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jeudi 29 août 2019

HISTOIRE et MÉMOIRE - NORD-ISÈRE - Beaurepaire, ville martyre de la Seconde Guerre mondiale


HISTOIRE et MÉMOIRE

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NORD-ISÈRE

Beaurepaire, ville martyre de la Seconde Guerre mondiale

Les chars américains arrivent à Beaurepaire et libèrent officiellement la ville le 1er septembre 1944.   Photo archives mairie de Beaurepaire

Les chars américains arrivent à Beaurepaire et libèrent officiellement la ville le 1er septembre 1944.  Photo archives mairie de Beaurepaire

Une maison de Beaurepaire incendiée après le passage des Allemands.  Photo archives mairie de Beaurepaire

Une maison de Beaurepaire incendiée après le passage des Allemands.  Photo archives mairie de Beaurepaire

Les déportés rescapés de Beaurepaire. Photo archives mairie de Beaurepaire
Les déportés rescapés de Beaurepaire. Photo archives mairie de Beaurepaire

Quatrième volet de notre série sur la libération de l’Isère : le 29 août 1944, les Allemands incendient le village à leur passage dans la Vallée du Rhône. Même si les Américains sont passés à Beaurepaire le 28 août, la commune a été déchirée une dernière fois par les Allemands, remontant la Vallée du Rhône pour rejoindre Lyon, se sachant perdus.

La date du 29 août 1944 sera marquée pour toujours dans l’histoire de la commune de Beaurepaire. Ce jour-là, les Allemands remontent la Vallée du Rhône et sentent que la fin de la guerre approche, notamment avec l’arrivée des Américains sur le territoire français. Lors de leur passage dans la commune le 29 août, les Allemands incendient plus d’une dizaine de maisons, pillent les magasins et repartent aussi vite qu’ils sont arrivés, dès le lendemain. Mais ce n’est pas la première fois que les Allemands s’en prennent à la commune de Beaurepaire de cette façon.

Un point de liaison avec les maquis à proximité

Le 5 août 1944, un mois avant la libération de Beaurepaire, trois colonnes de soldats allemands arrivent par la route de Jarcieu, à partir de 11 heures du matin. Le maire de l’époque, Gaston Barbier, est convoqué par les Allemands. « Il a été d’un courage assez exceptionnel parce que les Allemands lui réclamaient plusieurs kilos de beurres et de quoi loger et nourrir plus de 150 hommes », explique Philippe Mignot, maire de Beaurepaire depuis 2014. Les soldats réclament également huit cercueils pour enterrer des soldats tués par le raid d’un maquis survenu quelques jours plus tôt, dans le Vercors.
Le passage par Beaurepaire n’a pas été choisi au hasard. Les Allemands savent que la commune est un repaire de résistants et une plaque tournante dans l’approvisionnement des maquis, et notamment le maquis « Bozambo ».
À leur arrivée à Beaurepaire, les Allemands demandent également à tous les hommes âgés de 17 à 35 ans de se réunir sur l’actuelle place Yves Pagneux au centre du village. Ils vont ensuite les diviser en trois groupes : ceux qui seront relâchés, ceux qui sont envoyés aux interrogatoires, « dont on ne connaît pas trop les raisons » et ceux, proches de la résistance, qui seront fusillés.
Parmi les hommes interrogés, « une cinquantaine sera envoyée au fort Montluc à Lyon, puis ils seront déportés dans des camps en Allemagne », continue Philippe Mignot.

Quatre résistants seront exécutés

Le 5 août 1944, quatre résistants de Beaurepaire seront exécutés, sur les coups des 19-20 heures. Camille Barruel et Louis Fiard, enfants de Beaurepaire et Robert Offner, un ex-gendarme entré dans la Résistance et Jean Pêcheur, agriculteur. Ils étaient tous âgés de moins de 35 ans.
Les Américains arriveront officiellement à Beaurepaire le 1re septembre à bord de leurs chars, libérant la ville le même jour que Vienne, quelques kilomètres plus au nord.
➤ Beaurepaire, les années terribles (1939-1945) écrit par J.M. Charamel et Marcel Beyron en 1983.
BEAUREPAIRE, VILLE DÉCORÉE
En 1950, Beaurepaire reçoit la décoration de la Croix de guerre à la suite des événements de l’été 1944. Donnée par l’État, elle récompense « des villes qui ont combattu et qui avaient des victimes et des dégâts matériels », explique Philippe Mignot. En Isère, huit communes ont été décorées de la Croix de guerre.

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