Il a fait chaud, très chaud. Cela n’aura échappé à personne. Mais ce n’est plus le marronnier météo dont raffolait la presse estivale : ces épisodes de canicule, qui
devraient se multiplier dans les années qui viennent, ne font plus rire personne, ou presque. Sans parler de
l’aspiration des données personnelles par Météo-France.
Cette semaine, le gouvernement a d’ailleurs multiplié les recommandations de santé publique et de nombreux députés de la majorité ont applaudi la militante du climat Greta Thunberg, venue prononcer un discours à l’Assemblée.
Le même jour, les mêmes députés
ont voté à une courte majorité l’accord de libre-échange avec le Canada – la fronde de 52 LREM, un record, n’a pas suffi à bloquer ce texte jugé néfaste pour le climat.
Cette contradiction, assumée par la majorité, rappelle aussi les incohérences françaises en matière d’écologie :
la loi de transition énergétique, qui vient de faire l’objet d’un
accord entre députés et sénateurs et sera définitivement adoptée à la rentrée, reporte à 2035 l’objectif de ramener à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité. La durée de vie des réacteurs sera donc prolongée.
Mais la loi ne prévoit aucune mesure sur la sûreté nucléaire ! Pourtant,
selon des témoignages recueillis depuis six mois par Mediapart, les problèmes s’accumulent à la centrale du Tricastin depuis deux ans. Au point qu’EDF évite de déclarer des incidents à l’Autorité de sûreté. Tout cela dans l’espoir de préserver l’image du premier réacteur à subir l’inspection des 40 ans.
Après nos révélations, l’association
Sortir du nucléaire a annoncé une plainte au pénal. Preuve, une nouvelle fois, que le journalisme peut être d’intérêt public.
C’est aussi ce qu’ont démontré les enquêtes sur le plomb à Paris. Le 4 juillet, Mediapart avait informé que des taux de plomb
400 à 700 fois supérieurs au seuil autorisé avaient été relevés à l’intérieur et aux alentours de Notre-Dame, après l’incendie de la cathédrale.
Après trois semaines de déni, le préfet de Paris
Michel Cadot a annoncé, jeudi 25 juillet, la suspension du chantier de reconstruction de l'édifice. Deux écoles accueillant un centre de loisirs ferment aussi leurs portes.
N’en déplaisent aux commentateurs trop bavards, ravis de s’en prendre à Mediapart, c’est ainsi, comme dans
l’affaire François de Rugy, qu’un journal est utile.
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