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le 15 Janvier 2013
Précarité
Drame de la clusaz : La mort attendait les jeunes saisonniers dans l’ombre
La Clusaz (Haute-Savoie), envoyé spécial. Le 3 janvier, un salarié des remontées mécaniques et sa compagne ont péri dans l’incendie
du camion qui leur servait de domicile.
Au début de la saison, les autorités locales
avaient contraint
les jeunes routards
comme eux
à s’installer sur
un sentier forestier,
sans eau, ni électricité,
afin de ne pas gâcher le paysage.
Thomas et Margaux filaient le parfait amour. Ils étaient jeunes : lui, vingt ans ; elle, dix-sept. Ils avaient un chien aussi. Le garçon travaillait aux remontées mécaniques de La Clusaz et sa copine, encore étudiante, l’avait rejoint. Ils étaient sûrs d’être libres comme le grand air du massif des Aravis, en Haute-Savoie, leur département d’origine. Le 3 janvier, en début de soirée, le couple de saisonniers a péri, avec son fidèle compagnon, dans le violent incendie de son petit camion aménagé en logement sur le chemin forestier des Riffroids. Selon la mère de Margaux, on a retrouvé les corps enlacés. La gendarmerie a, elle, ouvert une enquête ; pour l’heure, après les autopsies, tout ce qu’on sait des circonstances, c’est que les décès sont liés au feu, mais, d’après leurs proches, leur matériel de chauffage qui venait d’être acheté n’était pas défectueux. Les parents des deux jeunes ont été orientés par les services municipaux vers la plate-forme téléphonique de SOS Victimes, et leurs copains, une vingtaine de saisonniers qui, eux aussi en camion ou camping-car, étaient les voisins du couple aux Riffroids, ont été déplacés. Les journalistes sont priés de s’adresser à l’office du tourisme : « C’est eux qui gèrent la communication », prévient-on à l’accueil de la mairie...
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« Les saisonniers doivent s’organiser »
Réunis en fin de semaine dernière à Chambéry (Savoie), des délégués CGT des remontées mécaniques venus de différentes stations des Alpes et des Vosges témoignent de leurs situations. À Chamonix et aux Ménuires, les municipalités ont mis en place des aires aménagées payantes avec accès à des sanitaires, à de l’eau chaude et de l’électricité. Aux Carroz d’Arâches, les saisonniers payent dix euros par jour, mais sans accéder au moindre équipement. À Chatel, ils sont cachés dans la forêt, comme ils l’étaient à La Clusaz. « Il y a des endroits où c’est catastrophique, témoigne Antoine Fatiga, l’animateur national de la CGT des remontées mécaniques. On ne peut qu’inciter ces saisonniers en camion à prendre la parole et à s’organiser ! »
Réunis en fin de semaine dernière à Chambéry (Savoie), des délégués CGT des remontées mécaniques venus de différentes stations des Alpes et des Vosges témoignent de leurs situations. À Chamonix et aux Ménuires, les municipalités ont mis en place des aires aménagées payantes avec accès à des sanitaires, à de l’eau chaude et de l’électricité. Aux Carroz d’Arâches, les saisonniers payent dix euros par jour, mais sans accéder au moindre équipement. À Chatel, ils sont cachés dans la forêt, comme ils l’étaient à La Clusaz. « Il y a des endroits où c’est catastrophique, témoigne Antoine Fatiga, l’animateur national de la CGT des remontées mécaniques. On ne peut qu’inciter ces saisonniers en camion à prendre la parole et à s’organiser ! »