Le dépôt pétrolier de Lorient reste le seul bloqué sur fond de pénurie de carburant
Les professionnels du BTP, qui s’opposent à la suppression d’un avantage fiscal sur le gazole non routier, ont levé quatre des cinq blocages au lendemain d’une réunion à Bercy.
Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 14h31, mis à jour à 20h21

Le dépôt pétrolier de Lorient, dans le Morbihan, restait le seul encore bloqué, mardi 3 décembre au soir, par des professionnels du bâtiment et des travaux publics (BTP) qui protestent depuis le 28 novembre contre la suppression d’un avantage fiscal sur le gazole. En revanche, les blocages ont été levés mardi, soit par l’intervention des forces de l’ordre, soit volontairement, dans les quatre autres dépôts pétroliers du Grand Ouest.
A Lorient, où le dépôt est bloqué depuis vendredi, « on attend toujours ce qu’on a demandé », a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) Norbert Guillou, chef d’entreprise, précisant attendre encore le rendez-vous avec le premier ministre, Edouard Philippe, réclamé depuis le début du mouvement.
A Vern-sur-Seiche, près de Rennes, quelque 140 gendarmes sont intervenus dès 4 h 15, mardi matin, pour libérer les accès du dépôt pétrolier, bloqué depuis la nuit de jeudi à vendredi par les entrepreneurs du BTP, qui avaient placé leurs engins de chantier devant l’entrée principale. « Les accès au dépôt sont entièrement libres depuis 9 h 15 », a annoncé Augustin Cellard, directeur de cabinet de la préfecture d’Ille-et-Vilaine.
Finalement, les professionnels ont levé volontairement en cours de journée les blocages de Brest, du Mans et de La Pallice (La Rochelle).
« Nous qui faisons marcher l’économie, on ne nous respecte pas »
Les entrepreneurs du BTP protestent contre la suppression de leur avantage fiscal sur le gazole non routier (GNR) prévue en trois paliers à partir du 1er juillet 2020 et jusqu’en 2022. Ils ont été reçus lundi à Bercy par le ministre des finances Bruno Le Maire. Ils devaient consulter leur base après avoir obtenu des « avancées » sur plusieurs de leurs revendications, mais pas sur un nouveau délai concernant la suppression de l’avantage fiscal.
« On a été dégagés comme des chiens. Ils ont menacé de saisir notre matériel », a protesté Jean-Marc Pelatre, entrepreneur du BTP, présent lors du déblocage à Vern-sur-Seiche. « Déçu », M. Pelatre a jugé que l’Etat préférait « donner aux gens qui ne travaillent pas, aux fainéants ». « Et nous qui faisons marcher l’économie française, on ne nous respecte pas », a-t-il dénoncé.
« On est écoeurés ! On s’est fait trahir, notre syndicat nous a fait un enfant dans le dos ! », a ajouté Stéphane Jézéquel, un autre entrepreneur, expliquant que la Chambre nationale des artisans des travaux publics et du paysage (CNATP) avait accepté la proposition du ministre des finances. « Quelle légitimité a-t-on à poursuivre notre mobilisation ? (...) On demandait cinq ans pour avoir le temps » de se préparer à la suppression de l’avantage fiscal sur le GNR, a-t-il ajouté.
« On a perdu une bataille mais on n’a pas perdu la guerre ! », a assuré Bruno Corre, l’un des bloqueurs à Brest, en fustigeant, lui aussi, la « trahison » de la CNATP. M. Le Maire a appelé mardi matin « au sens des responsabilités et à la raison » les entrepreneurs du BTP.
Pénuries de carburant
Ces déblocages interviennent alors que des pénuries de carburant se font sentir dans de nombreuses stations du quart nord-ouest de la France. Après le Finistère dimanche et l’Ille-et-Vilaine lundi, les préfets du Morbihan et des Côtes-d’Armor ont pris à leur tour mardi des arrêtés réquisitionnant des stations-services « afin d’assurer la continuité des services chargés d’une mission prioritaire ».
« Cela a pu être compliqué (...) C’est en cours de résolution », a assuré mardi dans la journée à l’AFP un porte-parole de Total, alors que les blocages cessaient au fur et à mesure dans les cinq dépôts bloqués encore lundi.
« Les situations de tension sur les stocks, ce sont des situations auxquelles on a déjà été confronté. L’ensemble de la chaîne d’approvisionnement est adapté pour répondre à ces situations-là », a-t-il assuré.
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