Cette gazette vous plaît ? Transférez-là à votre carnet d’adresses… Ils vous remercieront et nous aussi. | | Comme chaque semaine, Tocsin revient sur les dernières avancées de l’affaire Epstein. Cette fois, c’est Jack Lang qui s’est retrouvé contraint de s’expliquer dans Complément d’enquête. Face caméra, l’ancien ministre apparaît visiblement mal à l’aise, livrant un véritable « numéro de mauvaise foi » qui en dit long sur le sentiment d’impunité de la classe qui nous gouverne depuis cinquante ans. Lorsqu’il s’emporte — « Ça suffit. Je l’ai jamais… je n’ai pas été un intermédiaire monsieur… je suis responsable de mes actions, qu’on me juge sur mes actions » — la formule ressemble moins à une clarification qu’à un réflexe de survie. Celui d’un homme qui semble convaincu, au fond, qu’il ne sera jamais réellement inquiété. Marc Gabriel Draghi le dit sans détour : « Jack Lang symbolise l’impunité la plus totale de la classe politique qui nous gouverne depuis 50 ans ». Et d’ajouter, avec une ironie glacée, que l’intéressé « a raison d’être confiant en la justice française puisqu’il a été inquiété de nombreuses fois et il ne lui est jamais rien arrivé ». Pendant que le Parquet national financier cantonne l’affaire au seul « blanchiment de fraude fiscale aggravée », des échanges de mails évoquant des mises en relation avec Michel Sapin ou Dominique Strauss-Kahn continuent de graviter à la périphérie du dossier, comme si la question d’un éventuel trafic d’influence ne méritait même pas d’être instruite. Derrière la défense crispée d’un ancien ministre, c’est en réalité tout un réseau français qui remonte à la surface. Marc Gabriel Draghi souligne combien « le réseau Epstein et le réseau Jack Lang » sont « similaires sur bien des points, en particulier les réseaux français ». Les chiffres, ici, parlent d’eux-mêmes : « Jack Lang est cité 800 fois dans les documents Epstein, Caroline Lang approximativement 900 fois ». Caroline Lang a par ailleurs été co-détentrice à 50/50 avec Epstein d’une société offshore, Prytanee LLC, immatriculée aux îles Vierges et dotée d’environ 1,4 million de dollars, avant d’être désignée légataire de 5 millions de dollars dans un testament rédigé « deux jours avant la mort de Jeffrey Epstein ». À cela s’ajoute son passage chez Maxwell Communication à New York au début des années 1990. Pris isolément, chacun de ces éléments appelle des questions. Mis bout à bout, ils dessinent un faisceau troublant. Et pourtant, le constat demeure sidérant : « zéro minute de garde à vue, aucune mise en examen » pour Jack et Caroline Lang. Rien non plus pour Ariane de Rothschild — que Marc Gabriel Draghi présente comme la véritable figure centrale du volet français — ni pour les autres noms qui gravitent autour du dossier, de Fabrice Aidan à Daniel Siad ou Olivier Colom. D’où cette formule, sèche et implacable : « Epstein partout, justice nulle part ». Mais l’ensevelissement du dossier ne se joue pas qu’en France. Il se joue aussi à Washington, et jusque dans les milieux académiques américains. Marc Gabriel Draghi rappelle qu’en 2008, Epstein a négocié un accord lui permettant de n’être condamné que pour « incitation à la prostitution de mineurs », tout en obtenant des immunités pour ses « co-conspirateurs Les Wexner et Leon Black », selon des révélations de journalistes sur le contenu du deal passé avec celui qui deviendra ensuite ministre du Travail. « Les procès coûtent cher » : face à des milliardaires capables d’étirer les procédures à l’infini, la Justice préfère solder en catimini un scandale de trafic international d’êtres humains. Dans le même temps, un article récent du New York Times détaillant les liens d’Epstein avec Harvard rappelle qu’il finançait des recherches, invitait des sommités comme Stephen Hawking et cherchait à peser sur le destin de certaines découvertes. En France, les enquêtes-cadres et le recours au Parquet national financier sont décrits, par Clémence comme des instruments bien rodés pour étouffer les affaires de pédocriminalité, au point que Marc Gabriel Draghi parle d’une « très bonne solution pour enterrer un dossier ». D’où cet appel final : « ça va être à nous, les médias et les enquêteurs journalistes… de mettre en lumière toute cette affaire pour ne pas qu’elle tombe dans les limbes et dans l’ombre ». L’affaire Epstein n’apparaît donc pas comme un simple dossier du passé, mais comme une épreuve de vérité en temps réel : celle d’un système qui protège obstinément ses réseaux et mesure, une fois de plus, jusqu’où l’opinion acceptera de détourner le regard. |
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