Cette gazette vous plaît ? Transférez-là à votre carnet d’adresses… Ils vous remercieront et nous aussi. | | Tatiana Ventôse démonte ce qui se cache derrière la future facturation électronique obligatoire et l’architecture politico-technique qui l’accompagne. Présentée comme une simple modernisation fiscale, la réforme nourrit selon elle un dispositif de surveillance généralisée. Tous les acteurs économiques ou presque seront concernés : « ça va concerner tout le monde… les auto-entreprises, les gens qui touchent des droits d’auteur, les libéraux, les médecins, les commerçants, les agriculteurs, tout le monde ». Au cœur du système : l’e-invoicing et surtout le e-reporting, qui impose la transmission quasi en temps réel à l’administration fiscale de toutes les données de facturation. Résultat : « chacun se transforme en agent de renseignement du fisc ». La France anticipe même l’agenda européen : choix obligatoire d’une plateforme de dématérialisation dès septembre 2026, puis émission généralisée de factures électroniques en 2027, le tout « en transposition d’une directive de l’Union européenne », jusqu’à rendre « l’existence même » des entreprises impossible hors de ce réseau. Cette brique technico-fiscale s’inscrit, selon Tatiana Ventôse, dans un « cartel mafieux » associant Commission européenne, plateformes privées, cabinets de conseil et puissances étrangères. Le recours obligatoire à des « plateformes de dématérialisation agréées par l’État » revient à forcer les entreprises à payer des sociétés privées pour transmettre leurs données, via le réseau Peppol, « une association de droit belge » qu’elle décrit comme un « lobby » créé par la Commission. Ce qui l’alerte, c’est la composition de ce réseau : « dans ce réseau à qui on va être obligé de confier toutes nos données, on trouve des gouvernements étrangers ». Elle cite des entreprises des Émirats, le ministère australien des finances, des filiales d’Amazon, mais aussi une entreprise aérospatiale chinoise contrôlée par le Parti communiste et Alibaba qui « fait le service de renseignement de l’administration fiscale chinoise ». Autrement dit, des flux économiques français circuleront dans un dispositif international aux intérêts divergents : « c’est exactement comme ça que fonctionne la mafia », dit-elle, sauf qu’ici « la mafia vend tes données à des concurrents », dans un pays déjà « premier en pourcentage de fuite de données au niveau mondial ». Enfin, Tatiana Ventôse replace cette réforme dans une dynamique plus large : celle d’une Union européenne qui « va complètement à l’encontre » de la tradition de liberté individuelle des démocraties libérales. Il ne s’agirait plus d’une simple « dérive autoritaire » mais d’un changement de système « à bas bruit, sans que personne n’en parle ». Facturation électronique, euro numérique et « passeport pour les objets » forment, selon elle, un continuum qui « réifie » les individus : « c’est nous en fait les objets… ils sont en train de nous transformer en objets » au profit d’un « cartel de multinationales ». Plutôt que de fustiger « l’apathie populaire », elle pointe une classe politique « indigente » : tous les eurodéputés français, de Manon Aubry à Jordan Bardella, ont voté le paquet VIDA, « 100% des députés européens français », preuve pour elle qu’ils n’ont « plus de projet » et se contentent de gérer un système qu’ils ne maîtrisent plus. Dans ce contexte, Tatiana Ventôse comprend que « on essaie de survivre comme on peut », tout en signalant une voie d’action modeste mais concrète : une pétition officielle à l’Assemblée nationale, portée par une « vendeuse de cartes postales », qui pourrait imposer un débat public à 500 000 signatures, quitte à devoir, ironie ultime, s’identifier via l’« identité numérique » pour la signer. |
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