Translate

lundi 20 avril 2026

L'ECLAIREUR - IA: Intelligente arnaque (2ème partie) - Lundi 20 avril 2026

 

Un journalisme exigeant demande du temps, des enquêtes approfondies et du travail, invisible et non rémunéré. Si nos articles vous sont utiles, votre abonnement est un vrai soutien. En retour, vous accéderez à des contenus exclusifs et participerez directement à l’indépendance de ce média.

Merci de votre fidélité.


IA: Intelligente arnaque (2ème partie)

Non Sire, ce n'est pas qu'une bulle financière, mais une escroquerie en bande organisée. Investissements massifs, effets d’annonces mirobolants mais... apports macroéconomiques inexistants.

Aperçu
 
LIRE DANS L'APP
 
Image réalisée par Grok

C’est le retour du paradoxe de Solow, du nom de Robert Solow, prix Nobel d’économie, qui a fait le constat dans la seconde moitié des années 1980 que l’on voyait l’informatique partout sauf dans les chiffres de la productivité. Le gain de productivité a en fait chuté dans les économies développées concomitamment à la généralisation de l’informatique.
De 2,9% de 1948 à 1973, il est passé à 1,1% de 1973 à 1998.

Un autre prix Nobel d’économie, Daron Acemoglu du MIT, estimait pour sa part dans un article paru en 2024 que l’IA pourrait induire une augmentation de la productivité au maximum de 0,5% les dix prochaines années.
Mieux que rien.

Alors que les techno-nazis de Palantir viennent de publier leur Mein Kampf 2.0. intitulé La République technologique (lisez-le, c’est effrayant), l’IA est utilisée depuis plus de quinze ans pour produire des centaines de milliers de cadavres de civils innocents (autant de crimes de guerre) et est le moteur de la surveillance de masse. Nous avons souligné dans l’édito ci-dessous les énormes points d’achoppement éthiques et juridiques des IA militaires.

Même à la guerre, l’IA n’apporte pas de valeur ajoutée, comme les défaites américaines en Irak, en Afghanistan et aujourd’hui en Iran et les revers israéliens à Gaza (le Hamas n’a toujours pas été éradiqué) et au Liban (Tsahal se fait tailler en pièce par le Hezbollah) le montrent. D’où la panique chez les grands du secteur, qui ne veulent surtout pas que cela se sache.

Poursuivons notre analyse de la réalité économique de ce secteur.


Dans la première partie de cette série, nous avons montré que l’IA n’est absolument pas la “révolution” que l’on nous présente, juste une couche supplémentaire d’automatisation, dont les effets seront somme toute négligeables comparés à ceux de l’ordinateur personnel, du traitement de texte et du tableur.

Quand Oracle licencie 30 000 employés par un simple courriel en arguant de l’intelligence artificielle, ce n’est qu’un prétexte. L’écrasante majorité des projets d’IA dans les grandes entreprises, à commencer les entreprises technologiques, sont des échecs, au point qu’elles rembauchent les employés rendus prétendument surnuméraires par l’IA.

Les licenciements chez Oracle sont le moyen de garantir la valeur aux actionnaires en organisant des transferts de valeur ajouté de la main d’oeuvre vers le capital toujours plus grands. C’est aussi un moyen d’anticiper la crise économique carabinée et l’implosion de la bulle IA qui va nous tomber dessus à cause de la guerre déclenchée par Benjamin Netanyahou et Donald Trump en Iran.


L’abandon par Valéry Giscard d’Estaing en 1975 du plan calcul lancé par de Gaulle en 1966 a sonné le glas d’une industrie informatique française indépendante. Depuis, nous sommes condamnés à subir des gens comme Thierry Breton qui ont coulé, démantelé ou vendu nos joyaux nationaux: Bull, Alcatel, Atos etc.

En France, par informatique on entend logiciel. Or, sans machines, aucun logiciel ne tourne. Open AI, Mistral AI, Claude, Grok et consorts ne sont possibles que par les progrès techniques dans le hardware, que ce soient les capacités de calcul des microprocesseurs, les capacités de stockage de données et les débits des réseaux de communication.

Sans centres de données, pas de cloud ni d’IA. Or, les centres de données sont très gourmands en électricité, pour faire tourner les serveurs mais aussi pour les conserver à une température de fonctionnement optimale. Et l’électricité est une énergie secondaire: il faut consommer une énergie primaire - charbon, gaz, pétrole, uranium, solaire, éolien, hydraulique - pour en produire.

Aujourd’hui, plus de la moitié des projets de construction de centres de données dans le monde sont annulés ou reportés. Pourquoi? Parce que personne n’est assez fou pour continuer d’investir plus d’argent dans des infrastructures non-rentables pour qu’elles continuent à être non rentables. La pénurie de matériaux critiques et la crise énergétique sont également passées par là.

Pour soutenir le travail de L’ECLAIREUR, choisissez votre abonnement, libre ou payant...

Avatar de User

Continuez la lecture de ce post gratuitement dans l'App Substack

 
Liker
Commenter
Restack
 

© 2026 L'Eclaireur - Alpes
Directrice de la publication : Patricia Cerinsek






Un journalisme exigeant demande du temps, des enquêtes approfondies et du travail, invisible et non rémunéré. Si nos articles vous sont utiles, votre abonnement est un vrai soutien. En retour, vous accéderez à des contenus exclusifs et participerez directement à l’indépendance de ce média.

Merci de votre fidélité.


AI: An Intelligent Con (Part 2)

No, Sire, this is not a bubble. This is a racket, and it is organised.

Aperçu
 
LIRE DANS L'APP
 

This is the return of the Solow Paradox — named after Robert Solow, Nobel laureate in economics, who noted in the second half of the 1980s that computing was visible everywhere except in the productivity statistics. In fact, productivity growth collapsed in developed economies precisely as computing became widespread. From 2.9% between 1948 and 1973, it fell to 1.1% between 1973 and 1998.
Another Nobel Prize-winning economist, Daron Acemoglu of MIT, estimated in a 2024 paper that AI could lead to a productivity increase at most of 0.5% over the next ten years; Better than nothing.

As the techno-Nazis at Palantir have just published their Mein Kampf 2.0 — titled The Technological Republic (read it, it is terrifying) — AI has been deployed for over fifteen years to produce hundreds of thousands of civilian corpses (war crimes, each and every one) and serves as the engine of mass surveillance. In the editorial below, we have highlighted the huge ethical and legal fault lines running through military AI.

Even on the battlefield, AI delivers no added value — as proven by American defeats in Iraq, Afghanistan, and now Iran, and by Israel’s setbacks in Gaza (Hamas has still not been “eradicated”) and Lebanon (the IDF is being torn apart by Hezbollah). Hence the panic among the industry’s heavyweight players, who are desperate to keep this quiet. Hence the huge on-going PR offensive.

Let us proceed with our analysis of the economic reality of this indutry.


In the first part of this series, we showed that AI is absolutely not the "revolution" we are being sold — merely an additional layer of automation, whose effects will ultimately prove negligible compared to those of the personal computer, the word processor, and the spreadsheet.

When Oracle lays off 30,000 employees via a simple email, citing artificial intelligence as the justification, that is nothing but a pretext. The overwhelming majority of AI projects in large corporations — starting with the tech companies themselves — are failures, to the point where those same firms are rehiring the workers they claimed had been rendered redundant by AI.

The Oracle layoffs are a mechanism for guaranteeing shareholder value by engineering ever-larger transfers of added value from labour to capital. They are also a way of bracing for the severe economic crisis and the AI bubble implosion that is about to hit us — triggered by the war Benjamin Netanyahu and Donald Trump have unleashed in Iran.


Valéry Giscard d’Estaing’s abandonment in 1975 of the Plan Calcul — launched by de Gaulle in 1966 — sounded the death knell for an independent French computing industry. Since then, we have been condemned to suffer the likes of Thierry Breton, who sank, dismantled, or sold off our national champions: Bull, Alcatel, Atos, and the rest.

In France, “computing” has come to mean software. But without hardware, no software runs. OpenAI, Mistral AI, Claude, Grok and their ilk are only made possible by advances in hardware — processing power, data storage capacity, and network bandwidth. Without data centres, there is no cloud and no AI. Yet data centres are voracious consumers of electricity — both to run the servers and to keep them at optimal operating temperature. And electricity is a secondary energy source: producing it requires consuming a primary energy source — coal, gas, oil, uranium, solar, wind, or hydro.

Today, more than half of all data centre construction projects worldwide have been cancelled or postponed. Why? Because nobody is foolish enough to keep pouring money into unprofitable infrastructure so that it can remain unprofitable. The critical materials shortage and the energy crisis have also taken their toll.

L’ECLAIREUR is reader-supported. To support our work, consider becoming a free or paid subscriber...

Avatar de User

Continuez la lecture de ce post gratuitement dans l'App Substack

 
Liker
Commenter
Restack
 

© 2026 L'Eclaireur - Alpes
Directrice de la publication : Patricia Cerinsek




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire