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jeudi 16 avril 2026

LSDJ (La Sélection du Jour) - Politique UE, Douanes : Autopsie d'une réforme dite « historique » - le 15.04.2026

 



La Sélection Du Jour
15 Avril 2026 - N°2680

Politique

UE, Douanes : Autopsie d'une réforme dite « historique »

Photo : La nouvelle autorité douanière Européenne sera basée à Lille.  Crédits : Velvet, CC BY-SA 4.0 , via Wikimedia Commons
Comment une réforme dite « historique » peut-elle passer quasi inaperçue ? L'analyse du processus décisionnel européen met en lumière un circuit fermé, des experts internes du Joint Research Center de la Commission à un « groupe de sages » de 12 personnes, jusqu'à la Commission qui transforme ces travaux en politique sous aucun débat public. À la clé, la création d'une autorité douanière européenne, basée à Lille, centralisant tout, et un nouveau transfert de souveraineté qui retire aux États le contrôle des frontières et des flux.

Le document en sélection est un communiqué de presse de la Commission européenne, intitulé « Commission welcomes historic agreement to reform EU Customs Union . »  Il s'inscrit dans une salve de documents officiels publiés à cette occasion, dans lesquels la Commission se félicite d'un accord qualifié « d'historique » visant à réformer en profondeur la politique douanière européenne. Historique et pourtant invisible, absent du débat public, à peine relayé. De quoi relativiser le terme ? Non. 

Ce communiqué marque l'aboutissement d'un processus décisionnel parfaitement articulé. Tout commence en mai 2023 avec une communication de la Commission européenne « Réforme douanière : faire passer l'union douanière à l'étape supérieure »  adressée au Parlement, au Conseil et au Comité économique et social européen. Il s'agit bien d'une communication, pas un vote, pas un texte issu d'un débat démocratique. Le ton est sans ambiguïté et tout est présenté comme nécessaire, logique, inévitable. 

Cette communication elle-même ne sort pas de nulle part. Elle s'appuie d'abord sur un rapport de la Cour des comptes européenne de 2021, qui pointe un manque d'harmonisation des contrôles et appelle à renforcer la coordination à l'échelle européenne. On remarque qu'il s'agit toujours de « recommandations » (pages 62-64 du rapport). Une recommandation, par définition, incite à adopter une certaine conduite sans caractère obligatoire ou contraignant. Une sémantique qui protège de toute accusation d'imposition, tout en orientant les décisions. Un rapport réalisé par 7 personnes : Jan Gregor (membre de la Cour des comptes), Werner Vlasselaer (chef de cabinet), Bernard Moya (attaché de cabinet), Alberto Gasperoni (manager principal), José Parente (chef de mission), Diana Voinea et Csaba Hatvani (auditeurs). Des noms publics, mais inconnus, alors même que leurs travaux orientent des décisions majeures. C'est peut-être un foncti…

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Raphaël Lepilleur

Commission welcomes historic agreement to reform EU Customs Union

>>> A lire sur le site de la Commission Européenne

HUFFPOL : En Macronie, une fin de règne et des guerres intestines...le 16.04.2026

 

Les faux amis.

Il fut un temps (pas si lointain) où l’expression utilisée pour qualifier l’attelage gouvernemental et son assise parlementaire était « socle commun ». En cette mi-avril, il ne reste ni socle, ni chose commune en terres macronistes. Il suffit pour s’en convaincre de regarder le fiasco provoqué par la tentative hasardeuse de légiférer à la hussarde sur le 1er mai. Le groupe présidé par Gabriel Attal a réussi à fâcher les syndicats et à braquer le gouvernement et ses alliés du MoDem en tentant d’escamoter le débat parlementaire, avec une motion de rejet sur son propre texte.

Comme s’il était possible de toucher à une date aussi symbolique sans associer les partenaires sociaux. Comme si cette initiative répondait à une urgence autre que politique. Mis devant le fait accompli et soucieux de ménager la gauche, Sébastien Lecornu n’a pas eu d’autre choix que de temporiser, pour éviter un printemps social déjà échaudé par la flambée des prix à la pompe. On aurait tort cependant de limiter ces guerres intestines à une opposition entre le gouvernement et ses forces au Parlement. Au sein même des députés macronistes les fractures se creusent à mesure que les ambitions s’aiguisent.

Suppression des ZFE, assouplissement du ZAN, loi Yadan… Chaque texte examiné en cette fin de règne offre son lot de divisions. Alors que la présidence Macron entre dans sa dernière année, l’échec du « en même temps » théorisé en 2017 saute aux yeux. Et les prétendants à sa succession apparaissent comme des autoentrepreneurs réduits à spéculer sur les restes d’une politique qui se délite dans l’illusion d’un « bloc central » ne cessant de dériver à droite. Le destin de ceux qui naviguent sans boussole.

Romain Herreros, chef du service politique du HuffPost.

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Les divisions à l’intérieur du « bloc central » atteignent des niveaux rarement atteints

À un an de l’élection présidentielle, les désaccords se multiplient entre le gouvernement et les partis censés soutenir Emmanuel Macron. Marceau Taburet en fait le résumé.

 

Contre la loi Yadan, des opposants qui vont bien au-delà de la gauche

Examinée à partir de ce jeudi à l’Assemblée nationale, la proposition de loi du groupe Renaissance fait tiquer jusqu’à ses alliés. Magistrats et universitaires expriment aussi leurs inquiétudes, comme l’explique ici Jade Toussay.

 

En plus des ZFE, cette autre mesure du bilan écologique de Macron qui saute avec la loi « simplification »

Né de la « Convention citoyenne pour le climat », le dispositif « zéro artificialisation nette » a été détricoté au fil des débats parlementaires. Vigie environnement du service généraliste, Pauline Brault fait l’état des lieux.

 

Après la Une de Bardella dans « Paris Match », le RN fait semblant de ne pas voir ce qui questionne

Alors que le président du parti a officialisé sa relation avec Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, au RN, les cadres du parti n’y voient qu’une belle histoire d’amour.

 

« Je me prépare » : François Hollande assume son ambition pour 2027

Dans un entretien à « Marianne », l’ex-président de la République affirme pour la première fois son envie de reconquérir la fonction suprême. Une confirmation en réalité, tant l’hypothèse circulait avec insistance ces dernières semaines.

 

Après la défaite de Viktor Orbán en Hongrie, le RN a vraiment du mal à cacher sa déception

L’ancien Premier ministre, à qui Marine Le Pen avait apporté son soutien pendant la campagne, a été défait dans les urnes. Un vrai désaveu pour le RN, qui fait tout pour dissimuler son amertume.

 
 
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Conférence de Jean-Luc Mélenchon sur le moment politique - Ce jeudi 16 avril 2026 à partir de 19 H 30

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