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vendredi 28 août 2020

Après des mois de brouille, le PCF et LFI veulent avancer ensemble le 28.08.2020


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Après des mois de brouille, le PCF et LFI veulent avancer ensemble

Jean-Luc Mélenchon est attendu à la journée d’été du Parti communiste français, qui aura lieu le samedi 29 août, à Malo-les-Bains, dans le Nord.
Par  Publié aujourd’hui à 11h43
C’est une question que les communistes sont habitués à se poser : « Que faire ? » Que faire, en effet, quand on sort affaibli du scrutin municipal mais que l’on veut, malgré tout, jouer un rôle moteur dans la recomposition de la gauche ?
C’est le dilemme du Parti communiste français (PCF) après la perte de nombreuses villes en juin, dont des bastions comme Saint-Denis et Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), Valenton, Choisy-le-Roi, Villeneuve-Saint-Georges, Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) ; Firminy (Loire) ; Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire) ou encore Gardanne et Arles dans les Bouches-du-Rhône… Des défaites à peine compensées par les victoires, notamment à Bobigny et Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), Villejuif (Val-de-Marne), Tergnier (Aisne), Saint-Paul (La Réunion).
Vu de la place du-Colonel-Fabien, l’adresse de son siège national à Paris, le PCF aborde… renforcé les prochaines échéances électorales, dont les sénatoriales à la rentrée, les régionales et les départementales en 2021. « On a stoppé la perte d’élus et de maires, on progresse dans de nombreux départements. On veut concrétiser cela aux sénatoriales », avance Pierre Lacaze, responsable aux élections. C’est, en substance, le message que veulent délivrer les communistes lors de leur journée d’été le 29 août, à Malo-les-Bains (Nord).
Les communistes peuvent être satisfaits d’une chose : ils sont aujourd’hui très courtisés, notamment par La France insoumise (LFI). Le mouvement populiste de gauche ne cesse d’être laudateur envers le PCF. Fini les piques acerbes et autres « amabilités » qui ont scandé les relations entre ces deux formations depuis près de cinq ans. La preuve ? Jean-Luc Mélenchon passera une tête samedi à Malo-Les-Bains.
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En froid depuis la présidentielle de 2017, communistes et « insoumis » se reparlent et avancent même ensemble. « Ce n’est pas la première fois que La France insoumise visite les communistes, et inversement, temporise Sébastien Jumel, député communiste de Seine-Maritime. Mais la situation rend impérieux le réchauffement des relations entre toutes les formations de gauche si l’on veut battre Emmanuel Macron. Notre rôle est historique, il faut être utile aux gens. »
Sa collègue des Hauts-de-Seine, Elsa Faucillon, favorable au rapprochement entre LFI et PCF abonde : « Cela fait quelques mois qu’il y a un élan positif envers les communistes de la part de La France insoumise. C’est normal qu’avant un cycle d’élections, il y ait une recherche d’alliance. C’est un bon point de départ mais cela ne suffit pas. L’union de formations affaiblies ne crée pas de dynamique. Il faut regarder du côté des forces citoyennes, des syndicats. »

Listes d’union

Mettant toujours en avant son discours « unitaire », le PCF entend créer une « union populaire agissante » à partir des luttes. « La rentrée va se faire autour de mobilisations sociales, sur l’école, le plan de relance, pour la gratuité des masques. Il faut être aux côtés de la population confrontée à la crise. Nous devons discuter de la société post-capitaliste », détaille M. Lacaze.
Selon lui, il faut construire des projets avec les autres partis et mouvements pour travailler avec tous ceux qui s’opposent au gouvernement et qui combattent l’extrême droite. Il continue : « L’écologie est importante mais ne peut pas être le thème central. Il y a aussi la démocratie, l’économie, le social. » Manière de dire que personne n’est hégémonique à gauche, pas plus Europe Ecologie-Les Verts que LFI, le Parti socialiste ou le PCF.
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L’hypothèse de listes d’union de la gauche pour les élections régionales est, en tout cas, dans toutes les têtes. « On peut avoir un accord national autour de projets. Il faut reprendre des régions et des départements à la droite, poursuit Pierre Lacaze. Mais il ne faut pas brûler les étapes. On doit voir d’abord si on est capables, par exemple, de répondre ensemble au plan de relance du gouvernement. »
L’union, oui mais pas à tout prix. « Il faut s’ouvrir, être capables de se parler, voire de se disputer. Le rassemblement aux régionales est possible mais on ne pourra pas le faire partout, dans toutes les régions. Il y a des endroits où cela coince », estime, pour sa part Elsa Faucillon. Pas question non plus de refaire « l’union de la gauche » des années 1970 et 1980, avec des accords d’appareils qui ruissellent jusqu’à la base.
Les temps ont changé, les pratiques militantes également. « Il ne faut ni se retrouver dans un tête-à-tête [avec le PS ou LFI] ni faire des accords de boutiques, d’états-majors avec des logos additionnés. Ce n’est pas crédible. Personne n’est en situation d’être hégémonique », assure Sébastien Jumel.
Affaibli, certes, mais encore très implanté, le Parti communiste entend bien pousser son avantage dans une gauche totalement archipellisée où aucune formation ne peut gagner seule.



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Jean-Luc Mélenchon est attendu à la journée d’été du Parti communiste français, qui aura lieu le samedi 29 août, à Malo-les-Bains, dans le Nord.

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