : exit Henry Frenay et Albert Camus, place à Jean-Jacques Bourdin. On exécute d’abord, on écoute et on réfléchit ensuite16. C’est ce que l’on qualifie d’exigence de relèvement des standards de la démocratie ! Le tribunal médiatique est la pire des choses qui soient pour la démocratie, qu’on le veuille ou non. Surtout, s’il s’accompagne d’une superbe loi sur les « fake news ». Avec Jupiter, il se passe toujours quelque chose au château et dans sa vicinité.
LA COMMUNICATION JUPITÉRIENNE ERRATIQUE
L’évolution de la communication
D’une manière générale et chronologique, nous sommes passés, en plus d’un an, à trois stades de la communication du président de la République : l’acommunication en réaction aux excès supposés ou avérés de son prédécesseur, François Hollande (« Un président ne devrait pas dire ça »), l’hypercommunication car les Français veulent savoir (selon la formule préférée de Jean-Jacques Bourdin) et, depuis l’affaire Benalla, la communication par la porte dérobée (celle de la Maison de l’Amérique latine) ou communication pour les copains seuls depuis le 24 juillet 2018, date à laquelle Jupiter réunissait les ténors de la macronomonarchie pour les galvaniser en leur faisant un discours enflammé, et par certains côtés, hors de propos compte tenu de la situation délétère prévalant à quelques jours de la fin du Tour de France cycliste. Un peu court et un peut tard, toutes ces sornettes que déclame le comédien Emmanuel Macron et cette fausse confrontation qui n’en est pas une !17 C’est également un prestidigitateur de haut vol, expert en tour de passe-passe18.
La nouvelle communication
Il a parlé, mais pas aux Français. Presque une semaine après le début de l’affaire Benalla, le président de la République est sorti de son silence19, mais devant un auditoire choisi. Invité surprise du pot de fin de session parlementaire des députés de sa majorité à la maison de l’Amérique latine, Emmanuel Macron a endossé devant eux l’entière responsabilité de la crise qui fait trembler l’Élysée, le gouvernement, la majorité, voire la République. « La République exemplaire n’empêche pas les erreurs. S’ils cherchent un responsable, c’est moi et moi seul ! Qu’ils viennent me chercher C’est moi qui ai fait confiance à Alexandre Benalla. C’est moi qui ai confirmé la sanction ».
Pour défendre ses troupes, le chef de l’État a fustigé « la République des fusibles (et) la République de la haine ». Pas question de se réfugier derrière qui que ce soit pour se protéger. « On ne sacrifie pas des têtes de fonctionnaires, de ministres ou de collaborateurs sur l’autel des émotions populaires », a martelé Emmanuel Macron, en reconnaissant toutefois que « la République exemplaire » dont il s’était fait le chantre pendant la campagne présidentielle, « n’empêche pas les erreurs ». À commencer par celle commise avec le choix d’Alexandre Benalla. Si Emmanuel Macron a assuré ne pas oublier « qu’il a été un militant très engagé pendant la campagne », il a toutefois expliqué avoir « ressenti les actes du 1er mai comme une déception et une trahison ». Dans la foulée, il a démenti plusieurs rumeurs circulant sur le compte de son ancien collaborateur depuis une semaine : « Alexandre Benalla n’a jamais détenu les codes nucléaires, Alexandre Benalla n’a jamais occupé un appartement de 300 m2, Alexandre Benalla n’a jamais eu un salaire de 10.000 euros, Alexandre Benalla n’est pas mon amant ».
Cette prise de parole du chef de l’État avait été préparée bien en amont et tenue secrète jusqu’à la dernière minute, avait trois objectifs. D’abord, il s’agit de détourner la focale vers l’opposition, dont il ne cesse de fustiger l’attitude en petit comité. Ensuite, il tenait à rassurer et ressouder sa majorité, alors que quelques doutes commençaient à se faire sentir ces derniers jours. Enfin, il espère réussir à temporiser et contenir la pression, en attendant que les enquêtes administrative (IGPN), judiciaire (parquet) et parlementaire (Assemblée et Sénat) arrivent à leur terme. Une sortie qui lui fera peut-être gagner du temps mais qui ne suffira pas à le dispenser d’une explication devant les Français. Lesquels commencent à donner des signes d’impatience dans les différentes enquêtes d’opinion, où la popularité du chef de l’État baisse fortement. « Le président s’exprimera à chaque fois qu’il le jugera utile », répète à l’envi son entourage, en refusant de dévoiler son calendrier. Il le fait dans les Pyrénées sans être crédible. Le maître des horloges n’en deviendrait-il pas l’esclave ?
Autant dire que cette vaste blague fait les délices de la presse étrangère et amuse dans les chancelleries en un temps où Jupiter souhaite remettre la diplomatie française sur les bons rails (Cf. sa dernière visite à Madrid et à Lisbonne). Comment être crédible avec Donald Trump, Vladimir Poutine, Angela Merkel sur la scène internationale dans ce contexte ? Le risque pour Emmanuel Macron n’est-il pas qu’il se transforme en « Gulliver entravé » ?20
TOUT VA TRÈS BIEN MADAME LA MARQUISE…
Un vent d’Ancien régime souffle sur la France avec ses courtisans, ses favoris, ses privilèges, son arbitraire21. La situation oscille entre un pouvoir ultra autoritaire et la cour du roi Pétaud. Les députés de la majorité, celle de la République en vrac, seraient déboussolés par l’attitude d’Emmanuel Macron et par son silence (de quelques jours) qui tranche avec sa communication habituellement débridée. Ils ont dû concéder, sous la pression médiatico-politique, la constitution d’une commission d’enquête parlementaire, boycottée peu après à l’assemblée nationale pour cause de partialité assumée de la présidente de la commission des lois. Cela ne changera rien à l’affaire tant les dégâts sont incommensurables après les affaires de la vaisselle de l’Élysée, de la piscine de Brégançon, de la réplique sur « Manu », de la soirée interlope lors de la fête de la musique au château22. Les emmerdements, ça vole en escadrilles, pour reprendre la célèbre formule d’un connaisseur, Jacques Chirac. Tout va très bien, Madame la marquise, chantonne-t-on dans les couloirs de l’Élysée. Mais, la fin de la chanson de Ray Ventura et des collégiens (1935) est bien connue : il y a le feu au château. De retour de Moscou, en vainqueur radieux, il paraissait invincible. Aujourd’hui, ses propres électeurs s’interrogent : Macron Jupiter qui garde le silence, tel Giscard lors de l’affaire des diamants, serait-il un Janus au double visage ? »23. Là est la question qui se trouve au cœur du Benallagate, une affaire d’État (c’est la notion de dissimulation qui crée l’affaire d’État) !
Guillaume Berlat
30 juillet 2018

1 Éditorial, Benalla : une affaire d’État, Le Monde, 22-23 juillet 2018, p. 27.
2 Cédric Pietralunga, Ce que la polémique révèle du macronisme, Le Monde, 21 juillet 2018, p. 7.
3 Laurence de Charette, Vous avez dit exemplaire, Le Figaro, 23 juillet 2018, p. 1.
4 Jean-Luc Porquet, Dans l’affaire Benalla, c’est Macron qui casque, Dur Alex, Sed Lex, Le Canard enchaîné, 25 juillet 2018, p. 1.
5 Arthur Berdah, Macron se mure dans le silence en attendant de pouvoir être audible, Le Figaro, 23 juillet 2018, p. 3.
6 Jean-Paul Mégret, « L’Elysée a allumé un contre-feu pour atténuer sa responsabilité », Le Monde, 22-23 juillet 2018, p. 7.
7 Isabelle Ficek/Pierre-Alain Furbury, Benalla : l’exécutif mise sur l’été pour éteindre l’incendie, Les Échos, 26 juillet 2018, p. 2.
8 Affaire Benalla : l’Élysée mis en cause, Le Monde, 20 juillet 2018, pp. 1-8-9.
9 Gildas Le Dem, L’irresponsabilité politique d’Emmanuel Macron, Le Blog de Gildas Le Dem, www.mediapart.fr , 25 juillet 2018.
10 Roseline Letteron, Affaire Benalla : quelques questions de procédure,www.libertescheries.blogspot.com , 23 juillet 2018.
11 Mathilde Mahieu, Affaire Benalla : les « chargés de mission » de l’Elysée échappent aux obligations de transparencewww.mediapart.fr , 25 juillet 2018.
12 Émeline Cazi/Ariane Chemin, Pourquoi le couple n’a pas été poursuivi pour violences ?,Le Monde, 27 juillet 2018, p.7.
13 Gérard Davet/Françoise Krug/Fabrice Lhomme (propos recueillis par), Alexandre Benalla livre ses vérités, Le Monde, 27 juillet 2018, pp. 1-8-9.
14 Stéphane Kovacs, Franc-maçon, Benalla est suspendu à titre conservatoire de sa loge, Le Figaro, 26 juillet 2018, p. 5.
15 Antton Rouget, Collomb et Delpuech fragilisent l’Élyséewww.mediapart.fr , 23 juillet 2018.
16 Édouard Tréteau, Affaire Benalla : stop à l’hystérie collective, Le Figaro, 24 juillet 2018, p. 17.
17 Lénaïg Bredoux/Manuel Jardinaud/Pascale Pascariello, Affaire Benalla : l’Élysée joue la confrontationwww.mediapart.fr , 
18 Éditorial, Affaire Benalla : tour de passe-passe, Le Monde, 27 juillet 2018, p. 27.
19 Étienne de Montéty, Sortir du silence, Le Figaro, 25 juillet 2018, p. 1.
20 Alexandre Devecchio, Le risque pour Macron est de se transformer en « Gulliver entravé », Le Figaro, 25 juillet 2018, p. 17.
21 André Bellon, Une étrange démission, Blog : Pour que vive la souveraineté populaire !,www.mediapart.fr , 22 juillet 2018.
22 Étienne de Montety, Tout va très bien…, Le Figaro, 24 février 2018, p. 1.
23 Christine Clerc, Macron ou le silence de Janus, Le Télégramme, 21 juillet, p. 5.
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Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]
DUGUESCLIN // 01.08.2018 à 06h06
Merci de votre verve, Monsieur Guillaume Berlat.
Ça fait du bien à une époque où on en manque. Et encore il y a beaucoup de retenue dans vos analyses éclairantes.
Mais comment un jeune homme immature, divinisé par son “entourage” qui a projeté en lui les plus excessifs espoirs, voyant en lui le meilleur, le petit génie, le sauveur, promis à une grande destinée, a-t-il été propulsé au pouvoir?. Cette certitude l’enferme dans un narcissisme dont il est prisonnier. Pour ne pas trahir cette image, il a renoncé à être adulte, il ne sera pas le père d’un petit dieu qui pourrait le détrôner.
Maintenant il est devenu le “propriétaire” d’un pouvoir qui le dépasse, mais qui lui est du, selon la prophétie qu’il a reçu à sa naissance sans remise en cause possible.
Pendant ce temps, les médias parlent de la Russie de Poutine. Mais il ne parlent pas de la France de Macron.
Pourtant la Russie n’appartient pas à Poutine, mais c’est Poutine qui appartient à la Russie (70%). De même que la France n’appartient pas à Macron mais malheureusement Macron n’appartient pas à la France (17%), il s’appartient à lui-même et à ceux qui ont utilisé et exploité ce petit génie convaincu.

Franceinfo: - LES VIDÉOS | MERCREDI 1ER AOÛT 2018


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La UNE et les premières pages d'Informations Ouvrières N° 513 du jeudi 26 juillet 2018

Informations Ouvrières n°513

Les retraites, une réforme explosive du quinquennat !
mercredi 25 juillet 2018
par  POI National

Les retraites, une réforme explosive du quinquennat !
Jean-Simon Bitter, membre du bureau national du POI La crise du régime révélée par l’affaire Macron-Benalla plonge ses racines dans tous les développements de ces derniers mois. La grève des cheminots que nous avons soutenue de toutes nos forces a exprimé le rejet par toute la classe ouvrière des « réformes » de Macron. Ce rejet reste aujourd’hui d’actualité et est même amplifié. Les cheminots, comme toute la classe ouvrière, restent hostiles aux plans du gouvernement Philippe-Macron.
C’est depuis le sommet de l’État que la démoralisation et la crise s’étendent, et ce à tous les niveaux (du chef de l’État à son système de répression). Mais si Macron a dû suspendre la réforme constitutionnelle (suspendre seulement), il a affirmé qu’il persisterait et « gardera[ it] le cap des réformes ». On verra bien…
Ces « réformes », c’est la destruction systématique de toutes les conquêtes arrachées par la classe ouvrière en 1936 et en 1945. Aujourd’hui, entre autres, il s’agit de la « réforme la plus explosive du quinquennat », selon l’expression de plusieurs journaux, celle des retraites.
Le projet vise l’ensemble des régimes de retraite dont le régime de base de la Sécurité sociale. Pour le gouvernement, les riches ne sont jamais assez riches tandis que les retraités sont stigmatisés comme « nantis ». Les régimes de retraites actuels sont fondés sur la technique de la répartition. Cela signifie que les pensions des retraités sont payées par les contributions des actifs. C’est ce qu’on appelle une solidarité intergénérationnelle et c’est aussi le seul système qui a été capable de garantir dans le passé et aujourd’hui comme dans l’avenir des retraites décentes alors que les systèmes par capitalisation entraînent nécessairement la misère en cas de crise économique.
Le projet sur les retraites est annoncé comme une uniformisation dans un système par points. Mais en sapant le principe selon lequel la retraite de base est un système collectif à prestations définies, c’est l’ensemble du projet qui se révèle comme un système individuel qui livrerait des sommes colossales à la spéculation capitaliste et soumettrait les retraites aux crises économiques.
Ces crises économiques sont inhérentes au système capitaliste qui tente vainement de les juguler en entraînant l’humanité dans la barbarie, les guerres et les massacres. En France, le capital, dont Macron est le serviteur, veut livrer au marché les systèmes de retraite et la santé, les services publics et l’enseignement. C’est la raison de la destruction systématique de toutes les conquêtes de la classe ouvrière.
Les élus résistent au démantèlement des communes et de la République voulu par Macron. Les travailleurs rejettent les projets du gouvernement et de Macron et aujourd’hui ce régime antidémocratique est en pleine décomposition. Nul ne sait ce qui va se passer dans les jours et les semaines qui viennent.
La question qui se pose aujourd’hui est celle de l’organisation de l’outil de cette résistance et donc d’une représentation politique pour la classe ouvrière. Ce n’est pas possible dans le cadre des partis qui ont été dégagés du fait de leur soumission aux plans de destruction. En effet, toutes les « réformes » de Macron ont été préparées par les gouvernement successifs qui l’ont précédé. Alors il ne peut être question de participer à la mise en oeuvre de ces destructions. Ce qui est nécessaire ne peut pas non plus être construit sans un libre débat, sans une tribune libre comme l’est Informations ouvrières et comme le permettent les comités de résistance et de reconquête des acquis de 1936 et de 1945.
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Affaire Macron-Benalla : une affaire d’état.....Et c’est ce gouvernement en crise qui veut liquider les retraites et l’assurance chômage.

Affaire Macron-Benalla : une affaire d’état Et c’est ce gouvernement en crise qui veut liquider les retraites et l’assurance chômage.

jeudi 26 juillet 2018
par  poivitrolles 


Affaire Macron-Benalla : une affaire d’état
Et c’est ce gouvernement en crise qui veut liquider les retraites et l’assurance chômage.
Un incident, une phrase peuvent parfois révéler et concentrer une crise majeure, notamment quand un pouvoir est fragilisé. Le pouvoir de Macron pouvait sembler aux observateurs des médias comme quelque chose de solide. Mais c’est la surface des choses. Depuis un an, les travailleurs, avec leurs syndicats, s’étaient mobilisés contre les ordonnances destructrices du Code du travail ; il y a eu les mobilisations des hospitaliers, des fonctionnaires, etc.
Autant de coups de boutoir contre ce président et son gouvernement. Puis il y a eu la grève des cheminots. La mobilisation et la détermination de ceux-ci avec un soutien dans la population. Parmi celle-ci, la montée d’un sentiment d’injustice qui se transforme en colère, exprimée même de manière déformée par les sondages pointant la « baisse de popularité » de Macron. À l’évidence, la grève des cheminots a ouvert une nouvelle séquence.
L’État ébranlé
Patatras ! A surgi l’affaire Benalla. C’est l’étincelle qui déclenche un incendie que le pompier pyromane de l’Élysée n’arrive pas à éteindre. C’est une affaire d’État qui ébranle tout l’État. Les révélations se succèdent les unes aux autres. Le président se mure dans le silence, sa majorité est déboussolée, à tel point que l’Assemblée nationale paralysée a décidé de renvoyer à la rentrée le projet de réforme constitutionnelle.
La crise est telle que le gouvernement et sa majorité ont été contraints après l’avoir refusé de mettre en place des commissions d’enquête, puis d’accepter que leurs travaux soient publics ; le ministre de l’Intérieur, Collomb, et le préfet de police, après avoir prêté serment, ont témoigné devant la commission parlementaire en renvoyant l’un et l’autre la responsabilité à l’Élysée. Les déclarations se multiplient dans la hiérarchie policière et dans celle de l’armée pour se défausser de toute responsabilité et rendre la monnaie de sa pièce à un pouvoir qui les maltraite depuis un an. Mais armée et police ne sont pas de quelconques institutions de l’État. C’est le cœur de l’État, dont elles sont les piliers, qui est touché. Ce que confirment ces derniers témoignages, c’est qu’il ne s’agit pas d’une affaire Benalla mais d’une affaire Macron, celle d’un régime qui se décompose.
Il y a un an
Revenons un an en arrière. S’appuyant sur le rejet dans la population des partis de droite et de gauche qui se succèdent depuis des décennies pour mettre en œuvre la même politique, Macron a mené campagne sur le thème « Ni droite ni gauche », contre le « vieux monde » (pas le vieux monde capitaliste !) et agir au nom du « peuple » dont, tel Jupiter, il se pensait l’incarnation. Comme il a été dit par la presse et par lui-même, il a pris le pouvoir par effraction sur la base de l’effondrement des partis traditionnels.
Sans base réelle, sans parti véritable, avec des accents de petit bonaparte, il en a appelé à la « société civile » pour constituer son mouvement La République en marche. La « société civile » de Macron, c’est quoi ? Des « auto-entrepreneurs », des cadres, des commerciaux, des traders, des banquiers, qui entendaient, pour les plus honnêtes, appliquer à la société française leurs propres parcours individuels et individualistes contre les normes, les réglementations et l’administration, avec pour modèle l’ubérisation de la société… et pour les moins honnêtes, les prébendiers, se faire une place au soleil.
D’emblée, Macron, avec les ordonnances, mécanisme antidémocratique de la Ve République, c’est-à-dire sans recours à l’élaboration et la discussion d’une loi au Parlement, a voulu passer en force contre le Code du travail, arguant qu’il avait un mandat du peuple.
La « Société du Sept-Mai » à l’action
C’est dans ces conditions, pour aller plus avant, que Macron a provoqué un tollé dans la hiérarchie policière et dans celle de la gendarmerie en ouvrant un projet de réorganisation de la police à l’Élysée, dont il avait chargé Benalla d’être le maître d’œuvre. Une nouvelle police qui dépend directement du chef de l’État et de son homme de confiance, bref une police politique.
Cela renvoie au SAC sous de Gaulle ou à la cellule de l’Élysée sous Mitterrand. Mais dans une autre situation, une situation où la crise est ouverte et où les tensions de classes sont extrêmes. Il a poussé à son paroxysme le caractère réactionnaire et antidémocratique de la Ve République, mais il a également accéléré la crise de décomposition de ses institutions.
Lutte des classes
contre corporatisme
Au bout d’un an, il s’est heurté à la réalité, celle de la résistance qui sourd de toute la société. D’abord celle des travailleurs, mais également celle des élus, des juges, des médecins, et de bien d’autres catégories. Et, là-dessus, il y a eu la grève des cheminots, déterminés à défendre leur statut, à défendre l’entreprise publique contre l’ubérisation de la société et, pour ce faire, à chercher à s’accrocher à l’unité de leurs syndicats.
La crise majeure en cours est le produit réfracté de tous les développements de l’année qui vient de s’écouler. Il s’agit d’une « affaire d’État » qui ébranle tout l’État.
C’est le contingent qui réalise le nécessaire. L’affaire Macron-Benalla va encore à n’en pas douter aiguiser la crise de décomposition de la Ve République et le rejet par la population laborieuse de tous ces gens-là et de leur politique, c’est-à-dire sur le terrain de la lutte des classes. Et nous ne sommes là qu’au début d’un processus en cours.
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On nous fait croire que nos ressources annuelles sont épuisées ? Grosse intox ! Explications en vidéo




"Jour du dépassement de la terre" : une fakenews au service de la décroissance

                   

Non au « nouveau contrat social » ! Résistance et reconquête !

Non au « nouveau contrat social » ! Résistance et reconquête !

jeudi 19 juillet 2018
par  poivitrolles 



Non au « nouveau contrat social » !

Résistance et reconquête !


Lors de son récent discours devant le Congrès de Versailles, Macron a affirmé vouloir associer les organisations syndicales et patronales à l’élaboration d’un « nouveau contrat social, celui du siècle qui s’ouvre ». Si, venant après l’arrogance, le ton employé marque une inflexion qui traduit les inquiétudes du capital financier, l’objectif reste le même, liquider toutes les conquêtes de la classe ouvrière et, pour cela, y associer les organisations syndicales.
Il est frappant de constater que les formules se référant au XXIe siècle sont à la mode, la « Gauche ou le socialisme du XXIe siècle », le « Code du travail du XXIe siècle »… Ces formules posent une question qui n’est pas nouvelle dans le mouvement ouvrier : peut-on faire de nouvelles conquêtes sans défendre les anciennes ? Le formidable mouvement des cheminots apporte une réponse concrète : la mise en place d’une convention collective représente-t-elle un progrès par rapport au statut ? Non ! La loi El Khomri, les ordonnances Macron, ont-elles marqué des améliorations du Code du travail ? Non ! Toute l’histoire de la lutte de la classe ouvrière le démontre : aucune nouvelle conquête ne peut se faire en renonçant à la défense des anciennes !
Les pressions pour instaurer le corporatisme, la collaboration de classe, vont s’accentuer.
Déjà, il y a un peu plus d’un an, lors du second tour de la présidentielle, certains grands démocrates, de droite comme de gauche, déversaient toute leur haine contre ceux qui refusaient de choisir entre Macron et Le Pen.
Aujourd’hui, les centres de rétention
Dans un rapport publié début juillet, de nombreuses associations dénoncent les conditions d’enfermement des « migrants » dans des centres de rétention administrative (CRA). Selon ce rapport, ces centres où sont enfermés des milliers d’enfants sont « des lieux proches du milieu carcéral », la rétention y est jugée « inhumaine et abusive ». Rappelons que ces CRA ont au départ été créés pour 12 jours, aujourd’hui 45 jours et bientôt avec la loi asile et immigration 90 jours.
Et pourtant, en dépit de ce sinistre bilan, les partis institutionnels de droite comme de gauche ayant été « dégagés », certains responsables politiques et syndicaux continuent d’affirmer qu’en l’absence de perspective d’« alternance démocratique », et toujours pour éviter l’extrême droite, la politique de Macron serait un moindre mal.
Un moindre mal la retraite à points, la destruction du statut des cheminots, l’atomisation du Code du travail, la liquidation des régimes spéciaux les atteintes au statut de la fonction publique ?
Un moindre mal la destruction du bac, Parcoursup, la baisse des APL ?
Un moindre mal les communes privées de leur liberté d’administration, les attaques contre la Sécurité sociale, les hôpitaux, les Ehpad, les handicapés ?…
Les travailleurs ne sont pas dupes, c’est par les méthodes de la lutte de classe, en prenant en compte leurs seuls intérêts, qu’ils se préparent à l’affrontement.
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