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lundi 6 mai 2013

L’amorce d’une espérance, l'éditorial de Patrick Apel-Muller

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POLITIQUE -  le 6 Mai 2013

L’amorce d’une espérance, l'éditorial de Patrick Apel-Muller

Une foule immense, une vraie colère, une espérance qui se lève. La manifestation appelée hier par le Front de gauche amorce une nouvelle période. Un an après l’élection de François Hollande, le désenchantement a envahi ses électeurs et gagne au cœur du Parti socialiste.
La rengaine de l’austérité obligatoire est répétée par les gouvernants comme un puissant anesthésiant. « Cette fatalité promulguée, écrivait Jaurès, éveille, avec toutes les inquiétudes, tous les appétits et toutes les insolences. » Celles des hiérarques sarkozystes, qui tentent de se refaire une virginité sur le dos des échecs du ministère Ayrault. Pire, le Front national avoue ses ambitions, tirer profit des renoncements du pouvoir et du désespoir de ceux qui rêvaient de changement, pour mettre en place une politique bleu-blanc-brun… Les dirigeants du PS qui agitaient hier le spectre des années 1930 devraient se souvenir sur quels fonds de démissions politiques et de troubles relations avec l’argent se sont construites les ascensions fascistes. Et puis voilà qu’une nouvelle fois les foules de la Bastille rejoignent la Nation, qu’ainsi la République sociale se dresse comme une incarnation de l’intérêt général, de l’intérêt national. Ne nous y trompons pas : on parle ici de départ et non point d’arrivée. Le rassemblement des forces vives de la gauche, visible hier avec Eva Joly et des responsables écologistes, appréciable avec des militants ou sympathisants du PS, doit prendre une ampleur bien supérieure pour faire pièce à la coalition des bénéficiaires de dividendes, des propriétaires du CAC 40, des oligarques européens, et des grands prêtres 
de l’austérité. Mais c’est désormais à l’ordre du jour.
 
« Une vague rouge qui déferle », notait en direct I-Télé hier. Autre chose que les troupes maigrelettes des homophobes regroupés place Vauban et même que les rangs clairsemés du FN, le 1er Mai. C’est une démonstration que le peuple français n’est pas fourbu, harassé et éteint. La force qui s’est exprimée en 2012 
pour renvoyer Nicolas Sarkozy ne s’est pas évanouie ; 
elle peut à nouveau se retrouver. C’est à quoi rêvait 
à haute voix Eva Joly, hier. C’est ce que prédisait 
Jean-Luc Mélenchon. C’est à quoi Pierre Laurent veut destiner des assises pour le changement, le 16 juin. Lorsque la foule criait hier « résistance », ce n’était pas dos au mur, réduite à se défendre, mais en dessinant les chemins qui briseraient la domination de la finance internationale, les cercles vicieux de l’austérité, l’autoritarisme des cercles dirigeants de l’Union européenne. La VIe République pour laquelle il faut désormais rassembler une majorité en tracera les cartes.
Patrick Apel-Muller

Israël multiplie les raids meurtriers contre la Syrie

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MONDE -  le 6 Mai 2013

Israël multiplie les raids meurtriers contre la Syrie

    
Violant l’espace aérien libanais, les avions israéliens ont frappé de nombreuses installations militaires syriennes. Alors qu’ils interviennent sous couvert de poursuivre le Hezbollah, ils soutiennent ainsi, de fait, les islamistes du Front al-Nosra.
Israël a lancé dimanche un raid près de Damas, le deuxième mené en quarante-huit heures en Syrie par Tel-Aviv. Cette attaque a visé un centre de recherches scientifiques à Jamraya, déjà touché fin janvier par Israël, ainsi que deux objectifs militaires – un important dépôt de munitions et la division 14, une unité de la défense antiaérienne syrienne, à Saboura, près de l’autoroute Beyrouth-Damas à l’ouest de la capitale –, selon un diplomate à Beyrouth. Des habitants du nord-ouest de Damas, à quelques kilomètres de Jamraya, ont décrit la série d’explosions qui a eu lieu dans la nuit comme « un tremblement de terre », évoquant « un ciel où se mêlaient de manière terrifiante le rouge et le jaune ». Si l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), proche des Frères musulmans (et source exclusive des médias occidentaux), parle « de nombreuses victimes parmi le personnel militaire » de Jamraya, il fait étrangement silence sur les morts civils.
Un responsable israélien a affirmé que cette frappe « visait des missiles iraniens destinés au Hezbollah », le mouvement chiite libanais allié du régime de Bachar Al-Assad. « Chaque fois que des informations parviendront à Israël sur un transfert de missiles ou d’armements de Syrie au Liban, ils seront attaqués », a-t-il prévenu. Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, en déplacement en Chine et bien que peu disert sur ce raid, a certainement interprété les récentes déclarations américaines comme un feu vert à ce type d’actions. Samedi, Barack Obama a, en effet, estimé « justifié » que les Israéliens cherchent à « se protéger contre le transfert d’armes sophistiquées à des organisations terroristes comme le Hezbollah ».
Obama évoque une possible action militaire
Le président américain, qui dit ne pas envisager « de scénario dans lequel des soldats américains sur le sol syrien seraient une bonne chose pour les États-Unis, et même une bonne chose pour la Syrie », avertit qu’il « n’attend pas, ne reste pas l’arme au pied ». Il évoque une possible action militaire, directement ou par d’autres voies.
La participation directe de l’entité israélienne
Pour l’agence syrienne Sana, ce raid est la preuve de « la participation directe de l’entité israélienne au complot contre la Syrie ». Il « vise à alléger la pression subie par les groupes terroristes », allusion aux rebelles que l’armée tente en vain depuis des mois de chasser de la proche périphérie de la capitale. Ces groupes, principalement islamistes et soutenus par le Qatar et l’Arabie saoudite, ont de plus en plus recours aux attentats meurtriers contre les civils, comme mardi dernier, en plein cœur du quartier historique de Damas. Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité de l’ONU, le ministère syrien des Affaires étrangères affirme que « l’agression confirme l’appui militaire direct d’Israël aux groupes terroristes et aux takfiri (extrémistes religieux) d’al-Nosra, une des branches d’al-Qaida, après leur échec à contrôler le terrain. Ceci ne laisse pas de doute qu’Israël est le bénéficiaire, le moteur et parfois l’exécuteur des attentats terroristes qui ont lieu en Syrie contre l’État et le peuple ». Dimanche, le commandant de l’armée de terre iranienne, le général Ahmad Reza Pourdastan, a affirmé que Téhéran était prêt à « entraîner » l’armée syrienne en cas de besoin, sans toutefois « participer activement à ses opérations ».
Pierre Barbancey

Syrie : des rebelles auraient utilisés sur gaz sarin

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MONDE -  le 6 Mai 2013

Syrie : des rebelles auraient utilisés sur gaz sarin

Mots clés : syrieonuBachar al-Assadgazarmes chimiques,
Carla del Ponte
C’est Carla del Ponte, membre de la Commission d'enquête de l'ONU sur les violations des droits de l'homme en Syrie, qui l’affirme. Elle se base sur un faisceau de témoignages recueillis qui lui semblent probant, même si elle concède ne pas disposer de preuve formelle. 
"Selon les témoignages que nous avons recueillis, les rebelles ont utilisé des armes chimiques, faisant usage de gaz sarin", a déclaré formellement Carla del Ponte, dans une interview à la radio suisse italienne dans la nuit de dimanche à lundi.  "Nos enquêtes devront encore être approfondies, vérifiées et confirmées à travers de nouveaux témoignages, mais selon ce que nous avons pu établir jusqu'à présent, pour le moment ce sont les opposants au régime qui ont utilisé le gaz sarin".
Carla del Ponte, qui est également l'ancien procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).  Elle a expliqué que les recherches de la Commission d'enquête de l'ONU, qui doit présenter ses observations aux prochaines sessions du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU en juin, étaient loin d'être terminées.  Elle a par ailleurs précisé que les enquêtes en cours pourraient aussi établir si le gouvernement de Bachar al-Assad a aussi utilisé ou non ce genre d'armes chimiques. 
Elle ne précise pas non plus quel groupe de rebelles aurait utilisé cette arme interdite. Ni qui en seraient les victimes. Les opposants à Assad sont profondément divisés. La démission d’Ahmed Moaz Al Khatib en est le plus récent signe.  Le Front al-Nosra a fait allégeance à al-Qaida etgagne en puissance avec l’afflux de djihadistes étrangers, et ne reconnait pas l’agglomérat hétéroclite de l’Armée Syrienne Libre.  En fond également, la lutte d’influence entre le Qatar et l’Arabie saoudite pour le contrôle du CNS et de certains groupes armés.
Le flou des armes chimiques
A en croire les déclarations d’Obama ces derniers jours, Assad aurait également utilisé du gaz sarin contre l’opposition. Si le régime en a des stocks, leur utilisation est contestée, notamment en Turquie. Selon le GlobalPost, des médecins turcs auraient ainsi pratiqué des analyses de sang sur 13 supposées victimes d'arme chimique n’ont pas trouvé de trace de gaz sarin. Ces Syriens ont été tués dans le village de Saraqeb le 29 avril dernier, il y aurait eu de la « poudre blanche » lors de l’attaque. Des témoignages indiquaient que ces personnes avaient été victimes de vomissements et de difficultés respiratoires avant de succomber.
Le sarin est un puissant gaz neurotoxique découvert à la veille de la Seconde Guerre mondiale en Allemagne et utilisé dans le métro de Tokyo en 1995.  Outre son inhalation, le simple contact avec la peau de ce gaz bloque la transmission de l'influx nerveux et entraîne la mort par arrêt cardio-respiratoire. La dose létale est d'un demi-milligramme pour un adulte. Il est inodore et invisible. Les victimes se plaignent d'abord de maux de tête violents et présentent des pupilles dilatées. Surviennent ensuite convulsions, arrêts respiratoires et coma précédant la mort.  Il peut être utilisé en aérosol, notamment à partir de l'explosion de munitions mais peut également servir à empoisonner l'eau ou la nourriture.

Ce lundi dans l'Humanité : la gauche en marche pour une autre politique

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POLITIQUE -  le 6 Mai 2013

Ce lundi dans l'Humanité : la gauche en marche pour une autre politique

             
Reportages, témoignages, points de vue... Retour sur la manifestation "contre la finance et pour une VIème République" qui a rencontré un franc succès, hier à Paris, avec 180 000 personnes qui ont défilés de la place de la Bastille à celle de la Nation.
Retrouvez dans l’Humanité les points de vue de Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly. Nos reportages à Perpignan, Orléans et dans le cortège parisien avec les salariés en lutte, les écologistes et les élus du Front de gauche.
  • Dans l’Humanité également :
La manisfestation des anti-mariage pour tous s'essouffle
STX : nationaliser pour ne pas couler les chantiers
L'Europe donne un an de plus à la France pour parvenir aux 3% de déficit public
Travail : chez les éboueurs, une pénibilité aux visages multiples
Le combat reprend à la centrale thermique d'Hornaing
Manuel Valls révise le droit d'asile
Enquête : 6 mai 2012-6 mai 2013, les sept péchés de François Hollande
Israël multiplie les raids meurtriers contre la Syrie : l'analyse de Pierre Barbancey
Photo : l'intense impact visuel du Front populaire avec l'expo à Montpellier "La volonté du bonheur"
Souscription pour l'Humanité : la contribution du philosophe André Tosel

Schäuble juge que Paris ne peut "pas abandonner" les réformes

                                             Challenges

Schäuble juge que Paris ne peut "pas abandonner" les réformes

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Le ministre allemand des Finances s'exprime après que le sursis octroyé par Bruxelles pour réduire ses déficits publics.

Défendant la politique d'austérité menée par Berlin et mise en cause en Europe, M. Schäuble a répété que "notre budget ne prévoit pas de coupes. Il est bien (équilibré) entre la nécessité de consolidation et la stabilité". (c) Sipa
Défendant la politique d'austérité menée par Berlin et mise en cause en Europe, M. Schäuble a répété que "notre budget ne prévoit pas de coupes. Il est bien (équilibré) entre la nécessité de consolidation et la stabilité". (c) Sipa
Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a jugé, lundi 6 mai, que la France ne pouvait "pas abandonner le chemin des réformes" après le sursis octroyé par Bruxelles pour réduire ses déficits publics.
La Commission Européenne "a dit aussi que tout report des objectifs de réduction des déficits devait s'accompagner d'engagements clairs concernant les réformes nécessaires", a insisté le ministre allemand dans un entretien aux Echos.
A l'instar de l'Espagne, Paris a obtenu vendredi un sursis de deux ans, soit jusqu'en 2015, pour atteindre ses objectifs budgétaires alors que la Commission européenne table sur une récession cette année en France et prévoit un dérapage de ses déficits contribuant à une hausse inquiétante du chômage.
Mais, pour le ministre "une chose est déjà claire: nous ne pouvons pas abandonner le chemin des réformes".
"Notre budget ne prévoit pas de coupes"
Réagissant à la récente polémique déclenchée par un projet de texte du Parti socialiste français, depuis modifié, qui critiquait "l'intransigeance égoïste" de "la chancelière de l'austérité" Angela Merkel, Wolfgang Schäuble a déploré qu'"au lieu de s'attaquer aux véritables causes des problèmes actuels, certains politiciens préfèrent chercher des boucs émissaires".
"Nous avons tous deux (lui et la chancelière, ndlr) dédié ces dernières années à la stabilisation et à la relance de la zone euro, à aider les Etats membres en difficulté. Je ne suis pas certain que tous nos critiques peuvent en dire autant", a ajouté le ministre.
Défendant la politique d'austérité menée par Berlin et mise en cause en Europe, Wolfgang Schäuble a répété que "notre budget ne prévoit pas de coupes. Il est bien (équilibré) entre la nécessité de consolidation et la stabilité".
Et d'ajouter : "l'ironie c'est justement qu'en Allemagne, les économistes me reprochent de ne pas épargner assez!"
Berlin "ne fait pas d'économies excessives"
Wolfgang Schäuble s'appuie aussi sur une étude du Français Olivier Blanchard, économiste en chef du Fonds monétaire international, selon laquelle l'Allemagne est "sur la bonne voie" et "ne fait pas d'économies excessives".
A l'origine des problèmes de certains Etats membres, "ce sont les dettes publiques élevées et la perte de compétitivité" et non pas les programmes d'austérité, a affirmé le ministre.
Pour lui, il est "insensé" de croire que l'on peut régler le problème du chômage des jeunes avec plus de dette. Il estime qu'il faut plutôt agir sur "l'investissement productif, les réformes structurelles, l'éducation et la recherche".
Au sujet des critiques européennes sur la politique allemande de compétitivité par la retenue salariale, M. Schäuble a répété que "c'est aux partenaires sociaux de décider eux-mêmes, et indépendamment du gouvernement, des salaires, pas au gouvernement".
(Avec AFP)

Un an après son élection, Hollande appelle ses ministres à la "cohérence"

                                          Challenges

Un an après son élection, Hollande appelle ses ministres à la "cohérence"

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François Hollande a réuni son gouvernement pour commencer à écrire un nouveau chapitre de son quinquennat, toujours critiqué à droite comme à gauche, un an jour pour jour après son l'élection.

Les 37 ministres et Jean-Marc Ayrault seront réunis à partir de 10H30 autour du chef de l'Etat pour un exercice de "bilan et perspectives". (VILLARD/SIPA)
Les 37 ministres et Jean-Marc Ayrault seront réunis à partir de 10H30 autour du chef de l'Etat pour un exercice de "bilan et perspectives". (VILLARD/SIPA)
Le président français François Hollande a appelé "à plusieurs reprises" ses ministres à faire preuve de "cohérence" lors du séminaire gouvernemental réuni lundi 6 mai à l'Elysée, un an jour pour jour après son élection, a-t-on appris auprès de la présidence.
"La clef du succès, c'est la cohérence" de l'action gouvernementale, a souligné le chef de l'Etat.
Le chef de l'Etat a par ailleurs appelé son équipe à "maintenir un rythme soutenu" de réformes, estimant que le gouvernement avait déjà posé lors de sa première année aux affaires les "fondements" du "redressement" de la France.
Possibilité pour le Parlement de siéger en session extraordinaire jusque fin juillet
Au cours de ce séminaire, a-t-on précisé de même source, l'exécutif a par ailleurs évoqué la possibilité pour le Parlement de siéger en session extraordinaire jusqu'à la fin juillet. Il reprendrait aussi ses travaux dès les premiers jours de septembre, sans doute le 3.
Les échanges, a-t-on encore indiqué de même source, ont porté en particulier sur les deux années de sursis accordées par la Commission européenne à la France pour remplir ses engagements budgétaires, le retour attendu à la croissance en 2014, le rappel de l'engagement sur une inversion de la courbe du chômage fin 2013 ou la relance du dialogue social (retraites, égalité hommes femmes...).
Le président a également insisté sur les investissements d'avenir (infrastructures, transition énergétique...) et la mobilisation à cette fin des crédits publics, privés, de la Caisse des dépôts et consignations, de la Banque publique d'investissement voire de la mobilisation des crédits de l'assurance-vie.
(Avec AFP)

"François Hollande risque de battre encore ses records d'impopularité"

                                           Le Nouvel Observateur


"François Hollande risque de battre encore ses records d'impopularité"

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Pour Edouard Lecerf, directeur général de TNS Sofres, le chef de l'Etat a lié son destin à celui du chômage. Interview.

François Hollande Sipa
                                                                  François Hollande Sipa
François Hollande est à un plus bas historique pour un président à un an de mandat. Comment l'expliquez-vous ?
- Tout d'abord, François Hollande a commencé plus bas que ses prédécesseurs, à 55% d'opinions favorables, contre 74% pour François Mitterrand et 64% pour Jacques Chirac (au début de leur premier mandat) et près de 64% pour Nicolas Sarkozy. C'est le reflet d'une plus grande défiance de l'opinion à l'égard du politique en général.
Sa popularité a ensuite évolué selon trois phases. La première phase - à 50% d'opinions favorables- était une phase d'attente. Elle a duré jusqu'en octobre, puis s'est transformée en vague d'impatience. Jusqu'en février, toutefois, la cote du président a tenu à 35%, en raison de plusieurs éléments, notamment l'intervention au Mali, qui a permis d'asseoir sa dimension internationale, l'accord entre partenaire sociaux sur la sécurisation de l'emploi, qui a signé le succès de sa méthode de compromis, et enfin le mariage pour tous, qui malgré les contestations, a prouvé qu'il y avait des changements.
Enfin, la troisième phase, de février à mai, a été celle des mauvaises nouvelles : la hausse du chômage, la baisse du pouvoir d'achat. Les chiffres ont confirmé l'impossibilité pour le président d'obtenir des résultats à court terme, ce qui s'est traduit par une chute de sa popularité de 35% à 24%. Y a-t-il eu des erreurs de communication ? Après des attentes, même faibles, suscitées pendant la campagne, l'opinion s'accroche aujourd'hui à des éléments très concrets, comme les chiffres du chômage, qui font défaut. Résultat : il a perdu la moitié de son capital....
Pour lire la suite de l'article,cliquer sur le lien ci-dessous

A l'heure du bilan, Hollande exige des "résultats"

                                          Le Nouvel Observateur

A l'heure du bilan, Hollande exige des "résultats"

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Un an jour pour jour après son élection, le chef de l'Etat, cible de critiques à droite comme à gauche, a réuni son gouvernement en séminaire à l'Elysée. 

La traditionnelle photo de "famille" prise sur le perron de l'Elysée le 4 juillet 2012. (SIPA)
                                       La traditionnelle photo de "famille" prise sur le perron de l'Elysée le 4 juillet 2012. (SIPA)
François Hollande a réuni son gouvernement en séminaire lundi matin à l'Elysée pour entamer l'écriture d'un nouveau chapitre de son quinquennat, exigeant du gouvernement, un an jour pour jour, après son élection "des résultats" pour 2013.
Trente-quatre des trente-sept ministres du gouvernement deJean-Marc Ayrault se sont retrouvés ponctuellement à 10h30. Trois d'entre eux étaient excusés, en déplacement loin de l'hexagone, Laurent Fabius (Affaires étrangères), Jean-Yves Le Drian (Défense) et Guillaume Garot (Agroalimentaire).
Introduisant les débats pendant une dizaine de minutes dans une ambiance décrite comme "à la fois détendue et studieuse", le président Hollande a souligné, selon un participant à la réunion, "l'exigence de résultats" en 2013 avant de céder la parole à son Premier ministre. Réuni dans le Jardin d'hiver de l'Elysée, l'exécutif devait ensuite se retrouver pour un déjeuner de travail avant un point de presse de la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem.

"Le cap est fixé"

Chaque ministre, a-t-on précisé à l'Elysée, a fait un point sur l'agenda législatif du second semestre. Puis trois grandes questions ont été évoquées : le programme pour l'emploi et les enjeux de la prochaine grande conférence sociale des 20 et 21 juin, la stratégie d'investissements ainsi qu'un "pacte pour la jeunesse, l'éducation et la culture".
Dans un contexte de chômage record et de crise économique, pas question cependant pour l'exécutif de se prêter à une quelconque célébration. Les ministres, qui ont participé ce week-end à une rencontre des Jeunes socialistes à Soustons (Landes), avaient déjà donné le ton en refusant toute auto-satisfaction.
"Il faut encore accélérer, accentuer, impulser davantage", a ainsi fait valoir Jean-Marc Ayrault dimanche soir sur TF1. Il s'est décrit en Premier ministre inscrit "dans la réalité". Admettant quelques "couacs" au sein de l'équipe gouvernementale, notamment à Bercy, le Premier ministre a assuré qu'en dépit des critiques, le "cap est fixé". "Ce cap est tenu même s'il peut y avoir de petites maladresses", a-t-il assuré.

L'exécutif malmené dans les sondages 

Un meilleur fonctionnement ministériel passe-t-il par une équipe resserrée autour d'une vingtaine de ministres ? "Chaque chose en son temps", a répondu, énigmatique, Jean-Marc Ayrault, rappelant toutefois qu'il s'agissait d'une prérogative du chef de l'Etat.
Toujours malmenés dans les sondages, François Hollande et Jean-Marc Ayrault restent aussi les cibles des critiques des autres formations politiques. Plus des trois-quarts (76%) des Français jugent le bilan de l'action de François Hollande plutôt négatif un an après son élection à la présidence de la République, selon un sondage TNS Sofres pour i>TELE publié lundi. Plus spécifiquement, ils sont 56% ayant voté pour François Hollande au premier et second tour de l'élection présidentielle de 2012, à juger négativement son bilan. Par ailleurs, 76% des personnes sondées se déclarent déçues par l'action du président de la République depuis son élection en mai 2012.

Une année "catastrophique"

Au lendemain de la manifestation parisienne, qui a réuni entre 30.000 et 180.000 personnes, Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, s'en est une nouvelle pris à la politique économique et sociale du gouvernement. Au Premier ministre, qui a assuré dimanche soir ne pas conduire de politique d'austérité, l'ancien candidat à la présidentielle a rétorqué sur France Info que "petit à petit, la Nation se vide de son sang".
A droite, le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, a lui déploré sur France Info"qu'aujourd'hui, le bateau coule, tout simplement" avec un président "toujours dans cette incapacité à l'action". Même tonalité chez l'ex-Premier ministre François Fillon, convaincu qu'à une politique économique qui conduit à "la récession", à "une augmentation du déficit et du chômage", "s'est ajouté un échec politique" et un "échec moral" avec l'affaire Cahuzac.
Marine Le Pen, la présidente du Front national, a, elle, qualifié lundi François Hollande d'"incolore, inodore et sans saveur". Le bilan de la première année du quinquennat Hollande ? "Catastrophique", a tranché l'eurodéputée sur la chaîne de télévision LCI, en pointant "la grande continuité" avec la politique Sarkozy.

Manif du Front de gauche : "Si nous, on se tait, on sera aussi coupable"

                                            Le Nouvel Observateur


Manif du Front de gauche : "Si nous, on se tait, on sera aussi coupable"

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Jean-Luc Mélenchon n'a pas mobilisé autant qu'il l'espérait, mais dans le cortège, on veut croire à la possibilité d'un "changement de cap". Reportage.

Jean-Luc Mélenchon salue la foule en compagnie de Pierre Laurent, Clémentine Autain, Martine Billard et Eva Joly à la "marche citoyenne" pour la VIeme République, contre la finance et l'austerité. à Paris, le 5 mai 2013. (Julien Muguet/IP3)
Jean-Luc Mélenchon salue la foule en compagnie de Pierre Laurent, Clémentine Autain, Martine Billard et Eva Joly à la "marche citoyenne" pour la VIeme République, contre la finance et l'austerité. à Paris, le 5 mai 2013. (Julien Muguet/IP3)
Ils ont tous voté François Hollande. Au second tour, s'entend, pour sortir Nicolas Sarkozy. Mais un an après la présidentielle, c'est pour adresser un avertissement au président qu'ils défilent ce dimanche 5 mai, entre Bastille et Nation : "Hollande, réveille-toi !"
Jean-Luc Mélenchon ? Les manifestants ne sont pas venus pour lui. C'est pourtant bien le tribun du Parti de gauche qui est à l'initiative de ce défilé "contre la finance et l'austérité, pour la VIe République". Un mot d'ordre suffisamment attrape-tout pour que chacun y trouve son compte, du NPA de Besancenot aux amis écolos d'Eva Joly. Mais non, le défilé parisien ne vaut pas quitus aux prétentions mélenchoniennes de s'installer à Matignon. La plupart sourient à ce scénario.
"Mélenchon à Matignon ? C'est juste une formule. Si Hollande le prenait comme Premier ministre, ça voudrait dire qu'il change de politique, et ça, je n'y crois pas", évacue Charles Tourdes, élu local PCF à Bron, dans le Rhône. "Ça ne se fera jamais. François Hollande, il est trop social-libéral", pense aussi Grégory Martinez, lui aussi communiste, ouvrier dans la région de Clermont-Ferrand. Vincent, militant d'Europe-Ecologie-Les Verts, fait carrément la grimace : "Moi, je défile pour la VIe République, je ne soutiens pas Mélenchon !"
Même au sein du propre parti du député européen, les doutes sont là. "Mélenchon à Matignon, ce serait un choix excellent, mais je ne sais pas s'il est réaliste", reconnaît Martine, fonctionnaire et militante du Parti de gauche. Et puis "ce n'est pas l'homme qui importe, il faut changer la ligne politique", estime Françoise, retraitée du secteur de la santé, venue de l'Oise.

"Qu'il agisse !"

Une mer de drapeaux rouges flotte au-dessus de l'avenue Daumesnil. Ici, la plupart des marcheurs appartiennent à une organisation politique, ce qui signifie que la manif n'a pas attiré au-delà des plus politisés. D'ailleurs, la police annoncera 30.000 personnes seulement, bien loin des 100.000 espérées par les organisateurs (qui en annonceront 180.000…).
Daphné et Leïla font partie des rares personnes à ne porter aucun autocollant, aucune couleur politique. Elles discutent, assises sur le bord de la route, en attendant que le cortège s'ébranle. La première a 60 ans; chômeuse, elle sera bientôt retraitée. Cette habitante de Courbevoie livre son désarroi face à "la mollesse du gouvernement". "J'ai voté François Hollande mais c'était un vote contre, un vote contre Sarkozy. J'aimerais bien, un jour, pouvoir voter pour… Si l'élection avait lieu demain, je serais bien embêtée…"
"On se demande s'il faut encore voter", renchérit sa voisine de trottoir. Elle est enseignante. "Hollande nous avait promis la lune, mais dans les écoles on ne voit aucune différence. Une collègue est partie en congé maternité - un arrêt prévisible ! - et bien il a fallu deux semaines pour qu'elle soit remplacée." Alors Leïla manifeste, "parce qu'on ne peut pas rester seul à grogner dans son coin". Les deux femmes sont tristement frappées par la moyenne d'âge dans le cortège. "On ne voit pas grand monde de moins de 40 ans. C'est pas bon signe... Les jeunes ne sont pas là."
Un peu plus loin, Sylvie est venue de Montreuil. Elle non plus n'appartient à aucun parti. "J'ai rencontré François Hollande au salon de l'Agriculture, pendant la campagne présidentielle", raconte-t-elle. "Je lui avais dit : 'On compte sur vous !' Il m'avait répondu : 'Non, moi, je compte sur vous.' Et bien je suis là, je manifeste, on est là pour l'aider. Qu'il agisse !", lance celle qui "croit au rapport de force".

Du balai !

Manifester pour forcer Hollande à changer de cap, à "renoncer au social-libéralisme", à "cesser sa politique de collaboration avec les intérêts du capital"… D'un militant à l'autre, seule la virulence du propos varie, avec pour objectif commun de déplacer le centre de gravité de la gauche.
Pour certains, "Hollande mène une politique de droite". "On ne se faisait pas trop fait d'illusions avec François Hollande, mais là c'est grave. Il continue la politique libérale de son prédécesseur. Vous avez vu le pacte de compétitivité ? 20 milliards d'euros, 4% de crédit d'impôt et seulement 1% d'augmentation de salaire dans mon entreprise", s'énerve Grégory Martinez, l'Auvergnat. "Si nous, on se tait, on sera aussi coupable", abonde Florence Chabiraud, militante du Parti de gauche à Orléans.
Martine joue à la militante modèle. Mélenchon voulait donner un "grand coup de balai" pour "purifier l'atmosphère politique" ? Chiche ! Elle défile un balai à la main. "Et il est rouge, bien sûr." Mais à 16h, c'est la voiture-balai verte des éboueurs qui commence à nettoyer une place de la Bastille déjà vidée de ses manifestants.
Baptiste Legrand 

L'Etat envisage de réduire sa participation dans certains groupes

                                          Le Nouvel Observateur

L'Etat envisage de réduire sa participation dans certains groupes

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VIDEO. C'est ce que déclare Jean-Marc Ayrault. Les sommes dégagées serviraient à "financer l'investissement".

Images : TF1  ( Pour visionner la vidéo associée,cliquer sur le lien ci-dessous)
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Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a déclaré dimanche 5 mai que l'Etat envisageait de réduire sa participation dans certaines entreprises pour financer des investissements. "Il n'y a pas de sujet tabou", a-t-il déclaré sur TF1.
Nous envisageons que dans un certain nombre d'entreprises publiques où le taux de participation de l'Etat est très important, nous puissions dégager une partie pour financer l'investissement, pas pour boucher les trous du budget", a ajouté Jean-Marc Ayrault.
Le chef du gouvernement a donné l'exemple des 20 milliards d'euros qui seront nécessaires pour financer l'installation de l'internet à très haut débit sur tout le territoire.
Le ministère de l'Economie avait déjà signalé que la modification du portefeuille des participations de l'Etat était envisagé pour réaliser des investissements jugés plus stratégiques. Il avait cité l'exemple de la vente récente de plus de 3% du capital de l'équipementier aéronautique Safran, notamment pour renforcer les fonds propres de la Banque publique d'investissement (BPI).

"Le cap est tenu"

Le Premier ministre a par ailleurs jugé sur TF1 que "le cap" de la politique à suivre par son gouvernement était "tenu" et que parler d'austérité pour qualifier cette politique était "de la propagande".
"Il y a parfois des couacs, mais ce qui est essentiel pour les Français, c'est la ligne du gouvernement, le cap. Ce cap, il est fixé par le président de la République et moi-même et personne d'autre, et il est tenu", a affirmé Jean-Marc Ayrault. Il a assuré que "la politique qui a été décidée est bien conduite" et vise à favoriser "le retour de la croissance".
Il a réaffirmé que cette politique allait "finir par porter ses fruits". "L'objectif est bien le retournement de la courbe du chômage", a-t-il insisté. 
Comme on lui objectait que la politique gouvernementale n'avait pas montré son efficacité, Jean-Marc Ayrault a répondu qu'"il n'y a pas d'inefficacité". "Quand vous semez, quand vous êtes jardinier, ça ne pousse pas dans les minutes qui suivent. Parfois, il faut s'y reprendre à plusieurs fois, parce que la terre a été abandonnée, n'a pas été bien entretenue. C'est la situation de notre pays", a-t-il dit.

"Il n'y a pas d'austérité"

De même, alors que le Front de gauche manifestait sur ce thème dimanche à Paris, il a contesté mener une politique d'austérité. "Il n'y a pas d'austérité, c'est une invention de propagande. Moi, je veux sauver le modèle social et républicain français".
Le Premier ministre s'est félicité que la Commission de Bruxelles envisage de donner à la Francejusqu'à la fin 2015 pour ramener ses déficits publics à 3% de la richesse nationale, alors que jusqu'à présent elle n'avait qu'"une approche budgétaire" de l'économie européenne. "C'est une bonne nouvelle (...), c'est positif", a-t-il dit.
Interrogé sur les sondages de popularité très mauvais pour le pouvoir, le Premier ministre a affirmé que "ce n'est pas un désamour". "Moi, je ne veux pas éluder les problèmes, il faut les attaquer par la racine", a-t-il ajouté.
(Avec agences)