C'est sans doute une bonne nouvelle, qui arrive au moment même où l'on annonçait la mort programmée de la littérature. L'affaire Orélien montre qu'il existe aujourd'hui des méthodes fiables pour prouver qu'un livre a été écrit avec l'intelligence artificielle générative. Il était prédestiné. Thérylson Orélien, auteur canado-haïtien à succès, devait gagner le Goncourt, c'était une certitude. En dépit des sérieuses accusations de plagiat qui pesaient sur l'écrivain, C'était ça ou mourir avait suscité l'extase du petit milieu littéraire parisien, secondé par des médias qui ne tarissaient plus d'éloges. Ce récit autobiographique plaisait trop à leur lecture manichéenne : le périple d'un migrant rejeté des États Unis par « Ice », la police que Donald Trump a stationné aux frontières. Mais sic transit gloria mundi ; l'auteur en aura fait l'amère expérience. Reçu en grande pompe à l'émission « La Grande Librairie », Thélyson Orélien ne se doutait sans doute pas que quelques jours plus tard, le compte X « Balance ton Claude », créé Samuel Fitoussi, journaliste au Figaro, passerait son roman au crible d'un logiciel : Pangram. </> Son verdict ? Le roman aurait entièrement été écrit à l'aide de l'intelligence artificielle. Tout de suite une polémique s'est enclenchée au niveau national. De fausses rumeurs ont commencé à circuler, prétendant que selon l'application américaine, la Bible elle-même était rédigée par l'IA. « Pangram, va te faire foutre », a lancé en toute élégance Virginie Despentes. Les plus virulents, comme Marc Lévy, s'en sont pris à Samuel Fitoussi, devenu à leurs yeux un infréquentable « raciste » s'étant attaqué au roman d'un auteur noir, quand bien même sa couleur de peau n'ait jamais été un sujet (Fitoussi affirme depuis le début mener le combat pour la sauvegarde de l'écriture humaine). </> Les Éditions du Boréal, l'enseigne canadienne qui publie Orélien, a quant à elle pris la polémique au sérieux. Confrontée au refus de l'auteur de fournir ses premiers manuscrits, l'éditeur a commandé une analyse approfondie auprès d'experts indépendants. Celle-ci a confirmé les conclusions de Pangram, l'IA a bien été largement utilisée. La page (ou le prompt…) est tournée, fin de la polémique ? Ce serait ignorer la bonne nouvelle : oui il est p… Martin Dousse |
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