Translate

mardi 18 décembre 2012

La Syrie en ligne de mire


Un article du WSWS         http://www.wsws.org/fr

La Syrie en ligne de mire

Par Joseph Kishore 
17 décembre 2012
Les Etats-Unis et les principales puissances européennes ont pris cette semaine un certain nombre de mesures pour intervenir directement dans la sanglante guerre civile sectaire qu’ils attisent en Syrie dans le but de renverser le gouvernement de Bachar al-Assad.
La Syrie – où des dizaines de milliers de personnes ont été tués et qui est confrontée à un désastre économique en raison de cette opération appuyée par les Etats-Unis – est le dernier pays d’une longue série à se trouver confrontée à la perspective d’un bombardement américain.
Vendredi, le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a annoncé que l’armée américaine commencerait à déployer des batteries de missiles ainsi que 400 soldats américains le long de la frontière turco-syrienne. Ceux-ci seront rejoints par 400 soldats allemands et 300 néerlandais pour opérer des batteries de missiles supplémentaires.
Alors que le déploiement s’est fait sous le prétexte de « défendre » la Turquie contre une éventuelle attaque syrienne, la décision est en fait une escalade significative de la politique guerrière américaine. Les systèmes de missiles peuvent être utilisés à la fois contre des avions de combat et des missiles afin d’assurer une couverture aérienne aux forces d’opposition ou d’établir une zone « d’exclusion aérienne » le long de la frontière, deux éléments précurseurs d'une action militaire directe.
La décision est intervenue quelques jours seulement après une réunion des « Amis de la Syrie » au Maroc lors de laquelle les principales puissances, dont les Etats-Unis, ont officiellement donné leur bénédiction à la « Coalition nationale de la révolution syrienne et des forces d’opposition. » Le groupe avait été bricolé il y a un mois seulement par le gouvernement Obama dans le but d’être sacré gouvernement officiel.
En déclarant que la Coalition nationale est le « représentant légitime » du peuple syrien, les puissances impérialistes ont adopté une politique d’intensification de la sanglante guerre sectaire jusqu’à la victoire finale – le renversement du gouvernement syrien et son remplacement par un gouvernement plus réceptif aux objectifs de Washington.
Une fois de plus, une société tout entière est en train d’être détruite. La guerre civile sectaire en Syrie – dans laquelle des groupes fondamentalistes islamiques sunnites alignés sur les Etats-Unis sont en train de jouer un rôle de plus en plus décisif – a déjà entraîné la mort de dizaines de milliers de personnes. Quelque deux millions de personnes ont été transformées en réfugiés et des centaines de milliers ont fui le pays.
La Syrie, un pays relativement développé et qui a l’une des espérances de vie les plus longues du Moyen-Orient, est implacablement projetée en arrière. L’Institut de la Finance internationale (IIF) a estimé en début de semaine que, des suites de la guerre et des sanctions internationales, l’économie va s’effondrer de 20 pour cent en 2012.
L’inflation a grimpé en flèche à 40 pour cent, engendrant un effondrement correspondant du pouvoir d’achat. L’infrastructure sociale est en état de délabrement. La famine est endémique. Le pain est de plus en plus rare. Des millions sont incapables de chauffer leurs logements en raison du prix du fuel. Des dizaines d’hôpitaux ont été fermés ou manquent de fournitures de base.
La principale responsabilité pour cette situation incombe aux puissances impérialistes. Depuis le déclenchement initial des protestations anti-Assad au début de 2011, les Etats-Unis oeuvrent sans relâche pour promouvoir leurs propres intérêts, comptant pour ce faire, sur les forces les plus droitières et les plus réactionnaires, y compris des organisations liées à al-Qaïda, et dirigées par le Front al-Nosra. En début de semaine, le Front a organisé à Damas des attentats à la voiture piégée qui ont tué au moins 24 civils, dont un grand nombre d’enfants.
Il est difficile de rendre compte du cynisme absolu de cette opération des Etats-Unis. Depuis plus d’une décennie, le cadre idéologique central de la politique des Etats-Unis – utilisée pour justifier la guerre à l’extérieur du pays et les attaques contre les droits démocratiques à l’intérieur – est la « guerre contre le terrorisme ». Et pourtant, l’armée américaine et la CIA font maintenant partie d’une alliance de fait avec al-Qaïda en Syrie, comme c’était le cas en Libye en 2011. La décision de Washington de qualifier officiellement le Front al-Nosra comme une « organisation terroriste » vise en partie à couvrir le fait qu’ils ont collaboré étroitement avec cette organisation durant des mois pour l’aider à s’établir comme la plus importante force de combat des « rebelles. »
Le conflit que les Etats-Unis ont attisé menace de se développer en un massacre sectaire brutal s’accompagnant de bombardements de l’OTAN. Les dizaines de milliers de morts actuels s'élèveront rapidement à des centaines de milliers.
La criminalité de l’impérialisme américain dépasse tout ce qui s’est passé depuis les opérations lancées par l’Allemagne nazie avant la Deuxième Guerre mondiale. Un pays après l’autre est ciblé pour pour le renversement de son gouvernement, sur la base de mensonges impudents : l’Afghanistan, l’Irak et la Libye. Et ce n’est qu’un début. En raison notamment de son alliance avec l’Iran, la Syrie est considérée comme une « clé de voûte » de l'effort plus vaste consistant à retracer les frontières du Moyen-Orient et à renforcer la position des Etats-Unis par rapport à leurs principaux concurrents géopolitiques.
Parallèlement, le gouvernement Obama est engagé dans une campagne mondiale de frappes de drones et d’assassinats illégaux ciblant le Pakistan, le Yémen, la Somalie et d’autres pays. L’Afrique représente une sphère croissante où mener des opérations. Les Etats-Unis cherchent à encercler la Chine par un recentrage des forces militaires en Asie du Sud-Est. Il n’existe pas de partie du monde que la classe dirigeante américaine considère être en dehors de sa « sphère d’influence. »
La classe dirigeante américaine estime qu'elle peut opérer au moyen d'une criminalité aussi impudente parce que les organisations officielles « antiguerre » ont été intégrées, par le biais du gouvernement Obama, dans l’establishment politique bourgeois et qu’elles sont apparues comme les plus fervents partisans de l’intervention. Ce qui tient lieu de « gauche » a donné son soutien à la « Révolution syrienne », une révolution encouragée par la CIA et emmenée par al-Qaïda.
Cependant, l’establishment politique official repose sur des fondations bien minces. A l’intérieur du pays comme à l’étranger, la classe dirigeante est en train d’appliquer une politique profondément impopulaire. C'est de la mobilisation politique indépendante de la classe ouvrière dans une lutte pour le socialisme que dépendent l'arrêt de la guerre sans fin et le désastre interminable qu’elle présage.
(Article original paru le 15 décembre 2012)
Share this article:

L’horreur à Newtown


    Un article du WSWS                                            http://www.wsws.org/fr

L’horreur à Newtown

Par le comité rédaction
18 décembre 2012
Le massacre abominable à l’école de la petite ville de Newtown, Connecticut, a écoeuré tout le pays. Vingt-huit personnes sont mortes, dont vingt-deux enfants entre six et sept ans, après avoir été criblées de balles. Six adultes ont également été tués lors de la fusillade de masse de vendredi avant que le tireur, Adam Lanza, ne se suicide. Tôt le matin même, il avait tué par balles sa mère.
La barbarie de ce crime est profondément troublante. Au-delà des motivations individuelles du tueur, la fusillade à Newtown met à nu la brutalité qui imprègne la société américaine.
La tuerie de masse de vendredi est la dernière d’une longue série d’incidents identiques. Les Etats-Unis ont historiquement connu des accès de brutalité répétés. Pourtant, ces deux dernières décennies ont été inhabituelles, même pour les Etats-Unis. La fréquence et l’échelle des tueries de masse signalent une cause sous-jacente.
Figurent parmi les événements les plus significatifs, l’attentat d’Oklahoma City en 1995 (168 morts dont 19 enfants) ; le massacre à Columbine, au Colorado en 1999 (14 mort) ; et le massacre de Virginia Tech en 2007 (34 morts). Rien que cette année, il y a eu le massacre dans un cinéma d’Aurora au Colorado, (12 morts et 58 blessés) ; dans un temple sikh à Oak Creek au Wisconsin (6 morts) ; dans une société de signalétique de Minneapolis au Minnesota (6 morts); dans un salon de beauté de Brookfield dans le Wisconsin (3 morts) ; et dans une galerie marchande il y a six jours à Portland dans l’Oregon (3 morts).
La réaction des médias et de l’establishment américains à cette dernière tuerie suit un sentier bien tracé. Il y a les déclarations banales sur l’incompréhension et l’absurdité du « mal ». Quand une réponse plus générale est donnée, elle se concentre sur la nécessité d’un « débat national » sur le contrôle des armes à feu et des promesses creuses de faire davantage pour s’attaquer aux problèmes de santé mentale (émanant de politiciens qui font tout leur possible pour réduire jusqu’à la moelle les programmes de santé).
La classe dirigeante américaine a perdu toute capacité à l’auto-examen. Elle sait que toute analyse sérieuse des racines de cette tragédie et de toutes les autres, renvoie à elle-même et à la société qu’elle domine.
L’allocution prononcée par le président Obama lors de la cérémonie à la mémoire des victimes, dimanche soir, était typique – une association d’expressions toute faites, de mise en scène bien rodée et des invocations religieuses. Il aurait été préférable qu’il ne dise rien, puisqu'il n’avait rien d’intelligent à dire.
La cérémonie a été un exercice d’obscurantisme religieux lors duquel on a dit aux parents des enfants tués de ne pas s’affliger ou de ne pas perdre courage car leurs fils et leurs filles sont au ciel.
« Dieu les a tous rappelés à lui, » a déclaré Obama en concluant son discours. De telles déclarations ne sont pas seulement insensibles à l’égard des familles des personnes tuées, elles sont une insulte à l’intelligence du peuple américain. L’on peut comprendre un retour à la religion comme source de réconfort pour ceux qui ont vécu une tragédie indescriptible. Mais de la part de l’Etat, c'est un moyen de semer la confusion pour dissimuler les racines sociales et politiques de tels événements.
Si les politiciens insistent pour recourir à la religion, ils feraient mieux de se demander comment Lincoln aurait réagi. En décrivant le carnage de la guerre révolutionnaire qu’il avait menée, le seizième président avait dit que si dieu voulait que « chaque goutte de sang arraché par le fouet ait été payée par une goutte de sang tirée par l’épée, » alors « les jugements du seigneur sont justes et bons. »
Les tragédies de ce monde (la guerre civile), avait souligné Lincoln, sont la conséquence de crimes de ce monde (l’esclavage).
Les tragédies comme celle de Newtown sont le règlement de compte de quels actes? Loin d’être incompréhensible, le crime est par trop compréhensible. Les racines ne sont pas difficiles à trouver : une société où règne une inégalité sans précédent, une idéologie politique officielle foncièrement arriérée et n’affichant rien de progressiste et, par-dessus tout, un niveau incroyable de violence perpétrée par l’Etat, et s’accompagnant d’une brutalisation de la société en général.
Le caractère des tueries de masse témoigne de ce lien avec l'état de la société. Certaines caractéristiques apparaissent avec régularité : l'utilisation d’armes de type militaire, des agresseurs (comme Lanza) portant le treillis, l'implication fréquente d’anciens soldats.
Ces deux dernières décennies ont été des années de guerre sans fin. Né en 1992, Lanza, âgé de 20 ans, a passé la plus grande partie de sa vie durant la « guerre contre le terrorisme » – une occupation néocoloniale succédant à une autre, des attaques de drones, la pratique de la torture, de la « rendition » (restitution), un assaut incessant contre les droits démocratiques. Il ne pouvait pas ne pas être touché par les efforts constants entrepris pour promouvoir la peur et la paranoïa – le sentiment que l’« ennemi » se trouve à deux pas.
Obama même est le premier président américain à revendiquer publiquement le droit d’assassiner n’importe qui, n’importe où, y compris des citoyens américains. Il consacre une grande partie de son temps à sélectionner les cibles des assassinats par drones, en sachant parfaitement que des civils – dont des femmes et des enfants – seront tués dans ce processus. Selon des estimations prudentes, 3.365 personnes ont été tuées par des frappes de drones rien qu’au Pakistan, dont 176 enfants.
Le gouvernement et les médias font l’éloge des meurtres perpétrés par l’armée américaine et les soldats envoyés pour envahir et occuper des pays sont vénérés comme des « héros. » Les forces d’opérations spéciales (Navy Seals and Special Ops forces) qui font le sale boulot criminel pour l’armée américaine sont glorifiés.
Peut-on croire sérieusement que ce pays peut se permettre de commettre des violences dans le monde entier sans en subir les conséquences mortelles chez lui ?
Dans les prochains jours, davantage de renseignements seront connus et qui feront la lumière sur les motivations particulières se cachant derrière cette récente tuerie de masse. De toute évidence, Lanza était un jeune homme profondément perturbé. Il serait impossible de commettre un tel crime autrement. Et pourtant, la psychose individuelle et son expression particulière sont, en dernière analyse, le résultat d’une profonde maladie sociale.
(Article original paru le 17 décembre 2012)
Share this article:

"On ne veut pas qu'il se passe en Europe la même chose qu'en Amérique latine" (Tiempo Argentino) -- Jean-Luc MELENCHON

Un article à lire sur le site du GRAND SOIR :http://www.legrandsoir.info

"On ne veut pas qu'il se passe en Europe la même chose qu'en Amérique latine" (Tiempo Argentino) -- Jean-Luc MELENCHON   <------ lien direct pour lire l'article

A Marseille, Pierre Laurent lance un appel à refonder la République

  lu sur le site http://www.pcf.fr

(Un plaidoyer pour la République que je partage  Boris Victor)


A Marseille, Pierre Laurent lance un appel à refonder la République

« Refonder la République - reconquérir la liberté, reconstruire l'égalité des droits et refonder la fraternité », vous trouverez ci-dessous le discours prononcé par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, à Marseille le 15 décembre 2012 à l'occasion de l'initiative du PCF sur la République.


Seul le prononcé fait foi
Mesdames et messieurs,
Chers amis, chers camarades,
Nous sommes réunis ici, dans cette belle et grande ville populaire de Marseille, pour lancer un appel.
Oui, ici en 2012, 220 ans après la proclamation de la République, nous le clamons haut et fort : la République, notre République, est à refonder.
Oui, la République, celle qui clame sur ses frontons « Liberté, Egalité, Fraternité », celle qui ne reconnaît que la souveraineté populaire, doit reprendre le combat.
Parce qu'elle est abîmée, défigurée, salie. Abîmée par l'indécence des inégalités et la violence des discriminations ; défigurée par l'arrogance des pouvoirs de l'argent, le poison des divisions et des concurrences à outrance ; salie par le racisme banalisé du Front national et d'une partie grandissante de l'UMP.

Pour lire la suite de ce discours cliquer sur ce lien---->http://www.pcf.fr/32963

Guerre des drones: les remords d'un soldat américain


lu sur SLATE.fr

Guerre des drones: les remords d'un soldat américain

Brandon Bryant est un jeune homme américain qui s'est enrôlé dans l'armée parce que l'Air Force avait sa propre université, où il pouvait étudier gratuitement. Il y a été si brillant qu'on l'a assigné à une unité de récolte d'informations. Il a appris à contrôler les caméras et les lasers d'un drone, à analyser les images du terrain, des cartes et des indications météorologiques, pour devenir l'équivalent d'un co-pilote de drone.
Pendant plus de cinq ans, raconte le Spiegel, Brandon Bryant a travaillé 12 heures par jour dans une boîte de la taille d'une caravane, sans fenêtres et sans que la porte puisse s'ouvrir, pour des raisons de sécurité. Chaque jour, Bryant et son collègue étaient assis devant 14 ordinateurs et 4 claviers. «Quand Bryant pressait un bouton depuis le Nouveau Mexique, quelqu'un mourait de l'autre côté de la planète», résume le quotidien allemand dans ce passionant portrait des petites mains de la guerre des drones de Barack Obama.
Les drones représentent désormais un tiers de la flotte américaine, et s'ils permettent d'avoir moins de soldats humains au front, des hommes et des femmes comme Brandon Bryant sont aux Etats-Unis ou en Irak, en train de les diriger. Barack Obama est loin d'être un président de temps de paix, et les frappes de drone sont devenues sa spécialité
Le soldat se rappelle encore du jour où un drone Predator survolait l'Afghanistan. Quand il a reçu ses ordres, il a pressé un bouton et marqué le toit plat d'une maison faite de boue 10.000 kilomètres plus bas. Le pilote à ses côtés a appuyé sur un joystick, déclenchant le lancement d'un missile Hellfire. 16 secondes avant impact. A 7 secondes avant impact, personne au sol (les co-pilotes peuvent regarder les images prises avec une caméra infrarouge attachée au drone, avec un décalage de deux à cinq secondes). A trois secondes, un enfant est soudain apparu au coin de la rue:
Bryant vit un flash sur l'écran: l'explosion. Des parties de la maison s'effondrèrent. L'enfant avait disparu. Bryant se sentit malade.
«Est-ce qu'on vient de tuer un enfant?», demanda-t-il à l'homme assis à ses côtés.
«Ouais, je crois que c'était un enfant», répondit-il.
«Est-ce que c'était un enfant?», écrivirent-ils dans la fenêtre de discussion sur leur moniteur.
Puis, quelqu'un qu'ils ne connaissaient pas répondit, quelqu'un assis quelque part dans un centre de commande militaire, qui avait observé leur attaque. «Non, c'était un chien», écrivit cette personne.
Ils regardèrent à nouveau la scène en vidéo. Un chien sur deux pattes?
Après 6.000 heures de vol, Brandon Bryant n'arrivait plus à dormir, ni à avoir une vie sociale, hanté par les souvenirs des gens qu'il avait tué. A force d'observer des combattants talibans ou d'autres personnes sur sa liste pendant des semaines, «je finissais par les connaître», se souvient-il. «Jusqu'à ce que quelqu'un au-dessus de moi me donne l'ordre de tirer.» Il se sentait coupable de tuer les pères d'enfants («c'étaient de bons papas»).
Un jour, il s'est évanoui dans son cockpit en crachant du sang. Le médecin lui a interdit de retourner au travail jusqu'à ce qu'il puisse dormir plus de quatre heures par nuit pendant deux semaines. Six mois plus tard, il était de retour au travail. Bryant a désormais quitté l'armée, on lui a diagnostiqué un trouble de stress post-traumatique. Il a décidé de ne pas signer un nouveau contrat avec l'armée le jour où il est entré dans le cockpit et s'est entendu dire à ses collègues, «Hey, quel enculé va mourir aujourd'hui?»
Photo: RQ-4A Global Hawk /US Air force via Flickr CC License By

Visite d’Hollande à Alger : « La vérité sur l’assassinat de Maurice Audin »


Rue89

Visite d’Hollande à Alger : « La vérité sur l’assassinat de Maurice Audin »

Dernières nouvelles d&#039;Algérie"
Farid Alilat | DNA-Algérie

En visite à Alger, mercredi et jeudi, François Hollande ira se reccueillir place Maurice Audin, du nom de ce mathématicien communiste opposé à la guerre, arrêté par les paras à Alger en 1957, et jamais revu vivant. Sa veuve réclame toujours la vérité sur son assassinat.


Maurice Audin, image d’archives (JDD/SIPA)
Mardi 11 juin 1957, au cœur de la bataille d’Alger, le mathématicienMaurice Audin, 25 ans, père de trois enfants, est arrêté vers 23 heures dans son appartement à Alger, par plusieurs militaires du 1er régiment étranger de parachutistes (1er REP).
Pendant plusieurs jours, le jeune mathématicien subira de multiples sévices de la part de ses tortionnaires.
Le 1er juillet 1957, le colonel Roger Trinquier, commandant du secteur d’Alger-Sahel, annoncera à Josette Audin que son mari s’est évadé le 21 juin en sautant de la Jeep qui le conduisait de nuit pour un interrogatoire.
Depuis cette date, la veuve n’aura de cesse de réclamer la vérité sur l’assassinat de Maurice Audin, militant du PCA (Parti communiste algérien).
François Hollande, au cours de la visite d’Etat qu’il effectue cette semaine en Algérie, se recueillera jeudi sur la place Maurice Audin, à Alger centre, pour lui rendre hommage.
Le site Dernières Nouvelles d’Algérie, partenaire de Rue89, a interrogé Josette Audin sur l’initiative du président français.
DNA : François Hollande se recueillera jeudi place Audin à Alger. Est-ce pour vous une forme de reconnaissance de la part de la France de ce crime impuni ?
Josette Audin : J’espère que le déplacement de M. Hollande en Algérie et son recueillement à la place Audin sera l’occasion de faire en sorte que l’on sache la vérité sur la mort de Maurice Audin. J’espère aussi que le président de République, au nom de la République française, condamne fortement l’emploi de la torture par la France durant la guerre d’Algérie.
J’espère également qu’il reconnaîtra les exécutions sommaires commises, sur mon mari, et sur un très grand nombre d’Algériens qui ont lutté pour l’indépendance de l’Algérie.

« Maurice Audin [...] placé en résidence surveillée », titre de la presse d’Alger
Depuis des années, vous militez pour la vérité sur l’assassinat de votre mari. Pensez-vous que ce geste de la part de M. Hollande puisse relancer le dossier ?
Vous savez, 55 ans sont passés depuis la mort de Maurice Audin. Les responsables et les commanditaires de son enlèvement, de sa disparition et de son assassinat sont aujourd’hui presque tous morts. Il est donc difficile d’obtenir des aveux. Peut-être que les archives parleront.
Vous avez adressé en août dernier une lettre au président Hollande…
Effectivement, j’ai adressé en août dernier une lettre au président français pour lui demander seulement la vérité sur cet assassinat. Et j’ai cru comprendre dans la réponse qu’il m’a adressée sa volonté de faire avancer cette affaire et ouvrir le dossier. Je n’en dirai pas plus pour le moment.
Selon une enquête du Nouvel Observateur de mars 2012, l’agent qui a exécuté Maurice Audin vit toujours en Bretagne. Allez-vous demandé que la justice l’entende ?
Oui, je suis bien au courant de ces révélations mais que voulez-vous faire ? Maintenant, tous ceux qui sont mêlés de près ou de loin à cette affaire sont protégés par les différentes lois d’amnistie adoptées en France depuis la fin de la guerre. Il paraît que la justice est impuissante.

Plaque commémorative place Maurice Audin, à Alger (DNA-Algérie)
Vous allez être reçue par le ministre français de la Défense pour évoquer cette affaire ainsi que l’accès aux archives sur la mort de Maurice Audin ?
Oui, j’ai demandé à ce que les archives soient ouvertes et accessibles. Mais vous savez, mes demandes ne datent pas d’aujourd’hui. J’en ai fait plusieurs depuis des décennies. Certaines archives ont été ouvertes, d’autres pas encore.
Etes-vous retournée en Algérie depuis votre départ et aimeriez-vous y retourner ?
Je suis retournée en Algérie en 1982 à l’occasion du 30e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. Je ne pourrai pas y retourner malheureusement, je suis trop vieille pour me déplacer.
PUBLIÉ INITIALEMENT SUR
Dernières nouvelles d'Algérie
ALLER PLUS LOIN

Mailly: Hollande enfermé dans une "logique suicidaire dictée par l'Europe"


AFP

Mailly: Hollande enfermé dans une "logique suicidaire dictée par l'Europe"

Par Pierre Verdy | AFP
Jean-Claude Mailly (d) rencontre à Matignon le Premier ministre Jean-Marc Ayrault (2e g), le 22 novembre 2012 à Paris
Jean-Claude Mailly à Matignon le 22/11/2012

Jean-Claude Mailly, numéro un de FO, a indiqué mardi que sa centrale tiendrait un meeting le 24 janvier sur le thème de "la solidarité contre l'austérité", estimant que le président François Hollande "s'est enfermé dans une logique suicidaire dictée par l'Europe".
"Nous ferons un grand meeting national le 24 janvier prochain, avec plusieurs milliers de personnes. Le thème sera la solidarité contre l'austérité", a indiqué le secrétaire général de FO dans une interview au Parisien.
Selon lui, "François Hollande s'est enfermé dans une logique suicidaire dictée par l'Europe qu'il faut combattre. De là découlent des décisions comme celles prises sur le Smic, sur les dépenses publiques".
M. Mailly estime que "le gouvernement commet une erreur économique et sociale en ne revalorisant pas le Smic". Selon lui, "il y a une vraie contradiction, les gens, eux, retiennent que d'une manière ou d'une autre, il va y avoir une aide fiscale de 20 milliards d'euros aux entreprises".
"Ce qui remonte aujourd'hui du terrain c'est: le changement, c'est pour quand ,", a relevé le numéro un de FO.

Le site de Texas Instruments à Villeneuve-Loubet condamné


Lu sur le site de:
Retour accueil




Le site de Texas Instruments à Villeneuve-Loubet condamné

Agrandir Rétrécir Imprimer Recommander Partager
Publié le mardi 18 décembre 2012 à 10h39  - 6
Texas Instruments : forte inquiétude à Villen - 18624870.jpg
Le site villeneuvois de Texas instruments.Philippe Lambert
C'est la fin de Texas Instrument à Villeneuve-Loubet. Le site va fermer ses portes après un plan social drastique, dévoilé ce mardi matin par la direction.
Sur les 541 emplois du site azuréen, 517 sont supprimés. Les autres employés resteront sur la Côte d'Azur, mais où ?
"Sous le choc"
Chez les salariés, c'est la consternation la plus totale. "On est sous le choc", confie l'un d'eux.
Les représentants de Force Ouvrière n'appellent pas à manifester. Ils entendent rencontrer les élus et chercher "les meilleures solutions pour sauver des emplois."
Restructuration mondiale
Selon les informations fournis par direction lors d'un comité d'entreprise extraordinaire, le site azuréen fermera ses portes dans quelques mois dans le cadre d'un restructuration mondiale qui entraînera au total 1.700 pertes d'emplois.
Le site de recherche de Villeneuve-Loubet est spécialisé dans les microprocesseurs pour les tablettes et les smartphones, dont Texas Instruments veut se désengager pour mettre l'accent sur les applications pour les voitures et la domotique.
0

lundi 17 décembre 2012

Florange: la non-rentabilité Des hauts-fourneaux contestée

  Un article lu dans le MONDE du 18/12/2012



    Florange: la non-rentabilité
Des hauts-fourneaux contestée

Des documents internes à Arcelor Mittal montrent que les installations
tiennent la comparaison par rapport à celles d’autres sites européens

Les hauts-fourneaux de Florange, pas rentables? C’est ce qu’a toujours affirmé Lakshmi Mittal pour justifier la fermeture de ces deux installations du site mosellan d’Arcelor Mittal, qui devraient être éteints fin mars2013. «Laisser penser qu’Arcelor Mittal voudrait fermer une phase liquide profitable n’a pas de sens», rappelait encore le groupe sidérurgique, dans un communiqué publié le 13décembre.
Cette version martelée depuis des mois par Arcelor Mittal et reprise à son compte par le gouvernement pour justifier l’accord signé avec M.Mittal le 30novembre, qui exclut un plan social mais entérine la «mise sous cocon» des hauts-fourneaux, laisse sceptiques un certain nombre de professionnels.
Déjà, Olivier Faure, l’expert nommé avant l’été par le gouvernement
pour étudier l’avenir de Florange, n’y croyait pas. «Si le site d’Arcelor Mittal Florange souffre d’un handicap logistique pour la réception des matières premières lié à son éloignement de la mer,il compense ce désavantage par
------------------------------------------------------------------------------------------------
 L’éloignement de la Lorraine de la mer serait compensé par la performance industrielle du site
-------------------------------------------------------------------------------------------------
 une logistique interne performante qui lui permet une haute performance industrielle à pleine charge», pouvait-on lire dans son rapport, sur lequel Arnaud Montebourg s’est appuyé pour demander une nationalisation du site.
Des documents récemment mis au jour semblent confirmer l’avis de M.Faure.
Mercredi12décembre, Le Républicain lorrain a révélé une note interne montrant que Florange était l’un des sites européens les plus rentables du groupe, devant Liège (Belgique) et Brême (Allemagne), au coude-à-coude avec Dunkerque (Nord), pourtant considéré comme la «Rolls» de l’entreprise.
Certes, l’éloignement de la mer de la Lorraine a un coût logistique
important (24 euros par tonne d’acier produit), mais ce défaut est
«plus que compensé par la performance industrielle» du site, peut on
ainsi y lire.
Ce document «ne contredit en rien le constat de non-rentabilité de
la phase liquide de Florange et ne prouve en rien la profitabilité de cette
partie du site, car il ne prend pas en compte les coûts complets »,avait aussitôt réagi Arcelor Mittal, assurant qu’ils’agissait d’un «document d’ étude (…) tout à fait partiel».
D’autres documents internes, dont Le Monde s’est procuré une copie, semblent néanmoins aller dans le même sens. Un graphique comparant l’ensemble des coûts d’exploitation de la phase liquide («HRC Ebitda cost », pour les initiés) des sites de Florange et de Brême, sur la période allant de janvier 2010 à mai 2011, montre ainsi que le site lorrain tient facilement la comparaison pour la production de bobines d’acier, appelées «coils à chaud». Mieux,une deuxième note énumérant l’ensemble des coûts de fabrication, variables et fixes, des sites de Florange et de Dunkerque pour le mois de mai 2011, montre que fabriquer de l’acier en Lorraine revient à peine plus cher que dans le Nord: la différence ne serait que de 4,2 euros par tonne d’acier, alors que le groupe a toujours avancé le chiffre de 40euros!
Les coûts de main-d’oeuvre et de maintenance sont plus élevés à
Florange qu’à Dunkerque, respectivement de 2,9 euros et de 5,3
euros par tonne. De même, les hauts-fourneaux lorrains, qui n’ont pas été rénovés depuis 1996 pour l’un et 1998 pour l’autre,
alors que ceux de Dunkerque l’ont tous été depuis moins de dix ans  côutent plus cher à faire fonctionner : ils consomment en gaz l’équivalent
de 1,7euro de plus par tonne d’acier produit et il faut 58 mégawatt heures pour fabriquer une tonne d’acier à Florange contre seulement 18 à Dunkerque, ce qui implique une différence de 2,4euros par tonne.
Mais les hauts-fourneaux lorrains sont plus performants que les nordistes : ils consomment moins de matière première et génèrent moins de rebuts. Performance que M.Faure expliquait par «une accumulation exceptionnelle de compétences et de savoir-faire [à Florange], touchant à l’ensemble des métiers de la sidérurgie».
«Tout ceci est la preuve que la fermeture de Florange est une décision politique et non économique », s’est indigné Edouard Martin,délégué
CFDT du site, à l’évocation de ces  documents . Interrogée ,la direction d’Arcelor Mittal n’a pas souhaité commenter dans l’immédiat.

Cédric Pietralunga

      

Conférence de Jean-Luc Mélenchon à Londres : Pour une Alternative à l'austérité - Vidéo Dailymotion



 

                               CONFÉRENCE DE JEAN-LUC MELENCHON à LONDRES
               
                                         Pour une Alternative à l'austérité

Cliquer sur le lien ci-dessous pour accéder à la conférence
Conférence de Jean-Luc Mélenchon à Londres : Pour une Alternative à l'austérité - Vidéo Dailymotion