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| | | | | Bonjour .
On avait plusieurs questions en tête alors que plusieurs régions de France se reconfinent pour la troisième fois. On est donc allé en poser cinq, très simples, au professeur Bruno Megarbane. | | |
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| | | | 1. Quelle est la situation actuelle dans les hôpitaux ?
Au vu de la progression de l’épidémie (taux de reproduction redevenu supérieur à 1) malgré les mesures de restrictions actuelles (couvre-feu national à 18h00) et en raison de l’augmentation lente mais constante des différents indicateurs (contaminations, hospitalisations, saturation des réanimations) et le maintien à un niveau très élevé des décès, le reconfinement dans certains territoires paraissait hautement probable.
Clairement, le couvre-feu n’arrive pas à inverser la tendance et à réduire suffisamment le nombre de morts quotidiens. Aujourd’hui, les hôpitaux sont sous tension, notamment dans certaines régions (PACA, Nord, Île-de-France) malgré les mesures et restrictions en vigueur.
En Île-de-France, les réanimations sont occupées à presque 75 % par des patients ayant la Covid-19. La marge de manœuvre à notre disposition en cas d'aggravation de la situation épidémique est très limitée, avec un risque désormais réel de se retrouver en difficultés pour apporter les soins optimaux à tous les patients, qu’ils aient ou non la Covid-19.
La poursuite de la progression des contaminations, notamment avec l’expansion du variant britannique plus contagieux, pourrait augmenter le nombre de patients affluant à l’hôpital dans les jours qui viennent et constituer une menace sur le système de soins.
La décision de procéder à des reconfinements territoriaux est donc une décision par anticipation d’une crise qui pourrait voir le jour vers la 2e quinzaine de mars. C’est une décision éminemment politique et difficile qui doit être prise par l'État en concertation avec les élus locaux.
2. Les variants ont-ils déjà un impact en France ?
Oui, les variants ont déjà un impact certain sur l’épidémie en France.
On ne connaît toujours pas la prévalence exacte des différentes souches variantes sur le territoire. Il y a un mois, elles étaient - toutes réunies - de 1,4 %, et il y a quinze jours de l’ordre de 35 %. Des chiffres de prévalence de plus de 50 %, notamment pour l’IDF, circulent pour les nouvelles contaminations.
À l’évidence, à des niveaux faibles de prévalence des variants plus contagieux (moins de 50 %), il n’y a pas eu d’accélération de l’épidémie. Une régression a même été observée dans la majorité des départements il y a 15 jours.
À l’inverse, pour une prévalence au-delà de 50 %, voire atteignant 70 %, le risque d’accélération épidémique exponentielle semble se préciser. En se basant sur les projections de l’INSERM et de l’Institut Pasteur de Lille, une accélération serait attendue pour la mi-mars.
Il faut néanmoins rappeler que ces projections comportent un risque d’erreur. Des prévisions basées sur la situation anglaise d’octobre à décembre 2020 peuvent avoir surestimé le risque car la souche britannique s’est répandue au Royaume-Uni alors que les mesures de restriction étaient plus limitées qu’actuellement en France. Néanmoins, les observations des derniers jours semblent confirmer le redémarrage de l’épidémie et le risque de saturation des hôpitaux.
3. D'autres solutions auraient-elles pu être envisagées ?
La situation épidémique était la plus menaçante dans les régions de Nice et de Dunkerque. Le couvre-feu semble y avoir moins porté ses fruits que dans le Grand-Est. Le gouvernement a donc décidé d’un confinement plus strict les week-ends depuis la semaine passée.
Il paraît pertinent d’adapter les mesures de restriction aux indicateurs de l’épidémie sur chaque territoire. Mais l’expérience de la crise cette année a aussi montré les limites des solutions à variabilité locale, qui ont suscité parfois une incompréhension de la population concernée. | | |
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| | | | | " On peut penser qu’on ne vivra plus de confinement généralisé à partir de l’été 2021. " | | |
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| | | | | | | 4. Quand est-ce que les vaccins rendront les confinements superflus ?
Le confinement a pour but final de contenir la mortalité qui fait suite à l’augmentation non maîtrisée des contaminations et/ou à la saturation du système de soins, lorsque les mesures moins contraignantes deviennent moins effectives.
Or les personnes à risque de décès des suites de la Covid-19 sont d’abord et surtout les personnes âgées et les sujets avec comorbidités (obésité, hypertension, diabète, maladies respiratoires chroniques).
Lorsque cette population à risque sera presque totalement vaccinée, il n’y aura plus de nécessité de recourir au confinement. La circulation du virus dans le reste de la population entraînera certes toujours des infections, mais en nombre que les services de soins pourront résorber et traiter de façon optimale.
Il faudrait que cet objectif puisse être atteint le plus vite possible. Il est réaliste, au vu du nombre de doses de vaccins disponibles actuellement en France, de fixer cet objectif pour la fin du printemps.
La vaccination du reste de la population permettra par la suite d’obtenir une immunité collective (valeur attendue de 75-80 %) pour limiter la circulation du virus et espérer alors protéger même les personnes non vaccinées.
On peut donc raisonnablement penser que, si le vaccino-scepticisme régresse de façon suffisante et que la population à risque se vaccine, nous puissions ne plus revivre de confinement généralisé à partir de l’été 2021.
Par contre, pour ceux qui auront choisi de ne pas se faire vacciner, il y aura toujours un risque de tomber malade et de faire une forme grave de la Covid-19.
Toutefois, il persiste encore beaucoup d’inconnues comme la durée de la protection immunitaire post-vaccinale et l’émergence de variants qui pourraient nécessiter une adaptation du vaccin.
5. La situation actuelle est-elle pire ou meilleure que prévue ?
Aucun des meilleurs scientifiques ou dirigeants n’aurait pu imaginer le scénario que l’on vient de vivre… de la « petite grippette » que l’on pouvait guérir avec quelques comprimés de médicament, on est passé à une des pires catastrophes sanitaires de l’humanité. Plus de 2,5 millions de morts dans le monde !
Aujourd’hui, à peine 15 % de la population française a acquis une immunité naturelle (suite à l’infection) et environ 5 % a acquis une immunité vaccinale. Nous sommes loin du mythe de l’immunité collective spontanée censée nous protéger.
La situation en France est encore préoccupante, mais moins grave qu’en mars-avril 2020. La connaissance manquait à l’époque et la peur dominait… La population doit rester vigilante et respecter strictement les mesures barrières (distanciation physique, lavage des mains aux solutions hydro-alcooliques, port du masque et aération des lieux clos) tant que le danger persiste. Les 4 semaines à venir sont celles de tous les dangers. Il est possible encore de limiter les risques et de contredire les prévisions.
Désormais, l’espoir réel de sortir de la pandémie existe, avec des vaccins mis au point avec une rapidité et d’une efficacité inespérées. De toute catastrophe, il faut savoir sortir par le haut. | | |
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| | | | | | | | Bamao Yendé (Nadsat) Fondateur du label Boukan Records et membre du collectif Nadsat (qui révèle cette semaine sa compilation), Bamayo Yendé fait partie de cette génération qui a décidé de ne plus choisir entre les genre musicaux. À découvrir de toute urgence dans le Brut Club. Jeudi 4 mars, 20 heures. | |
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| | | | | | | | | Marseille : plongée dans la mer de déchets "On est en plein cœur du parc des Calanques et il y a des milliers de déchets." À Marseille, Brut a plongé dans la mer de déchets avec le photographe sous-marin Alexis Rosenfeld. | |
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