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dimanche 5 mai 2013

5 mai : Le discours de Pierre Laurent avant le départ de la marche

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POLITIQUE -  le 5 Mai 2013

5 mai : Le discours de Pierre Laurent avant le départ de la marche


"Un an après la victoire du 6 mai sur les forces sarkozystes, nous reprenons ici à la Bastille, la marche en avant de la gauche. Nous le disons ici avec force, une année gâchée pour le changement, c'est déjà trop..."

"Cette marche est la marche du peuple qui se met en mouvement !"

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POLITIQUE -  le 5 Mai 2013

"Cette marche est la marche du peuple qui se met en mouvement !"

                   
Trois personnalités ont pris la parole avant le début de la marche. Pierre Laurent, Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon. Si le secrétaire national du PCF a appelé à un réel changement de cap, à s'en prendre frontalement à la finance, le co-président du parti de gauche a insisté sur la symbolique du mouvement et l'importance de la VIème République.
"Nous n'acceptons pas de nous rallier à l'idéologie de la défaite face à la loi de la finance" a lancé Pierre Laurent. Le discours du secrétaire National du PCF est combatif. "Travailleurs, votre camp c'est le notre, c'est le camp de la gauche et il n'est pas ailleurs !" Mais il était avant tout constructif. Pour se distancer quelque peu du balais de Mélenchon, Pierre Laurent a avancé l'image de la truelle : "la truelle à la main pour reconstruire des fondations solides à la France". "Il faut que tout ceux qui ont voté à gauche se remettent en marche. Il faut reconstruire l'espoir à gauche et arrêter de tourner le dos à ce pourquoi François Hollande a été élu."
"Nous le disons avec force, une année gâchée pour le changement, c'est déjà trop (...) trop dur à supporter pour les millions de nos concitoyens qui souffrent et trop dangereux pour notre pays". "Il y a un an, la majorité de la France (...) a clairement choisi la voie du changement, de la rupture avec dix années de reculs sociaux, d'autoritarisme, de racisme. Un an plus tard, c'est le gâchis et la colère".
Pierre Laurent a conclu son allocution par une attaque frontale et vibrante conte la finance : "Nous sommes tous Grecs, Espagnols, Italiens, Irlandais, Portugais, Chypriotes et notre ennemi c'est la finance.
La finance dehors, l'humain d'abord !"
Eva Joly "Le changement demande du courage et de l'audace !"

"Nous avons la tête dure. Nous ne céderons ni aux menaces, ni aux flatteries, aux intimidations, aux rappels à l'ordre. Nous avons chacun nos histoires, nos traditions politiques, nos réflexes. Nous avons chacun notre vocabulaire et il est parfois très différent. Mais nous ne nous laisserons pas diviser", a affirmé ensuite la candidate des écologistes à la présidentielle de 2012. "Pour nous écologistes, la manifestation du 5 mai n'est pas une mobilisation antigouvernementale, elle doit être un point d'appui pour mener une autre politique". Mais "pourquoi doit on nous taire alors que la colère gronde ?"
"Je suis heureuse d'être avec ceux qui défendent l'amnistie sociale parce qu'ils défendent la justice." a-t-elle également précisé, avant de s'en prendre fermement à l'évasion fiscale.
Mélenchon : "C'est nous qui croyions qu'un autre futur est possible"
"Vous êtes si nombreux ici et dans les rues autour. Je peux le dire, aucune parole humaine ne pourra jamais exprimer la puissance que contient votre rassemblement. Cette marche n'est pas celle d'un homme, d'un parti ou d'un groupement de parti, c'est celle d'un peuple qui se met en mouvement" s'est ému Jean-Luc Mélenchon devant la foule qui se massait de plus en plus autour de lui.
"C'est nous cette puissance. C'est nous qui croyions qu'un autre futur est possible. Notre mouvement a le sens d'une implacable protestations que rien ne désarme, pas même la trahison des promesses."Le co-président du Parti de gauche s'en prend ainsi au gouvernement avant d'en appeler à la fin de la Vème république et de ses dérives monarchiques.
"C'est au peuple et à lui seul d'être constituant. Nous appelons à la convocation d'une assemblée constituante. "Il faut qu'à tout moment, le peuple puisse intervenir !"
Jean-Luc Mélenchon avance trois propositions pour cette nouvelle constitution: "nous pourrions être le premier peuple au monde a inscrire dans notre constitution la règle verte, le projet d’équilibre éco-social."  Il propose aussi le référendum révocatoire et que les travailleurs aient la possibilité de préempter les entreprises délocalisables "Il faut aussi que dans l'entreprise le peuple soit souverain !"
Sur une citation de Jean Jaurès, la foule se met en marche de la Bastille à Nation : « nous savons par une expérience, qui s'appelle la révolution française, qu'il ne faut jamais désespérer. Et qu'un jour, la grandeur des événements réponde à la grandeur du peuple français.

Des dizaines de milliers de personnes "contre l'austérité" avec Mélenchon


Des dizaines de milliers de personnes "contre l'austérité" avec Mélenchon

Des milliers de manifestants à Paris contre l'austérité


Des milliers de manifestants à Paris contre l'austérité

Marche citoyenne pour la 6 ème REPUBLIQUE

                              
Pour suivre la Marche citoyenne,cliquer sur le les liens ci-dessous


                                           

Le balai comme la moindre des choses, par Frédéric Lordon

                             Des images pour comprendre


Excellent papier de Frédéric Lordon, comme souvent… Publié le 12 avril.
 Seuls ceux qui portent sur la politique le regard scolastique des logiciens auront du mal à comprendre qu’on puisse dire d’un même événement — comme l’affaire Cahuzac — qu’il est à la fois secondaire et principal. Péripétie fait-diversière et crapoteuse, bien faite pour attraper le regard et le détourner des choses importantes (accord sur l’emploi « ANI »1, austérité, chômage, etc.), la bouse soudainement posée n’en a pas moins le mauvais goût de tomber au plus mauvais moment — il est bien vrai que le spectacle de la cupidité déboutonnée, lors même que le corps social en bave comme jamais, donne quelques envies de coups de fourche. Elle y ajoute surtout un effet de révélation potentiellement dévastateur si l’on en vient à considérer que les « péripéties », loin d’être des exceptions locales sans signification globale, sont en fait les expressions d’un système, et qu’il n’est peut-être pas fortuit qu’on retrouve identiquement cette passion de l’argent dans tous les gouvernements qui se succèdent pour garantir sa continuité à l’austérité ainsi qu’à toutes les politiques conduites chaque jour plus visiblement d’après les intérêts du capital.
Bien sûr il restera toujours un François Chérèque pour chialer ses grands dieux, pleurer Mendès et crier Delors que c’est toute la « gauche responsable », celle qui « pense qu’il est juste de mettre fin aux dérives des finances publiques car elles créent de l’injustice »2 , qui se sent « humiliée »par le « traître » Cahuzac — puisque c’est l’évidence à crever les yeux que sabrer dans les salaires des fonctionnaires, réduire leurs effectifs (à l’école, dans les tribunaux, à l’inspection du travail, etc.) ou ratiboiser les prestations sociales sont les gestes mêmes de la justice en marche. On s’en voudrait d’ajouter au sanglot de Chérèque, mais il faut quand même lui signaler que pour d’autres que lui, dont le nombre devrait croître, l’événement Cahuzac, de secondaire, pourrait bien devenir principal, jusqu’au point de vouloir se débarrasser non seulement de la péripétie mais du système qu’elle exprime — et des formes de « justice » que Chérèque persiste à y voir....
Pour lire la suite de l'article,cliquer sur le lien ci-dessous

Le peuple de gauche se remet en marche

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POLITIQUE -  le 3 Mai 2013
changement

Le peuple de gauche se remet en marche

           
L’appel du Front de gauche à la marche citoyenne contre la finance et l’austérité, et pour une nouvelle République, rencontre un écho bien au-delà de ses rangs. Un an après la victoire de François Hollande, les rues de Paris porteront le rappel de l’exigence de changement. 
Une partie de la gauche relève la tête, n’acceptant pas la chronique écrite par anticipation d’un échec annoncé. Économistes, syndicats, partis ou courants politiques dans et hors de la coalition gouvernementale parlent désormais d’une voix quasi unie pour plaider l’abandon de l’austérité et l’engagement d’un véritable bras de fer contre les tenants de l’Europe libérale, la chancelière conservatrice allemande Angela Merkel en tête.
Parmi ces voix, celles qui appellent, ce dimanche, à marcher pour une VIe République, contre la finance et l’austérité. Les organisations du Front de gauche, mais, au-delà, le NPA, des élus d’Europe Écologie-les Verts avec leur ancienne candidate à l’élection présidentielle, Eva Joly, et des écologistes (plus de 1 000, au dernier recensement) de tous horizons de la gauche comme l’essayiste Paul Ariès ou le biologiste Jacques Testard, des militants associatifs ou d’ONG, des syndicalistes du monde ouvrier ou paysan, et de très nombreux élus communistes et républicains défileront ensemble, à Paris. Le chef de file des députés du Front de gauche, André Chassaigne (PCF), absent en raison de son voyage de soutien en Grèce à la candidate du Front de gauche dans la 8e circonscription des Français de l’étranger, a appelé à une « large participation de tous les progressistes » sur les « thèmes rassembleurs » de cette marche.
Contre la finance au pouvoir
L’idée de cette manifestation avait été lancée le 5 avril, par Jean-Luc Mélenchon, avant de devenir le bien commun de tous ses organisateurs, en réaction à l’affaire Cahuzac et à ses conséquences à craindre sur la vie politique française, mais, surtout, sur ce que ce scandale révèle de l’entrelacement des intérêts entre le monde politique et la sphère financière, incompatible avec le changement attendu.
Depuis l’appel au « coup de balai » initial lancé par le coprésident du Parti de gauche, la discussion sur le mot d’ordre au sein du Front de gauche a permis de passer à une dialectique plus élaborée sur les alternatives à mettre en avant, entre réorientation sociale et changement institutionnel. L’affaire Cahuzac a en effet « mis en lumière deux problèmes majeurs, résumait Pierre Laurent, dans l’Humanité de mardi dernier. Le premier, l’emprise insupportable des logiques de la finance sur le système économique, politique, institutionnel, jusqu’à la corruption de certains de ses acteurs. Or, le gouvernement a aussitôt refermé le chapitre de l’évasion fiscale, de la lutte contre la finance, alors qu’il aurait fallu l’ouvrir en grand. L’autre problème, c’est le dessaisissement démocratique du pays. (…) Pour garantir un nouveau cap social, il faut que les citoyens aient la parole et le pouvoir. (…) La question de la démocratie et celle de l’orientation sociale sont liées. » En vingt-quatre heures, selon le secrétaire national du PCF, les organisations du Front de gauche ont alors tranché le débat et adopté « le mot d’ordre unitaire de cette marche, un mot d’ordre simple, clair et mobilisateur : “Contre l’austérité et la finance, marche citoyenne pour la VIe République.” C’est autour de ce cap de rassemblement que nous allons marcher le 5 mai ».
Pour tous ceux qui « ne reconnaissent pas la politique de gauche qu’ils attendaient »
Reste que toute la gauche critique (Verts, socialistes de l’aile gauche contre l’austérité) ne manifestera pas ensemble pour obtenir le changement de cap auquel chacun appelle pourtant, même si la marche se veut ouverte à tous ceux qui « ne reconnaissent pas la politique de gauche qu’ils attendaient ». Une adresse claire à tous les électeurs de Hollande, du second tour comme du premier, militants et sympathisants socialistes compris. Conscients que, pour définir le « nouveau contrat politique de changement », qu’ils appellent de leurs vœux, « il faudra aller plus loin », les communistes ont proposé « d’ouvrir dès maintenant une perspective, un prolongement » à cette manifestation, en tenant, le 16 juin, des « assises de la refondation démocratique et sociale ». Une proposition « d’organiser ensemble ou de participer à un grand rendez-vous national d’élaboration des axes d’une politique de changement véritable », adressée à leurs partenaires du Front de gauche et aux forces sociales et citoyennes qui se retrouveront dans la marche de dimanche, mais aussi, plus largement, « à tous ceux qui le souhaitent », à gauche. Avec des échos plutôt positifs, la direction d’EELV et des responsables de l’aile gauche du PS ayant manifesté leur intérêt et leur disponibilité pour une telle démarche.
Sébastien Crépel

Marche pour une VIè république, elles et ils y seront!

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POLITIQUE -  le 3 Mai 2013
changement

Marche pour une VIè république, elles et ils y seront!

    
Clémentine Autain, Olivier Besancenot et Christian Picquet marcheront ce dimanche contre l'austérité et pour une VIème République. Une journée pour "relancer la mobilisation", "imposer un changement de cap" et pour "répondre à un grand péril".
« Marquer la contestation à l’égard des politiques » Clémentine Autain, animatrice de la Fédération 
pour une alternative sociale 
et écologique (Fase).
« L’enjeu est de faire entendre la nécessité d’un changement de cap. C’est une manière de marquer 
la contestation à l’égard des politiques menées, source de la récession économique et des inégalités sociales. Les différents enjeux sont intimement liés. C’est pourquoi nous manifestons pour un processus constituant qui permette de modifier en profondeur les règles démocratiques en tournant le dos à ceux qui produisent la régression sociale massive et la désespérance. Aujourd’hui, on a le sentiment que la politique ne peut plus modifier les conditions de vie et que, finalement, malgré l’alternance droite-gauche, ce sont les mêmes politiques qui sont à l’œuvre. Il faut que le peuple devienne acteur de sa destinée. Il y a également 
un enjeu face à la « droite extrême » qui se mobilise dans un contexte qui lui semble favorable. Dimanche, celles et ceux qui ne veulent pas lui laisser la rue doivent se mobiliser. Cette manifestation est à l’appel du Front 
de gauche qui l’ouvre à d’autres forces de gauche. 
Il paraît évident que si l’on a pour perspective une majorité alternative, il faut trouver des partenaires. 
Le souffle dont nous avons besoin pour cela est d’abord dans la manifestation sociale et populaire. »
« Besoin d’un déclic pour relancer la mobilisation » Olivier Besancenot, dirigeant national du NPA
« Il y avait deux échéances antigouvernementales cette semaine, 
un effet double lame : le 1er Mai et le 5 mai. Ce sont deux couches de la même peinture pour dire ce que l’on a à dire, un match en deux manches contre l’austérité généralisée, contre les paradis fiscaux, contre l’accord national sur l’emploi, contre la politique professionnelle… Nous avons besoin d’un déclic pour relancer 
la mobilisation. Le mouvement social se réveille toujours lentement quand le président est de gauche, 
car certaines organisations syndicales soutiennent 
le gouvernement. Il faut que le mois de mai reprenne 
des couleurs et que la contestation dans la rue change de camp, qu’elle passe de la droite à la gauche 
non gouvernementale. Il faut réveiller le mouvement social sous la gauche. »
« L’enjeu de la manifestation : répondre à un grand péril » Christian Picquet, porte-parole de la Gauche unitaire. « La politique de soumission à la finance mise en œuvre depuis un an est promise à un échec calamiteux. Non seulement elle tourne le dos à tous 
les engagements du candidat Hollande, mais elle creuse aussi les inégalités, elle dégrade l’emploi et le pouvoir d’achat. Le gouvernement tourne le dos 
à ceux à qui il doit sa victoire. Avec l’affaire Cahuzac, ce renoncement devant la loi de l’argent débouche sur une crise morale et démocratique d’importance majeure qui nourrit la démagogie de l’extrême droite. L’enjeu de la manifestation est de répondre à cette situation de grand péril. Ce que nous dirons dimanche, c’est qu’il faut sauver la gauche et qu’il faut dessiner les contours d’une nouvelle majorité de gauche, qui mène une politique réellement conforme aux attentes de celles et ceux qui ont voté pour un changement en mai et juin derniers. Derrière l’objectif de la VIe République, il y a avant tout une politique qui rompt avec la finance et l’austérité. L’idée d’une politique répondant en priorité aux besoins sociaux, qui opère la révolution fiscale à laquelle 
le gouvernement se dérobe. Une politique qui permet 
aux citoyens de redevenir les souverains en toute chose. »
Marche pour la VIè république. Elles et ils seront présents
Adenot Dominique (maire de Champigny, président de l’Anecr), Ariès Paul (Sarkophage), Aschieri Gérard (syndicaliste), Assassi Éliane (sénatrice PCF), Autain Clémentine (Fase), Bache Ben Hiba Marinette (République et socialisme), Boislaroussie Jacques, (porte-parole des Alternatifs), Boumédienne-Théry Alima (avocate), Buffet Marie-George (députée), Burriello Lionel (syndicaliste d’ArcelorMittal), Cassen Bernard (mémoire des luttes), Charb (dessinateur), Chassaigne André (député PCF), Cherfi Magyd (chanteur), Coronado Sergio (député EELV), Cukierman Leila (directrice du Théatre d’Ivry-Antoine Vitez), Debons Claude (syndicaliste), Debruyne Angélique (syndicaliste Sodimedical), Franco Hélène (magistrate), Fraysse Jacqueline (députée du Front de gauche), Généreux Jacques (économiste), Guédiguian Robert (cinéaste), Harribey Jean-Marie (Économiste atterré), Husson Michel (économiste), Idir Nordine (secrétaire national Jeunes communistes), Joly Eva (EELV), Khalfa Pierre (Fondation Copernic), Laurent Pierre (PCF), Le Hyaric Patrick (directeur de l‘Humanité), Le Reste Didier (Front de luttes), Le Strat Anne (Utopia), Lhomme Stéphane (directeur de l’observatoire du nucléaire), Liot Dominique (militant des Robins des Bois), Martelli Roger (historien), Martin Myriam (Gauche anticapitaliste), Martins Viana Lydia (dirigeante du sport français), Mathieu Xavier (délégué syndical des Conti), Mélenchon Jean-Luc (Parti de gauche), Mermet Daniel (journaliste France Inter), Millet Laurence (SUD Sanofi), Montoya Claudette (CGT Carrefour), Mordillat Gérard (cinéaste), Noguères Dominique (avocate au barreau de Paris), Pelloux Patrick (urgentiste), Pena-Ruiz Henri (écrivain), Petiot Claude (compositeur), Picquet Christian (Gauche unitaire), Pierrel Christian (Pcof), Ernest Pignon-Ernest (peintre), Porte Didier (humoriste), Ricatte David (syndicaliste d’Air France), Sève Lucien (philosophe), Sire-Marin Évelyne (juriste), Taddéi Dominique (économiste), Testart Jacques (directeur de recherche à l’Inserm), Trillat Marcel (réalisateur), Veillot Isabelle (Parti de la décroissance).

Vodafone, indigne de la Puerta del Sol

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MONDE -  le 2 Mai 2013
Cactus

Vodafone, indigne de la Puerta del Sol

Mots clés : espagneaustéritécactusvodafone,
        
Cactus. L’austérité ne fait pas que vider les poches des Espagnols. Elle vide aussi le pays de ses plus beaux symboles. Sous prétexte de « générer de nouvelles sources de revenus », le gouvernement de la région de Madrid, dirigé par les conservateurs du Parti populaire, a signé voici une dizaine de jours un accord avec Vodafone. Le but : permettre, dès le 1er juin prochain, au groupe britannique de télécommunication de rebaptiser à son nom la plus emblématique station de métro de la ville qui dessert la célèbre Puerta del Sol. Désormais, les usagers ne descendront plus à Sol mais à Sol Vodafone
« C’est un contrat sur une durée de trois ans qui va générer des revenus pour le métro de Madrid de 3 millions d’euros », souligne le porte-parole de la compagnie de transport. Pour justifier sa démarche, notre homme ne craint pas d’incriminer les salariés du métro. Rendez-vous compte ! Ces derniers ont eu l’outrecuidance de multiplier les jours de grève pour protester contre une réduction de leur salaire de 10 %… Ils ne toucheront rien de plus. Mais le contrat avec Vodafone viendra, soi-disant, combler le manque à gagner. L’accord publicitaire ne se limite pas, d’ailleurs, à la seule station Sol mais concerne également l’ensemble de la ligne 2 de la capitale qui sera rebaptisée Ligne 2 Vodafone. Cette ligne, qui dessert également la station de l’Opéra et de la Banque d’Espagne, verra ainsi fleurir, à partir de septembre, les logos Vodafone, qui seront intégrés dans tous les panneaux de signalisation.
Le gouvernement régional salue l’initiative, la qualifiant d’« accord innovant ». C’est sûr qu’il ne faut pas craindre le paradoxe pour ravaler la place des Indignés à l’état d’homme-sandwich ! Triste ironie de l’histoire. La Puerta del Sol reste l’un des symboles de la lutte démocratique. En 2011, dans la foulée de la manifestation du 15 mai, des dizaines de milliers de personnes s’y sont réunies jour et nuit, lançant le mouvement des Indignés qui a essaimé dans toute l’Europe et au-delà. Le lieu, en plein cœur de la capitale, reste l’épicentre de cette mobilisation contre les politiques d’austérité et la dictature des marchés. Une dimension historique sur laquelle s’assoit bien volontiers le gouvernement conservateur de Madrid, lancé à pleine vapeur dans une cure budgétaire historique dont le dernier épisode consiste à vouloir privatiser la gestion de ses hôpitaux. Après avoir livré les malades au privé, livrer les couloirs du métro à Vodafone semble effectivement peu de chose !
La firme britannique, elle, numéro deux du marché espagnol de la téléphonie mobile, ne pouvait rêver plus beau pied de nez médiatique. Et doit se réjouir d’avoir donné une nouvelle dimension au naming, ce concept marketing qui consiste à renommer un lieu public du nom d’une marque. Une pratique de plus en plus courante en Europe, souvent réservée aux enceintes sportives. C’est ainsi que les 
Allemands s’époumonent dans l’Allianz Arena, à Munich, ou encore dans la Commerzbank Arena de Francfort. En France, les supporters du Mans peuvent encourager leur équipe 
dans la MMArena. Mais d’autres projets sont dans les cartons : à Lyon, avec les voitures Hyundai, ou encore Lille, avec les supermarchés Carrefour.
Pour les marques, cet investissement publicitaire à long terme est très efficace pour 
imprégner les temps de cerveaux disponibles. « Dès la première année, 71 % des “intéressés football” vivant dans la région du club peuvent nommer correctement le nom du stade, et seuls 5 % répondent l’ancien nom du stade », 
apprécie une étude effectuée sur l’Allianz Arena de Munich. Faire oublier la Puerta del Sol ? Sans doute est-ce là le rêve secret des conservateurs espagnols…
Par la grâce des conservateurs espagnols, la station de métro menant à la célèbre place des Indignés, lieu de lutte contre la dictature des marchés, va être rebaptisée du nom de la marque britannique de téléphonie mobile Vodafone.
Laurent Mouloud

Débat : Comment construire 
une République sociale ?

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POLITIQUE -  le 3 Mai 2013
L'Humanité des débats. République sociale 

Débat : Comment construire 
une République sociale ?

    

Avec Martine Billard, coprésidente du Parti de gauche (PG). Nicole Borvo-Cohen-Seat, responsable nationale du PCF chargée des institutions. Emmanuel Maurel, membre du bureau national du PS, courant Maintenant la gauche.
Rappel des faits. À partir de la Bastille, la marche de ce 5 mai à Paris sera le point de départ d’une mobilisation populaire qui aura pour prolongement des assises nationales pour la refondation sociale et démocratique de la République, le 16 juin prochain.
Ce dimanche, le Front de gauche appelle à une « marche citoyenne contre la finance et l’austérité, pour une VIe République ». Ce large rassemblement des forces sociales et politiques de gauche et de l’écologie, le jour anniversaire de l’ouverture des états généraux de la Révolution de 1789, sera porteur des exigences populaires, du débat présent à gauche (comme le montre cette table ronde) et de la volonté de changement qui s’est exprimée, il y a un an seulement, lors du second tour de l’élection présidentielle. Cet avertissement du peuple de gauche, ou plutôt cet encouragement à « changer de cap », va prendre une tournure constructive dans les jours qui viennent grâce à la tenue de nombreuses assemblées délaboration citoyenne et l’organisation d’assises nationales mi-juin.
Sur fond d’affaires politico-financières, le système démocratique est interrogé dans ses fondements mêmes. Comment faire évoluer les institutions de notre pays pour être 
à la hauteur de la crise politique ?
Martine Billard. Nous sommes face à une crise majeure de la démocratie représentative dont l’abstention est le symptôme le plus significatif. Tout est possible, le retour vers la droite qui, entre-temps, s’est nettement laissée déporter vers le FN, avec les appels à manifestations communes contre le mariage pour tous, ou l’alternative à gauche portée par le Front de gauche. La Ve République est dépassée, il faut balayer ce système et passer à la VIe République. Le changement de constitution ne doit pas être l’œuvre d’un comité d’experts mais le résultat d’une assemblée constituante, élue par le peuple, dont ne pourrait être membre aucun des parlementaires actuels. Le Front de gauche y défendrait ses propositions : fin du présidentialisme, régime parlementaire avec scrutin proportionnel, interdiction du cumul de mandats et limitation dans le temps, interdiction des allers et retours des hauts fonctionnaires entre grandes entreprises et cabinets ministériels, parité obligatoire, démocratie dans les entreprises pour qu’enfin les salariés aient leur mot à dire sur la finalité de la production, les conditions de production et les conditions de travail…
Nicole Borvo-Cohen-Seat. La crise démocratique n’est pas née aujourd’hui : depuis trop longtemps les politiques menées ne répondent pas aux attentes populaires. En 2005, le peuple français a dit non au traité constitutionnel européen que ses dirigeants avaient approuvé, les gouvernements qui se sont succédé n’en ont tenu aucun compte. Dans la sphère économique et sociale, prévalent la dictature des actionnaires et les organismes non élus européens et internationaux, dont les États se sont dotés pour imposer les politiques libérales. La défiance est à son comble quand, un an après avoir battu Nicolas Sarkozy et opté pour des changements avec François Hollande, nos concitoyens découvrent que le ministre du Budget qui les exhorte aux restrictions budgétaires est lui-même un fraudeur fiscal et fait partie du gotha où se côtoient les riches de tous bords, l’argent et la politique ! Alors oui, tout notre système de pouvoir est en cause. Il ne suffit pas d’annoncer plus de transparence. D’ailleurs celle-ci ne vaut que dans la mesure où un contrôle effectif et démocratique empêche réellement les conflits entre intérêts privés et intérêt général. Mais, précisément, c’est sur l’ensemble des choix qui concernent la vie des gens, leur avenir, comme celui du pays, de l’Europe ou de la planète, que la souveraineté du peuple doit s’exprimer démocratiquement et être suivie d’effet, sous son contrôle, par ses représentants. C’est à tous les niveaux que la citoyenneté doit retrouver sa place, faute de quoi, ceux qui ravivent l’antiparlementarisme dans la rue, droite et extrême droite main dans la main, imposeront un régime autoritaire.
Emmanuel Maurel. La réponse à cette question est très difficile car les causes de la crise morale qui affecte notre démocratie ne se limitent pas à l’imperfection des institutions, même si cet aspect est important et nécessite un traitement, comme l’a impulsé François Hollande à la suite de l’affaire Cahuzac. Les Français exprimant un doute, voire une défiance à l’égard des partis de gouvernement, avec la sensation qu’ils mènent des politiques pas très différentes, c’est la notion de choix qui se trouve remise en cause. Or, s’il n’y a plus le choix, il n’y a plus de démocratie non plus. On ne peut pas s’en remettre simplement à la forme et aux procédures. Pour que vive la démocratie, il faut que le fond des politiques conduites démontre qu’il y a le choix.
Avec la récession en Europe, la crise politique rejoint une grave crise économique et sociale. La réponse aux attentes sociales et à cette crise n’est-elle pas aussi à rechercher dans des politiques économiques novatrices ?
Nicole Borvo-Cohen-Seat. Crise politique, économique, sociale, en France et en Europe, sont les facettes d’une même réalité : les peuples n’acceptent pas les politiques d’austérité. D’ailleurs, ceux qui les mettent en œuvre s’en inquiètent sérieusement. Le débat commence même à s’ouvrir sur une nécessaire inflexion, ce qui donne sans doute plus de crédibilité à ceux qui défendent une véritable alternative. Mais on sait tout autant que pour sortir des logiques ultralibérales actuelles, pour imposer une maîtrise publique des choix d’investissement, du crédit, pour rétablir la justice fiscale et redonner toute leur place aux services publics, il faut des changements profonds des mécanismes de prise de décision, non seulement au niveau national mais aussi au niveau européen. Ceux que nous connaissons aujourd’hui ont été conçus pour que le peuple s’en mêle le moins possible et que les décideurs soient d’abord les marchés financiers.
Emmanuel Maurel. Il est assez évident au regard de la crise européenne qu’il faut sérieusement réfléchir à ce qui a été fait, en gros depuis Maastricht, Amsterdam et surtout Lisbonne, pour inventer une nouvelle politique. Tout d’abord, pourquoi oblige-t-on les États à respecter seulement des critères de convergences financière et budgétaire ? Nous ferions progresser l’Europe si nous décidions de passer à des critères de convergence sociale : salaire minimum, couverture sociale, critères de développement humain (mesuré par exemple par le taux de pauvreté, d’éducation, d’inégalité sociale). Alors oui, les socialistes le disent depuis longtemps, mais… ils ont beaucoup plus de mal à le faire ! Je crois que si nous ne réfléchissons pas très vite à cela et si nous ne prenons pas les décisions qui s’imposent, l’Europe se mettra en situation d’extinction.
Martine Billard. L’austérité ne mène nulle part, nous le voyons partout en Europe où les mêmes politiques ont les mêmes effets. François Hollande s’obstine pourtant, en déclarant qu’il n’est pas question de changer de cap. C’est une absurdité économique, sociale et écologique. Sa soumission au Medef lui lie les mains devant les plans massifs de licenciements et les fermetures d’entreprises alors que nous avons besoin d’une politique volontariste passant par les nationalisations et l’aide à la reprise en coopérative pour le maintien d’une industrie dont notre pays a besoin. À la politique de l’offre prônée par ce gouvernement, nous opposons une politique de relance intégrant le défi écologique et permettant à tous de travailler moins et mieux, au lieu d’avoir des salariés épuisés au travail et des millions de chômeurs. À l’individualisme libéral, nous préférons la République sociale. Et au moment où la lutte contre le réchauffement climatique est de plus en plus urgente, le maintien de l’austérité empêche toute politique de transition énergétique, pourtant source d’économies d’énergie et financières. C’est par une planification écologique que nous pouvons opérer cette transition dont nous avons impérativement besoin.
Dans ce contexte lourd de risques 
de radicalisation de la droite 
et d’une extrême droite à l’affût, de plus en plus de voix à gauche en appellent à construire une République sociale. Quelle stratégie et quel rassemblement faut-il favoriser pour y parvenir ?
Emmanuel Maurel. Je pense qu’une partie de la progression de la droite résulte d’une déception énorme par rapport à la gauche et au sentiment d’une absence de réponse de sa part aux problèmes des Européens en général et des Français en particulier, sur la crise, le chômage et le modèle de société. Il y a un vide à gauche, et donc les gens se tournent logiquement de l’autre côté pour essayer de trouver des solutions. Mais comme ce mouvement de balancier a lieu dans un contexte de régression de plus en plus insupportable (en Grèce, en Espagne, dans les pays de l’Est), l’offre politique à droite s’adapte pour capter cette colère. Il n’est plus question dans ses discours de liberté ou d’espérance de réussite individuelle, mais de répression, de repli identitaire et d’exclusion. Si la gauche se ressaisit et se remet à prôner ses valeurs, l’égalité et la justice, alors le balancier repartira dans l’autre sens. Et pour ce faire, oui, la République sociale me semble une idée tout à fait pertinente qu’il nous faudrait approfondir ensemble : socialistes, communistes, écologistes.
Martine Billard. Aujourd’hui, alors que des députés du PS et d’EELV refusent de plus en plus de se taire, la direction du PS intime à toute la gauche de serrer les rangs autour du gouvernement en essayant de faire peur à coups de comparaisons avec les années 1930 et en multipliant les insultes contre Jean-Luc Mélenchon. François Bayrou, dans une opération bien orchestrée, nous ressert l’union nationale ou le gouvernement technique avec un seul objectif : nous imposer l’austérité, la casse du droit du travail et la baisse des protections sociales. La crise politique actuelle, qui rejoint la crise économique et sociale, et qui se double d’une crise morale, montre que le temps n’est plus au rafistolage à l’intérieur du système. Nous sommes donc devant le défi de démontrer que le Front de gauche n’a rien à voir avec ces politiques et que nos propositions dessinent une alternative crédible et possible. C’est le sens de la marche du 5 mai. Mais cet appel est bien plus large que le Front de gauche, puisque de nombreuses personnalités, militants syndicalistes, associatifs et d’Europe Écologie, dont Eva Joly, s’y joignent. Nous ne doutons pas d’y retrouver aussi de nombreux militants socialistes même s’ils n’osent pas encore se joindre à un appel public. Ces forces qui seront dans la rue pour dire non à la finance et à l’austérité et oui à une VIe République dessinent ce que peut être la majorité alternative à gauche de demain.
Nicole Borvo-Cohen-Seat. Beaucoup de gens à gauche en effet veulent une politique sociale, c’est-à-dire qui mette au centre les besoins humains ! Encore une fois, la question sociale et la question démocratique sont très liées. Les institutions de la Ve République ont une cohérence : elles organisent le pouvoir de l’oligarchie politico-financière sous la houlette d’un président monarque, et l’impuissance du peuple. La gauche dans sa diversité a critiqué ce régime, mais chaque fois que les socialistes ont été au pouvoir, ils l’ont conservé ! Aujourd’hui, la crise est si profonde qu’un rassemblement large peut se concevoir pour ouvrir le débat sur le contenu d’une République citoyenne et sociale. Des forces politiques, syndicales, associatives, intellectuelles sont favorables à des transformations. Ce qui est en jeu, c’est une véritable rupture non seulement avec le présidentialisme, mais aussi avec la monarchie patronale : la citoyenneté doit s’exercer pleinement dans la cité, au niveau local, national et européen, et elle doit s’exercer au niveau de l’entreprise. Le passage à un nouveau régime exige une véritable implication populaire dans le débat et un processus constituant.