Translate

lundi 20 avril 2026

Le Monde Moderne - La Quotidienne : Israël ne fait que renforcer l’influence du Hezbollah...Lundi 20 avril 2026

 

Israël ne fait que renforcer l’influence du Hezbollah

Guerre au Moyen-Orient et navigation, mort d'un casque bleu français au Liban, nouveaux pourparlers au Pakistan, législatives en Bulgarie.

 
LIRE DANS L'APP
 

Israël ne fait que renforcer l’influence du Hezbollah

Un cessez-le-feu de dix jours est entré en vigueur entre Israël et le Liban, après un mois et demi de guerre. Annoncée par le président américain Donald Trump, cette trêve doit permettre l'ouverture de discussions entre l'Etat hébreu et le pays du cèdre. Mais celles-ci s'annoncent compliquées, car ni la classe politique israélienne, ni le Hezbollah n'y sont favorables.

Le mouvement chiite, financé et soutenu par l'Iran, a ainsi annoncé ne pas être concerné par les discussions en préparation avec Israël, accusant les autorités libanaises de conduire le pays à “la capitulation”. Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a estimé que la façon dont “l'Amérique imposait son texte et parlait au nom du gouvernement libanais” était une “insulte” au Liban.

La veille, le président libanais Joseph Aoun avait nié que des discussions directes avec son voisin israélien, qui incluent le désarmement du Hezbollah, constituaient un “signe de faiblesse”. Ces pourparlers, alors que le Liban est en état de guerre avec Israël depuis 1948, ne sont pas “une concession”, a insisté le chef de l’Etat. Les négociations avec Israël restent un sujet clivant au Liban, qui ne reconnaît pas officiellement l’Etat hébreu.

Historiquement, le Hezbollah dispose d’une assise populaire sur la question de la défense du territoire libanais, car il s’est construit comme un mouvement de guérilla en réaction à l’occupation du sud du Liban par Israël à partir de 1978. Le mouvement chiite a aussi gagné en popularité en construisant tout un réseau d’institutions parallèles qui assurait aux Libanais du sud des hôpitaux, des dispensaires, des écoles, la prise en charge de la famille de ceux qui tombaient au combat.

Lorsqu'en 2000, Israël quitte le Liban, la société civile libanaise se polarise. Une partie du pays continue de soutenir le Hezbollah, tandis que pour l'autre, il est devenu une milice qui ne veut pas revenir dans le giron de l'Etat. Bien que devenu très impopulaire chez une partie des Libanais ces dernières années, tout en restant l'une des principales forces politiques du pays, le mouvement chiite a regagné en popularité depuis l'extension du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis au Liban.

Au-delà de son influence politique, le Hezbollah pose aussi un problème militaire à l’Etat libanais. Depuis l’entrée en fonction du président Joseph Aoun et du Premier ministre Nawaf Salam l’an dernier, Beyrouth a pris plusieurs décisions inédites à l’encontre du Hezbollah, notamment un engagement à désarmer le mouvement chiite. Si l’armée libanaise a commencé cette tâche, elle est loin de l’avoir terminée.

Notre publication est financée uniquement par ses lecteurs. Pour recevoir les prochains contenus du Monde Moderne, devenez abonné, gratuit ou payant.

Guerre au Moyen-Orient et navigation

La marine militaire américaine a ouvert le feu sur un cargo iranien qui tentait de forcer le blocus des ports iraniens par les Etats-Unis et en a pris le contrôle. Un destroyer américain a intercepté le cargo dans le golfe d’Oman et lui a ordonné de s’arrêter, mais l’équipage ayant refusé d’obéir, le navire de guerre l’a immobilisé en tirant sur la salle des machines. Les Marines américains ont maintenant le contrôle du navire.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé avoir sommé l’équipage du navire d’évacuer la salle des machines avant d’endommager son système de propulsion par plusieurs salves d’obus.

“Les forces armées de la République islamique d'Iran riposteront bientôt et prendront des mesures de représailles contre cet acte de piraterie armée et contre les militaires américains”, a écrit sur Telegram le porte-parole de l'état-major iranien. Il a accusé les Etats-Unis d'avoir “violé le cessez-le-feu” de deux semaines en vigueur depuis le 8 avril.

Parallèlement, un navire de CMA CGM “a fait l’objet hier de tirs de semonce” dans le détroit d’Ormuz, a annoncé le groupe français de transport maritime. Son “équipage est sain et sauf”, a précisé l’entreprise dans une brève déclaration.

Donald Trump avait affirmé plus tôt que des tirs iraniens avaient visé un “navire français” ainsi qu’un cargo britannique. Selon l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO, des vedettes des Gardiens de la révolution islamique ont tiré sur un pétrolier. Le bateau et l’équipage sont sains et saufs, selon cette source. Il s’agit du Sanmar Herald, battant pavillon indien, selon la société de renseignement Vanguard Tech.

Un autre bateau, le Mein Schiff 4, pavillon maltais, a signalé la chute d’un projectile à proximité, alors qu’il circulait près d’Oman. Dans un troisième incident, l’UKMTO a fait état d’un porte-conteneurs qui “aurait été touché par un projectile non identifié, causant des dommages à certains conteneurs”, sans provoquer d’incendie. Cela pourrait ainsi faire référence au navire de CMA CGM.

Mort d’un Casque bleu français dans le sud du Liban

Un militaire français, le sergent-chef Florian Montorio, a été tué et trois autres de ses compatriotes ont été blessés dans le sud du Liban, lors d'une attaque contre des Casques bleus.

Samedi, une patrouille de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) était chargée de déminer une route dans le village de Ghanduriyah afin de rétablir la liaison avec des positions isolées de la mission onusienne. Le sergent-chef Florian Montorio a alors été “pris dans une embuscade par un groupe armé à très courte distance”, a détaillé la ministre des Armées, Catherine Vautrin, sur X.

Lors de cette embuscade, Florian Montorio a été touché par “par un tir direct à l’arme légère”, d’après la ministre des Armées, et le soldat français est décédé malgré la tentative de ses camarades de le réanimer. Trois autres soldats français ont été “blessés” lors de cette attaque, avant d’être “évacués”, selon Emmanuel Macron. Deux d’entre eux sont “gravement” touchés, selon la Finul.

Rattaché au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, Florian Montorio est le deuxième militaire français tué par des alliés de l’Iran depuis le début de la guerre amorcée fin février par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran, après le décès d’Arnaud Frion dans une attaque de drones au Kurdistan irakien.

“Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah”, a déclaré le président français sur X. Mais le mouvement chiite pro-iranien a démenti toute implication : “Le Hezbollah nie avoir un lien avec l’incident survenu avec la Finul.”

La force de l’ONU comme les autorités françaises ont appelé le Liban à ouvrir une enquête et à traduire en justice les responsables. Lors d’un entretien téléphonique avec Emmanuel Macron, le président libanais Joseph Aoun a assuré que “le Liban ne permettrait aucun laxisme dans la poursuite des personnes impliquées”.

Nouveaux pourparlers au Pakistan

Donald Trump continue de souffler le chaud et le froid avec l’Iran. Le président américain a de nouveau accusé le régime iranien de violer le cessez-le-feu dans le détroit d’Ormuz, dans un message publié sur son réseau social Truth Social. Mais dans le même message, Donald Trump a annoncé l’envoi d’une délégation américaine à Islamabad, au Pakistan, pour relancer les discussions entre Washington et Téhéran.

Le chef d’Etat a écrit qu’il offrait à l’Iran un “accord raisonnable” et qu’en cas de refus de la part de l’Iran, “les Etats-Unis détruiront toutes les centrales électriques et tous les ponts en Iran”. On connaît déjà la composition de cette délégation envoyée par Washington, dirigée par le vice-président J.D. Vance. L’Iran n’a pas encore confirmé sa participation à ces nouveaux pourparlers et l'’agence officielle iranienne Irna indique de son côté qu’il n’y a “aucune perspective claire de négociations fructueuses”, citant, outre le blocus naval, les “exigences déraisonnables” de Washington.

Élections législatives en Bulgarie

La coalition Bulgarie démocratique de l’ex-président Roumen Radev est arrivée largement en tête des législatives avec 44,58% des voix. Il devance largement les conservateurs (GERB) de l'ancien Premier ministre Boïko Borissov, qui dirigeaient le précédent gouvernement, et les libéraux du PP-DB, qui enregistrent respectivement 13,01% et 14,26%.

Ce résultat confère à la coalition “Bulgarie Progressiste” de Roumen Radev, 62 ans, une majorité absolue d'au moins 132 sièges au sein du Parlement qui en compte 240.


La revue de presse du jour

Partager Le Monde Moderne

Invitez vos amis et gagnez des récompenses

Si vous appréciez Le Monde Moderne, partagez-le avec vos amis et gagnez des récompenses lorsqu'ils s'abonnent.

Inviter des amis

 
Liker
Commenter
Restack
 

© 2026 Le Monde Moderne
112 avenue de Paris, CS 60002, 94306 Vincennes Cedex

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire