Dans le quartier des Champs-Élysées, la stupéfaction est énorme et la
sidération totale : la défaite du PSG en Ligue des Champions aurait déclenché une nouvelle vague de pillages et de destruction touchant voitures, mobilier urbain, boutiques et appartements du quartier. Vraiment, c’est sidérant et stupéfiant, si si.
Pendant ce temps, on a assisté à une véritable bataille d’euphémismes de la presse véritablement au taquet ces deux derniers mois pour trouver les bonnes phrases, les belles circonlocutions évasives et autres ellipses narratives atténuantes pour ne surtout pas décrire la situation générale du pays :
« incivilités » de
« groupes d’individus » qui vont parfois jusqu’à être des
« bandes de jeunes »,
« différends » qui
« s’enveniment »,
« problèmes de voisinage » et
« tracas du quotidien », nos folliculaires n’auront reculé devant aucune tournure hardie pour ne pas parler de racailles, de meutes de délinquants ou de criminels, de dangereux récidivistes et autres crapules qui écument les villes et harcèlent leurs habitants sous le regard trop souvent passif de forces de l’ordre dont on a copieusement ligoté les mains.
Il y a pourtant une vraie multiplication des faits divers de plus en plus violents et sordides, aux suites judiciaires de plus en plus déconcertantes par leur inadaptation.
Rodéos divers et variés, agressions
multiples,
armées, l’été 2020 a semble-t-il été un long florilège d’exactions que les grands médias peinent vraisemblablement à évoquer dans leurs éditions nationales.
Pourtant, la simple consultation des « Google News » au sujet des
couteaux fous et des
fusillades festives donne une assez bonne idée de la frétillance actuelle du pays : il ne se passe guère de jour sans que des gens tombent sous les coups de couteau ou d’armes à feu.
La tendance est claire : les homicides, jusqu’à présent en baisse,
grimpent à présent pour revenir à leur niveau de 1972. Ici et là sont évoquées, timidement, des raisons de société ; le mot « d’ensauvagement » est prononcé par certaines sources policières, et lorsqu’il est
repris par l’actuel saltimbanque en charge du ministère de l’Intérieur, le banc et l’arrière-banc de la Bonne Société Qui Pense Bien
monte immédiatement au créneau : « vous n’y pensez pas, tout ceci est très exagéré, et puis notre Justice est forcément à la hauteur ! »
Cependant, l’est-elle vraiment ?
Si l’on peut arguer qu’il y a beaucoup de gens en prison, on peut se demander si ce sont les bons qui y sont placés. Par rapport à la moyenne européenne,
la France est loin d’être la plus répressive, par exemple. En revanche, il se pourrait bien que ces prisons soient
mal gérées, mal utilisées et employées pour y stocker maladroitement beaucoup trop de cas qui tiennent davantage de la psychiatrie lourde que de l’incarcération (de
2006 à
2019, mêmes constats), tout en multipliant
les largesses et autres libérations opportunistes dont on se demande si elles servent vraiment la société ou, plutôt, l’électoralisme de nos politiciens.
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