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mercredi 1 avril 2015

à lire sur le Monde .fr , mercredi 1 er avril 2015


                               


MERCREDI 1 AVRIL 2015
En 2014, 241 élèves ont obtenu plus de 20 de moyenne au bac.
Consultez le classement 2015 des lycées
Notre tableau interactif permet de retrouver en un clic les résultats d'un lycée particulier, ou de tous ceux d'une commune ou d'un département.
Un partisan de Muhammadu Buhari à Kano, le 31 mars.
L'opposant Muhammadu Buhari remporte la présidentielle au Nigeria
La victoire de M. Buhari, reconnue par M. Jonathan, constitue la première alternance démocratique au Nigeria, marquant un tournant majeur dans l'histoire politique du pays.
Manifestation de personnels de Radio France devant l'Assemblée nationale, le 19 mars.
Radio France et France Télévisions : Sarkozy et l’UMP dénoncent un « scandale d’Etat »
Les dirigeants de l’UMP ont décidé de lancer une offensive sur la gestion de l’audiovisuel public sous François Hollande.
Au Vernet, des personnes rendent hommage aux victimes du crash de l'avion de Germanwings.
Les PDG de Lufthansa et Germanwings attendus près du lieu du crash de l'A320
Sur le site du crash, enquêteurs et gendarmes continuent de collecter les débris de l'appareil. L'un des objectifs est toujours de retrouver la seconde boîte noire qui contient les paramètres de vol.
Négociations sur le nucléaire iranien.
Nucléaire iranien : date butoir expirée, confusion sur la conclusion d'un accord
La Russie et l'Iran ont évoqué des progrès, voire un début d'accord, tandis que les Etats-Unis ont assuré que toutes les questions n'avaient pas été réglées.
Chambre d'exécution par peloton en Utah, qui vient de rétablir ce moyen de mise à mort.
Peine de mort : les exécutions en baisse en 2014
L'ONG Amnesty International a recensé au moins 603 exécutions l'année dernière (hors Chine et Corée du Nord), moins que les 774 de 2013. Mais les condamnations, elles, ont bondi en 2014.
En images
Léa Seydoux incarne Célestine dans "Journal d'une femme de chambre", de Benoît Jacquot.
« Journal d'une femme de chambre » : Benoît Jacquot dans les pas de Renoir et Buñuel
Le cinéaste dessine les contours d'une société française du début du XX e siècle minée par le nationalisme et l'antisémitisme.
Un rhinocéros terrorise une ville au Népal
Crash A320 : travaux pour un accès facilité à la zone du crash
Natation : hommage à Camille Muffat, "c'est triste mais ça devient pesant pour les athlètes"
Pluies diluviennes et glissements de terrain au Pérou
 
Et aussi
Greek Finance Minister Yanis Varoufakis attends a parliament session in Athens on March 30, 2015. The EU warned Monday that Greece and its creditors had yet to hammer out a new list of reforms despite talks lasting all weekend aimed at staving off bankruptcy and a euro exit. AFP PHOTO / ARIS MESSINIS
M. Varoufakis estime que la Grèce ne peut « pas éviter une restructuration » de sa dette
Les discussions engagées ce weekend entre Athènes et ses créanciers ont été interrompues mardi sans accord. Le ministre des finances grec déplore ne pas avoir « trouvé d’interlocuteurs intéressés ».
« Le procureur est dans un état très grave (...) les deux terroristes ont été tués », a déclaré devant la presse Selami Altinok, assurant que « tout a été essayé » pour obtenir la reddition sans violence des preneurs d'otages.
Mort du procureur turc pris en otage au tribunal d'Istanbul
Le procureur enquêtait sur la mort de Berkin Elvan, symbole de la violente répression exercée par le pouvoir en 2013.
Un Thaïlandais brandit un portrait du roi, le 15 septembre à Bangkok.
En Thaïlande, vingt-cinq ans de prison pour avoir critiqué le roi sur Facebook
La sévérité du jugement pour lèse-majesté est perçue comme un « signal inquiétant » par les ONG.
 | LE JOURNAL DATÉ DU 1 AVRIL
Classement des lycées : « On livre aux familles des informations difficiles à interpréter »
La sociologue Agnès van Zanten porte un regard critique sur les indicateurs de « valeur ajoutée » des lycées publiés mercredi 1er avril par le ministère de l’éducation nationale.
 Lire le journal
Manifestation devant la mairie d'Indianapolis, le 30 mars.
Etats-Unis : l'Indiana va amender sa loi sur la liberté religieuse jugée discriminatoire
La loi promulguée dans l'Indiana permet à un particulier ou une entreprise d'invoquer une entrave « substantielle » à sa liberté de religion pour sa défense dans un procès. Elle laissait craindre des discriminations, notamment contre les homosexuels.
 Misao Okawa, le 5 mars 2015 à l'occasion de son 117e anniversaire.
La Japonaise doyenne de l'humanité est morte à 117 ans
Née en 1898 et issue d'une lignée de marchands de kimonos de la ville d'Osaka, Misao Okawa était officiellement devenue la plus vieille femme du monde à l'âge de 114 ans, en février 2013.
Manifestation d'employés de MoryGlobal le 26 mars devant le ministère des transports.
Liquidation de MoryGlobal, suppression de 2 150 emplois
Le tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a prononcé, mardi, la liquidation du transporteur. Aucune offre de reprise n’a abouti.




Buhari remporte la présidentielle au Nigeria
L'ancien putschiste Muhammadu Buhari a remporté mardi la présidentielle au Nigeria contre le sortant Goodluck Jonathan, lors de l'élection la plus serrée de l'histoire du pays le plus peuplé d'Afrique. Avec l'annonce, tard dans la soirée de mardi, au siège de la commission nationale électorale indépendante (INEC), de sa victoire écrasante dans l'Etat de Borno, épicentre de l'insurrection islamiste de Boko Haram, M. Buhari remporte 21 Etats des 36 que compte la République fédérale. Il compte 2,57 millions de voix d'avance sur M. Jonathan. Malgré les couacs techniques dus à l'utilisation de lecteurs de cartes électorales biométriques pour la première fois, qui ont engendré de longues files d'attente devant les bureaux de votes, et la menace d'attentats islamistes, les Nigérians sont allés voter en masse pour faire entendre leur mécontentement, notamment sur les questions de sécurité et sur la corruption. Dans un pays où les dissensions politiques attisent souvent des tensions ethniques et religieuses, entraînant de sanglantes émeutes post-électorales, le vote, qui s'est déroulé dans le calme, n'a pour l'heure pas donné lieu à des violences majeures, ce que certains redoutaient. Et le groupe islamiste Boko Haram, qui a multiplié les attentats-suicides dans le nord ces dernières semaines et qui avait juré de perturber cette élection, n'est pas parvenu à entraver le processus électoral. La victoire de M. Buhari, reconnue par M. Jonathan, constitue la première alternance démocratique au Nigeria, marquant un tournant majeur dans l'histoire politique agitée de ce pays qui a connu six coups d'Etat militaires depuis l'indépendance, en 1960, et qui a été gouverné par le même parti depuis la fin des dictatures militaires, il y a seize ans. 


L'Ouzbékistan toujours sous la botte de Karimov
Dès la semaine dernière, la BBC l'avait prédit, sans grand risque de se fourvoyer. Nul besoin en effet de prescience pour anticiper la réélection d'Islam Karimov à la tête de l'Ouzbékistan, ex-République soviétique d'Asie centrale peuplée d'un peu plus de trente millions d'habitants. Sans surprise, le président sortant, au pouvoir depuis 1989, a été reconduit dans ses fonctions pour cinq ans avec un score...  stalinien – 90,39 % des voix pour un taux de participation de 91,01 %, rapporteAzernews. Un quatrième mandat obtenu face à trois "rivaux" fantoches qui, rappelle Bloomberg, viole allègrement la lettre de la Constitution du 8 décembre 1992, celle-ci prévoyant, dans son article 90, que nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. Observatrice attentive du scrutin, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a fustigé plusieurs "irrégularités", tant au niveau juridique (votes par procuration douteux) qu'organisationnel, la couverture médiatique préélectorale donnant au chef de l'Etat sortant "un net avantage", souligne The Guardian. A l'instar de Mutabar Tadjibaeva, ancienne prisonnière politique aujourd'hui réfugiée en France, les défenseurs des droits de l'homme s'inquiètent du sort réservé aux opposants, "détruits, embastillés, poussés à l'exil ou éliminés" (Radio Free Europe). A 77 ans, l'autocrate de Tachkent, "implacable et versatile", n'a, semble-t-il, aucun successeur désigné pour le remplacer en cas de décès ou d'empêchement. Une situation qui ne l'embarrasse guère, sa seule préoccupation ayant été jusqu'ici de consolider son pouvoir. Sa principale arme, selon Foreign Policy ? Une "diplomatie matoise" grâce à laquelle l'ancien apparatchik ne se prive pas de mettre en concurrence les puissances – Russie, Chine et Etats-Unis – qui lorgnent les richesses du pays...

BAL : un projet photo participatif en trompe-l'œil
Le BAL fête ses cinq ans. Ce lieu parisien indépendant, né sous l'impulsion de l'Association des amis de Magnum, présidée par le photographe Raymond Depardon, se consacre à la représentation du réel par l'image, sous toutes ses formes (photographie, vidéo, cinéma, nouveaux médias), par le biais d'expositions, de séminaires et de rencontres. L'espace, situé à Clichy, organise à l'occasion de son anniversaire un vaste projet participatif lié à la photographie et ouvert au grand public. Lancée à l'initiative du BAL avec les jeunes de sa plate-forme pédagogique,  de La Fabrique du regard, cette campagne se veut un appel au partage d'images par le biais des réseaux sociaux. Amateur ou professionnel, tout le monde est convié à participer en investissant les espaces publics de la capitale. En ce qui concerne le choix du cliché, la règle du jeu consiste à donner "un coup de pouce au réel en tenant par la main une image, la placer dans une situation réelle de façon à l'intégrer dans le paysage et photographier l'ensemble". Il suffit ensuite d'envoyer l'image sur la plate-forme PICS UP, qui vient d'être mise en ligne spécialement à cet effet, ou de la poster sous le hashtag #picsup. Ce jeu de trompe-l'œil est une invitation à changer par l'image le monde qui nous entoure. Les meilleures images seront exposées sur les berges de Seine, du 27 au
31 mai et publiées par la suite dans un livre portant sur l'événement.

Bygmalion : trois responsables de la campagne de Sarkozy en 2012 placés en garde à vue

                                FranceTV Info
Mercredi 1er avril 2015 |  08h34
Bygmalion : trois responsables de la campagne de Sarkozy en 2012 placés en garde à vue
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Les Crises.fr : L’assassinat de la Grèce, par James Petras

http://www.les-crises.fr

                                       Des images pour comprendre
1
Avr
2015

L’assassinat de la Grèce, par James Petras


’asphyxie de Syriza fait partie intégrante d’un processus qui dure depuis dix ans en vue de l’élimination de la Grèce par l’UE.
Par James Petras – le 22 février 2015

Le gouvernement grec est aujourd’hui enfermé dans une lutte à mort face à l’élite qui domine les banques et les centres du pouvoir politique de l’Union Européenne.
Ce qui est en jeu, ce sont les conditions de vie de 11 millions de travailleurs, fonctionnaires et artisans grecs, ainsi que la viabilité de l’Union Européenne. Si le gouvernement de Syriza capitule face aux exigences des banquiers de l’Union Européenne et accepte de poursuivre la politique d’austérité, la Grèce sera alors condamnée à des décennies de régression, de misère et de domination coloniale. Si la Grèce décide de résister et si elle est contrainte de quitter l’Union Européenne, il lui faudra répudier une dette extérieure de 270 milliards d’euros, provoquant la chute des marchés financiers internationaux et l’effondrement de l’Union Européenne.

Les dirigeants européens : des fantoches impuissants
Les dirigeants de l’Union Européenne misent sur un reniement par les dirigeants de Syriza des promesses faites à l’électorat grec qui, au début du mois de février 2015, voulait, à une écrasante majorité (plus de 70 %), en finir avec l’austérité et le paiement de la dette, développer les investissements de l’état dans l’économie nationale et le développement social (Financial Times 7-8/2/15, p. 3). Les choix sont douloureux, leurs conséquences auront une portée historique mondiale. Les enjeux vont bien au-delà de l’aspect local, ou même régional à court terme. C’est à l’échelle mondiale que tout le système financier en sera affecté (FT 10/2/15, p. 2).
Bien au-delà de l’Europe, le non-remboursement de la dette va se propager à tous, débiteurs ou créanciers ; la confiance des investisseurs à l’égard de l’empire financier occidental sera ébranlée. Avant tout, toutes les banques occidentales ont des liens directs ou indirects avec les banques grecques (FT 2/6/15, p. 3). Quand ces dernières s’effondreront, elles seront profondément affectées au-delà de ce que leurs gouvernements peuvent supporter. L’intervention massive de l’état sera à l’ordre du jour. Le gouvernement grec n’aura plus alors d’autre choix que de prendre le contrôle de l’ensemble du système financier… l’effet domino affectera en premier lieu l’Europe du Sud puis se propagera aux “régions dominantes” du nord ainsi qu’à l’Angleterre et à l’Amérique du Nord (FT 9/2/15, p. 2).
Afin de comprendre les origines de ces crises et des choix auxquels la Grèce et l’Union Européenne sont confrontées, il est nécessaire de passer rapidement en revue les développements économiques et politiques des trois dernières décennies. Nous procéderons en examinant les relations grecques et européennes entre les années 1980 et 2000, puis la crise actuelle et l’intervention européenne dans l’économie grecque. Dans la section finale, nous discuterons de l’ascension et de l’élection de Syriza et de sa soumission grandissante dans le contexte 0de domination et d’intransigeance de l’Union Européenne, mettant en évidence la nécessité d’une cassure radicale avec les anciennes relations de ‘seigneur à vassal’.
Histoire ancienne : la fondation de l’empire européen
En 1980 la Grèce fut admise dans la Communauté économique européenne (CEE) comme un état vassal de l’empire émergent franco-allemand. Avec l’élection d’Andreas Papandréou, chef du parti panhellénistique socialiste grec qui disposait d’une majorité absolue au Parlement, l’espoir d’un changement radical dans les affaires intérieures et extérieures se faisait jour. 1/ En particulier, pendant la campagne électorale, Papandréou avait promis la sortie de l’OTAN et de la CEE, l’annulation des accords autorisant les États-Unis à maintenir des bases militaires en Grèce et une économie fondée sur la “propriété sociale” des moyens de production. Après avoir été élu, Papandréou a immédiatement assuré à la CEE et à Washington que son gouvernement resterait au sein de la communauté européenne et de l’OTAN et renouvelé les accords sur les bases militaires des États-Unis. Des études, commandées par le gouvernement au début des années 80, montrant les résultats à moyen et long terme du maintien de la Grèce dans la CEE, notamment la perte de contrôle du commerce, des budgets et des marchés, ont été ignorées par Papandréou qui a choisi de sacrifier l’indépendance politique et l’autonomie économique sur l’autel des transferts de fonds à grande échelle, des prêts et des crédits venant de la CEE. Depuis son balcon, Papandréou a parlé aux masses d’indépendance, de justice sociale, alors qu’il conservait des liens avec les banquiers européens et les oligarques grecs, armateurs comme banquiers. L’élite européenne à Bruxelles et les oligarques grecs à Athènes ont gardé la mainmise sur les hautes sphères du système politique et économique de la Grèce.
Papandréou a conservé les pratiques de clientélisme politique mises en place par les précédents gouvernements de droite, remplaçant uniquement les fonctionnaires de droite par des membres du parti PASOK.
La CEE a balayé la rhétorique radicale bidon de Papandréou et s’est focalisée sur le fait qu’elle achetait le contrôle et la soumission de l’état grec en finançant un régime clientéliste corrompu, qui détournait les fonds des projets de développement de la compétitivité économique grecque au profit d’un système de favoritisme fondé sur une consommation accrue.
Les élites européennes savaient, au final, que la mainmise financière sur l’économie leur permettrait de dicter la politique grecque et de la garder au sein de l’empire européen émergent.
En dépit de la rhétorique démagogique “tiers-mondiste” de Papandréou, la Grèce était profondément ancrée au sein de l’Union Européenne et de l’OTAN. Entre 1981 et 1985, Papandréou a rejeté sa rhétorique socialiste en faveur d’une augmentation des dépenses sociales pour les réformes de l’aide sociale, l’augmentation des salaires, des pensions et de la couverture de santé, tout en renflouant les entreprises en faillite économique mises à terre par des capitalistes kleptocrates. Résultat, tandis que le niveau de vie augmentait, la structure économique de la Grèce ressemblait toujours à celle d’un état vassal fortement dépendant de la finance de l’Union Européenne, des touristes européens, et à une économie de rente basée sur l’immobilier, la finance et le tourisme.
Papandréou a consolidé le rôle de la Grèce comme avant-poste vassalisé de l’OTAN, une plate-forme pour une intervention militaire américaine au Moyen-Orient et en Méditerranée orientale doublée d’un marché pour les produits manufacturés d’Allemagne et d’Europe du Nord.
D’octobre 1981 à juillet 1989 la consommation grecque a augmenté tandis que la productivité stagnait. Papandréou a remporté les élections en 1985 en utilisant les fonds de la CEE. Pendant ce temps la dette grecque européenne s’envolait… Les dirigeants de l’UE ont condamné la mauvaise utilisation des fonds par la vaste armée de kleptocrates de Papandréou mais pas trop bruyamment. Bruxelles reconnaissait que Papandréou et le PASOK représentaient le meilleur moyen pour museler l’électorat radical grec et garder la Grèce sous tutelle de la CEE et comme fidèle vassal de l’OTAN.
Des leçons pour Syriza : les réformes à court terme et la stratégie vassaliste du PASOK
Qu’il soit dans le gouvernement ou en dehors, le PASOK a suivi les traces de son adversaire de droite (Nouvelle Démocratie) en acceptant la camisole de force de l’OTAN-CEE. La Grèce a continué à maintenir les dépenses militaires par habitant au niveau le plus élevé de tous les membres européens de l’OTAN. Résultat, la Grèce a reçu prêts et crédits pour financer des réformes sociales à court terme et la corruption à grande échelle à long terme, tout en élargissant l’appareil politique de l’état-parti.
Avec l’ascension du premier ministre ouvertement néolibéral Costas Simitis en 2002, le régime du PASOK a manipulé les comptes, fabriqué des données gouvernementales sur son déficit budgétaire, avec l’aide des banques d’investissement de Wall Street, et est devenu un membre de l’Union Monétaire Européenne. En adoptant l’euro, Simitis a favorisé une plus grande subordination financière de la Grèce aux fonctionnaires européens non élus de Bruxelles, dominés par le ministère allemand des finances et les banques.
Les oligarques grecs ont fait de la place au sommet pour une nouvelle espèce d’élite kleptocratique issue du PASOK, qui a détourné des millions sur les achats militaires, commis des fraudes bancaires et s’est livrée à une évasion fiscale massive.
Les élites bruxelloises ont permis à la classe moyenne grecque de vivre l’illusion d’être des “européens prospères” car elles conservaient une influence décisive à travers les prêts et l’accumulation des dettes.
Une fraude bancaire à grande échelle – trois cent millions d’euros – a même impliqué le bureau de l’ex-premier ministre Papandréou.
Les relations clientélistes à l’intérieur de la Grèce n’avaient d’égales que les relations clientélistes entre Bruxelles et Athènes.
Même avant le krach de 2008 les créanciers de l’UE, banquiers privés et prêteurs officiels, fixaient les paramètres de la politique grecque.
Le krach mondial révéla les fondations fragiles de l’état grec – et conduisit directement à l’intervention directe et brutale de la Banque Centrale Européenne, du Fonds Monétaire International et de la Commission Européenne – la tristement célèbre « Troïka ». Cette dernière a imposé les politiques « d’austérité » comme condition du “sauvetage”, qui ont dévasté l’économie, provoquant une crise économique majeure, appauvrissant plus de 40% de la population, réduisant les revenus de 25% et générant 28% de chômage.
La Grèce : captivité par invitation
Prisonnière de l’UE politiquement et économiquement, la Grèce était impuissante au plan politique. Mis à part les syndicats qui ont lancé trente grèves générales entre 2009 et 2014, les deux principaux partis, PASOK et Nouvelle Démocratie, ont amené la prise de contrôle par l’UE. La dégénérescence du PASOK en un appendice de l’UE constitué d’oligarques et de vassaux collaborateurs a vidé de son sens la rhétorique ‘socialiste’. Le parti de droite Nouvelle Démocratie a renforcé et rendu plus profonde encore la mainmise de l’UE sur l’économie grecque. La Troïka a prêté à son vassal grec des fonds (“de sauvetage”) qui furent utilisés pour rembourser les oligarques financiers allemands, français et anglais et renforcer les banques privées grecques. La population grecque était ‘affamée’ par les politiques “d’austérité” destinées à maintenir le flot des remboursements sortant vers le haut.
L’Europe : Union ou Empire ?
La crise de L’Union Européenne de 2008/2009 eut plus d’impact sur ses maillons faibles, l’Europe du Sud et l’Irlande. L’Union Européenne a révélé sa véritable nature d’empire hiérarchique, dans lequel les états puissants, l’Allemagne et la France, pouvaient ouvertement et directement contrôler l’investissement, le commerce, les politiques monétaires et financières. Le “sauvetage” de la Grèce tant vanté par l’UE était en fait le prétexte pour imposer de profonds changements structurels. Ceux-ci incluaient la dénationalisation et la privatisation de tous les secteurs économiques stratégiques, les remboursements de dettes perpétuels, les diktats étrangers sur les politiques de revenus et d’investissements. La Grèce a cessé d’être un état indépendant : elle a été totalement et absolument colonisée.
Les crises perpétuelles de la Grèce : la fin de “l’illusion européenne”
L’élite grecque et, au moins depuis 5 ans, la plupart des électeurs, ont cru que les mesures régressives (“austérité”) adoptées – les licenciements, les coupes budgétaires, les privatisations, etc., étaient des traitements amers de courte durée qui mèneraient rapidement à une réduction de la dette, à l’équilibre budgétaire, à de nouveaux investissements, à la croissance et au redressement. Du moins, c’est ce que leur disaient les experts économiques et les dirigeants de Bruxelles.
En réalité, la dette a augmenté, la spirale descendante de l’économie s’est poursuivie, le chômage s’est amplifié, la dépression s’est aggravée. “L’austérité” était une politique de classe instaurée par Bruxelles pour enrichir les banquiers étrangers et piller le secteur public grec.
La clé du pillage par l’UE a été la perte de la souveraineté grecque. Les deux partis majoritaires, Nouvelle Démocratie et le PASOK, en étaient des complices actifs. Malgré un taux de chômage de 55% chez les 16-30 ans, la coupure de l’électricité de 300 000 foyers et un exode de masse (plus de 175 000), l’UE (comme on pouvait le prévoir) a refusé d’admettre que le plan d’”austérité” avait échoué à redresser l’économie grecque. La raison pour laquelle l’UE s’obstinait dans cette “politique ayant échoué” résidait dans le fait qu’elle bénéficiait du pouvoir, des privilèges et des profits du pillage et de sa suprématie impériale.
De plus, la reconnaissance par l’élite de Bruxelles de son échec en Grèce aurait probablement pour résultat qu’il lui serait demandé de reconnaître également ses échecs dans le reste de l’Europe du Sud et au-delà, y compris en France, en Italie et chez d’autres membres clés de l’UE (Economist 17/1/15, p. 53). Les élites dirigeantes, financières et entrepreneuriales, d’Europe et des USA ont prospéré par les crises et la dépression, en imposant des coupes budgétaires dans les secteurs sociaux, les salaires et les traitements. Admettre un échec en Grèce aurait des répercussions en Amérique du Nord et en Europe, remettant en question leurs politiques économiques, leur idéologie et la légitimité des dirigeants. La raison pour laquelle tous les régimes de l’UE soutiennent l’insistance de l’UE à ce que la Grèce continue à respecter cette politique “d’austérité” manifestement perverse et rétrograde et impose des “réformes structurelles” réactionnaires, est que ces mêmes gouvernants ont sacrifié le niveau de vie de leur propre population active au cours des crises économiques (FT 13/2/15, p. 2).
Les crises économiques, de 2008/2009 jusqu’à aujourd’hui (2015), demandent toujours de durs sacrifices pour perpétuer les profits des classes dirigeantes et financer les subventions publiques des banques privées. Toutes les institutions financières majeures – la BCE, la Commission Européenne et le FMI – suivent la même ligne : aucune contestation ou écart ne sera toléré. La Grèce doit accepter les diktats de l’UE ou faire face à d’énormes représailles financières. “Etranglement économique ou servage perpétuel envers la dette” est la leçon que Bruxelles envoie à tous les états membres de l’UE. Alors que, ostensiblement, elle parle à la Grèce – c’est un message destiné à tous les états, mouvements d’opposition et syndicats qui mettraient en question les diktats de l’oligarchie bruxelloise et de ses suzerains allemands.
Tous les principaux médias et grands pontes de l’économie ont servi de mégaphone aux oligarques de Bruxelles. Le message répété sans cesse par les libéraux, conservateurs et sociaux démocrates aux nations persécutées, aux travailleurs dont les revenus baissent, qu’ils soient salariés ou payés à la tâche, ainsi qu’aux petits entrepreneurs, est qu’ils n’ont pas d’autre choix que d’accepter des mesures rétrogrades, taillant dans le vif de leurs conditions de vie (les “réformes”) s’ils veulent espérer la ‘reprise économique’ – qui, bien sûr, n’a pas eu lieu depuis cinq ans !
La Grèce est devenue la cible principale des élites économiques en Europe car les grecs sont passés de manifestations sans conséquence au pouvoir politique. L’élection de Syriza, sur la base d’une souveraineté convalescente, rejetant l’austérité et redéfinissant ses relations avec les créditeurs en faveur d’un développement national marque les prémices d’une éventuelle confrontation à l’échelle du continent.
L’ascension de Syriza : héritage douteux, luttes de masse et promesses radicales (non tenues)
La croissance de Syriza, d’une alliance de petites sectes marxistes en un parti électoral de masse, est largement due à l’incorporation de millions de fonctionnaires des classes moyennes, de retraités et de petits entrepreneurs. Beaucoup soutenaient le PASOK auparavant. Ils ont voté Syriza pour retrouver leurs conditions de vie et la stabilité de l’emploi de la précédente période de “prospérité” (2000-2007) qu’ils avaient obtenue au sein de l’UE. Le rejet total du PASOK et de la Nouvelle Démocratie fut l’aboutissement de 5 années de profondes souffrances qui auraient pu provoquer une révolution dans un autre pays. Leur radicalisme commença par des manifestations, des marches, et des grèves qui furent autant de tentatives de pression sur les régimes de droite pour qu’ils changent le cap de l’UE et que cesse l’austérité tout en restant au sein de l’UE.
Ce secteur de SYRIZA est ‘radical’ en ce qu’il oppose le conformisme présent à la nostalgie du passé – le temps des vacances à Londres et Paris financées par l’euro, du crédit facile pour acheter voitures et mets importés, pour ‘se sentir moderne’ et ‘européen’ et parler anglais !
La politique de Syriza reflète, en partie, cette part ambigüe de son électorat. D’un autre côté, Syriza s’est assuré le vote des jeunes radicaux, chômeurs et travailleurs, qui n’ont jamais fait partie de la société de consommation et qui ne s’identifient pas à “l’Europe”. Syriza s’est imposé comme un parti de masse en moins de 5 ans et ses sympathisants comme ses dirigeants reflètent un haut degré d’hétérogénéité.
La branche la plus radicale, idéologiquement, est représentée principalement par des groupes marxistes qui à l’origine se sont regroupés pour former un parti. La branche des jeunes chômeurs s’y est jointe suite aux émeutes contre la police déclenchées par l’assassinat d’un jeune activiste lors des premières années de la crise. La troisième vague est composée en majorité de milliers de fonctionnaires licenciés et de retraités qui ont souffert de larges coupes dans leurs pensions sur ordre de la troïka en 2012. La quatrième vague représente les membres de l’ex PASOK qui ont fui le naufrage d’un parti en faillite.
La gauche de Syriza se trouve principalement dans la base populaire et parmi les dirigeants des mouvements locaux issus des classes moyennes. Les grands dirigeants de Syriza qui tiennent les postes-clés sont des universitaires, dont certains étrangers. Beaucoup sont des membres récents voire ne sont même pas membres du parti. Peu d’entre eux ont pris part aux luttes de masse – et beaucoup n’ont que peu de liens avec les militants de base. Ils sont les plus enclins à signer un “accord” trahissant des grecs appauvris.
Depuis que Syriza a remporté les élections en 2015, le parti a commencé à enterrer son programme initial de changements structurels radicaux (socialisme) et à adopter des mesures visant à s’adapter aux intérêts du secteur des affaires grec. Tsipras a parlé de la “négociation d’un accord” dans le cadre d’une Union Européenne dominée par les allemands. Tsipras et son ministre des finances ont proposé de renégocier la dette, l’obligation de payer et 70% des réformes ! Quand un accord a été signé, ils ont complètement capitulé !
Pendant un court moment, Syriza a maintenu une position double : “s’opposer” à l’austérité et parvenir à un accord avec ses créanciers. Cette politique “réaliste” reflète les positions des nouveaux ministres universitaires, des anciens membres du PASOK et de la classe moyenne qui s’enfonce. La rhétorique et les postures radicales de Syriza sont révélatrices de la pression des chômeurs, de la jeunesse et de la masse pauvre, qui seraient ceux qui auraient à perdre si un accord de paiement aux créanciers était négocié.
Union Européenne – SYRIZA : les concessions avant la lutte ont mené à la reddition et à la défaite
La “dette grecque” n’est pas vraiment une dette des grecs. Les créanciers institutionnels et les banques européennes ont prêté sciemment et à grand risque de l’argent à des kleptocrates, des oligarques et des banquiers qui en ont siphonné la plus grande partie dans des comptes en Suisse, dans de l’immobilier de grand standing à Londres et à Paris, activités incapables de générer des revenus afin de rembourser la dette. En d’autres termes, la dette est en grande partie illégitime et a été mise à tort sur le dos des grecs.
Syriza, depuis le début des “négociations”, n’a pas remis en question la légitimité de la dette ni identifié les catégories spécifiques de personnes et les entreprises qui devraient la payer.
De plus, pendant que Syriza contestait la politique “d’austérité”, il ne remettait pas en cause les organisations et les institutions européennes qui l’imposaient.
Depuis ses débuts, Syriza a accepté l’adhésion à l’Union Européenne. Au nom du “réalisme”, le gouvernement Syriza a accepté de payer la dette ou une partie de celle-ci comme base de négociation.
Structurellement, Syriza a développé une direction très centralisée dans laquelle toutes les décisions majeures sont prises par Alexis Tsipras, ce qui limite l’influence des militants de base radicalisés. Cela a facilité les “compromis” avec l’oligarchie de Bruxelles qui vont à l’encontre des promesses de campagne et qui peuvent mener à la perpétuelle dépendance de la Grèce aux dirigeants et créanciers de l’UE.
De plus, Tsipras a resserré la discipline au sein du parti au lendemain de son élection, s’assurant qu’aucun compromis douteux ne ferait l’objet d’un quelconque débat public ou d’une révolte extra-parlementaire.
L’Empire contre le succès démocratique grec

Lors des élections parlementaires grecques, probablement les plus importantes depuis la seconde guerre mondiale, les travailleurs grecs ont défié une incroyable campagne médiatique de peur et ont voté massivement pour le parti de gauche, anti-austérité, SYRIZA.
Dès l’instant où Syriza a reçu un mandat démocratique, l’élite de l’UE a suivi la route autoritaire typique de tous les monarques impériaux. Elle a exigé de Syriza (1) une reddition inconditionnelle, (2) le maintien des structures, politiques et pratiques du précédent régime vassal de coalition (PASOK-Nouvelle Démocratie) (3) que Syriza suspende toute réforme sociale, (augmentation du salaire minimum, augmentation des dépenses dans le secteur des retraites, de la santé, de l’éducation et de la lutte contre le chômage) (4) que SYRIZA se plie aux directives économiques strictes et à la supervision développées par la “troïka” (la Commission Européenne, la Banque Centrale Européenne, et le Fonds Monétaire International) (5) que SYRIZA conserve l’objectif actuel d’excédent budgétaire primaire de 4,5% du PIB en 2015-2017.
Pour renforcer sa stratégie de strangulation du nouveau gouvernement, Bruxelles a menacé de couper brusquement toutes les facilités de crédit présentes et futures, de réclamer tous les paiements de dette, de mettre fin à l’accès aux fonds d’urgence, et de ne pas soutenir les obligations bancaires grecques – lesquelles fournissent les prêts aux entreprises locales.
Bruxelles offre à Syriza la funeste “solution” de commettre un suicide politique en acceptant le diktat qui lui est imposé, s’aliénant ainsi son électorat. En trahissant son mandat, Syriza se confronterait à des manifestations de colère populaire. En rejetant le diktat de Bruxelles et en mobilisant son électorat, Syriza pourrait chercher de nouvelles sources de financement, en imposant un contrôle des capitaux et en s’orientant vers une « économie d’urgence » radicale.
Bruxelles s’est retranché sur ses positions et a fait la sourde oreille aux premières concessions de Syriza, préférant interpréter celles-ci comme une avancée vers une capitulation totale, au lieu d’y voir des efforts pour parvenir à un “compromis”.
Syriza a déjà abandonné ses demandes d’effacement de grandes parts de la dette, en faveur d’une extension de la période de recouvrement de celle-ci. Syriza a accepté de continuer à payer ses échéances, du moment qu’elles soient liées au taux de croissance économique. Syriza accepte la supervision de l’UE, tant qu’elle n’est pas menée par la “troïka” honnie, laquelle a des connotations toxiques pour la plupart des grecs. Malgré tout, les changements sémantiques ne changent pas la substance de la “souveraineté limitée”.
Syriza a déjà accepté une dépendance structurelle à moyen et long terme dans le but de s’assurer le temps et la marge de manœuvre nécessaires afin de financer ses programmes populaires à court terme. Tout ce que Syriza demande c’est un minimum de flexibilité fiscale sous la supervision de “radicaux” ayant la qualité de ministre des finances allemand !
Syriza a temporairement suspendu les privatisations en cours de secteurs clés de l’infrastructure (infrastructures portuaires et aéroportuaires), de l’énergie et des télécommunications. Cependant, elle n’y a pas mis fin, ni révisé les privatisations passées. Mais pour Bruxelles, la “liquidation” des lucratifs secteurs stratégiques grecs est une partie essentielle de son agenda de “réformes structurelles”.
Les propositions modérées de Syriza et ses efforts pour opérer dans le cadre structurel de l’UE établi par les précédents gouvernements vassaux ont été rejetés par l’Allemagne et ses 27 larbins de l’UE.
L’affirmation dogmatique de politiques extrémistes, ultra néolibérales de l’UE, y compris le démantèlement de l’économie nationale grecque et le transfert des secteurs les plus lucratifs dans les mains d’investisseurs impériaux, est répétée dans les pages de tous les principaux quotidiens. Le Financial Times, le Wall Street Journal, le New York Times, le Washington Post, le Monde sont des armes de propagande de l’extrémisme de l’Union Européenne. Confronté à l’intransigeance de Bruxelles et face au ‘choix historique’ de la capitulation ou de la radicalisation, Syriza a essayé de persuader des gouvernements clés. Syriza a tenu de nombreuses réunions avec des ministres de l’UE. Le premier ministre Alexis Tsipras et le ministre des finances Yanis Varoufakis sont allés à Paris, Londres, Bruxelles, Berlin et Rome pour chercher un accord de ‘compromis’. Cela n’a servi à rien. L’élite bruxelloise martelait sans relâche :
La dette devra être payée entièrement et dans les temps.
La Grèce devrait restreindre ses dépenses pour accumuler un surplus de 4,5% ce qui assurerait les paiements aux créanciers, aux investisseurs, spéculateurs et kleptocrates.
Le manque de toute flexibilité économique de l’Union Européenne, comme de toute disposition à accepter le moindre compromis, est une décision politique : humilier et détruire la crédibilité de SYRIZA en tant que gouvernement anti-austérité aux yeux de ses soutiens nationaux et de ceux qui seraient susceptibles de l’imiter à l’étranger, en Espagne, en Italie, au Portugal ou en Irlande (Economist1/17/15, p. 53).
Conclusion

Yánis Varoufákis and Aléxis Tsípras (Voltaire)
L’étranglement de Syriza fait partie intégrante du processus, long de 10 ans, visant à l’assassinat de la Grèce par l’Union Européenne. Une réponse brutale à la tentative héroïque d’un peuple entier, projeté dans la misère, condamné à être dirigé par des conservateurs kleptocrates et des sociaux-démocrates.
Les empires ne se défont pas de leurs colonies par des arguments raisonnables ni par la faillite de leurs “réformes” régressives.
L’attitude de Bruxelles envers la Grèce est guidée par la politique du “diriger ou ruiner”. “Sauvetage” est un euphémisme pour recycler les financements, traversant la Grèce et retournant aux banques contrôlées par la zone euro, pendant que les travailleurs et salariés grecs sont accablés par une dette toujours plus importante et une domination durable. Le “plan de sauvetage” de Bruxelles est un instrument de contrôle par des institutions impériales, qu’elles s’appellent “troïka” ou autre.
Bruxelles et l’Allemagne ne veulent pas de membres contestataires, ils peuvent néanmoins condescendre à faire de petites concessions afin que le ministre des finances Varoufakis puisse revendiquer “une victoire partielle” – une comédie grotesque ayant pour euphémisme “rampez ! Sinon…”
Le plan de sauvetage sera décrit par Tsipras-Varoufakis comme étant “nouveau” et “différent” des accords passés ou encore comme un repli “temporaire”. Les allemands peuvent “accorder” à la Grèce de réduire son excédent de budget primaire de 4,5 à 3,5% ‘l’an prochain’ – mais elle devra toujours réduire les fonds destinés à stimuler l’économie et “reporter” la hausse des retraites, des salaires minimums…
Les privatisations et autres réformes régressives ne s’arrêteront pas, elles seront “renégociées”. L’état ne gardera qu’une “part” minoritaire.
On demandera aux ploutocrates de payer quelques taxes supplémentaires mais pas les milliards d’euros d’impôts non payés au cours des dernières décennies.
De même les kleptocrates du Pasok-  Nouvelle Démocratie ne seront pas poursuivis en justice pour pillage et vol.
Les compromis de SYRIZA démontrent que la définition délirante donnée par la droite (the Economist, Financial Times Times, NY Times, etc.) de Syriza comme appartenant à la “gauche dure”, ou ultra-gauche n’est nullement fondée sur la réalité. Car “l’espoir pour l’avenir” de l’électorat grec pourrait à présent virer à la colère. Seule une pression populaire peut inverser l’apparente capitulation de Syriza, et les infortunés compromis du ministre des finances Varoufakis. Comme celui-ci manque de soutien dans son parti, Tsipras peut facilement le démettre pour avoir signé un “arrangement” qui sacrifie les intérêts fondamentaux du peuple.
Cependant, si, dans les faits, le dogmatisme de l’Union Européenne et son intransigeance excluent même les accords les plus favorables, Tsipras et Syriza (contre leur volonté) pourraient être forcés de quitter l’Empire de l’Euro et faire face au défi de bâtir une politique et une économie vraiment nouvelles et radicales, en tant qu’état libre et indépendant.
Une sortie réussie de la Grèce de l’empire germano-bruxellois entraînerait probablement la dissolution de l’UE, car d’autres états vassaux se rebelleraient et suivraient l’exemple grec. Ils renieraient non seulement l’austérité mais aussi leurs dettes extérieures et le paiement éternel des intérêts. L’empire financier tout entier – le prétendu système financier mondial pourrait être ébranlé… La Grèce pourrait redevenir le “berceau de la démocratie”.

Post-scriptum : Il y a trente ans, je fus un participant actif et un conseiller pendant trois ans (de 1981 à 1984), du premier ministre Papandréou. Tout comme Tsipras, il a commencé avec des promesses de changement radical et a fini par capituler devant Bruxelles et l’OTAN, se rangeant aux côtés des oligarques et des kleptocrates au nom de “compromis pragmatiques”. Espérons que face à une révolte de masse, le premier ministre Alexis Tsipras et Syriza prendront un tout autre chemin. L’Histoire n’est pas obligée de se répéter comme une tragédie ou une farce.
[1] Le compte-rendu du régime d’Andreas Papandreou s’appuie sur mon expérience personnelle, des interviews et des observations et sur mon article (écrit en collectif) “Socialisme grec : L’état patrimonial revisité” paru dans Paradoxes méditerranéens : la structure politique et sociale de l’Europe du Sud, James Kurth et James Petras (Oxford : presse de Berg 1993/ pp. 160-224)
Source : James Petras, My Catbird Seat, le 22/02/2015
Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Les Crises.fr : [Inde] La victoire du parti Aam Aadmi du point de vue pakistanais

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                                 Des images pour comprendre

1
Avr
2015

[Inde] La victoire du parti Aam Aadmi du point de vue pakistanais

Juste parce que personne n’en a parlé, que l’Inde ça existe (ça fait terriblement colonialiste ce silence, non ?), nos médias étant de plus en plus abonnés aux (tragiques) faits divers…
Lahore : Le parti Aam Aadmi (AAP) [NdT : « parti de l'homme ordinaire »] d’Arvind Kejriwal a remporté une écrasante victoire dans l’élection territoriale de l’état de Delhi, raflant 67 sièges sur 70 possibles, concédant seulement 3 sièges au parti au pouvoir le BJP [NdT : « parti du peuple indien »], tandis que le Parti du Congrès n’en remportait pas un seul. Ainsi le BJP et le Parti du Congrès ont tous les deux été battus lors des élections territoriales de la capitale indienne. L’AAP a remporté plus de 90% des sièges dans la capitale. L’écrasante victoire de ce parti découle de sa persévérance dans le soutien des aspirations des classes pauvres, spécialement en milieu urbain, de son soutien aux revendications concernant la réduction du prix de l’électricité, l’accès gratuit à l’eau, ou encore les exigences de retenue et de professionnalisme en direction de la police de Delhi.
Delhi, petit état et capitale de l’Inde, a une assemblée très en vue. L’échec total du BJP est à coup sûr un coup rude porté au parti au pouvoir bien que cela ne représente pas pour lui une menace immédiate, puisqu’il a récemment remporté les élections territoriales des états du Maharashtra et de l’Haryana, qui ne sont pas réputés être des bastions du BJP. Le BJP a déjà remporté de nombreuses élections territoriales. Mais l’irruption de l’AAP en tant que puissance politique montante a dû faire froid dans le dos aux dirigeants du BJP. Un observateur politique notait à juste titre que la défaite à Delhi annonçait certainement la fin de l’état de grâce du premier ministre Modi. Le BJP est vu comme un parti de financiers et d’affairistes, tandis que l’AAP est devenu le parti des masses populaires pauvres en Inde. L’AAP a toujours une réputation sans tache, alors que le BJP a déjà été mis en cause pour ses profonds préjugés à l’encontre des 160 millions d’Indiens musulmans et pour son positionnement sur la ligne politique dure de son aile droite.
A présent, la question principale est : l’AAP inspirera-t-il le reste de l’Inde comme il l’a fait à Delhi ? Les principaux sujets de campagne de ces élections étaient la corruption, la fourniture d’eau, l’énergie, la loi et le maintien de l’ordre, etc. Le grand sérieux avec lequel Kejriwal de l’AAP s’est attaqué à ces problèmes dans son précédent mandat a fait naître dans l’électorat une confiance dans les capacités de son parti à trouver les solutions adéquates. Aujourd’hui, même s’il ne devrait plus y avoir de surprises en magasin pour le parti au pouvoir, c’est une réussite suffisante pour l’AAP que d’avoir fait éclater la vitrine d’invincibilité politique dont le BJP se targuait jusqu’alors. Le refus du BJP de prendre en compte les minorités, et sa propension à diviser les électeurs pour des raisons de caste, de classe ou de religion le rendra tôt ou tard impopulaire. Son attirance pour ce stupide suprématisme indien, les identités religieuses et le chauvinisme commence déjà à lui faire mauvaise presse, en Inde comme à l’international, et devrait tôt ou tard provoquer sa chute. Nous en voyons les premiers signes dans les résultats des récentes élections territoriales de l’état de Dehli.
Comment devons-nous, au Pakistan, percevoir cette élection territoriale en Inde, et comment devons-nous réagir face à de tels changements en cours ? Tout d’abord, au Pakistan, il est hautement improbable qu’un petit parti politique, vieux d’à peine deux ans, puisse corriger de la sorte un parti au pouvoir fort et bien implanté dans quelque élection que ce soit. C’est quelque chose qui n’est jamais arrivé jusqu’ici dans notre pays. Ici, même si une telle bataille électorale arrivait, le fait qu’elle implique une entité politique inexpérimentée ferait qu’à la moindre chance de succès de ce parti, la totalité de la machine gouvernementale se mettrait en action pour s’assurer qu’il n’en soit rien. Deuxièmement, dans l’éventualité d’un résultat défavorable, agiter l’épouvantail du vote truqué est une pratique éprouvée, qui permettrait de discréditer entièrement le scrutin.
On pourrait seulement souhaiter que nos politiciens aient, eux aussi, obtenu leurs postes au service de la population à la sueur de leur front, et qu’ils aient constaté et subi les rigueurs de la vie comme tout homme normal, afin de comprendre la misère et les privations subies par les populations pauvres. A moins que la direction politique ne sorte de sa répulsion pour « l’homme ordinaire », aucun changement, réel et de grande portée, ne pourra avoir lieu au Pakistan.
Zafar Aziz Chaudhry
Source : The Express Tribune, le 14/02/2015
Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Mercredi 1er avril 2015 |  07h00
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