Un assistant photographe a été grièvement blessé, ce lundi matin, dans le hall du siège du quotidien, par les tirs d'un homme armé d'un fusil à pompe, toujours recherché par la police.
L'ex-présidente socialiste Michelle Bachelet est arrivée dimanche largement en tête du premier tour de la présidentielle chilienne, avec un programme portant sur le renforcement des services publics et le droit des femmes. Sa "Nouvelle majorité" rassemble des jeunes, comme les chefs de file du mouvement de contestation étudiante de 2011, dont la communiste Camila Vallejo.
Au démarrage de son voyage en Israël, le président français a confirmé l’obstruction de Paris à l’accord international en cours de négociation sur le nucléaire iranien, en dépit des avancées réalisées.
Une crise politique inédite traverse la France. C'est ce qu'illustre notre sondage exclusif sur les inégalités et les Français, réalisé par l’institut CSA pour l’Humanité à découvrir dans l'édition du lundi 18 novembre. Si 84% d'entres-eux considérent que la lutte contre les inégalités doit être prioritaire, une nette majorité pense que le gouvernement doit se donner les moyens de cette lutte.
Couronnée en 2007 par le prix Nobel de littérature, la romancière britannique est décédée ce dimanche à l'âge de 94 ans. Animée toute sa vie par "une soif de liberté qui la porta tantôt vers les grandes causes historiques du XXe siècle, du communisme au féminisme et à la lutte contre le racisme, Doris Lessing, par la portée de son combat et la résonance de ses livres, a profondément marqué son époque", écrivait Alain Nicolas dans l'Humanité en 2007 dans un portrait que nous republions.
Les deux principaux prévenus au procès de l’incendie de l’hôtel Paris-Opéra ont été entendus jeudi et vendredi devant le tribunal correctionnel de Paris, ne livrant aucune explication sur le drame.
Rencontre. Sylvette Kaloïe, fille de Marius Kaloïe, un des 111 êtres humainsexhibés lors de l’Exposition coloniale en 1931, vit dans une cité HLM du Val du Marne. A soixante-treize ans, elle a souhaité réagir aux attaques racistes dont la Ministre de la Justice, Christiane Taubira, est l’objet depuis plusieurs semaines.
Après son évasion au Nigeria, où il était détenu par un groupe islamiste depuis décembre 2012, Francis Collomp a atterri lundi matin près de Paris, accueilli par le premier ministre.
En visite en Israël, François Hollande a indiqué qu'il attendait que Téhéran mette "l'intégralité des installations nucléaires iraniennes sous contrôle international".
L'ancienne présidente, forte de sa popularité et de son ambitieux programme de réformes, remporte plus de 47 % des voix. Elle s'opposera au second tour à sa rivale de droite Evelyn Matthei.
Le bilan officiel du typhon Haiyan qui a ravagé les Philippines est monté vendredi à 3 621 morts, selon une agence du gouvernement, se rapprochant ainsi des 4 460 morts annoncés par l'ONU.
Amnesty International s'est inquiété dimanche des conditions de travail "alarmantes" des ouvriers immigrés au Qatar, qui doit accueillir le Mondial de football 2022.
Austérité oblige, le Quai d'Orsay avait décidé de déménager l'Institut français. C'était sans compter l'attachement des Berlinois à ce petit coin d'Hexagone. Histoire d'un transfert qui pourrait virer au conflit diplomatique.
Le PDG de Google, Eric Schmidt, a annoncé la mise au point d'une nouvelle technologie qui permettra au groupe de bloquer un grand nombre de recherches de pornographie pédophile sur Internet.
Deux hommes convertis à l'Islam sont jugés à partir de lundi à Londres pour le meurtre du soldat Lee Rigby, sauvagement assassiné au grand jour le 22 mai dernier.
Les frondes ne cessent de se multiplier face à un pouvoir de plus en plus démuni. Francetv info a interrogé l'historien Christian Delporte.
Des manifestants portant le bonnet rouge huent le président François Hollande à son passage lors du défilé commémoratif du 11-Novembre, à Paris. (LCHAM / SIPA)Propos recueillis par Vincent Daniel
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La France est-elle au bord du chaos ? Radars détruits, portiques écotaxe violemment démontés, ras-le-bol fiscal largement répandu, président de la République sifflé en pleine commémoration du 11-Novembre... On ne compte plus les frondes qui se déclenchent de semaine en semaine. En face, François Hollande et le gouvernement Ayrault, qui battent des records d'impopularité, semblent désarmés, impuissants à canaliser toutes ces colères. Est-ce le signe d'une révolution qui vient ?
Francetv info a interrogé Christian Delporte, historien spécialiste d’histoire politique et culturelle de la France, auteur d'Une histoire de la séduction politique (Flammarion, 2011), d'Une histoire de la langue de bois (Flammarion, 2011), et coauteur de L'indignation : Histoire d'une émotion politique et morale, XIXe-XXe siècles (Nouveau monde, 2008).
Francetv info : Avez-vous la sensation que la société française craque de partout ?
Christian Delporte : Une chose est frappante : la grogne touche de multiples catégories sociales, très différentes. Ce qui me semble relativement nouveau. Au-delà de la crise, le sentiment de révolte est exacerbé par le climat de désarroi de l’opinion.
Autre phénomène notable, la tentative de récupération politique. Le conflit des "Bonnets rouges" contre l'écotaxe en est assez caractéristique. Nous avons à la fois des agriculteurs, des patrons, des salariés, des artisans qui se mobilisent. Et, il y a derrière, un activisme politique, que l’on ne peut pas nier. C'est le cas d'un mouvement comme "Hollande démission", qui nourrit la colère pour récupérer cette contestation et faire en sorte que ce mouvement social ait une traduction politique. Ce qui n’est pas nécessairement l’objectif des initiateurs de cette mobilisation.
Comment en est-on arrivé à un tel niveau de frustrations ?
Nous sommes en crise depuis 2008. Cela fait donc cinq ans. Le temps s’écoulant, les souffrances deviennent de plus en plus évidentes. On pensait que les crises traversées par la Grèce, le Portugal ou l’Italie ne concernaient que ces pays. Nous avions l’impression que la France était moins touchée que les autres. Or, on s’aperçoit que le choc a peut-être été moins violent, mais la crise s’est installée au plus profond de la société.
Certains évoquent une situation pré-révolutionnaire. Est-ce exagéré ?
On a cette impression parce ces tensions se traduisent par de la violence, très présente actuellement dans la société française. Des portiques écotaxe démontés, des radars brûlés, mais aussi dans les propos et le vocabulaire… D'où cette impression de climat insurrectionnel. D’autant que certains attisent les braises pour obtenir une traduction politique.
Ce n’est pas la première fois que l’on connaît ce phénomène. Dans les années 30, même si la situation n’a rien à voir car le contexte n’est pas le même, on pouvait retrouver ce sentiment de découragement général et d’exaspération qui touche toutes les catégories de la population. Et l’extrême droite soufflait sur les braises.
Mais, d’une manière générale, on ne prévoit pas les révolutions. Elles ne se programment pas et on ne les voit pas venir. On n'a pas vu venir 1789. Idem pour 1917 en Russie. Et dans un registre bien mineur, on n'a pas vu arriver Mai-68. Donc, ce n’est pas parce qu’on a l’impression qu’il y a un climat d’insurrection que cela se traduit par une insurrection.
Les médias ont-ils leur part de responsabilité dans cette situation ? Amplifient-ils les révoltes ?
Les activistes ont très bien compris comment fonctionnent les médias et leur intérêt pour la transgression. Par exemple, sur les Champs-Elysées, le 11 novembre, ils étaient tout au plus 100 à réclamer la démission de Hollande. Et pourtant, nous n’avons entendu qu’eux. Parce qu’ils savaient très bien qu’avec des bonnets rouges et des sifflets, ils attireraient l’attention des médias. Donc, d’une certaine manière, les médias se fontinstrumentaliser. Parce qu’ils le veulent bien.
Il faut attirer l'œil des journalistes. Avec leur action spectaculaire, ces activistes savent que les images passeront en boucle sur les chaînes d’information en continu. Sans nier la colère des personnes qui ont protesté sur les Champs-Elysées, il est plus intéressant pour les journalistes d’aller voir ces activistes que de s’intéresser à François Hollande qui rallume la flamme du soldat inconnu. S’il y avait autant de caméras ce jour-là sur cette avenue, c’est que les médias sentaient bien qu’il y aurait un incident. Donc, on va le voir, on va le chercher et le trouver.
Toutefois, un mouvement comme celui des "Bonnets rouges" ne représente-t-il pas une nouvelle façon de protester ?
Si on compare au mouvement poujadiste, dans les années 50, cette contestation touchait une catégorie de population, les artisans et les commerçants, mais elle ne dépassait pas ce cadre et concernait des revendications particulières. Elle était liée à cette catégorie car celle-ci vivait mal le tournant de la modernité. Avec les "Bonnets rouges", nous ne sommes pas dans ce schéma.
Ce qui est flagrant aujourd’hui, c’est que nous sommes dans la crainte généralisée du déclassement. Cela concerne les patrons, leurs employés, les ouvriers, les agriculteurs, droite et gauche… tout le monde en France. Et la fiscalité en est un révélateur. Parce qu’elle est prise pour cible par ces mouvements d’une telle façon que toutes les catégories de la population se sentent concernées et descendent tour à tour dans la rue.
Ce fait n’est pas complètement nouveau. En France, les syndicats sont faibles, de façon structurelle depuis 30 ans. On a connu dans les années 80 et 90 des mouvements qui paraissaient spontanés et que nous appelions des coordinations. Aujourd’hui, il s'agit de collectifs, des mouvements anti-système. Or, on considère que les syndicats et les partis politiques font partie du système.
Les différents mouvements de protestation peuvent-ils converger pour devenir une vraie force politique ?
On ne l’a jamais vraiment vu. C’est très difficile à dire. Chaque catégorie veut sauver sa peau. La coagulation des différentes révoltes se traduirait en politique par la démission de François Hollande. Le mécontentement général se manifeste de façon différente dans la rue. Nous sommes davantage dans une situation où chacun voit midi à porte, en fonction de sa revendication.
Par ailleurs, pour qu’il y ait coagulation, il faut que quelqu’un prenne la tête de toutes ces mobilisations. Actuellement, il n’y a pas de leaders, même au sein de ces mouvements. Avec des patrons, des ouvriers, des gens de droite et gauche, c’est singulièrement compliqué. Ce qui rend d’ailleurs la tâche plus difficile pour le gouvernement, car il n’a pas d'interlocuteurs précis.
François Hollande et l'exécutif apparaissent désarmés...
Ils le sont car ils n’ont pas de marge de manœuvre. D’habitude, devant un mouvement de mécontentement, vous signez un chèque. Là, il n’y a pas de chèque à signer. La seule chose qu'Hollande et Ayrault peuvent faire, c’est miser sur le pourrissement du mouvement. Le gouvernement peut tout au plus essayer d’apaiser les choses, de les enrober, mais il n’a pas les moyens d’y mettre fin.
Hollande a-t-il trop promis au départ, au risque de galvauder la parole politique ?
L’opinion publique est en partie responsable. En France, on ne gagne pas une élection sans promesses. Personne ne l’a jamais emporté sur un programme de sueur et de larmes. On devient président en promettant des lendemains qui chantent. Mais on revient toujours à la triste réalité. Cela se passe ainsi depuis 20 ans. Chirac a été impopulaire, Sarkozy aussi. Hollande l’est de façon plus importante. Mais si vous observez les courbes, cela se produit toujours au même moment. Au bout d’un an de mandat, ils s’effondrent.
Et cette chute est renforcée par l'idée vertigineuse et très présente en France qu’un homme seul peut tout résoudre. Tous les cinq ans, on attend l’homme providentiel. Et donc forcément, cet homme déçoit. Cela a été le cas pour Sarkozy, c’est le cas pour Hollande.
La manière d'exercer le pouvoir de François Hollande est pourtant souvent remise en cause...
Si la France avait une croissance de 5%, la personnalité de François Hollande ne poserait aucun problème. On le trouverait sans doute proche, sympathique, normal. Sauf que nous sommes en période de crise. On estime donc que l’on a besoin de force et de décisions. Ce qui ne colle pas avec l’image du président de la République.
Cette situation est-elle de nature à favoriser l'extrême droite ?
Ces colères se traduisent dans les urnes, et favorisent l’extrême droite. Pour revenir aux années 1955-1956, la poussée poujadiste s'est traduite par une percée électorale et l’élection d’une cinquantaine de députés.
Aux prises avec une telle crise, on se dit : "Les hommes politiques du système ne peuvent rien faire face au pouvoir économique." Cette image d’impuissance de la classe politique fait monter le Front national.