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Il est quatre heures du matin lorsque je débarque, fin septembre, à l'aéroport international de Guangzhou. En pleine escale, en plein jet-lag, l'attente et la fatigue me poussent à trouver un passe-temps. La solution, observer les publicités. Non pas que le marketing soit une obsession. Seulement, les aéroports internationaux sont plus que de simples hubs, ils sont le reflet de ce qu'un pays veut renvoyer à l'étranger. À Paris, les affiches vantent une France de l'élégance fashion. En Chine, les pubs vendent l'IA sous toutes ses formes, du dernier modèle agentique à la mode au nouveau gadget équipé d'une couche superflue d'algorithmes.
Dans le détail, les usages chinois n'ont rien d'inédit. Pour preuve, notre article sur les pompes funèbres françaises à l'ère du prompt. La vraie différence, c'est l'échelle. L'intelligence artificielle s'y déploie à toute vitesse, et la population l'adopte avec enthousiasme, sinon volontarisme. L'angoisse existe, mais c'est précisément cette peur d'être effacée par le progrès qui entraîne cette ruée. Le maître mot n'est pas résister, c'est s'adapter.
Après deux semaines de reportages, nous vous racontons cette Chine made-in-IA. Cinq épisodes, et ça commence aujourd'hui.
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|  | | Quentin Le Van Journaliste Tech et IA
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"China made-in-IA" - épisode 1/5 | |
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| | Pendant deux semaines, «Libération» a sillonné la Chine pour raconter la place de l’intelligence artificielle dans ce pays pionnier. Dans le premier épisode, le déploiement de l’IA dans les écoles, les commerces et jusque dans l’intimité. ► Lire le reportage de Quentin Le Van | |
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| | Des agents confient leur tristesse de voir lors des obsèques, les hommages se vider de leur humanité en étant de plus en plus souvent rédigés avec l’intelligence artificielle. ► Lire l'article de Gabrielle Meulle | |
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Parce qu'on sloppe pas le travail... | |
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Le mur de Wall Street. Les entrées en bourse d'Anthropic et OpenAI approchent et les fantasmes ne cessent d'enfler, entre fascination des marchés pour les records promis et scepticisme généralisé devant cette fièvre financière. En coulisses, les difficultés s'accumulent. Dernier épisode en date, la dernière levée de fonds d'OpenAI. Sur les trente milliards estimés, l'entreprise n'en a récolté que onze milliards. Alors que son rival Anthropic s'apprête à franchir le pas de Wall Street et que la bataille pour les investisseurs fait rage, c'est un quasi-fiasco.
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Proton négatif. Le proton est une particule subatomique. Proton, c'est aussi une entreprise qui incarne toutes les contradictions internes à l'ère de l'IA. Célèbre pour ses services de messagerie, cloud et autres gestionnaires de mots de passe, réputés sécurisés, open-source et alternative à l'hégémonie des Big Tech (Google et sa suite Drive en tête), la boîte suisse s'est retrouvée sous le feu des critiques. En cause, une enquête de 404 Media, pointant les méthodes du PDG Andy Ye pour imposer l'utilisation de l'intelligence artificielle à ses salariés, loin de son discours mesuré devant le grand public. « Le patron est en pleine psychose d'IA, et ce depuis longtemps », déclare ainsi l'une des sources. Au programme notamment, entretiens en interne pour vérifier les compétences IA.
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Sloppy remix. C'était l'un des derniers gadgets de Spotify : le Mix, système permettant de personnaliser la transition entre les morceaux. Mais le géant du streaming ne comptait pas s'arrêter là. Son nouveau projet ? Un outil de remix de musiques généré par IA, pour laisser les clients changer à la volée le genre musical ou l'interprète. Une fonctionnalité prévue pour le début de l'année 2027, accompagnée d'un coût mensuel supplémentaire de cinq dollars. Tel est le principe même du slop : ça ne s'arrête jamais.
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| Le nom est peut-être peu connu en Occident, mais il est omniprésent en Chine. Développé par ByteDance (l'entreprise derrière TikTok), Doubao est un assistant d'intelligence artificielle, prenant l'apparence d’une jeune femme brune aux yeux expressifs. En chinois, le «doubao» est un petit pain moelleux fourré à la pâte de haricots, une mignardise réconfortante. C’est précisément ce que prétend être le service. Avec plus de 320 millions d'utilisateurs réguliers, c'est le chatbot le plus populaire du pays. | |
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LIBÉ.IA
Une newsletter réalisée par Arthur Cerf, Elise Viniacourt et Quentin Le Van, coordonnée par le service Economie. Retrouvez-nous sur Libération.fr |
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