Cette gazette vous plaît ? Transférez-là à votre carnet d’adresses… Ils vous remercieront et nous aussi. | | Une nouvelle fois, le journaliste franco-iranien était sur Tocsin ce matin pour témoigner directement depuis les rues bombardées de Téhéran. Il ressort de son intervention un mélange de grande confiance affichée par le régime et d’inquiétudes alimentées par la communication de plus en plus déchaînée de Donald Trump. Pour lui, les menaces de Donald Trump contre les civils iraniens ne sont plus un dérapage, mais un programme politique explicite. Le président américain ne s’est pas contenté de promettre l’enfer à Téhéran. Lorsque des journalistes lui ont demandé si les bombardements d’infrastructures civiles ne pouvaient pas constituer des crimes de guerre, Trump a répondu que non, puisque « les Iraniens sont des animaux », et qu’il souhaite « ramener l’Iran à l’âge de pierre ». Ces déclarations ont profondément heurté le peuple iranien, selon Siavosh Ghazi : « ça a provoqué un grand choc et une grande colère dans la population ». Cette colère se double d’une confiance de plus en plus explicitement revendiquée par le régime des mollahs. Sur le plan diplomatique, l’Iran a « rejeté à la fois le plan américain en 15 points transmis par le Pakistan, l’Égypte, la Turquie, le Qatar » et a présenté « son propre plan en 10 points ». Parmi ces points : des « garanties qu’il n’y aura plus d’attaque contre l’Iran de la part d’Israël mais aussi des États Unis », des « réparations, compensations pour toutes les destructions » payées par Washington et les monarchies du Golfe, une redevance de transit à Oman, le maintien intégral du programme nucléaire et balistique, l’arrêt des frappes israéliennes contre le Hezbollah, le retrait du Sud-Liban, et « la fin de toutes les sanctions américaines mais aussi internationales ». Pendant ce temps, l’appareil militaire met en avant sa capacité de riposte : « les gardiens de la révolution ont affirmé hier soir que l’Iran avait suffisamment de missiles pour tenir au même rythme pendant 6 mois », après une journée où « l’Iran a lancé plusieurs centaines de missiles contre Israël, la région de Haïfa ». De plus, une ligne rouge est clairement posée par Téhéran : les officiels du régime ont déclaré que « si jamais Donald Trump met à exécution ses menaces, il y aura un enfer mais un enfer pas pour l’Iran, pour les États Unis, leurs alliés dans la région », avec la promesse d’« une surprise qui va vous rester dans vos mémoires pendant des dizaines d’années », alors même que des installations pétrochimiques saoudiennes représentant « entre 6 et 8% de la production pétrochimique dans le monde » viennent d’être frappées. Plus encore, les propos de Trump ont déclenché une mobilisation populaire inattendue : « Il y a désormais 14 millions de personnes qui se sont inscrites volontairement pour défendre la patrie ». Ce phénomène s’explique aussi par la nature des sites bombardés par l’alliance israélo-américaine. Siavosh Ghazi décrit une stratégie militaire qui vise frontalement le cœur scientifique et technologique de l’Iran, bien au delà des seules cibles militaires. Au moment de l’interview, il se trouvait à proximité de l’université Sharif de Téhéran , qu’il présente comme « l’université la plus prestigieuse de l’Iran, mais aussi de tout le Proche Orient ». Il rappelle que de nombreux diplômés travaillent aujourd’hui aux États Unis, au Canada, en Australie, en Grande Bretagne, et cite l’exemple de Maryam Mirzakhani, mathématicienne formée à Sharif, lauréate de la médaille Fields, avant de mourir d’un cancer. Surtout, il précise : « cette université a été visée hier, frappée par des bombes GBU. C’est le data center de l’université, un endroit très important qui a été visé directement ». Et ce n’est pas une première : « C’est la 5e université iranienne qui a été touchée par l’aviation israélienne, systématiquement, tout ce qui représente les progrès, la technologie en Iran est visé », dit-il, citant l’Institut Pasteur iranien, « qui existe depuis plus de 100 ans » et produit les vaccins, ainsi qu’« au moins une dizaine » d’industries pharmaceutiques frappées. Voilà de quoi mettre à mal le narratif d’une guerre morale poussé par certains sur les médias officiels. |
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