L’Occident dirigé par une caricature politique, est en train de se casser la gueule. En se livrant à ce qu’il sait faire de mieux : les massacres à grande échelle. Et cette fois-ci, il ne s’encombre pas de considérations morales. Tout est sur la table, visible, assumé, montré et désormais revendiqué. L’Israël des Nétanyahou, Ben Gvir, et autre Smotrich est devenu la vérité de l’Occident. Que dire du voyage assez ridicule de Donald Trump en Chine, à l’occasion duquel le nouveau rapport de force mondial a crevé les yeux. Au point que les peuples de cet Occident commencent en avoir gros sur le cœur . Et que l’espace entre leurs fourches et les dirigeants commencent à dangereusement se restreindre. Alors il faut parer au plus pressé, colmater et surtout de plus en plus, réprimer et si nécessaire férocement. Le champ intellectuel n’y échappe pas, où l’argent essaie de conserver son monopole médiatique et d’imposer sa censure. Pour faire ce sale boulot, il dispose d’une petite armée de larbins qui s’active. Mais comme la situation se durcit, que les contradictions s’aiguisent, le système a aussi besoin de flics. Et voilà que nécessité faisant loi, on vient de nous en sortir un nouveau. Frédéric Martel, jusqu’à présent à peu près inconnu au bataillon pour le plus grand nombre, vient d’être propulsé sur le devant de la scène par la presse bourgeoise. Qui assure activement la promotion de son dernier livre intitulé « Occidents », mais attention Occidents avec un “s”. Parce qu’il considère que des Occidents, il y en a plusieurs. La diversité de cette civilisation est une évidence, mais là elle est mise en avant comme une astuce, qui permet de contourner ce qu’Hegel nous a enseigné à propos des contradictions de l’Histoire. Ici la dialectique est remplacée par l’hétérogénéité de la civilisation occidentale, ce qui permet de l’absoudre des pires de ses crimes en évacuant soigneusement ce qui leur est commun. Issu de la matrice politique socialiste ultra-néolibérale, s’étant jusqu’à présent plutôt signalé par des enquêtes sur le monde homosexuel et sur ses réseaux, Frédéric Martel a fait toute sa carrière dans le marigot de la fausse gauche. Mais, face à la crise que connaît l’Occident, soucieux de rendre service à ses maîtres, le voilà qui s’attaque à la « gauche internationaliste » qui ose s’opposer à l’impérialisme. Dénoncer le génocide organisé en Palestine avec le soutien politique, intellectuel et matériel de l’Occident, c’est mal. Protester contre les violations du droit international et les bombardements des écoles iraniennes, c’est prendre parti pour le diable. S’interroger sur les traits constitutifs de cette civilisation, sur la mise en place de la globalisation comme forme moderne et souvent meurtrière, de sa domination, c’est nier le caractère admirable, et surtout universel de ses « valeurs ». Parce qu’il n’y a qu’un seul modèle, celui issu de la supériorité de cette civilisation, et ceux qui le contestent sont « des ennemis ». Pour les caractériser, les dénoncer et les disqualifier, mélangeant les choux et les carottes, Martel ne craint pas les raccourcis, quand ce ne sont pas des affirmations à la crédibilité douteuse. Sans surprise, et on osera dire comme d'habitude, on constate qu’à ce moment de l’Histoire le militant socialiste se met résolument au service de l’impérialisme occidental. En tout cas de cette part de l’Occident à laquelle le reste du monde s’oppose plus résolument désormais. Il le fait en flattant avec une certaine bassesse démagogique, un sentiment de supériorité injustifié et aujourd’hui complètement dépassé. En lisant et en écoutant Frédéric Martel, on pense à un moderne Homais l’apothicaire de Yonville. Venu du PS, pour rejoindre finalement la cohorte des « petits soldats » adeptes de la pensée faible, mobilisés pour défendre un Empire en mode Titanic. BHL est grotesque, Attali divague, Adler est mort, Tenzer fou, Baverez exténué… Va pour Martel. Avant de partir, merci de m’offrir un café. Regis’s Substack is a reader-supported publication. To receive new posts and support my work, consider becoming a free or paid subscriber. Invitez vos amis et gagnez des récompensesSi vous appréciez Regis’s Substack, partagez-le avec vos amis et gagnez des récompenses lorsqu'ils s'abonnent. © 2026 Regis de Castelnau |



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