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jeudi 27 décembre 2012

11ème rapport du COR,note de présentation et commentaires de la CGT


 Un document d'analyse de la CGT 
Espace revendicatif – activité retraite                         Montreuil, le 21 décembre 2012

11ème rapport du COR - 16 décembre 2012  - Perspectives 2020, 2040, 2060

Note de présentation et commentaires



L
’objet de ce rapport (le 11ème) est d’actualiser les perspectives des régimes de retraites obligatoires, à moyen et long terme (horizons 2020, 2040, 2060), au regard des évolutions économiques, sociales et démographiques et d’élaborer des projections de leurs situations financières.

Cet exercice a lieu régulièrement. Les dernières projections du COR datent d’avril 2010, elles n’avaient consisté qu’en une actualisation des prévisions économiques précédentes (datant de 2007 donc avant la crise). Le présent rapport est plus complet. Il prend en compte les réformes intervenues en 2010 et 2011 (base et complémentaires) ; il intègre davantage de projections, y compris une projection basée sur une productivité plus élevée à la demande de la CGT. Enfin, il comporte des prévisions réalisées par les 33 régimes les plus importants (seulement 5 en 2010).
Un second rapport du COR (le 12ème) sera présenté le 22 janvier 2013, qui aura pour but de « faire un état des lieux du système français de retraite et de son adéquation à ses objectifs ».

Ces deux rapports constitueront, du point de vue du gouvernement, la base du diagnostic préalable à l’ouverture d’une « concertation sur les retraites » programmée pour le premier semestre 2013.



PRESENTATION DU RAPPORT

Le document comprend quatre parties :
1 les hypothèses retenues pour les projections
2 les perspectives financières
3 les perspectives pour les assurés (âges et niveau de pension)
4 les conditions de l’équilibre du système de retraite

1 les hypothèses retenues pour les projections


Les hypothèses démographiques
Le rapport retient le scénario central de l’INSEE avec un taux de fécondité de 1,95 enfant par femme, un solde migratoire de + 100 000 / an et des gains d’espérance de vie à 60 ans de un trimestre tous les deux ans.
La population active [qui comprend celle en emploi + celle au chômage] continuerait d’augmenter. Mais le ratio actifs / inactifs de + de 60 ans passerait de 2,1 en 2010 à 1,5 en 2060.


Les hypothèses et scénarios économiques
Comme cela est le cas dans chacun des rapports successifs, plusieurs scénarios sont étudiés.


Croissance annuelle de la productivité du travail à long terme
Taux de chômage à long terme
Scénario A’
2 0 %
4,5 %
Scénario A
1,8 %
4,5 %
Scénario B
1,5 %
4,5 %
Scénario C
1,3 %
7,0 %
Scénario C’
1,0 %
7,0 %
Les scénarios A, B et C correspondent aux prévisions des services de Bercy. Le scénario A’ répond à une demande de la CGT et le scénario C’ à une demande du Medef.


Remarques concernant ces hypothèses : le recours à différentes hypothèses est utile en ce qu’il aide à appréhender la nature et l’ampleur des mesures à prendre en fonction des évolutions économiques. Mais, à partir de là, les démarches peuvent être bien différentes. Pour la CGT, il faut agir sur la conjoncture économique afin d’améliorer la situation à la source. C’est pourquoi nous avons défendu une hypothèse (A’) plus volontariste ; pour nous il ne s’agit pas seulement d’une éventualité mais aussi d’un objectif.
A l’opposé, le Medef a imposé la prise en compte d’une hypothèse (C’) particulièrement dramatisante. Et il en joue pour appeler au sacrifice. Et nombre de commentateurs retiendront prioritairement cette vue de l’avenir comme inéluctable.
La bataille sur les « projections » est donc aussi une bataille syndicale.


Des hypothèses à législation inchangée
Les projections sont réalisées « à législation inchangée », seules les évolutions de la réglementation en cours de mise en œuvre sont prises en compte : allongement de la durée d’assurance requise pour une retraite à taux plein (166 trimestres en 2020), relèvement progressif des âges légaux de la retraite (jusqu’à 62 et 67 ans), possibilité de partir à la retraite à 60 ans pour certaines personnes ayant commencé à travailler avant l’âge de 20 ans, relèvements programmés de taux de cotisation...


2 les perspectives financières

Les perspectives du COR s’appuient sur des projections réalisées par chacun des régimes obligatoires.

Les effectifs de cotisants et de retraités évolueraient dans les conditions suivantes, en fonction des différents scénarios économiques :


Cotisants
Retraités de droit direct
Rapport démographique
2011
25,7
15,1
1,65
2020
27

1,65
2030
de 27,7 à 28,4


2040


1,40
2060
de 28,8 à 29,5
21,8
1,35
Nombre de cotisants et de retraités en millions


Perspectives financières selon les scénarios :


Hypothèses favorables
Hypothèses défavorables
Point de part de PIB
2011
-14,0
+ 0,7
2017
-18,8
+ 0,9
2020
-20,8
-24,9
de + 0,9 à + 1
2050
équilibre
déficit
+ 1,50
2060
+ 93, 0
- 105, 0
De – 2,9 à +1,7
Perspectives financières, selon les hypothèses, en milliards d’€

Remarques : le COR lui-même appelle à la mesure concernant les projections au-delà de 2020 et souligne la grande sensibilité sur le long terme des hypothèses démographiques et économiques. On peut observer ainsi que l’hypothèse mise à l’étude sur proposition CGT aboutit à un excédent de 93 milliards alors que celle du Medef produit un déficit de 105 milliards.
Seconde remarque : pour les années 2012 à 2017, le COR se contente de reprendre les prévisions inscrites dans le PLFSS. Il est important de noter que celles-ci s’inscrivent dans la procédure dite du semestre européen, c’est-à-dire les projections destinées à montrer à la Commission européenne que les finances publiques et sociales françaises seront à l’équilibre en 2017.
Troisième remarque : les perspectives à court et moyen terme apparaissent dans les projections de ce rapport, plus favorables que celles publiées en 2010.


3 Les perspectives de retraite pour les assurés

Les âges de départ
Les comportements de départ à la retraite ont évolué récemment et continueront à évoluer dans le sens d’un report de l’âge.
Dans le régime général, l’âge moyen effectif de départ était de 61,5 ans en 2010 (62 ans en 2011). La prévision est une augmentation jusqu’à 64 ans en 2035 avec une stabilité jusqu’en 2060. A noter une réduction de l’écart entre hommes et femmes.
Dans la Fonction publique d’Etat : de 57,1 ans en 2010 (du fait des militaires, des catégories « actives » et de la possibilité de départ anticipé des parents de 3 enfants) l’âge de départ passerait à 58,7 ans. L’évolution à la CNRACL (Fonction publique territoriale et hospitalière) serait un passage de 58,4 ans 62,4 en 2025.

Les niveaux de pension
A court et moyen terme, on enregistrerait une progression de la pension moyenne au fil des générations. Mais il s’agit là d’un effet purement mécanique (appelé effet noria) qui traduit le fait que la pension des nouveaux retraités est supérieure à celle des retraités qui décèdent. En réalité, le taux de remplacement va baisser.

Remarques :
            - Le niveau de l’augmentation moyenne des retraites du régime général est très lié à l’hypothèse de rendements des régimes complémentaires Agirc et Arrco. Or, ces régimes (par points) sont aujourd’hui confrontés à une forte demande du Medef de réduction des rendements.
            - L’indexation actuelle des pensions sur les prix (et non pas sur les salaires comme le demande la CGT) produit une augmentation de toute façon inférieure à celle des revenus d’activité. Le COR estime que la pension moyenne, rapportée au revenu moyen d’activité va perdre entre 10 % et 28 % selon les scénarios économiques.
-  La perte sera même de 14 % à 35 % si le Medef trouve des alliés pour imposer des rendements décroissants dans les complémentaires.


4        les conditions de l’équilibre selon le COR

Le COR présente différents « choix possibles », à partir des trois « leviers » que sont :
- le rapport entre la pension moyenne nette et le revenu moyen net d’activité (le taux de remplacement) ;
            - le niveau des ressources (les cotisations) ;
            - l’âge effectif moyen de départ (combinaison critères d’âge et durée exigée).


A l’horizon 2020, si l’ajustement se faisait sur un seul des trois leviers, en supposant acquise la hausse projetée d’environ 1 an de l’âge effectif moyen de départ à la retraite par rapport à 2011, il faudrait pour atteindre l’équilibre annuel en 2020 :
- soit une hausse du taux de prélèvement moyen [cotisations] de 1,1 point par rapport au taux moyen atteint en 2020 ;
- soit une baisse du rapport entre la pension moyenne nette et le revenu moyen net d’activité [taux de remplacement] de 5 % par rapport à 2011 ;
- soit un décalage supplémentaire de l’âge effectif moyen de départ d’environ 6 mois, c’est-à-dire un décalage au total d’environ un an et demi par rapport à 2011 [donc un passage de 62 à 63,5 ans].

En 2040 et 2060, toujours dans l’hypothèse où un seul des leviers serait utilisé et en supposant acquise la hausse projetée de deux ans de l’âge effectif moyen de départ à la retraite par rapport à 2011, il faudrait pour atteindre l’équilibre annuel :
- soit une hausse du taux de prélèvement moyen [cotisations] de respectivement 5 et 6,2 points ;
- soit une baisse du rapport entre la pension moyenne nette et le revenu moyen net d’activité [taux de remplacement] de respectivement 20 et 25,3 % par rapport à 2011 ;
- soit un décalage supplémentaire de l’âge effectif moyen de départ à la retraite d’un peu plus de 4 ans en 2040, soit au total un peu plus de 6 ans par rapport à 2011 [donc 68 ans !] et de près de 5 ans en 2060, soit un décalage total de près de 7 ans par rapport à 2011 [donc 69 ans !].



ELEMENTS D’ANALYSE


L
e chiffrage des besoins de financement du système de retraite réalisé par le COR est sans surprise. Le contexte économique ne s’est pas amélioré depuis 2010. Il se confirme que la variable principale à court terme comme à long terme est l’emploi. La faible croissance de la masse salariale réduit relativement les recettes des régimes. Les besoins de financement des régimes de retraite à horizon 2020 sont compris dans une fourchette de 21 à 25 milliards d’€.

Sans surprise également, la réaction du patronat et de la droite, qui se saisissent de ce constat pour réclamer de nouveaux sacrifices aux retraités comme aux actifs. La présidente du Medef réclame déjà un nouveau recul de l’âge de départ à la retraite. Alors que l’on a trouvé des centaines de milliards pour « sauver le système financier » on ne trouverait pas les ressources indispensables pour pérenniser notre système de retraite ? En 2017, le VOR prévoit un déficit de 18 milliards, c’est moins que les 20 milliards du crédit d’impôts « compétitivité » décidé par le gouvernement.

Les nouvelles projections du COR, plus complètes que celles de 2010, justifient que l’on sorte d’une vision réductrice dans laquelle le recul de l’âge de la retraite, la baisse du niveau des pensions ou l’augmentation du taux de cotisation sont les trois seuls leviers d’action possibles pour rééquilibrer les régimes de pensions.

Les cinq scénarios du COR mettent en valeur le fait que coexistent deux problèmes différents de financement des retraites.

- A un horizon de long terme (au-delà de 2020) c’est l’évolution respective de la démographie, de la population réellement active et de la croissance structurelle de l’économie qui commande l’équilibre des régimes de retraite.

Au demeurant, le long terme est beaucoup moins inquiétant pour les retraites que l’on a bien voulu le dire jusqu’à présent. Le nombre de retraités continue à croître fortement jusqu’en 2035, puis plus modérément une fois passé le pic qui correspond, avec un décalage de 80 ans, au baby-boom d’après-guerre. Les ressources dépendent quant à elles, du taux de croissance de l’économie. Financer à l’horizon 2060 les 3 puis 5 points de PIB indispensables pour ouvrir un droit à la retraite pour tous à soixante ans avec un taux de remplacement du revenu d’activité par celui de la pension d’au moins 75 %, – aucune pension ne devant par ailleurs être inférieure au SMIC – est tout à fait crédible.
A cet horizon de très long terme, le PIB augmente de 80% soit 1600 milliards dans l’hypothèse très pessimiste retenue par le COR. Il est multiplié par 1,7 et augmente de 3400 milliards dans le scénario le plus favorable. De quoi trouver les ressources suffisantes pour couvrir les 105 milliards de besoin de financement dans le scénario pessimiste. Dans le scénario le plus favorable il y aurait un excédent de 90 milliards. Encore faut-il créer les conditions de cette croissance !

            - Mais, à court terme, (d’ici à 2020) le problème est différent. C’est l’emprise de la logique financière qui déstabilise les retraites en plombant l’activité. Dans les dix ans à venir, seul un partage de la richesse plus favorable aux salariés permettra de financer les retraites.

En effet, les chiffres rendus publics démontrent qu’à l’horizon 2020 la retraite est d’abord malade de la crise, de la réduction des emplois et de la stagnation des salaires. Dans l’immédiat il faut donc dégager des ressources supplémentaires. D’où la proposition que nous faisons, d’une réforme du financement du système de retraite.

- La priorité est la sortie de la politique d’exonération de cotisations patronales qui va coûter plus de 50 milliards d’€ aux finances publiques. Il faut étendre, au-delà du relèvement du forfait social, les cotisations pour la retraite à tous les éléments de rémunération, primes, intéressement, participation soit 120 Milliards d’€ de rémunérations para-salariales qui échappent aujourd’hui totalement ou partiellement aux cotisations sociales si l’on en croit la Cour des Comptes. C’est au bas mot 10 à 15 Milliards d’€ qui pourraient revenir aux régimes de retraites.

- Il s’agit en second lieu de mettre à contribution des revenus financiers des entreprises au moins à hauteur de la cotisation des salariés. Seuls les revenus tirés des placements financiers des personnes physiques sont imposés. Il s’agirait d’instaurer un prélèvement spécifique pour les sociétés de capitaux qui perçoivent bon an mal an 250 Milliards de revenus financiers. Un prélèvement voisin du niveau de la cotisation patronale retraite rapporterait chaque année 20 Milliards d’euros ;

-                     Enfin, une réforme du mode de contribution sociale des entreprises est indispensable. Il faut sortir d’une pure logique d’assurance qui permet aux employeurs les moins vertueux de reporter sur les autres les coûts liés à leur comportement. En effet plus l’entreprise réduit ses effectifs et ses salaires plus elle réduit ses contributions aux régimes sociaux, dont les régimes de retraite. Nous proposons de transformer la contribution patronale aux institutions sociales sur la base d’une modulation des cotisations permettant notamment de tenir compte de leur gestion de l’emploi et du travail.


Un second rapport du COR traitera en Janvier du fonctionnement du système de retraite.

La CGT plaidera pour que le rapport mette clairement en valeur en quoi le durcissement continu des conditions d’acquisition des droits à la retraite, depuis la première réforme de 1993, a accru les injustices du système et a fait structurellement baisser le niveau des pensions sans pour autant résoudre les problèmes de financement. La CGT refusera qu’il se limite à examiner les dispositifs de redistribution du système en faisant l’impasse sur les reculs enregistrés depuis vingt ans.
Ce n’est pas en continuant, une fois de plus, dans cette voie que l’on dégagera les solutions indispensables et urgentes.
Aucune réforme sérieuse et durable, garantissant l’avenir et redonnant confiance aux jeunes générations, ne peut écarter une révision en profondeur et une augmentation du financement. Ce qui implique que la question du partage des richesses, telle qu’il s’opère aujourd’hui, soit clairement affrontée.
C’est bien le problème essentiel que pose l'idée d’une « réforme systémique », qui parait en réalité comme une fuite face à la question d'un nouveau partage des richesses.

La baisse récente des mises en chantier va renforcer les difficultés d’accès au logement


Parti Ouvrier Indépendant
 http://parti-ouvrier-independant.fr


La baisse récente des mises en chantier va renforcer les difficultés d’accès au logement

s'informerLe ministère du Logement a annoncé hier que les mises en chantier de logements neufs ont plongé ces trois derniers mois de 23,8 %, par rapport à la même période de 2011. Ce recul touche davantage les logements collectifs (- 28,7 %) que les maisons individuelles. Les attributions de permis de construire ont quant à elles chuté de 11,8 %.
Une nouvelle aggravation de la crise immobilière en 2013 semble donc inéluctable, alors que le nombre de logements mis en chantier en 2012, 300 000, n’a jamais aussi bas depuis 2009.
Le marché immobilier « est en recul depuis le printemps, constate Michel Mouillart, professeur d’économie à l’université Paris-Ouest (Nanterre), à la fois à cause de la crise économique en cours et parce que les dispositifs publics de soutien à la demande ne sont plus aussi puissants que par le passé ». La chute des délivrances des permis de construire va entraîner inévitablement la poursuite du recul des mises en chantier en 2013 qui, d’après Michel Mouillart, seront inférieurs de 20 000 à celles de 2012, ce qui, juge-t-il, « va renforcer les déséquilibres du marché », ce qui, avec « les mouvements de pression sur les prix » va accrître « les difficultés d’accès au logement ».
Les chiffres fournis par la Fédération française du Bâtiment le 12 décembre confirment ces données. Seulement 285 000 logements neufs devraient être mis en chantier en 2013, alors que le gouvernement a un fixé un objectif de 500 000.

Vertigineux "big data"

Un article du monde.fr


Vertigineux "big data"


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Cinq exaoctets de données, soit un milliard de gigaoctets, seront générés en dix minutes en 2013.

Photos, vidéos, sons, chiffres, textes... Depuis la démocratisation de l'Internet haut débit, ce sont des milliards de données qui sont déversées par les particuliers, les entreprises et même l'Etat sur la Toile. Les spécialistes appellent ça le "big data", littéralement "grosse donnée"... Ce vocable est un peu "marketing" : depuis dix-huit mois, pas une semaine ne passe sans un séminaire ou une nouvelle offre big data sur la planète high-tech. Mais il recouvre une réalité : la quantité de données envoyées, reçues, stockées toutes les secondes est devenue tellement importante qu'il est quasiment impossible de la traiter avec les outils d'analyse habituels.
Tous les jours, ce sont 118 milliards de mails qui sont envoyés à travers le monde, 2,45 milliards de contenus différents qui sont postés sur Facebook. L'opérateur de télécommunications américain AT & T transfère chaque jour 240 000 milliards d'octets de données ! Des chiffres qui donnent le vertige et qui vont encore exploser. A l'aube de l'an 2020, il y aura 10,4 zettaoctects, soit 10 400 milliards de gigaoctets de données déversés tous les mois sur Internet. 160 000 millions de milliards la capacité du plus cher des iPhone !
Les humains ne sont pas les seuls responsables de ce déluge d'informations. De plus en plus "connectées", les machines contribuent aussi à faire exploser les compteurs. Les stations pétrolières, les voitures et les compteurs électriques peuvent être dotés de capteurs ou de cartes SIM. Pour communiquer des informations sur leur environnement, la température... Certaines entreprises proposent même d'équiper les réfrigérateurs et les machines à café de cartes SIM pour les connecter aux réseaux mobiles. Histoire d'être informé à temps si le lait ou les dosettes de café venaient à manquer. Il y a aussi les données "libérées" par les pouvoirs publics : horaires de transports en commun, statistiques sur les populations...
"ON EXPLOITE DÉSORMAIS TOUTES LES DONNÉES SUR UN CLIENT"
"Cela fait quelque temps déjà que le nombre de données produites et stockées est important, note Patrice Poiraud, directeur business et analyse chez IBM. Le phénomène a pris une ampleur sans précédent ces deux dernières années."Cette accélération est principalement due à un changement dans nos habitudes. L'apparition des réseaux sociaux mais aussi la démocratisation des smartphones avec toutes les perspectives de création et de partage de contenu qu'ils offrent ont changé la donne.
Ces données, de plus en plus d'entreprises cherchent à les exploiter. Car "elles représentent une mine d'informations potentiellement incroyable, à condition de pouvoir les analyser", souligne Gilbert Grenié, analyste au cabinet de conseil PricewaterhouseCoopers (PWC). Or "les outils classiques ne suffisent plus", explique son collègue de PWC, Zouheir Guedri. Habitués aux données dites "structurées" - textes, chiffres -, nos ordinateurs n'étaient, jusqu'à il y a peu de temps, pas aptes à analyser les vidéos, enregistrements de voix, sons, bruits et autres images que nous nous sommes mis à stocker de façon effrénée.
Du coup, des éditeurs de logiciels informatiques ont mis au point des techniques empruntées au calcul scientifique pour "mouliner toutes ces données" de manière exhaustive. C'est notamment le cas en marketing : "On exploite désormais toutes les données dont on dispose sur un client, en les mettant toutes au même niveau, sans les hiérarchiser : leur âge, leur profession, les boutiques autour de chez eux, cela nous permet d'établir des profils de clients totalement nouveaux", explique Marc Atallah, directeur chez Deloitte France. Le but : "Savoir quel client viser, quel client garder, quel client est le plus rentable."
RESPECT DE LA VIE PRIVÉE
Yann Chevalier, PDG de la société Intersec, travaille pour les opérateurs de téléphonie mobile, dont SFR. "Il dispose d'une base de données clients de 20 millions d'abonnés. Toutes les données de localisation sont collectées et stockées. Elles ne sont exploitées que si le client le souhaite", explique-t-il. On peut, grâce au big data, lui envoyer des offres de "couponing" sur son smartphone quand il passe à côté d'une galerie commerciale. Le fait que le prix de la capacité de calcul ait beaucoup baissé compte énormément : "Certaines de ces techniques d'exploitation des données, on les possède depuis un certain temps. Mais jusqu'à présent, les opérateurs télécom ne voyaient pas l'intérêt de dépenser des millions d'euros pour envoyer des publicités ciblées", précise Yann Chevalier.
De fait, le "cloud computing", l'informatique dans les nuages, a fait beaucoup pour le big data. Aujourd'hui, il est possible de louer d'énormes capacités de calcul, parfois pendant quelques heures seulement. A moindre coût : ces serveurs en batterie sont fournis par des prestataires comme IBM ou Amazon. Le big data"permet presque de prédire l'avenir", affirme Gilbert Grenié. En moulinant les milliards de données disponibles sur le climat, la géologie, la géothermie d'un lieu, on peut, par exemple, savoir dans quelle direction ira le vent et orienter son éolienne en fonction. D'autres exemples existent dans l'urbanisation : grâce au croisement des données de cartographie et de géolocalisation des individus, on peut prévoir où seront les embouteillages.
Mais la manipulation à grande échelle de ces données pose aussi le problème de la vie privée. Trouver l'équilibre entre le respect de son intimité et les bénéfices tirés du big data n'est pas simple. "Le problème s'est présenté aux Etats-Unis, raconte Roxane Edjlali du cabinet Gartner, grâce aux sites Internet visités et aux achats effectués par des jeunes femmes, une entreprise américaine a su qu'elles attendaient un bébé. Elle a donc envoyé un coupon aux domiciles des concernées et a appris à un père que sa fille adolescente était enceinte..."

mercredi 26 décembre 2012

L'économie française sans élan début 2013, prédit l'Insee


L'économie française sans élan début 2013, prédit l'Insee

Plus de 12 millions d'heures de chômage partiel consommées en France en 2012. (21.12)


Un article de L'Expansion.com avec AFP du 20 décembre 2012

Plus de 12 millions d'heures de chômage partiel consommées en France en 2012. (21.12)

Chaque mois, en moyenne, près de 34.000 salariés sont concernés par le chômage partiel en France, un dispositif qui vise à éviter les licenciements lorsque les entreprises connaissent des difficultés passagères, selon une étude du ministère du Travail (Dares) publiée jeudi 20 décembre. Le chômage partiel, encore sous-utilisé en France, permet aux entreprises de réduire ou suspendre temporairement l'activité de leurs salariés. Le salarié concerné perçoit alors une rémunération - inférieure à celle qu'il touche habituellement -, financée par l'Etat, l'entreprise et dans certains cas l'organisme gérant l'Assurance chômage (Unedic).
Après avoir enregistré un pic en 2009, avec 229.000 salariés concernés en moyenne chaque mois, le recours au chômage partiel a chuté pour se stabiliser en 2011, note la Dares, le niveau de 34.000 salariés en moyenne concernés restant toutefois supérieur à celui enregistré avant le début de la crise. Pendant cette année, un peu plus de 12 millions d'heures de chômage partiel ont été consommées en France et les salariés concernés ont connu en moyenne une réduction mensuelle d'activité de 30 heures, indique l'étude. La majorité des entreprises (56%) qui ont eu recours au chômage partiel entre fin 2008 et fin 2011 ont réduit leur activité pendant un à trois mois (8% pendant plus de 12 mois).

Le dispositif est utilisé en grande majorité dans l'industrie (75% des heures consommées en 2011) où le secteur automobile représente à lui seul le tiers des heures consommées.Depuis mai 2009, un dispositif complémentaire "activité partielle de longue durée" ou APLD permet de mieux indemniser les salariés en chômage partiel pendant une période prolongée. Dans ce cas, les entreprises signent une convention avec l'Etat pour une période minimale de trois mois.
Celle-ci garantit aux salariés le versement d'une indemnisation au moins égale à 75% de la rémunération brute par le biais d'une allocation complémentaire qui vient s'ajouter à l'allocation de chômage partiel.L'établissement s'engage alors à maintenir dans l'emploi les salariés concernés pendant au moins deux fois la période de la convention.En 2011, l'Etat a dépensé 49 millions pour l'indemnisation du chômage partiel, dont 5,1 millions au titre des conventions d'APLD.

Etranglés par le chômage, des millions d'Européens basculent dans la pauvreté. (25.12)


Un article de l'AFP du 24 décembre 2012
Etranglés par le chômage, des millions d'Européens basculent dans la pauvreté. (25.12)

Etranglés par le chômage et la rigueur, des millions d'Européens ont basculé cette année dans la pauvreté qui frappe les classes moyennes, ébranle la cohésion sociale et atteint des groupes jusque-là préservés comme les femmes et les enfants.

"Le trou noir est de plus en plus grand", s'inquiète Mercedes Gonzalez, une Espagnole de 52 ans qui, avec moins de 800 euros par mois, se bat pour assurer le quotidien d'une famille au chômage à Fuenlabrada, en banlieue de Madrid.
En juillet, elle touchait encore, comme son mari, une aide gouvernementale de 426 euros, aujourd'hui réduite à 360 euros. "Pendant ce temps, la nourriture et les factures augmentent avec la hausse de la TVA" depuis septembre, raconte-t-elle.
"Les choses vont de mal en pis, nous sommes asphyxiés": la lassitude perce dans la voix de cette petite femme bourrée d'énergie, vendeuse au chômage dont le mari, charpentier, et deux des trois fils adultes sont eux aussi sans emploi.
L'Espagne, quatrième économie de la zone euro, affiche les ingrédients d'une crise sociale majeure: un quart des actifs au chômage, une politique d'austérité historique, des coupes implacables dans l'éducation et la santé, des milliers de familles surendettées jetées à la rue.
Dans ce pays, où deux petits propriétaires menacés d'expulsion se sont suicidés récemment, comme en Grèce ou en Italie, deux autres pays du sud de l'Europe minés par la récession, la crise parfois vire à la tragédie.

Fin mars, l'Italie toute entière s'était émue du geste désespéré de Giuseppe Campaniello, un maçon au chômage de Bologne, poursuivi pour ne pas avoir payé ses impôts, qui s'était immolé par le feu.
"Guiseppe a été victime d'un système qui fonctionne contre les citoyens", accuse sa veuve âgée de 48 ans, Tiziana Marrone.
"Giuseppe n'a reçu aucune aide. Il a senti qu'il était le dos au mur", ajoute-t-elle, avec des mots très durs: "Ce n'est pas un suicide lié à la crise, c'est un crime cautionné par l'Etat".

Mais c'est sans doute la Grèce, avec son économie sous tutelle et un chômage record (26%), qui subit l'impact social le plus dramatique de la crise: 31% de ses habitants étaient en 2011 en danger de pauvreté ou d'exclusion, selon Eurostat, contre une moyenne européenne de 24,2%.
George Tsouvalakis, charpentier sans travail de 31 ans, et sa femme Lia, 30 ans, font partie de cette "génération perdue".
Avec leur petite fille de deux ans, ils cherchent à quitter le pays mais ne peuvent se payer un billet d'avion. Leurs revenus, plus de 2.500 euros avant la crise, ont fondu à entre 0 et 400 euros par mois.
"Nous n'avons pas les moyens de partir. Nous sommes prisonniers de nos maisons", confie Lia.

Nilce Carvalho, une étudiante portugaise de 29 ans qui a terminé une maîtrise en Arts du spectacle dans la prestigieuse université de Coimbra, a imaginé un autre moyen de s'en sortir: lancer un appel sur Facebook pour effacer la dette qui l'empêche d'empocher son diplôme.
Car sous l'effet de l'austérité gouvernementale, sa bourse a été réduite de 400 à 98 euros et elle doit ainsi mille euros de frais de scolarité. "C'était très difficile. Ce n'est pas évident d'exposer comme ça ses difficultés", raconte-t-elle.

Dans ces pays, les organisations humanitaires tournent à plein face à une pauvreté qui prend de nouveaux visages.
"Ce sont des familles dont tous les membres en âge de travailler sont au chômage, des gens qui perdent leur logement parce qu'ils sont expulsés, qui ne sont pas habitués à recourir aux réseaux de protection sociale", souligne Fernando Cuevas, porte-parole de la Croix-Rouge espagnole.
Les ONG s'inquiètent particulièrement du sort des femmes et des enfants, jusque-là préservés par des mécanismes de solidarité familiale qui vacillent.
"Où est aujourd'hui la classe moyenne en Espagne?", s'interroge David Polo, qui s'occupe des sans-abri pour Caritas à Burgos, une ville du nord du pays. "Elle se fracture. Nous commençons à voir une polarisation de cette classe".
L'Unicef a recensé 2.200.000 enfants vivant sous le seuil de pauvreté en Espagne. Au Portugal, le ministère de l'Education a révélé fin novembre qu'en moins de vingt jours, le nombre d'élèves souffrant de carence alimentaire était passé de 10.000 à près de 13.000.
Même les retraités, dont certains assument la charge de familles entières, ne sont plus épargnés: le gouvernement de droite espagnol vient d'annoncer que la revalorisation des pensions serait moindre que prévu en 2013, brisant le tabou d'une promesse électorale sur un sujet ultra-sensible.

Des familles mal logées fêtent Noël sous les fenêtres de Cécile Duflot


SOCIÉTÉ ( un article de libération.fr)

Des familles mal logées fêtent Noël sous les fenêtres de Cécile Duflot

 (Mis à jour: )
Cécile Duflot.
Cécile Duflot. (Photo Francois Guillot. AFP)
«Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel, n’oublie pas de nous reloger»: plusieurs dizaines de familles de mal-logés ont fêté mardi Noël près du ministère du Logement à l’appel de l’association Droit au Logement (DAL), a constaté une journaliste de l’AFP.
Ces familles, reconnues prioritaires du Droit au logement opposable (Dalo), instauré en 2008, sont en attente de relogement depuis plusieurs années et survivent «dans des hôtels précaires, à la rue, dans des taudis, dans des squats ou chez des amis», a expliqué Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL.

Derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire «Ni miette, ni bla-bla: respectez nos droits», un sapin décoré de guirlandes avait été installé et des cadeaux ont été distribués aux enfants.
Comme chaque année, le scientifique Albert Jacquart et Mgr Jacques Gaillot participaient à la manifestation.
La loi Dalo permet aux familles démunies de faire un recours auprès d’une commission de médiation, qui détermine si elles peuvent être reconnues «prioritaires Dalo», c’est-à-dire si l’Etat a obligation de les reloger.
«Toutes les familles qui sont ici sont des prioritaires Dalo en attente de relogement», a expliqué M. Eyraud, rappelant que François Hollande s'était engagé en avril 2012 à faire respecter cette loi, inégalement appliquée.
L’Ile-de-France comptait, en juin 2012, 27.534 ménages «prioritaires»attendant depuis au moins six mois un relogement.
Une délégation devait être reçue en fin d’après-midi au ministère, où elle entendait offrir à la ministre du Logement, Cécile Duflot, «un pied-de-biche doré» pour «accélérer les réquisitions de logements vides», a expliqué M. Eyraud.
«Le choc des solidarités, on ne l’a pas encore vu», a-t-il ajouté, demandant «la réquisition de logements appartenant aux grands propriétaires, aux grandes sociétés», mais aussi «la mobilisation des biens de l’Etat», comme par exemple les casernes vides, pour loger toutes ces familles.
Selon l’Insee, a-t-il rappelé, la France compte 2,4 millions de logements vacants, dont 330.000 en IDF.
Cent vingt-quatre bâtiments vacants susceptibles d'être réquisitionnés ont été identifiées en Ile-de-France, dont 44 dans Paris, a indiqué récemment le préfet de région, Daniel Canepa. Mais les «premiers résultats» ne sont attendus qu’en février, voire avril, a-t-il dit.
(AFP)