Translate

vendredi 1 janvier 2021

La rédaction de Mediapart - Covid, Brexit, culture ... au sommaire de Mediapart, ce vendredi 1 er janvier 2021

 


La lettre quotidienne
vendredi 1 janvier 2021

À la une de Mediapart

Les hôpitaux français n'ont pas été en mesure d'accueillir tous les malades graves du Covid-19. La consigne étant de maintenir autant que possible les malades chez eux, certains sont morts faute de prise en charge. Combien ? Face au silence statistique, Mediapart a enquêté et eu accès à des retranscriptions qui montrent que le Samu a opéré un tri drastique. Au nom de familles de victimes, une plainte a été déposée pour « délaissement ayant provoqué la mort ».

Par juliette démas

Avec l’accord sur le Brexit, l’Irlande du Nord échappe aux pénuries alimentaires et au rétablissement d’une frontière physique avec le reste de l’île. Mais après quatre années de revirements, le cœur des Nord-Irlandais n’est pas à la fête. Certains espèrent la tenue rapide d’un référendum sur la réunification de l’île.

Régine Poloniecka, médecin engagée dans les causes humanitaires, écrivaine à ses heures, publie, à 84 ans, un recueil de récits insolites, poétiques. Et parcourus d’effrois du passé, convertis en ouvertures généreuses vers autrui. Rencontre.

Prenant le contrepied de l’« ottomania » qui s’est emparée de l’industrie cinématographique turque avec les encouragements du pouvoir islamo-conservateur, l’équipe du réalisateur Hakan Alak achève le tournage d’un film qui n’encense pas les sultans mais rend hommage à la révolte que provoqua contre eux le penseur soufi.









Dans le Club  Les lecteurs prennent la parole

Le Club est l’espace de libre expression des abonnés de Mediapart.

Voici le texte de l'appel du 17 décembre, qui a récolté plus de 450 signatures : «Quand la loi n'est pas juste, la justice doit passer avant la loi» (Jean-Luc Godard). Nous, artistes, appelons les lieux culturels à ouvrir leurs portes ce jeudi 17 décembre 2020, dans le respect des règles sanitaires ! ON OUVRE !

 
Par 

Demain, 2021, peut-être l’année où je tomberai amoureuse. Il passera sa main dans mes cheveux, je lui demanderai de me lire mes poèmes préférés de Celan, nous irons danser la salsa le dimanche soir... et puis un jour nous aurons peut-être envie de vivre ensemble, va savoir... Mais si pour toi cela sonne pour banal, il n’en sera pas de même pour moi.

 
Par 

Appel à manifestation le 2 janvier 2021 à Paris : nous traduisons le communiqué et les revendications portées par le rassemblement des militants soudanais en exil en France. Suivi de photos et texte concernant les manifestations récentes au Darfour.

 
Par 

Didier Lallement est un ancien protégé de Jean-Pierre Chevènement qui lui a offert une casquette de préfet en 2000. Il l'avait rejoint dans sa jeunesse au sein du Ceres, un ancien courant du PS. Il nous offre des vœux en citant et dénaturant un texte de Léon Trotsky.

 

En guise de vœux, je partage avec ceux et celles qui s'intéressent à Haïti une lecture de la trajectoire de 217 années d’enfumage qui a vu Haïti passer du mythe de l’indépendance à un rituel d’indigence. Mais au-delà du constat terrifiant, toute la question est de savoir, si Haïti dispose encore de la charge d’énergie suffisante pour oser le saut éthique vers la lumière.

Faites découvrir votre journal !
Offrez à vos proches 1 mois d’accès illimité aux enquêtes, analyses et vidéos de Mediapart. Ils pourront juger de toute pièce de la qualité d’un journal 100% indépendant.

à la UNE du Grand Soir - vendredi 1 er janvier 2021

 Le Grand Soir

CETTE SEMAINE

  • La production industrielle chinoise va continuer à croître alors qu’elle décline aux États-Unis

    Pepe ESCOBAR

    Rien ne changera fondamentalement sous l’administration Biden, la guerre hybride contre la Chine restant la priorité. Sept ans après leur lancement par le président Xi Jinping, d’abord à Astana puis à Jakarta, les Nouvelles Routes de la Soie, ou Initiative Ceinture et Route (BRI), rendent l’oligarchie ploutocratique étasunienne de plus en plus folle. Rien ne changera fondamentalement sous l’administration Biden, la guerre hybride contre la Chine restant la priorité. Sept ans après leur lancement (...)


  • Nils MELZER

    [Septembre 2020 :] Vous vous souvenez du meurtre de sang froid de civils irakiens dans Collateral Murder ? Vous vous souvenez de la torture à Guantanamo Bay ? Vous vous souvenez de la corruption politique révélée par les câbles diplomatiques ? Ce sont quelques-unes des histoires qui ont fait la une en 2010, lorsque les principaux journaux internationaux, du New York Times au Guardian en passant par Der Spiegel, se sont associés à WikiLeaks pour exposer les crimes de guerre américains et une longue (...)


VOIR AUSSI

  • Ils ont à notre disposition un mode d’emploi de la vie, sans la vie

    Guy CHAPOUILLIE

    La mise à l’arrêt des remonte-pentes ne m’a pas remonté le moral. Je fais grise mine car j’ai la conviction d’être gouverné par une férocité bourgeoise, comme l’écrivit Pasolini dans « La rabia », avide de rentes et prête à sacrifier le peuple pour l’Unité d’une Europe libérale alignée sur les lois du marché peu soucieuses des communs qui font la cohésion et l’identité d’un peuple. Or, Emmanuel Macron, fiévreux ou non, ce qui ne change rien, ne cesse de nous abreuver, jusqu’à la nausée, de segments de sa pensée (...)


  • Bernard GENSANE

    Hors série des Cahiers de la BD, Paris : 2020. S’il y a un créateur qui a conçu un personnage qui ne lui ressemblait vraiment pas, c’est bien Hergé. Tintin, c’est non seulement une version supérieure de lui-même, mais aussi une projection fantasmée et idéalisée : « Tintin est certainement né de mon désir inconscient d’être parfait, d’être un héros », disait le créateur. Heureusement pour nous les enfants de 7 à 77 ans, celui qui fut sa vie durant un être dépressif, bourré de contradictions, a créé un (...)


  • Nantes Révoltée

    Une nouvelle offensive contre les libertés à la veille de Noël ? En procédure accélérée, le gouvernement a déposé le lundi 21 décembre au soir, à l’Assemblée Nationale, un projet de loi pour créer un « régime pérenne de gestion des urgences sanitaires ». Cette mesure ferait entrer l’état d’urgence sanitaire dans le droit commun, et permettrait notamment de restreindre l’accès à certains lieux aux personnes non vaccinées. Passage en revue : L’état d’urgence sanitaire permanent. Censé être une mesure « (...)


  • PERSONNE

    Déclaration des devoirs et des droits des journalistes (Munich, 1971) Comment séparer le bon grain de l’ivraie, comment distinguer le « journaliste digne de ce nom » du pseudo-journaliste embarqué, stipendié ? Il suffit d’appliquer la grille que constitue la Charte de Munich, « signée le 24 novembre 1971 par plusieurs syndicats européens et adoptée par la Fédération européenne des journalistes au début des années 1990 ». Il semblerait que cette charte soit ignorée des milieux médiatiques (*) : ceci (...)


  • Chachou23

    Les rapports d’ONG se multiplient pour dénoncer les graves atteintes aux droits humains qui découlent de l’extraction, du transport et de l’exploitation des matériaux nécessaires à la fabrication des technologies utilisées dans les énergies renouvelables. Le silence public qui entoure ces pratiques est assourdissant : il traduit le malaise de personnels politiques et médiatiques à assumer certaines contradictions de l’écologie politique. Car les éoliennes, les panneaux solaires et les batteries de (...)


  • Bruno GUIGUE

    Ses détracteurs lui reprochent ses équivoques, l’indétermination de ses concepts, le mouvement erratique de sa pensée. Ce qui pose problème, c’est plutôt l'obscure clarté de ses anathèmes contre les idées progressistes et le compendium avarié de ses présupposés anti-humanistes. Omniprésente dans les manuels scolaires, elle passe pour une grande philosophe, et on ne compte plus les livres, articles et documentaires qui chantent ses louanges. Phare de la pensée politique moderne, elle aurait tout (...)


  • Brenda NORRELL

    Cet article n’est ni complotiste, ni hostile aux développements scientifiques. Il pose des questions auxquelles il n’y a jamais eu de réponses. Le vaccin Pfizer-BioNTech a été testé sur des Navajos pendant la phase expérimentale. L’expérience a été organisée par l’Université John Hopkins, qui a fait des ‘expériences’ sur les Navajos et les Apaches depuis au moins 40 ans. En ce qui concerne les tests du vaccin Pfizer, il s’agissait de gens particulièrement fragiles – malnutrition, diabète, maladies (...)


  • Dominique MUSELET

    En réponse à une question du journaliste de Brut sur les élections présidentielles de 2020, Macron a répondu « Peut-être que je ne pourrai pas être candidat. Peut-être que je devrai faire des choses dans la dernière année, dans les derniers mois, dures, parce que les circonstances l’exigeront et qui rendront impossible le fait que je puisse être candidat. » Une déclaration sibylline et quelque peu menaçante qui n’a évidemment pas du tout intéressé les médias officiels mais qui a fait couler beaucoup (...)


  • Caitlin JOHNSTONE

    La guerre du Yémen est sans doute la pire chose qui se passe actuellement dans le monde. Et la situation ne devrait pas s’améliorer alors que les États-Unis veulent inscrire les rebelles Houtis sur leur liste des organisations terroristes. La guerre a pourtant déjà fait des centaines de milliers de morts. Pouvons-nous y faire quelque chose ou sommes-nous condamnés à la complicité, en regardant ailleurs pendant que des enfants meurent de faim et du choléra ? L’administration Trump serait sur le (...)


  • Yorgos MITRALIAS

    Si l’on en croit nos bons médias internationaux, les États-Unis sont déjà en train de revenir à la « normalité » et – évidemment – Donald Trump c’est déjà du passé. Rien de plus fallacieux que cette vision presque idyllique de la présente passation de pouvoir étasunienne car elle n’a absolument rien à voir avec la très redoutable réalité quotidienne de ce pays. Si l’on en croit nos bons médias internationaux, les États-Unis sont déjà en train de revenir à la « normalité » et – évidemment – Donald Trump c’est déjà (...)


AGENDA

Les abonnements/désabonnements à cette liste, ainsi que la diffusion des nouveautés, sont automatisés et ne sont pas gérés directement par les responsables du site.

Pour se désabonner de cette listeCLIQUEZ ICI

En cas de problème ou si vous désirez contacter un responsable, ne "répondez" pas à ce courrier (car nous n'en serions pas avertis) mais écrivez directement à contact [chez] legrandsoir.info

Une envie de verser votre obole au Grand Soir ? Voir ici.

Commentaires, réactions, menaces et lettres d'amour : contact [chez] legrandsoir.info

Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.

L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Santé Nature Innovation - Bonheur

 

Jean-Marc Dupuis - Santé Nature Innovation

Bonheur


Chère lectrice, cher lecteur,

Nous vivons dans une société obsédée par le bonheur. Nous sommes bombardés toute la journée de visages souriants sur les publicités, les écrans, et quand nous allumons la télévision ou la radio, les animateurs ne cessent d’éclater de rire.

Pire, nous voyons nos propres amis sur les réseaux sociaux poster un flux continu de photos sur leur vie invraisemblablement heureuse ; et bien sûr, la plupart des gens ne partagent jamais leurs pensées et sentiments authentiques.


Tout le monde veut être heureux mais le fait est que la plupart d’entre nous ne savons pas exactement ce que veut dire être heureux, pour nous-même.

Quand j’étais jeune, je pensais qu’il “suffirait” d’avoir le bon métier, le bon diplôme, la bonne voiture, la bonne épouse, les bons enfants, la bonne santé, pour être “heureux”. J’ai donc consacré une folle énergie pour obtenir tout ça. Pour moi, le bonheur, c’était comme atteindre le sommet d’une montagne :
 


Tout ce que j’avais à faire, c’était de travailler vraiment dur, atteindre tous mes objectifs, et je serais heureux.

Et c’est exactement ce que j’ai fait. J’ai travaillé vraiment beaucoup, j’ai escaladé la montagne. Mais arrivé au sommet, je n’ai pas trouvé ce que je cherchais :
 


Ce que j’ai trouvé en haut de la montagne, c’était la déception. J’avais travaillé si dur, j’avais atteint, et plus qu’atteint, mes objectifs, et pourtant je n’étais toujours pas heureux.

En fait, j’étais même… encore plus malheureux. 

J’en ai alors déduit que je m’étais trompé de montagne. J’ai décidé de partir chercher le bonheur ailleurs, dans un autre métier, d’autres activités et auprès d’autres personnes :
 


C’est ce que font la plupart des gens, malheureusement. “Si seulement j’avais ________ , alors je serais heureux.” (remplir l’espace vide)

Mais vous vous doutez déjà de la suite. La suite évidemment, c’est que le bonheur n’était pas non plus en haut de cette autre montagne.

C’est alors que j’ai connu : la crise !

La crise, c’est une période qui peut durer, selon les personnes, de quelques mois à quelques années, voire quelques dizaines d’années.

C’est la période où vous passez successivement par des états de désespoir, d’abattement, de résignation, de colère, de frustration… et ça recommence.

En fait, vous êtes comme un fauve enfermé dans une cage et qui tourne en rond des milliers de fois à la recherche d’une petite porte pour sortir, et qui ne la trouve jamais (alors qu’elle est bel et bien là).

A ce stade, il y a deux catégories de personnes : celles qui trouvent la porte, et celles qui ne la trouvent pas.
 

Les personnes qui trouvent la porte, et celles qui ne la trouvent pas

Ce phénomène est d’ailleurs très curieux. Ce n’est pas que la porte soit si difficile à voir. Elle est là, elle est expliquée dans des milliers de livres, de sites, de magazines, et des centaines de milliers de psychothérapeutes, coachs, sages, messies, gourous, vivent en enseignant cela aux gens.

Mais c’est comme si de nombreuses personnes (la plupart malheureusement) étaient en quelque sorte sourdes aux explications, et sélectivement aveugles : elles ont beau avoir une excellente vue, vous avez beau leur montrer la porte, elles ne la voient pas. Vous avez beau leur hurler les indications pour la trouver, elles ne l’entendent pas.

C’est sans doute de là que vient le proverbe : “Il n’y pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre, ni plus aveugle que celui qui ne veut pas voir”.

Or, voici comment se résument toutes les sagesses du monde qui touchent au bonheur, qu’elles soient d’origine religieuse, philosophique, scientifique :
 

Deux sortes de bonheur

C’est qu’il y a en fait deux sortes de bonheur, qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre :

  1. Le bonheur en tant qu’émotion

Vous éprouvez une émotion positive, comme de la joie, du plaisir, de l’excitation, de l’euphorie.

Nous sommes bien habitués à cela : un bon repas, une folle nuit d’amour, une nouvelle tenue à la mode, un plongeon dans l’océan, une fête à tout casser, un voyage dans une destination de rêve, un massage à l’huile chaude, des jeux avec des enfants, un chien ou un chat faisant des câlins. C’est ce qu’on nous met constamment dans les publicités, et ce à quoi nous pensons quand nous voyons des amis qui rient sur Facebook. 

  1. Le bonheur en tant qu’attitude face à la vie

Il s’agit d’un tout autre type de bonheur, n’ayant en fait rien à voir avec les événements particuliers qui nous arrivent, ce que nous possédons, ou non, ce que les autres pensent de nous, ou non.

C’est la porte qui est cachée. Pour la trouver, et l’ouvrir, cela nécessite un processus délibéré, conscient, volontaire, soutenu généralement sur une longue période, pour aller à la découverte de soi-même et cultiver la bonne attitude vis-à-vis de l’existence, et ce en dépit de toutes les émotions négatives et malheurs qui peuvent nous arriver.

Car la cruelle vérité est là.

Il existe une loi que les psychologues appellent “l’adaptation hédonique”. C’est l’idée que quelle que soit la chose qui produit en vous une émotion positive, et aussi forte que soit cette émotion, elle finit par s’émousser avec le temps. Cela vaut autant pour les promotions professionnelles que pour l’achat d’une nouvelle maison, la rencontre d’une nouvelle personne, un nouveau projet touristique, artistique ou sportif.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas profiter des plaisirs de la vie. Au contraire, il est très important de savoir célébrer, se réjouir, des belles choses qui nous arrivent. Mais c’est qu’il ne faut pas compter dessus pour être heureux.
 

La satisfaction dans la vie, c’est comme un gâteau que vous devez fabriquer vous-même

La satisfaction dans l’existence est un gâteau que vous devez fabriquer vous-même, avec vos propres ingrédients.
 


Mais il y a trois ingrédients de base que je recommanderais quand même à chacun de prévoir :

Ingrédient n°1 : le progrès

Vous devez identifier les domaines qui sont importants pour vous, dans lesquels vous avez des aptitudes et des aspirations naturelles.

Vous éprouverez du bonheur à progresser dans ces domaines et à atteindre un niveau de compétence reconnu, car l’homme est un animal social. Nous nous sentons plus heureux, plus sûrs de nous, plus à l’aise, lorsque nous sommes dans le haut de la pyramide de compétence.

Chez les animaux, il n’y a en général qu’une seule pyramide : le loup qui est le plus fort, le guépard qui court le plus vite. Chez l’homme, il existe une infinité de pyramides hiérarchiques et on peut créer celles que l’on veut.

Le mieux n’est pas d’être au sommet, car alors il n’y a plus de progrès à faire.

La position optimale se trouve quelque part dans le premier tiers : plus compétent que la plupart des participants, mais avec des modèles au-dessus de soi dont on peut s’inspirer pour s’améliorer.

C’est à ce moment là que l’on éprouve le plus de sentiments positifs : au moment où vous êtes en train de bouger dans le bon sens, lorsque vos efforts produisent des fruits.

Les neurologues considèrent même aujourd’hui que les émotions positives sont une information produite par notre cerveau, via la dopamine, la sérotonine et l’adrénaline, pour nous indiquer que nous sommes en train de faire quelque chose de bon pour nous, nous récompenser, et ainsi nous motiver pour continuer.

Si nous en faisons trop, au point de nous nuire à nous-même, se mettent en route les émotions négatives qui provoquent une souffrance et nous incitent à arrêter.

Les émotions sont donc une système de régulation de notre comportement.

Ingrédient n°2 : la gratitude

“Si tu n’es pas reconnaissant pour ce que tu as, tu ne seras jamais heureux”, m’a dit un jour ma grand-mère, excédée par mon comportement.

Jusque là, j’avais toujours considéré la gratitude comme un truc pour les personnes qui aiment s’aveugler, ou pire, pour les faibles qui devaient se contenter de ce qu’ils avaient car incapables d’obtenir ce qu’ils voulaient.

Je pensais que les personnes intelligentes n’avaient pas besoin de gratitude : elles avaient besoin de faire des efforts pour réaliser leurs rêves.

En réalité, tout le monde a besoin de gratitude.

Lorsque vous éprouvez de la gratitude, c’est comme si vous pouviez soudain voir les choses qui étaient jusque là invisibles pour vous.

Il est facile d’être ingrat. Prenez la vie. Combien vaut, pour vous le fait d’être en vie ? Combien vaut, pour vous, votre état actuel de santé ? Si l’homme le plus riche du monde vous proposait de vous acheter un bras, à quel prix le fixeriez-vous ? Qu’en est-il de la vue, ou de votre odorat ?

J’ai posé ces questions à de nombreuses personnes et la réponse va, en général, de plusieurs millions à “aucune somme d’argent ne peut valoir ça”. Et pourtant, il est si facile de prendre pour acquis ce qui est juste devant notre nez.

Nous nous lamentons d’avoir raté une promotion, une compétition, ou perdu de l’argent, ou perdu un amour, alors que nous avons de multiples choses qui valent infiniment plus que tout ce que nous pouvons perdre ou gagner.

Ingrédient n°3 : être présent

L’homme est redoutablement fort pour peupler son esprit d’espoirs, de craintes, d’angoisses, de fantasmes, au point de ne plus rien remarquer de ce qui se passe de réel autour de lui, et même dans sa propre vie.

Il y a 2500 ans, Bouddha a appelé ce phénomène : l’esprit de singe. Il avait observé que l’esprit humain est peuplé de singes ivres, sautant partout, criant, gesticulant, et rivalisant pour attirer votre attention. Il suffit de s’asseoir en silence quelques secondes pour les entendre.

Cela ne veut pas dire qu’il faut s’interdire de penser : se souvenir du passé nous donne des occasions innombrables d’apprendre et nous améliorer, tandis que réfléchir à l’avenir nous permet de prendre de meilleures décisions. C’est bien la taille exceptionnelle du cerveau humain qui explique que nous soyons vivants aujourd’hui.

Néanmoins, on estime que chaque personne a environ 25 000 pensées par jour. La plupart d’entre elles se répètent à l’infini, de façon circulaire, obsessionnelle, sans aucun progrès. Ce sont des souvenir mal digérés, des traumatismes qui ressurgissent constamment, ou encore des anxiétés sur l’avenir qui sont toujours les mêmes.

C’est la présence même de ces pensées qui explique notre tendance à refaire, éternellement, les mêmes erreurs.

Il est capital de vous débarrasser d’un maximum de ces singes ivres qui parasitent votre cerveau. Un travail systématique doit être fait pour les identifier, comprendre leur origine, ce qu’ils veulent, ce dont ils ont besoin pour se taire, enfin. Si une pensée douloureuse revient vous visiter depuis plus de dix-huit mois, recherchez l’aide d’un psychothérapeute professionnel pour vous aider à la digérer et la classer. En effet, cela veut dire que votre cerveau a un problème qui le préoccupe, qu’il cherche une solution, et il ne parvient pas à trouver la réponse seul. C’est pourquoi il passe son temps à vous le re-proposer, encore et encore. Offrez lui l’assistance d’un autre cerveau (celui du professionnel) pour tirer l’enseignement nécessaire, et passer à autre chose.

Plus vous résolvez vos problèmes, plus votre espace cérébral se libère. Votre “bande passante” augmente et vous pouvez vous concentrer sur les problèmes que vous avez choisi librement, de traiter. Ces problèmes peuvent être dans votre vie, ou dans la vie de votre entourage, ce qui souvent, au bout du compte, revient au même car nous vivons en communautés.
 

N’oubliez pas de partager votre gâteau !

Au bout du compte, chacun de nous est responsable de son propre gâteau, et je suis sûr que chaque lecteur de Santé Nature Innovation a de nombreux ingrédients à lui, et à recommander aux autres.

Toutefois, quel que soit le gâteau que l’on décide de faire, n’oublions pas de le partager avec les autres.
 

“Des milliers de bougies peuvent être allumées avec une seule bougie, et la vie de cette bougie n’en sera pas raccourcie. Le bonheur ne diminue jamais en étant partagé”, disait Bouddha.

A votre santé !

Jean-Marc Dupuis