Lire les quarante pages du New Yorker, parmi lesquelles cinq pages consacrées au Blast files comme l’écrit la journaliste Ruth Margalit, a une saveur très particulière pour nous à Blast. Du 29 avril 2021 au 1er janvier 2022, nous avons publié 23 articles consacrés aux pots de vin versés par l’émir du Qatar à des intermédiaires français (Bernard Henri Lévy, Michel Platini, Nicolas Sarkozy ou Carla Bruni, pour n’évoquer que les cas les plus célèbres).
Nous avons également largement documenté d’autres versements douteux dont ceux destinés à Benjamin Netanyahu pour aider, entre autres, au financement du Hamas. C’était avant le 7 octobre 2023 et le génocide à Gaza.
Nous avons subi des procès, des ricanements. BHL a multiplié les rodomontades assurant que nos documents étaient des faux. Il a perdu ses procès, mais malgré cela, la presse n’a jamais repris nos informations. Nous étions trop petits, trop à gauche, trop radicaux. Trop journalistes ?
BHL a continué à être invité partout sans que jamais personne ne lui pose la question « Alors Bernard, vous les avez touchés finalement les 9 millions du Qatar en remerciement de votre rôle dans le déclenchement de la guerre en Libye ? » Rien. Personne. Pas un journaliste, ni un homme politique pour se pencher sur cette question vitale de la corruption du régime qatari en France et aussi en Israël.
On a tenu bon. On a même été entendu par des magistrats qui auraient du, en principe, vérifier nos informations. Mais rien ne s’est passé. Le Qatar est un gros prescripteur, possède le PSG et on ne pèse pas très lourd face à son lobbying épuisant.
Je vous invite donc à lire sur le site de Blast ce papier qui fait l’exégèse de l’enquête du New Yorker, de lire l’article de Ruth Margalit et si vous avez encore du temps et de l’énergie de relire nos papiers, de regarder nos vidéos du Qatargate.
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