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mardi 18 décembre 2012

Aveuglement:,L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES par Daniel Gluckstein,


Aveuglement

L'éditorial d'Informations Ouvrières
L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
logoio.jpg?w=150&h=42« Mon grand regret est de n’avoir pas pu convaincre des gens en grande précarité que nous avons rencontrés durant cette campagne. Pourtant le gouvernement va dans le bon sens. »Ainsi s’exprime, ce 16 décembre, Mme Dolores Roqué, députée PS battue à l’élection partielle de Béziers (trois électeurs sur cinq s’abstenant).
Le gouvernement va dans le bon sens ? Quelques jours plus tôt, l’accord signé entre Ayrault et Mittal entérinait la fermeture du site de Florange, et menaçait les emplois dans toutes les usines du groupe. Le gouvernement va dans le bon sens ? On apprend ce lundi qu’une « réforme des retraites » (une de plus !) serait en préparation. Au même moment, Mme Lebranchu dévoile le contenu d’une réforme territoriale qui vise ouvertement à disloquer le cadre de la République, l’unité de la nation et de l’ensemble des conquêtes sociales, ouvrières et démocratiques.
En 1953, quand les ouvriers de Berlin-Est se soulevèrent contre un régime bureaucratique qui prétendait garantir le bonheur de la classe ouvrière, l’écrivain allemand Bertolt Brecht écrivit : « J’apprends que le gouvernement estime que le peuple a “trahi la confiance du régime” et “devra travailler dur pour regagner la confiance des autorités”. A ce stade, ne serait-il pas plus simple de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? »
Par ce détour ironique, Brecht indiquait à quel degré d’absurde peut conduire l’aveuglement sur lui-même d’un régime totalitaire. Les partisans de l’Union européenne, supranationale et antidémocratique souffriraient-ils aujourd’hui des mêmes symptômes ?
N’en déplaise à Mme Roqué, les travailleurs de l’usine Arcelor de Basse-Indre, qui, avec leurs syndicats, ont déclenché la grève, ne semblent pas convaincus que le gouvernement va dans le bon sens. Pas plus que les représentants syndicaux (CGT et Force ouvrière) qui, par la suite, ont quitté le comité central d’entreprise et refusé de participer au comité de suivi en exigeant le retrait du plan Ayrault-Mittal. Pas plus que les dizaines de milliers de travailleurs confrontés aux usines qui ferment ou que les millions de chômeurs dont les rangs ne cessent de grossir. Pas plus que les retraités et les assurés sociaux dont tous les droits sont menacés. Pas plus que les maires et les élus qui se dressent contre la réforme territoriale pour défendre l’existence libre des communes et de la République.
La situation est en train de mûrir. Le rejet de la politique du gouvernement met à l’ordre du jour l’action unie pour bloquer ses plans. C’est la voie qui imposera la rupture avec cette politique anti-ouvrière qui découle de l’alignement complet de nos gouvernants sur les exigences de l’Union européenne, du TSCG et du capital financier.
Les plus grands combats s’annoncent pour 2013. C’est à les préparer que se consacreront les adhérents du Parti ouvrier indépendant. Les assemblées de reprise de cartes de début janvier seront l’occasion, dans le cadre de la préparation du IVe Congrès du POI-congrès ouvert, d’inviter largement, au-delà des adhérents, les travailleurs, militants, jeunes ou élus qui souhaitent engager ou poursuivre avec le POI la discussion sur : comment les arrêter ? Autrement dit : comment aider au mouvement pratique de millions et de millions qui, unis avec leurs organisations, se dresseront contre la dictature de la troïka pour imposer le retrait de ses plans, ouvrant ainsi la voie au démantèlement des institutions antidémocratiques de l’Union européenne et de la Ve République ?

Flexibilité du travail : le « compromis historique » voulu par Hollande est de plus en plus compromis

Parti Ouvrier Indépendant
  http://parti-ouvrier-independant.fr



Flexibilité du travail : le « compromis historique » voulu par Hollande est de plus en plus compromis

s'informerDemain et après-demain, le patronat et les confédérations ont prévu de poursuivre lesnégociations pour réformer le marché du travail. Le gouvernement pousse le MEDEF et les syndicats à se mettre d’accord pour introduire la flexibilité dans le Code du travail.
Le ministre du travail, Michel Sapin, a estimé dimanche dernier qu’un accord national était possible. Il a appelé les négociateurs à « ne pas faire petit » et à conclure avant la fin de l’année. Il les invite à trouver « l’équilibre entre plus de sécurité pour les salariés et plus de possibilité d’adaptation pour l’entreprise quand il y a une difficulté ». Le gouvernement qui légifèrera de toutes façons, en appelle au « compromis historique » voulu par le président de la République pour modifier le Code du travail.
Face au MEDEF, qui veut la possibilité de transformer des CDI en contrats de mission, faciliter la mobilité et simplifier les procédures de licenciement, les réactions syndicales laissent peu de chances à ce qu’un tel accord soit signé par les cinq confédérations ouvrières.
Bernard Thibault a exclu que la CGT signe « un texte qui amplifie la précarité ». Pour la CGT-FO, Stéphane Lardy a ironisé à propos des dernières propositions du MEDEF : « la flexibilité, c’est maintenant, la sécurisation plus tard, peut-être ».
Du côté de la CFDT, son nouveau secrétaire général, Laurent Berger a déclaré au journal Le Monde que « si le patronat ne fait pas des pas importants avec des garanties effectives pour les salariés, il portera la responsabilité de l’échec ».

Le Conseil d’Orientation des Retraites publie des chiffres alarmants et suggère de nouvelles mesures d’économie


Le Conseil d’Orientation des Retraites publie des chiffres alarmants et suggère de nouvelles mesures d’économie

s'informerLe Conseil d’Orientation des Retraites (COR) a publié hier des projections statistiques. Il chiffre à 18 milliards en 2017 le déficit tous régimes confondus, alors que la réforme Sarkozy-Fillon prévoyait l’équilibre. Il prévoit différents scénarios selon que le taux de chômage est à 7% ou à 5%. Il définit les conditions du retour à l’équilibre par un allongeant de six mois de la durée du travail ou le report d’un an de l’âge de départ en retraite, ou encore de baisser de 5% le montant des pensions de retraite.
Le texte diffusé hier n’a pas encore été débattu par les membres du COR et ne constitue donc pas un rapport définitif.
Cependant, Laurence Parisot, présidente du MEDEF a réagi en réclamant le passage de l’âge de départ à 63 ans, puisque « les autres pays d’Europe sont en train de passer à 69 ans ». Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre, aannoncé qu’une nouvelle réforme serait engagée sur la base du rapport du COR, et le journal Les Échos a publié une information selon laquelle le gouvernement planche sur un projet car il est impossible de tenir les objectifs du TSCG sans baisser les retraites. Une concertation avec les syndicats devrait être engagée au printemps.
Le COR est un comité tripartite créé en 2000 par le Premier ministre Lionel Jospin. Il comprend les organisations patronales, les syndicats ouvriers et des experts nommés par les divers gouvernements. Il a été chargé d’élaborer un « diagnostic partagé » que le gouvernement utilisent pour justifier les mesures sur les retraites.

Malgré la réforme Sarkozy, le système des retraites sera déficitaire en 2020


Un article du Monde en date du 19/12/2012


Malgré la réforme Sarkozy, le système des retraites sera déficitaire en 2020

Pour le Conseil d’orientation des retraites, le déficit devrait dépasser 20 milliards d’euros



Le relèvement à 62 ans de l’âge  minimum légal pour partir à la retraite devait permettre d’équilibrer le système à l’horizon 2018, avait promis le précédent gouvernement.Le Conseil d’orientation des retraites (COR) est venu doucher  cet espoir, lundi 17 décembre, dans un document encore préparatoire transmis aux partenaires sociaux. Selon  l’organisme, le déficit devrait de fait s’élever à 18,8 milliards d’euros en 2017, puis au-delà des 20 milliards en 2020, bien loin de l’équilibre.
Il est vrai que la situation aurait été bien pire sans la réforme des retraites de 2010. Menée par Nicolas Sarkozy, elle avait fait descendre des centaines de milliers de salariés dans la rue. Mais, notamment en raison de la crise, force est  de constater qu’elle est déjà caduque.
A charge désormais pour François Hollande et son gouvernement de montrer comment ils comptent s’y prendre pour sauver les retraites des Français, dans un contexte budgétaire contraint. Il sera donc difficile de ne pas demander des sacrifices aux Français. Le COR donne des pistes qui permettraient un retour à l’équilibre.
Si rien n’est fait pour changer les règles, il faudrait par exemple augmenter le taux de prélèvement de 2,2 points d’ici à 2020, en plus des 0,5 point de cotisation déjà prévus pour financer le retour partiel de la retraite à 60 ans décidé cet été. Cela ferait monter le taux de prélèvement à 32%, le tout pour financer des retraites dont le poids passerait de 13,8% à 14,3% du produit intérieur brut (PIB). Une dépense qui semble considérable.
Mais les autres options ne sont pas beaucoup plus réjouissantes. Le gouvernement pourrait ainsi décider de réduire les pensions: il faudrait que le rapport de la pension moyenne sur le revenu d’activité moyen descende de 5%, avance le COR. Pour cela, il pourrait décider de bloquer la revalorisation des pensions. Un choix extrêmement
sensible étant donné le poids électoral des retraités. Le COR rappelle toute fois que le niveau de vie des retraités risque de progresser plus vite que celui des actifs dans les dix prochaines années.«Entre2011 et 2020, la progression de la pension moyenne serait de 0,8%par an, alors que celle des revenus d’activité serait ralentie du fait de la crise (+0,7% par an)»,estime ainsi le COR,et ce sans compter les revenus du patrimoine, souvent supérieurs pour les retraités.
Autre option, le gouvernement pourrait aussi décider de reculer de six mois supplémentaires l’âge effectif de départ à la retraite, tout en  sachant que celui-ci, selon le COR, devrait déjà augmenter d’un An d’ici à 2020 à législation constante. Pour les salariés du privé, l’âge de départ moyen devrait grimper à 63,5 ans en 2020, contre 62 ans en 2011, pour atteindre l’équilibre.
Pour la fonction publique d’Etat, il faudrait passer de près de 57 ans en 2010 à 59,2 ans en 2025.
Le COR se garde bien de trancher entre un relèvement de l’âge minimum légal ou de la durée de cotisation, mais la gauche a toujours exprimé sa préférence pour la seconde option. Le gouvernement pourra naturellement aussi décider de mixer les trois leviers.
La dégradation des comptes est notamment due au papy-boom,en raison des départs à la retraite des générations de l’après-guerre. Une fois le cap difficile des années 2020 assé, le COR estime que la situation financière peut ensuite s’améliorer à l’horizon 2060, mais dans
des conditions très particulières.
Le scénario le plus optimiste, qui prévoit un retour à l’équilibre dès le  début des années 2040, nécessite par exemple un taux de chômage de long terme de 4,5% associé à une croissance de la productivité du travail de 2% par an.Un scénario qui semble inatteignable dans les conditions actuelles.
Le scénario le plus sombre prévoit lui un déficit de 105 milliards en
2060. Et encore avec des conditions qui feraient rosir d’envie un
socialiste au pouvoir: le taux de chômage de long terme devrait
être contenu à 7% et la productivité moyenne augmenter de1%.
«Ces projections montrent qu’il y a un cap difficile à passer dans les dix prochaines années. Toute la question est de savoir si on peut trouver des ressources exceptionnelles pour une situation exceptionnelle », estime déjà Jean-Christophe Le Duigou, représentant de la CGT au  COR, pour parer toute décision trop sévère et durable sur les prestations. Laurence Parisot, la présidente du Medef, a ainsi demandé mardi matin «de passer au plus vite à la retraite à 63 ans avec quarante-trois années de cotisations».
Dans tous les cas, les décisions s’annoncent extrêmement difficiles à prendre pour une gauche qui a largement défilé contre la réforme de 2010 de Nicolas Sarkozy. Le gouvernement a promis d’entamer une concertation sur le sujet au printemps avec les partenaires sociaux avant de prendre une décision. Sur un sujet aussi sensible pour l’opinion publique, il lui faudra du doigté pour ne pas fâcher les syndicats.

Jean-Baptiste Chastand
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L’écart entre la fonction publique et le privé se réduit

Selon le Conseil d’orientation des retraites (COR), les  différences d’âge de départ entre la fonction publique et le privé vont se maintenir dans les rochaines décennies, même si les réformes de 2003 et 2010 vont largement réduire l’écart. Le COR estime que l’âge moyen de départ effectif des salariés du privé devrait
passer de 62 ans en 2011,à 63 ans en 2020, puis 64 ans après 2035.  Fait  notable, l’écart entre hommes et femmes, lesquelles partent plus tard en retraite, devrait se réduire. 

Pour la fonction publique d’Etat, l’âge moyen devrait passer de 57,1 ans en 2010 à 58,7 ans en 2025, cet âge restant plus bas en raison des départs anticipés des militaires et des catégories dites actives.

Pour la fonction publique hospitalière et territoriale, l’âge de départ passerait de 58,4 ans en 2010 à 62,4 ans en 2025.
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La Syrie en ligne de mire


Un article du WSWS         http://www.wsws.org/fr

La Syrie en ligne de mire

Par Joseph Kishore 
17 décembre 2012
Les Etats-Unis et les principales puissances européennes ont pris cette semaine un certain nombre de mesures pour intervenir directement dans la sanglante guerre civile sectaire qu’ils attisent en Syrie dans le but de renverser le gouvernement de Bachar al-Assad.
La Syrie – où des dizaines de milliers de personnes ont été tués et qui est confrontée à un désastre économique en raison de cette opération appuyée par les Etats-Unis – est le dernier pays d’une longue série à se trouver confrontée à la perspective d’un bombardement américain.
Vendredi, le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a annoncé que l’armée américaine commencerait à déployer des batteries de missiles ainsi que 400 soldats américains le long de la frontière turco-syrienne. Ceux-ci seront rejoints par 400 soldats allemands et 300 néerlandais pour opérer des batteries de missiles supplémentaires.
Alors que le déploiement s’est fait sous le prétexte de « défendre » la Turquie contre une éventuelle attaque syrienne, la décision est en fait une escalade significative de la politique guerrière américaine. Les systèmes de missiles peuvent être utilisés à la fois contre des avions de combat et des missiles afin d’assurer une couverture aérienne aux forces d’opposition ou d’établir une zone « d’exclusion aérienne » le long de la frontière, deux éléments précurseurs d'une action militaire directe.
La décision est intervenue quelques jours seulement après une réunion des « Amis de la Syrie » au Maroc lors de laquelle les principales puissances, dont les Etats-Unis, ont officiellement donné leur bénédiction à la « Coalition nationale de la révolution syrienne et des forces d’opposition. » Le groupe avait été bricolé il y a un mois seulement par le gouvernement Obama dans le but d’être sacré gouvernement officiel.
En déclarant que la Coalition nationale est le « représentant légitime » du peuple syrien, les puissances impérialistes ont adopté une politique d’intensification de la sanglante guerre sectaire jusqu’à la victoire finale – le renversement du gouvernement syrien et son remplacement par un gouvernement plus réceptif aux objectifs de Washington.
Une fois de plus, une société tout entière est en train d’être détruite. La guerre civile sectaire en Syrie – dans laquelle des groupes fondamentalistes islamiques sunnites alignés sur les Etats-Unis sont en train de jouer un rôle de plus en plus décisif – a déjà entraîné la mort de dizaines de milliers de personnes. Quelque deux millions de personnes ont été transformées en réfugiés et des centaines de milliers ont fui le pays.
La Syrie, un pays relativement développé et qui a l’une des espérances de vie les plus longues du Moyen-Orient, est implacablement projetée en arrière. L’Institut de la Finance internationale (IIF) a estimé en début de semaine que, des suites de la guerre et des sanctions internationales, l’économie va s’effondrer de 20 pour cent en 2012.
L’inflation a grimpé en flèche à 40 pour cent, engendrant un effondrement correspondant du pouvoir d’achat. L’infrastructure sociale est en état de délabrement. La famine est endémique. Le pain est de plus en plus rare. Des millions sont incapables de chauffer leurs logements en raison du prix du fuel. Des dizaines d’hôpitaux ont été fermés ou manquent de fournitures de base.
La principale responsabilité pour cette situation incombe aux puissances impérialistes. Depuis le déclenchement initial des protestations anti-Assad au début de 2011, les Etats-Unis oeuvrent sans relâche pour promouvoir leurs propres intérêts, comptant pour ce faire, sur les forces les plus droitières et les plus réactionnaires, y compris des organisations liées à al-Qaïda, et dirigées par le Front al-Nosra. En début de semaine, le Front a organisé à Damas des attentats à la voiture piégée qui ont tué au moins 24 civils, dont un grand nombre d’enfants.
Il est difficile de rendre compte du cynisme absolu de cette opération des Etats-Unis. Depuis plus d’une décennie, le cadre idéologique central de la politique des Etats-Unis – utilisée pour justifier la guerre à l’extérieur du pays et les attaques contre les droits démocratiques à l’intérieur – est la « guerre contre le terrorisme ». Et pourtant, l’armée américaine et la CIA font maintenant partie d’une alliance de fait avec al-Qaïda en Syrie, comme c’était le cas en Libye en 2011. La décision de Washington de qualifier officiellement le Front al-Nosra comme une « organisation terroriste » vise en partie à couvrir le fait qu’ils ont collaboré étroitement avec cette organisation durant des mois pour l’aider à s’établir comme la plus importante force de combat des « rebelles. »
Le conflit que les Etats-Unis ont attisé menace de se développer en un massacre sectaire brutal s’accompagnant de bombardements de l’OTAN. Les dizaines de milliers de morts actuels s'élèveront rapidement à des centaines de milliers.
La criminalité de l’impérialisme américain dépasse tout ce qui s’est passé depuis les opérations lancées par l’Allemagne nazie avant la Deuxième Guerre mondiale. Un pays après l’autre est ciblé pour pour le renversement de son gouvernement, sur la base de mensonges impudents : l’Afghanistan, l’Irak et la Libye. Et ce n’est qu’un début. En raison notamment de son alliance avec l’Iran, la Syrie est considérée comme une « clé de voûte » de l'effort plus vaste consistant à retracer les frontières du Moyen-Orient et à renforcer la position des Etats-Unis par rapport à leurs principaux concurrents géopolitiques.
Parallèlement, le gouvernement Obama est engagé dans une campagne mondiale de frappes de drones et d’assassinats illégaux ciblant le Pakistan, le Yémen, la Somalie et d’autres pays. L’Afrique représente une sphère croissante où mener des opérations. Les Etats-Unis cherchent à encercler la Chine par un recentrage des forces militaires en Asie du Sud-Est. Il n’existe pas de partie du monde que la classe dirigeante américaine considère être en dehors de sa « sphère d’influence. »
La classe dirigeante américaine estime qu'elle peut opérer au moyen d'une criminalité aussi impudente parce que les organisations officielles « antiguerre » ont été intégrées, par le biais du gouvernement Obama, dans l’establishment politique bourgeois et qu’elles sont apparues comme les plus fervents partisans de l’intervention. Ce qui tient lieu de « gauche » a donné son soutien à la « Révolution syrienne », une révolution encouragée par la CIA et emmenée par al-Qaïda.
Cependant, l’establishment politique official repose sur des fondations bien minces. A l’intérieur du pays comme à l’étranger, la classe dirigeante est en train d’appliquer une politique profondément impopulaire. C'est de la mobilisation politique indépendante de la classe ouvrière dans une lutte pour le socialisme que dépendent l'arrêt de la guerre sans fin et le désastre interminable qu’elle présage.
(Article original paru le 15 décembre 2012)
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L’horreur à Newtown


    Un article du WSWS                                            http://www.wsws.org/fr

L’horreur à Newtown

Par le comité rédaction
18 décembre 2012
Le massacre abominable à l’école de la petite ville de Newtown, Connecticut, a écoeuré tout le pays. Vingt-huit personnes sont mortes, dont vingt-deux enfants entre six et sept ans, après avoir été criblées de balles. Six adultes ont également été tués lors de la fusillade de masse de vendredi avant que le tireur, Adam Lanza, ne se suicide. Tôt le matin même, il avait tué par balles sa mère.
La barbarie de ce crime est profondément troublante. Au-delà des motivations individuelles du tueur, la fusillade à Newtown met à nu la brutalité qui imprègne la société américaine.
La tuerie de masse de vendredi est la dernière d’une longue série d’incidents identiques. Les Etats-Unis ont historiquement connu des accès de brutalité répétés. Pourtant, ces deux dernières décennies ont été inhabituelles, même pour les Etats-Unis. La fréquence et l’échelle des tueries de masse signalent une cause sous-jacente.
Figurent parmi les événements les plus significatifs, l’attentat d’Oklahoma City en 1995 (168 morts dont 19 enfants) ; le massacre à Columbine, au Colorado en 1999 (14 mort) ; et le massacre de Virginia Tech en 2007 (34 morts). Rien que cette année, il y a eu le massacre dans un cinéma d’Aurora au Colorado, (12 morts et 58 blessés) ; dans un temple sikh à Oak Creek au Wisconsin (6 morts) ; dans une société de signalétique de Minneapolis au Minnesota (6 morts); dans un salon de beauté de Brookfield dans le Wisconsin (3 morts) ; et dans une galerie marchande il y a six jours à Portland dans l’Oregon (3 morts).
La réaction des médias et de l’establishment américains à cette dernière tuerie suit un sentier bien tracé. Il y a les déclarations banales sur l’incompréhension et l’absurdité du « mal ». Quand une réponse plus générale est donnée, elle se concentre sur la nécessité d’un « débat national » sur le contrôle des armes à feu et des promesses creuses de faire davantage pour s’attaquer aux problèmes de santé mentale (émanant de politiciens qui font tout leur possible pour réduire jusqu’à la moelle les programmes de santé).
La classe dirigeante américaine a perdu toute capacité à l’auto-examen. Elle sait que toute analyse sérieuse des racines de cette tragédie et de toutes les autres, renvoie à elle-même et à la société qu’elle domine.
L’allocution prononcée par le président Obama lors de la cérémonie à la mémoire des victimes, dimanche soir, était typique – une association d’expressions toute faites, de mise en scène bien rodée et des invocations religieuses. Il aurait été préférable qu’il ne dise rien, puisqu'il n’avait rien d’intelligent à dire.
La cérémonie a été un exercice d’obscurantisme religieux lors duquel on a dit aux parents des enfants tués de ne pas s’affliger ou de ne pas perdre courage car leurs fils et leurs filles sont au ciel.
« Dieu les a tous rappelés à lui, » a déclaré Obama en concluant son discours. De telles déclarations ne sont pas seulement insensibles à l’égard des familles des personnes tuées, elles sont une insulte à l’intelligence du peuple américain. L’on peut comprendre un retour à la religion comme source de réconfort pour ceux qui ont vécu une tragédie indescriptible. Mais de la part de l’Etat, c'est un moyen de semer la confusion pour dissimuler les racines sociales et politiques de tels événements.
Si les politiciens insistent pour recourir à la religion, ils feraient mieux de se demander comment Lincoln aurait réagi. En décrivant le carnage de la guerre révolutionnaire qu’il avait menée, le seizième président avait dit que si dieu voulait que « chaque goutte de sang arraché par le fouet ait été payée par une goutte de sang tirée par l’épée, » alors « les jugements du seigneur sont justes et bons. »
Les tragédies de ce monde (la guerre civile), avait souligné Lincoln, sont la conséquence de crimes de ce monde (l’esclavage).
Les tragédies comme celle de Newtown sont le règlement de compte de quels actes? Loin d’être incompréhensible, le crime est par trop compréhensible. Les racines ne sont pas difficiles à trouver : une société où règne une inégalité sans précédent, une idéologie politique officielle foncièrement arriérée et n’affichant rien de progressiste et, par-dessus tout, un niveau incroyable de violence perpétrée par l’Etat, et s’accompagnant d’une brutalisation de la société en général.
Le caractère des tueries de masse témoigne de ce lien avec l'état de la société. Certaines caractéristiques apparaissent avec régularité : l'utilisation d’armes de type militaire, des agresseurs (comme Lanza) portant le treillis, l'implication fréquente d’anciens soldats.
Ces deux dernières décennies ont été des années de guerre sans fin. Né en 1992, Lanza, âgé de 20 ans, a passé la plus grande partie de sa vie durant la « guerre contre le terrorisme » – une occupation néocoloniale succédant à une autre, des attaques de drones, la pratique de la torture, de la « rendition » (restitution), un assaut incessant contre les droits démocratiques. Il ne pouvait pas ne pas être touché par les efforts constants entrepris pour promouvoir la peur et la paranoïa – le sentiment que l’« ennemi » se trouve à deux pas.
Obama même est le premier président américain à revendiquer publiquement le droit d’assassiner n’importe qui, n’importe où, y compris des citoyens américains. Il consacre une grande partie de son temps à sélectionner les cibles des assassinats par drones, en sachant parfaitement que des civils – dont des femmes et des enfants – seront tués dans ce processus. Selon des estimations prudentes, 3.365 personnes ont été tuées par des frappes de drones rien qu’au Pakistan, dont 176 enfants.
Le gouvernement et les médias font l’éloge des meurtres perpétrés par l’armée américaine et les soldats envoyés pour envahir et occuper des pays sont vénérés comme des « héros. » Les forces d’opérations spéciales (Navy Seals and Special Ops forces) qui font le sale boulot criminel pour l’armée américaine sont glorifiés.
Peut-on croire sérieusement que ce pays peut se permettre de commettre des violences dans le monde entier sans en subir les conséquences mortelles chez lui ?
Dans les prochains jours, davantage de renseignements seront connus et qui feront la lumière sur les motivations particulières se cachant derrière cette récente tuerie de masse. De toute évidence, Lanza était un jeune homme profondément perturbé. Il serait impossible de commettre un tel crime autrement. Et pourtant, la psychose individuelle et son expression particulière sont, en dernière analyse, le résultat d’une profonde maladie sociale.
(Article original paru le 17 décembre 2012)
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"On ne veut pas qu'il se passe en Europe la même chose qu'en Amérique latine" (Tiempo Argentino) -- Jean-Luc MELENCHON

Un article à lire sur le site du GRAND SOIR :http://www.legrandsoir.info

"On ne veut pas qu'il se passe en Europe la même chose qu'en Amérique latine" (Tiempo Argentino) -- Jean-Luc MELENCHON   <------ lien direct pour lire l'article

A Marseille, Pierre Laurent lance un appel à refonder la République

  lu sur le site http://www.pcf.fr

(Un plaidoyer pour la République que je partage  Boris Victor)


A Marseille, Pierre Laurent lance un appel à refonder la République

« Refonder la République - reconquérir la liberté, reconstruire l'égalité des droits et refonder la fraternité », vous trouverez ci-dessous le discours prononcé par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, à Marseille le 15 décembre 2012 à l'occasion de l'initiative du PCF sur la République.


Seul le prononcé fait foi
Mesdames et messieurs,
Chers amis, chers camarades,
Nous sommes réunis ici, dans cette belle et grande ville populaire de Marseille, pour lancer un appel.
Oui, ici en 2012, 220 ans après la proclamation de la République, nous le clamons haut et fort : la République, notre République, est à refonder.
Oui, la République, celle qui clame sur ses frontons « Liberté, Egalité, Fraternité », celle qui ne reconnaît que la souveraineté populaire, doit reprendre le combat.
Parce qu'elle est abîmée, défigurée, salie. Abîmée par l'indécence des inégalités et la violence des discriminations ; défigurée par l'arrogance des pouvoirs de l'argent, le poison des divisions et des concurrences à outrance ; salie par le racisme banalisé du Front national et d'une partie grandissante de l'UMP.

Pour lire la suite de ce discours cliquer sur ce lien---->http://www.pcf.fr/32963

Guerre des drones: les remords d'un soldat américain


lu sur SLATE.fr

Guerre des drones: les remords d'un soldat américain

Brandon Bryant est un jeune homme américain qui s'est enrôlé dans l'armée parce que l'Air Force avait sa propre université, où il pouvait étudier gratuitement. Il y a été si brillant qu'on l'a assigné à une unité de récolte d'informations. Il a appris à contrôler les caméras et les lasers d'un drone, à analyser les images du terrain, des cartes et des indications météorologiques, pour devenir l'équivalent d'un co-pilote de drone.
Pendant plus de cinq ans, raconte le Spiegel, Brandon Bryant a travaillé 12 heures par jour dans une boîte de la taille d'une caravane, sans fenêtres et sans que la porte puisse s'ouvrir, pour des raisons de sécurité. Chaque jour, Bryant et son collègue étaient assis devant 14 ordinateurs et 4 claviers. «Quand Bryant pressait un bouton depuis le Nouveau Mexique, quelqu'un mourait de l'autre côté de la planète», résume le quotidien allemand dans ce passionant portrait des petites mains de la guerre des drones de Barack Obama.
Les drones représentent désormais un tiers de la flotte américaine, et s'ils permettent d'avoir moins de soldats humains au front, des hommes et des femmes comme Brandon Bryant sont aux Etats-Unis ou en Irak, en train de les diriger. Barack Obama est loin d'être un président de temps de paix, et les frappes de drone sont devenues sa spécialité
Le soldat se rappelle encore du jour où un drone Predator survolait l'Afghanistan. Quand il a reçu ses ordres, il a pressé un bouton et marqué le toit plat d'une maison faite de boue 10.000 kilomètres plus bas. Le pilote à ses côtés a appuyé sur un joystick, déclenchant le lancement d'un missile Hellfire. 16 secondes avant impact. A 7 secondes avant impact, personne au sol (les co-pilotes peuvent regarder les images prises avec une caméra infrarouge attachée au drone, avec un décalage de deux à cinq secondes). A trois secondes, un enfant est soudain apparu au coin de la rue:
Bryant vit un flash sur l'écran: l'explosion. Des parties de la maison s'effondrèrent. L'enfant avait disparu. Bryant se sentit malade.
«Est-ce qu'on vient de tuer un enfant?», demanda-t-il à l'homme assis à ses côtés.
«Ouais, je crois que c'était un enfant», répondit-il.
«Est-ce que c'était un enfant?», écrivirent-ils dans la fenêtre de discussion sur leur moniteur.
Puis, quelqu'un qu'ils ne connaissaient pas répondit, quelqu'un assis quelque part dans un centre de commande militaire, qui avait observé leur attaque. «Non, c'était un chien», écrivit cette personne.
Ils regardèrent à nouveau la scène en vidéo. Un chien sur deux pattes?
Après 6.000 heures de vol, Brandon Bryant n'arrivait plus à dormir, ni à avoir une vie sociale, hanté par les souvenirs des gens qu'il avait tué. A force d'observer des combattants talibans ou d'autres personnes sur sa liste pendant des semaines, «je finissais par les connaître», se souvient-il. «Jusqu'à ce que quelqu'un au-dessus de moi me donne l'ordre de tirer.» Il se sentait coupable de tuer les pères d'enfants («c'étaient de bons papas»).
Un jour, il s'est évanoui dans son cockpit en crachant du sang. Le médecin lui a interdit de retourner au travail jusqu'à ce qu'il puisse dormir plus de quatre heures par nuit pendant deux semaines. Six mois plus tard, il était de retour au travail. Bryant a désormais quitté l'armée, on lui a diagnostiqué un trouble de stress post-traumatique. Il a décidé de ne pas signer un nouveau contrat avec l'armée le jour où il est entré dans le cockpit et s'est entendu dire à ses collègues, «Hey, quel enculé va mourir aujourd'hui?»
Photo: RQ-4A Global Hawk /US Air force via Flickr CC License By