Lu dans le DL du 29.08.2019
ÉDITO
Frédéric AÏLI
Et si Hulot avait été plus
utile en démissionnant ?
L’année dernière, le réveil avait sonné un peu plus tôt qu’à
l’habitude, quelques jours avant la rentrée.
L’alarme avait même
secoué pas mal de Français, le président Macron et son Premier
ministre en tête.
Tombés des nues et du lit.
Surpris comme tout le
monde par la démission de Nicolas Hulot du ministère de la
Transition écologique et solidaire.
Un vrai coup de tonnerre en
direct à la radio. « Je ne veux plus me mentir, je ne veux pas
donner l’illusion que l’on est à la hauteur des enjeux, je prends la
décision de quitter le gouvernement. »
Ainsi soit-il.
C’était il y a un an. Déjà.
À quoi ressemble une année sans
Hulot ?
À un fauteuil vide.
Son successeur, Francois De Rugy,
est parti lui aussi, mais pour d’autres raisons, et il n’y a toujours
pas de vrai ministre de l’Écologie.
Élisabeth Borne cumule la
fonction avec les transports, en attendant un éventuel remaniement.
À part ça ?
Paradoxalement, en un an sans Hulot, l’écologie aura fait du chemin, dans les pas de la jeune Greta Thunberg
ou de Yannick Jadot, auteur d’une percée remarquée aux européennes. L’environnement serait même devenu la deuxième
priorité des électeurs après le chômage, mais devant l’immigration ou la sécurité.
Du jamais vu.
Depuis, tous les partis ou presque verdissent leur programme,
encouragés par l’actualité sur fond d’incendies en Amazonie et
de jours de canicule.
Un sondage place même EELV très haut en
intentions de vote dans les grandes villes.
Et voilà Matignon qui
s’inquiète pour les municipales de mars prochain.
Incroyable.
Tout ça en un an.
Et si finalement, Nicolas Hulot avait été plus
utile à l’écologie en démissionnant qu’en gardant son fauteuil ?
Au regard de l’onde de choc produite par son départ, c’est possible.
En revanche, on a de gros doutes sur un effet De Rugy…
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