| | | Attention : ce message contient des récits de violences graves, notamment de violences faites aux enfants. | | |
Je suis Janine Morna, chercheuse d’Amnesty International. Depuis un an, j’enquête sur le siège d’El Fasher, au Soudan, et sur sa prise de contrôle finale par les Forces de soutien rapide en octobre 2025.
Je souhaite vous raconter quelque chose qui m’a profondément marqué dans le cadre de ce travail.
L’une des survivantes que nous avons rencontrées avait 13 ans.
Elle nous a raconté comment des hommes armés ont fait irruption chez elle. Son père a été abattu. Elle a été emmenée, les yeux bandés, et violée par plusieurs hommes pendant plusieurs jours.
En tant que chercheurs et chercheuses, nous nous efforçons de rester sur les faits et de les documenter avec rigueur. Mais certains témoignages rendent toute distance impossible.
Et son histoire ne fait pas exception.
Dans le cadre de cette enquête, mes collègues et moi avons parlé à des centaines de personnes. À maintes reprises, nous avons entendu ce que les enfants vivaient dans ce conflit.
Des enfants qui avaient passé des mois sous siège, privés de nourriture et de soins médicaux.
Des enfants qui souffraient de la faim, dont les familles survivaient avec ce qu’elles pouvaient trouver, allant jusqu’à manger de la nourriture destinée aux animaux.
Des enfants qui avaient été détenus, battus ou contraints de travailler pour des groupes armés.
Beaucoup avaient perdu leur famille. La plupart avaient perdu tout sentiment de sécurité. Ce qui m’a le plus frappé, c’est que les enfants ne sont pas seulement victimes de cette violence. Ils en sont au centre.
Nous avons documenté des cas de filles victimes de viols et réduites en esclavage sexuel. Des garçons recrutés de force et envoyés combattre. Des enfants pris pour cible alors qu’ils tentaient de fuir.
Il ne s’agit pas de faits isolés. Ils témoignent d’un schéma de violence systématique.
Lorsque nous parlons d’une guerre menée contre les civils, c’est exactement ce que nous voulons dire.
Ce travail est difficile. Mais il est indispensable. Car sans ces témoignages, une grande partie de ces violences resterait invisible.
Et lorsque ces violences restent invisibles, elles continuent.
C’est pourquoi votre soutien régulier est si crucial. | | | | | | Il nous permet de poursuivre nos enquêtes sur le long terme, de recueillir et documenter ces témoignages, de les porter à l'attention de la communauté internationale, et d'œuvrer sans relâche pour protéger les personnes touchées et faire en sorte que les responsables répondent de leurs actes.
Face à un conflit qui dure depuis des années, votre engagement mensuel nous donne les moyens d'agir dans la durée, là où les victimes en ont le plus besoin.
Ainsi nous mettons en lumière ce que trop peu de médias ne montrent, en veillant à ce que ces histoires soient entendues et qu’elles entraînent des actions concrètes.
Si vous le pouvez, faites un don mensuel.
Parce que l’humanité doit l’emporter.
Je vous remercie infiniment par avance,
Janine Morna Chercheuse à Amnesty International | | |
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