« Je ne suis rien, je ne serai jamais rien, je ne peux vouloir être rien. À part ça, je porte en moi tous les rêves du monde » : par cette citation d’un poète portugais s’achève le récit de Didier Maïsto « Passager clandestin » paru au « Diable Vauvert » en plein confinement. Denis Robert offre au PDG de Sud Radio une séance de rattrapage avec cet entretien qui brasse très large. « Même s’il n’y avait pas eu de livre, je vous aurais invité » démarre le journaliste avant d’interroger son invité pendant près de deux heures.
De l’enfance ouvrière tendance CGT dans le petit appartement de Toulon à la Radio qui a le plus (et le mieux, selon nous) traité le mouvement des gilets jaunes, la conversation va passer par de nombreux chemins de traverses entre accident grave à moto, baston dans une permanence RPR, dénonciation d’une corruption endémique en particulier au CSA, militantisme à droite tendance Philippe Seguin et implication totale dans des live très suivis chaque samedi aux côtés des gilets jaunes, cet entretien suit les signes de la vie tumultueuse et agitée de l’invité du jour. Maïsto a un ennemi qui accumule toutes les tares contre lesquelles il s’est battu tout au long de sa vie militante et politique : Emmanuel Macron qu’il surnomme Benito Macroni instigateur, dit-il, d’un soft fascisme à la française.
« Les gilets jaunes l’ont parfaitement intégré, dit-il. L’État tient les médias, laisse courte par distribution d’aides publiques à la presse, par la maîtrise totale des canaux audiovisuels, par l’influence qu’il exerce sur l’autorité judiciaire à tous les niveaux et selon le timing qui l’arrange, et enfin par l’autocensure des journalistes qui ne peuvent exercer leur métier en dehors des clous, sous peine de licenciement ». Des enveloppes en liquide reçues des laboratoires Servier pour payer son salaire d’assistant parlementaire de Patrick Ollier, personnage honni, à la guerre fratricide entre Seguin et Juppé (mal) tranché par Chirac en passant par le combat de dix ans d’une vie contre le CSA, BFM, TF1 and Co et Médiamétrie qui lui vole ses fréquences, Didier Maïsto s’explique aussi sur l’affaire Chouard, ou les accusations de fricotage avec l’extrême droite de certains de ses animateurs.
Depuis le 1 er octobre 2020, Didier Maïsto a quitté Sud Radio. Cette interview au long cours, décapante, toujours sur la ligne jaune, a été enregistrée le 28 juillet 2020. Elle n’avait jamais été diffusée.
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