Lu dans le DL du vendredi 4 août 2017
LE BILLET
PAR GILLES DEBERNARDI
Affaire Neymar,
le bal des requins
Le fric, depuis longtemps déjà, règne sans partage sur le football
professionnel.
C’est lui qui arbitre, et personne d’autre.
De façon
systématique, chaque année, les quatre ou cinq clubs les plus
fortunés - toujours les mêmes - se disputent la coupe d’Europe.
Dis-moi ton compte en banque, je te dirai ton futur classement dans
le championnat.
Avec ça, la glorieuse incertitude du sport a pris un
coup de vieux.
Dans ce contexte, fixant à 222 millions d’euros la clause libératoire
de son attaquant brésilien, Barcelone espérait bien le garder longtemps.
Qui consacrerait une somme pareille à l’embauche d’un jeune
homme, même doué, pour taper dans la baballe ?
Personne, à part
les émirs qui s’ennuient dans le désert et cherchent à se divertir un
peu.
Voici donc comment le PSG, qu’on baptisera bientôt Qatar FC, a
récupéré Neymar au nez et à la barbe des fiers Catalans.
Puisque ce
type semble plus facile à acheter qu’à battre sur le terrain,
achetons-le ! Il suffit d’imiter le Barça qui l’arracha naguère à Santos,
au prix d’un étourdissant festival de pots de vin sanctionné par la
justice.
À l’époque, le président de la Ligue espagnole n’avait pas pipé mot.
Aujourd’hui, Javier Tebas refuse de toucher le chèque émis par les
Qataris pour régler leur emplette. Remonté comme une pendule, cet
avocat d’affaires prend des airs dégoûtés et dénonce « une tricherie
financière ».
Les trop riches Arabes fausseraient la règle du jeu.
Ah
bon ?
Comme s’il existait, entre requins, une forme de fair-play au
royaume du bas business.
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