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jeudi 27 décembre 2012

Vertigineux "big data"

Un article du monde.fr


Vertigineux "big data"


LE MONDE |  • Mis à jour le 
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Cinq exaoctets de données, soit un milliard de gigaoctets, seront générés en dix minutes en 2013.

Photos, vidéos, sons, chiffres, textes... Depuis la démocratisation de l'Internet haut débit, ce sont des milliards de données qui sont déversées par les particuliers, les entreprises et même l'Etat sur la Toile. Les spécialistes appellent ça le "big data", littéralement "grosse donnée"... Ce vocable est un peu "marketing" : depuis dix-huit mois, pas une semaine ne passe sans un séminaire ou une nouvelle offre big data sur la planète high-tech. Mais il recouvre une réalité : la quantité de données envoyées, reçues, stockées toutes les secondes est devenue tellement importante qu'il est quasiment impossible de la traiter avec les outils d'analyse habituels.
Tous les jours, ce sont 118 milliards de mails qui sont envoyés à travers le monde, 2,45 milliards de contenus différents qui sont postés sur Facebook. L'opérateur de télécommunications américain AT & T transfère chaque jour 240 000 milliards d'octets de données ! Des chiffres qui donnent le vertige et qui vont encore exploser. A l'aube de l'an 2020, il y aura 10,4 zettaoctects, soit 10 400 milliards de gigaoctets de données déversés tous les mois sur Internet. 160 000 millions de milliards la capacité du plus cher des iPhone !
Les humains ne sont pas les seuls responsables de ce déluge d'informations. De plus en plus "connectées", les machines contribuent aussi à faire exploser les compteurs. Les stations pétrolières, les voitures et les compteurs électriques peuvent être dotés de capteurs ou de cartes SIM. Pour communiquer des informations sur leur environnement, la température... Certaines entreprises proposent même d'équiper les réfrigérateurs et les machines à café de cartes SIM pour les connecter aux réseaux mobiles. Histoire d'être informé à temps si le lait ou les dosettes de café venaient à manquer. Il y a aussi les données "libérées" par les pouvoirs publics : horaires de transports en commun, statistiques sur les populations...
"ON EXPLOITE DÉSORMAIS TOUTES LES DONNÉES SUR UN CLIENT"
"Cela fait quelque temps déjà que le nombre de données produites et stockées est important, note Patrice Poiraud, directeur business et analyse chez IBM. Le phénomène a pris une ampleur sans précédent ces deux dernières années."Cette accélération est principalement due à un changement dans nos habitudes. L'apparition des réseaux sociaux mais aussi la démocratisation des smartphones avec toutes les perspectives de création et de partage de contenu qu'ils offrent ont changé la donne.
Ces données, de plus en plus d'entreprises cherchent à les exploiter. Car "elles représentent une mine d'informations potentiellement incroyable, à condition de pouvoir les analyser", souligne Gilbert Grenié, analyste au cabinet de conseil PricewaterhouseCoopers (PWC). Or "les outils classiques ne suffisent plus", explique son collègue de PWC, Zouheir Guedri. Habitués aux données dites "structurées" - textes, chiffres -, nos ordinateurs n'étaient, jusqu'à il y a peu de temps, pas aptes à analyser les vidéos, enregistrements de voix, sons, bruits et autres images que nous nous sommes mis à stocker de façon effrénée.
Du coup, des éditeurs de logiciels informatiques ont mis au point des techniques empruntées au calcul scientifique pour "mouliner toutes ces données" de manière exhaustive. C'est notamment le cas en marketing : "On exploite désormais toutes les données dont on dispose sur un client, en les mettant toutes au même niveau, sans les hiérarchiser : leur âge, leur profession, les boutiques autour de chez eux, cela nous permet d'établir des profils de clients totalement nouveaux", explique Marc Atallah, directeur chez Deloitte France. Le but : "Savoir quel client viser, quel client garder, quel client est le plus rentable."
RESPECT DE LA VIE PRIVÉE
Yann Chevalier, PDG de la société Intersec, travaille pour les opérateurs de téléphonie mobile, dont SFR. "Il dispose d'une base de données clients de 20 millions d'abonnés. Toutes les données de localisation sont collectées et stockées. Elles ne sont exploitées que si le client le souhaite", explique-t-il. On peut, grâce au big data, lui envoyer des offres de "couponing" sur son smartphone quand il passe à côté d'une galerie commerciale. Le fait que le prix de la capacité de calcul ait beaucoup baissé compte énormément : "Certaines de ces techniques d'exploitation des données, on les possède depuis un certain temps. Mais jusqu'à présent, les opérateurs télécom ne voyaient pas l'intérêt de dépenser des millions d'euros pour envoyer des publicités ciblées", précise Yann Chevalier.
De fait, le "cloud computing", l'informatique dans les nuages, a fait beaucoup pour le big data. Aujourd'hui, il est possible de louer d'énormes capacités de calcul, parfois pendant quelques heures seulement. A moindre coût : ces serveurs en batterie sont fournis par des prestataires comme IBM ou Amazon. Le big data"permet presque de prédire l'avenir", affirme Gilbert Grenié. En moulinant les milliards de données disponibles sur le climat, la géologie, la géothermie d'un lieu, on peut, par exemple, savoir dans quelle direction ira le vent et orienter son éolienne en fonction. D'autres exemples existent dans l'urbanisation : grâce au croisement des données de cartographie et de géolocalisation des individus, on peut prévoir où seront les embouteillages.
Mais la manipulation à grande échelle de ces données pose aussi le problème de la vie privée. Trouver l'équilibre entre le respect de son intimité et les bénéfices tirés du big data n'est pas simple. "Le problème s'est présenté aux Etats-Unis, raconte Roxane Edjlali du cabinet Gartner, grâce aux sites Internet visités et aux achats effectués par des jeunes femmes, une entreprise américaine a su qu'elles attendaient un bébé. Elle a donc envoyé un coupon aux domiciles des concernées et a appris à un père que sa fille adolescente était enceinte..."

mercredi 26 décembre 2012

L'économie française sans élan début 2013, prédit l'Insee


L'économie française sans élan début 2013, prédit l'Insee

Plus de 12 millions d'heures de chômage partiel consommées en France en 2012. (21.12)


Un article de L'Expansion.com avec AFP du 20 décembre 2012

Plus de 12 millions d'heures de chômage partiel consommées en France en 2012. (21.12)

Chaque mois, en moyenne, près de 34.000 salariés sont concernés par le chômage partiel en France, un dispositif qui vise à éviter les licenciements lorsque les entreprises connaissent des difficultés passagères, selon une étude du ministère du Travail (Dares) publiée jeudi 20 décembre. Le chômage partiel, encore sous-utilisé en France, permet aux entreprises de réduire ou suspendre temporairement l'activité de leurs salariés. Le salarié concerné perçoit alors une rémunération - inférieure à celle qu'il touche habituellement -, financée par l'Etat, l'entreprise et dans certains cas l'organisme gérant l'Assurance chômage (Unedic).
Après avoir enregistré un pic en 2009, avec 229.000 salariés concernés en moyenne chaque mois, le recours au chômage partiel a chuté pour se stabiliser en 2011, note la Dares, le niveau de 34.000 salariés en moyenne concernés restant toutefois supérieur à celui enregistré avant le début de la crise. Pendant cette année, un peu plus de 12 millions d'heures de chômage partiel ont été consommées en France et les salariés concernés ont connu en moyenne une réduction mensuelle d'activité de 30 heures, indique l'étude. La majorité des entreprises (56%) qui ont eu recours au chômage partiel entre fin 2008 et fin 2011 ont réduit leur activité pendant un à trois mois (8% pendant plus de 12 mois).

Le dispositif est utilisé en grande majorité dans l'industrie (75% des heures consommées en 2011) où le secteur automobile représente à lui seul le tiers des heures consommées.Depuis mai 2009, un dispositif complémentaire "activité partielle de longue durée" ou APLD permet de mieux indemniser les salariés en chômage partiel pendant une période prolongée. Dans ce cas, les entreprises signent une convention avec l'Etat pour une période minimale de trois mois.
Celle-ci garantit aux salariés le versement d'une indemnisation au moins égale à 75% de la rémunération brute par le biais d'une allocation complémentaire qui vient s'ajouter à l'allocation de chômage partiel.L'établissement s'engage alors à maintenir dans l'emploi les salariés concernés pendant au moins deux fois la période de la convention.En 2011, l'Etat a dépensé 49 millions pour l'indemnisation du chômage partiel, dont 5,1 millions au titre des conventions d'APLD.

Etranglés par le chômage, des millions d'Européens basculent dans la pauvreté. (25.12)


Un article de l'AFP du 24 décembre 2012
Etranglés par le chômage, des millions d'Européens basculent dans la pauvreté. (25.12)

Etranglés par le chômage et la rigueur, des millions d'Européens ont basculé cette année dans la pauvreté qui frappe les classes moyennes, ébranle la cohésion sociale et atteint des groupes jusque-là préservés comme les femmes et les enfants.

"Le trou noir est de plus en plus grand", s'inquiète Mercedes Gonzalez, une Espagnole de 52 ans qui, avec moins de 800 euros par mois, se bat pour assurer le quotidien d'une famille au chômage à Fuenlabrada, en banlieue de Madrid.
En juillet, elle touchait encore, comme son mari, une aide gouvernementale de 426 euros, aujourd'hui réduite à 360 euros. "Pendant ce temps, la nourriture et les factures augmentent avec la hausse de la TVA" depuis septembre, raconte-t-elle.
"Les choses vont de mal en pis, nous sommes asphyxiés": la lassitude perce dans la voix de cette petite femme bourrée d'énergie, vendeuse au chômage dont le mari, charpentier, et deux des trois fils adultes sont eux aussi sans emploi.
L'Espagne, quatrième économie de la zone euro, affiche les ingrédients d'une crise sociale majeure: un quart des actifs au chômage, une politique d'austérité historique, des coupes implacables dans l'éducation et la santé, des milliers de familles surendettées jetées à la rue.
Dans ce pays, où deux petits propriétaires menacés d'expulsion se sont suicidés récemment, comme en Grèce ou en Italie, deux autres pays du sud de l'Europe minés par la récession, la crise parfois vire à la tragédie.

Fin mars, l'Italie toute entière s'était émue du geste désespéré de Giuseppe Campaniello, un maçon au chômage de Bologne, poursuivi pour ne pas avoir payé ses impôts, qui s'était immolé par le feu.
"Guiseppe a été victime d'un système qui fonctionne contre les citoyens", accuse sa veuve âgée de 48 ans, Tiziana Marrone.
"Giuseppe n'a reçu aucune aide. Il a senti qu'il était le dos au mur", ajoute-t-elle, avec des mots très durs: "Ce n'est pas un suicide lié à la crise, c'est un crime cautionné par l'Etat".

Mais c'est sans doute la Grèce, avec son économie sous tutelle et un chômage record (26%), qui subit l'impact social le plus dramatique de la crise: 31% de ses habitants étaient en 2011 en danger de pauvreté ou d'exclusion, selon Eurostat, contre une moyenne européenne de 24,2%.
George Tsouvalakis, charpentier sans travail de 31 ans, et sa femme Lia, 30 ans, font partie de cette "génération perdue".
Avec leur petite fille de deux ans, ils cherchent à quitter le pays mais ne peuvent se payer un billet d'avion. Leurs revenus, plus de 2.500 euros avant la crise, ont fondu à entre 0 et 400 euros par mois.
"Nous n'avons pas les moyens de partir. Nous sommes prisonniers de nos maisons", confie Lia.

Nilce Carvalho, une étudiante portugaise de 29 ans qui a terminé une maîtrise en Arts du spectacle dans la prestigieuse université de Coimbra, a imaginé un autre moyen de s'en sortir: lancer un appel sur Facebook pour effacer la dette qui l'empêche d'empocher son diplôme.
Car sous l'effet de l'austérité gouvernementale, sa bourse a été réduite de 400 à 98 euros et elle doit ainsi mille euros de frais de scolarité. "C'était très difficile. Ce n'est pas évident d'exposer comme ça ses difficultés", raconte-t-elle.

Dans ces pays, les organisations humanitaires tournent à plein face à une pauvreté qui prend de nouveaux visages.
"Ce sont des familles dont tous les membres en âge de travailler sont au chômage, des gens qui perdent leur logement parce qu'ils sont expulsés, qui ne sont pas habitués à recourir aux réseaux de protection sociale", souligne Fernando Cuevas, porte-parole de la Croix-Rouge espagnole.
Les ONG s'inquiètent particulièrement du sort des femmes et des enfants, jusque-là préservés par des mécanismes de solidarité familiale qui vacillent.
"Où est aujourd'hui la classe moyenne en Espagne?", s'interroge David Polo, qui s'occupe des sans-abri pour Caritas à Burgos, une ville du nord du pays. "Elle se fracture. Nous commençons à voir une polarisation de cette classe".
L'Unicef a recensé 2.200.000 enfants vivant sous le seuil de pauvreté en Espagne. Au Portugal, le ministère de l'Education a révélé fin novembre qu'en moins de vingt jours, le nombre d'élèves souffrant de carence alimentaire était passé de 10.000 à près de 13.000.
Même les retraités, dont certains assument la charge de familles entières, ne sont plus épargnés: le gouvernement de droite espagnol vient d'annoncer que la revalorisation des pensions serait moindre que prévu en 2013, brisant le tabou d'une promesse électorale sur un sujet ultra-sensible.

Des familles mal logées fêtent Noël sous les fenêtres de Cécile Duflot


SOCIÉTÉ ( un article de libération.fr)

Des familles mal logées fêtent Noël sous les fenêtres de Cécile Duflot

 (Mis à jour: )
Cécile Duflot.
Cécile Duflot. (Photo Francois Guillot. AFP)
«Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel, n’oublie pas de nous reloger»: plusieurs dizaines de familles de mal-logés ont fêté mardi Noël près du ministère du Logement à l’appel de l’association Droit au Logement (DAL), a constaté une journaliste de l’AFP.
Ces familles, reconnues prioritaires du Droit au logement opposable (Dalo), instauré en 2008, sont en attente de relogement depuis plusieurs années et survivent «dans des hôtels précaires, à la rue, dans des taudis, dans des squats ou chez des amis», a expliqué Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL.

Derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire «Ni miette, ni bla-bla: respectez nos droits», un sapin décoré de guirlandes avait été installé et des cadeaux ont été distribués aux enfants.
Comme chaque année, le scientifique Albert Jacquart et Mgr Jacques Gaillot participaient à la manifestation.
La loi Dalo permet aux familles démunies de faire un recours auprès d’une commission de médiation, qui détermine si elles peuvent être reconnues «prioritaires Dalo», c’est-à-dire si l’Etat a obligation de les reloger.
«Toutes les familles qui sont ici sont des prioritaires Dalo en attente de relogement», a expliqué M. Eyraud, rappelant que François Hollande s'était engagé en avril 2012 à faire respecter cette loi, inégalement appliquée.
L’Ile-de-France comptait, en juin 2012, 27.534 ménages «prioritaires»attendant depuis au moins six mois un relogement.
Une délégation devait être reçue en fin d’après-midi au ministère, où elle entendait offrir à la ministre du Logement, Cécile Duflot, «un pied-de-biche doré» pour «accélérer les réquisitions de logements vides», a expliqué M. Eyraud.
«Le choc des solidarités, on ne l’a pas encore vu», a-t-il ajouté, demandant «la réquisition de logements appartenant aux grands propriétaires, aux grandes sociétés», mais aussi «la mobilisation des biens de l’Etat», comme par exemple les casernes vides, pour loger toutes ces familles.
Selon l’Insee, a-t-il rappelé, la France compte 2,4 millions de logements vacants, dont 330.000 en IDF.
Cent vingt-quatre bâtiments vacants susceptibles d'être réquisitionnés ont été identifiées en Ile-de-France, dont 44 dans Paris, a indiqué récemment le préfet de région, Daniel Canepa. Mais les «premiers résultats» ne sont attendus qu’en février, voire avril, a-t-il dit.
(AFP)

Le ministre allemand des Finances lance une mise en garde


Le ministre allemand des Finances lance une mise en garde

s'informerDans une interview parue dimanche dernier dans l’hebdomadaire du dimanche allemandFrankfurter Allgemeine Sonntagszeitung, Wolfgang Schäuble a décrit l’Europe du futur, telle qu’il la souhaite. « Je souhaite que nous ayons un jour un gouvernement européen élu », a déclaré le ministre allemand des finances. À sa tête, il voit un chancelier comme en Allemagne ou un président comme en France. Interrogé pour savoir dans quelle langue il s’adresserait aux européens il a répondu « dans la plupart des entreprises internationales on parle seulement anglais ».
Il a en outre mis en garde le Royaume Uni : « Nous souhaitons garder le Royaume Uni dans l’UE et non le pousser dehors » Il a cependant ajouté que « cela ne signifie pas que n’importe qui puisse nous faire du chantage ». À propos du débat qui se déroule en  Grande Bretagne sur la possibilité d’un référendum sur l’appartenance du pays à l’Union européenne, Wolfgang Schäuble  a précisé sa pensée en jugeant que « nos amis britanniques ne sont pas dangereux. Mais un référendum créerait de l’incertitude ».
56 % des Britanniques voteraient pour une sortie de l’UE, en cas de référendum selon un sondage du journal The Observer.
Dimanche dernier, sur BFMTV cette fois, Jacques Delors, ancien président socialiste de la Commission européenne s’est déclaré en faveur changement de traité européen.  Il faut, a-t-il dit, « un abandon de souveraineté en ce qui concerne la gestion de la monnaie commune, l’harmonisation progressive des fiscalités, l’effort de cohésion à l’intérieur de la zone euro ».

La nouvelle Constitution égyptienne approuvée par 63,8 % des voix


Un article du Monde.fr

La nouvelle Constitution égyptienne approuvée par 63,8 % des voix

Le Monde.fr avec AFP |  • Mis à jour le 
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Le projet de Constitution égyptienne a été approuvé par 63,8 % des voix exprimées lors du référendum qui s'est déroulé en pleine crise politique, les 15 et 22 décembre.
Le projet de Constitution égyptienne a été approuvé par 63,8 % des voix exprimées lors du référendum qui s'est déroulé en pleine crise politique, les 15 et 22 décembre, a annoncé mardi 25 décembre au soir la commission électorale.  La participation officielle ressort à 32,9 % des près des 52 millions d'électeurs inscrits, a précisé Samir Aboul Maati, le président de la commission. Ce résultat officiel est conforme aux estimations des Frères musulmans, dont est issu le président Mohamed Morsi, et des médias d'Etat qui avaient déjà rapporté que 64 % des votants avaient approuvé cette Constitution qu'ils défendent.
Controversé, le projet de Constitution avait donné lieu à des semaines de contestation, parfois émaillées de violences. Après l'annonce des résultats officiels, les Etats-Unis ont appelé mardi le président Morsi à mettre "fin aux divisions" et à "élargir le soutien au processus politique""Le président Morsi, en tant que président démocratiquement élu d'Egypte, a la responsabilité d'agir d'une façon qui reconnaisse le besoin urgent de mettre fin aux divisions, de bâtir la confiance et d'élargir le soutien au processus politique", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Patrick Ventrell, dans un communiqué.
"Il n'y a pas de vaincu dans le résultat de ce référendum. Cette Constitution sera celle de tous", a réagi plus tôt le premier ministre, Hicham Qandil, en appelant"toutes les forces politiques à coopérer avec le gouvernement (...) pour donner une chance à la nation de reprendre son souffle et pour que l'économie se rétablisse". De son côté, Mohamed Badie, le Guide suprême des Frères musulmans, a félicité "le peuple égyptien pour l'approbation de la Constitution de l'Egypte de la révolution""Commençons tous à construire la renaissance de notre pays (...), hommes et femmes, musulmans et chrétiens", a-t-il ajouté sur son compte Twitter.
Des élections législatives doivent se tenir dans les deux mois suivant l'adoption de la Constitution. Une fois la loi fondamentale ratifiée, le Sénat, dominé par les islamistes, récupèrera le pouvoir législatif jusqu'à l'élection d'une nouvelle chambre des députés. L'ancienne, où les islamistes étaient aussi majoritaires, avait été dissoute en juin.
LES PLAINTES EXAMINÉES "AVEC SÉRIEUX"
Après les violentes manifestations des dernières semaines, Le Caire semblait calme mardi soir à l'annonce des résultats définitifs, et les partis d'opposition n'ont pas lancé d'appels à manifester. "Les résultats (officieux) étaient très bizarres, et pourtant aucun changement n'a été opéré dans le score, ce qui prouve que rien n'a été fait pour prendre nos plaintes en ligne de compte", a réagi Khaled Dawood, un des porte-parole de l'opposition.
Plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) avaient dénoncé des irrégularités pendant le scrutin en deux phases, et l'opposition a accusé les Frères musulmans de fraude en faveur du "oui". Sans mentionner les fraudes présumées, M. Aboul Maati a indiqué que la commission avait reçu des plaintes et les avait toutes examinées, assurant que le processus s'était déroulé sous supervision judiciaire. "Nous avons examiné avec sérieux toutes les plaintes", a précisé mardi le juge.
En Egypte, les élections doivent se dérouler sous la supervision des magistrats pour être valides. Or les ONG et l'opposition ont assuré que des personnes s'étaient fait passer pour des juges dans certains bureaux de vote. "Rien n'a prouvé que dans un bureau de vote il y ait eu des gens n'appartenant pas à la magistrature. Tous ceux qui ont participé au processus étaient membres d'une des instances de la magistrature", a commenté le président de la commission électorale. M. Aboul Maati a toutefois indiqué que les résultats de certains bureaux avaient été invalidés, notamment parce qu'ils avaient fermé avant l'heure fixée par la commission.
"ÉCHANGER UN RÉGIME AUTORITAIRE CONTRE UNE DICTATURE ISLAMISTE"
 "Le texte va passer. A mon avis, ce sera vraiment un triste jour pour l'Egypte parce que ce vote va institutionnaliser l'instabilité", a déclaré Mohammed El Baradei, leader de l'opposition.
L'opposition laïque, de gauche et libérale dénonce de son côté un texte adopté par une commission dominée par les islamistes, qui ouvre selon elle la voie à des interprétations rigoristes de l'islam et offre peu de garanties pour certaines libertés. Dimanche, le Front du salut national (FSN), la principale coalition de l'opposition, a vivement contesté les résultats préliminaires, dus selon lui "à la fraude et aux irrégularités" et a promis de faire appel du résultat. Ce référendum "n'est pas la fin du chemin", mais "n'est qu'une bataille" dans le combat contre le pouvoir du président Morsi, affirmé le FSN dans un communiqué.
Le Prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei, chef de file du FSN, a admis que le texte va être adopté, dans un entretien lundi avec la chaîne américaine PBS. "Le texte va passer. A mon avis, ce sera vraiment un triste jour pour l'Egypte parce que ce vote va institutionnaliser l'instabilité", a-t-il dit. La nouvelle Constitution devra être considérée comme un texte "intérimaire" jusqu'à la rédaction d'un nouveau projet sur la base d'un consensus, a-t-il ajouté.
Dimanche, la républicaine Ileana Ros-Lehtinen, présidente de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, avait qualifié le vote de"défaite pour le peuple égyptien""Nous ne pouvons célébrer le fait d'échanger un régime autoritaire contre une dictature islamiste", avait-elle dit dans un communiqué.
Mardi soir, l'agence officielle MENA a par ailleurs annoncé la démission du ministre des communications Hany Mahmoud, qui n'a pas donné de précisions sur les raisons de sa décision prise il y a un mois. La date de cette démission semble coïncider avec l'annonce, le 22 novembre, du décret controversé par lequel le président Morsi s'était accordé des pouvoirs exceptionnels.
Selon des analystes, l'adoption de la nouvelle loi fondamentale a peu de chances de conduire à un redressement de l'économie du pays, en proie à de graves difficultés depuis la chute de Moubarak. Avec 83 millions d'habitants, l'Egypte est le plus peuplé du monde arabe, mais aussi l'un des plus pauvres, avec 40 % de sa population vivant avec 2 dollars ou moins par jour.

mardi 25 décembre 2012

Une polémique sur les chiffres de la croissance présage une année 2013 « dure » pour les Français

Parti Ouvrier Indépendant
  http://parti-ouvrier-independant.fr



Une polémique sur les chiffres de la croissance présage une année 2013 « dure » pour les Français

Samedi dernier, le Premier ministre a réaffirmé le maintien des prévisions de croissance à 0,8 % et l’objectif de réduction du déficit public à 3 % en 2013 pour la France. « Oui, a-t-il lancé, nous les maintenons parce que c’est un objectif indispensable ».
Il répondait à la publication du rapport annuel du FMI sur la France paru la veille, qui prévoit que le pays n’atteindra pas son objectif d’un déficit public à 3 % du PIB en 2013 et met en garde contre des « risques de dégradation » liés à son problème de « compétitivité ». « Les perspectives de croissance sont assombries par une reprise chancelante en Europe et un problème de compétitivité vis-à-vis des partenaires commerciaux » affirme l’institution, lié selon elle aux « obstacles » qui entravent le marché du travail. Elle salue néanmoins la création d’un crédit d’impôt en faveur des entreprises, à condition qu’il s’accompagne « d’une modération salariale ».
Le ministre de l’Économie a estimé dans un communiqué que le diagnostic du FMI rejoignait « en grande partie celui du gouvernement ».
François Hollande, vendredi dernier, a prédit une année 2013 « dure » pour les Français, assurant que la France « va s’en sortir », en dépit des sombres perspectives économiques tracées également par l’INSEE. Il avait déjà déclaré mi-octobre : « Pour ce qui concerne la France, j’ai fixé l’objectif de réduction du déficit à 3 % pour 2013 », justifiant un budget placé sous le signe de l’austérité.