L'actualité du mercredi 20/11/2013
La UNE


Vision
Le
consentement à l’impôt est l’un des fondements des systèmes démocratiques
et sa contestation sourde qui traverse la France
un inquiétant symptôme.
Jean-Marc Ayrault a raison de proposer
une remise à plat de la fiscalité. Les raisons strictement
opportunistes de cette annonce sont évidentes. Le Premier ministre et le
Président acculés, noyés dans les abîmes des sondages, cherchent
une porte de sortie à la crise actuelle. Un Grenelle des
impôts pourrait leur donner un peu d’oxygène, habillant les reculs
successifs sur l’écotaxe ou les taxes sur l’épargne d’un semblant
stratégique.
Candidat,
François Hollande avait promis de faire de la réforme
de l’impôt la finalité emblématique de sa présidence. Mais
à rebours de cet engagement, soucieux de trouver des ressources
budgétaires, le gouvernement a au contraire accumulé
des hausses d’impôts, plutôt sur les ménages, et de dégrèvements,
profitant plutôt aux entreprises, sans vision d’ensemble. Une grogne diffuse,
catégorielle, symbolisée par la guérilla des bonnets rouges en Bretagne, a
suivi ce rapiéçage. Les fondements d’une réforme sont connus et
depuis longtemps débattus : progressivité de la CSG, retenue
à la source de l’impôt sur le revenu, suppression
des niches, simplification des barèmes et exemptions.
Il reste qu’en dix-huit mois, ce gouvernement a montré
une incapacité à mener des réformes moins ambitieuses
et complexes qu’une refonte de la fiscalité. A Ayrault et à
Hollande de démentir cette fois-ci ces mauvais présages.
François
SERGENT