Translate

mardi 30 octobre 2012

Pour baisser la masse salariale globale, le gouvernement se prépare à choisir entre « choc », « pacte » et « trajectoire » de compétitivité


Pour baisser la masse salariale globale, le gouvernement se prépare à choisir entre « choc », « pacte » et « trajectoire » de compétitivité

s'informerAlors que le Premier ministre avait annoncé le 11 septembre que le rapport Gallois proposerait un « vrai choc de compétitivité », le chef de l’État vient d’affirmer qu’il n’y aurait pas de « choc, mais un pacte étalé dans le temps », ce que Pierre Moscovici, le ministre de l’Économie, a précisé en parlant d’une « trajectoire continue dans le temps » sur la durée du quinquennat.
C’est dans ce contexte que les patrons de l’Association française des entreprises privées (AFEP, qui regroupe les grandes entreprises françaises) ont publié dans le Journal du Dimanche un appel présenté par le journal comme un « ultimatum » au gouvernement.
Ils demandent à l’État de réaliser « 60 milliards d’euros d’économies au cours des cinq prochaines années », une baisse des cotisations sociales de 30 milliards d’euros sur deux ans, et un relèvement de la TVA de 19,6 % à 21%. Ils réclament également une baisse de l’impôt des sociétés « au niveau de nos voisins européens ».
Pierre Moscovici juge « pas possible » une telle baisse des charges et une telle augmentation de la TVA, car cela grèverait « le pouvoir d’achat des Français » qui sont les « clients » de ces mêmes entreprises. Jérôme Cahuzac, le ministre du Budget, a rappelé quant à lui que François Hollande a « reçu souvent » les grands patrons français et a fait remarquer que leurs positions et celle du gouvernement sont assez proches puisque celui-ci a prévu de réaliser 50 milliards d’économies sur la durée du quinquennat.

lundi 29 octobre 2012

en Europe14 novembre pour l’emploi et la solidarité


en Europe14 novembre pour l’emploi et la solidarité


Communiqué commun
CFDT, CGT, FSU, Solidaires et Unsa
Les organisations syndicales françaises CFDT, CGT, FSU, Solidaires, Unsa s’inscrivent avec l’ensemble du syndicalisme européen dans la journée d’action et de solidarité de la Confédération européenne des syndicats le 14 novembre 2012 pour la l’emploi et la solidarité en Europe.
Elles expriment leur ferme opposition aux mesures d’austérité qui font plonger l’Europe dans la stagnation économique, voire la récession. Ces mesures, loin de rétablir la confiance, ne font qu’aggraver les déséquilibres et créer des injustices. Elles mettent à mal le modèle social européen par ailleurs mis en cause par la concurrence et parfois le dumping dans les domaines de la fiscalité, du coût du travail et des conditions sociales.
En France, c’est un nombre de chômeurs qui ne cesse de croître depuis 17 mois avec encore une hausse record en septembre. Les plans de licenciements se multiplient. La précarité s’accroît, des millions de salariés n’accèdent à l’emploi qu’en CDD pour des durées de plus en plus courtes. 11 millions de personnes sont touchées par l’exclusion ou la pauvreté dont de nombreux retraités. Les salaires dans le privé et le public stagnent.
Les traitements de choc infligés aux travailleurs notamment en Grèce, en Espagne et au Portugal, montrent l’impasse de politiques qui conduisent à la destruction des droits sociaux.. La cohésion sociale, les services publics, le dialogue social et le respect des valeurs garanties par la Charte des droits fondamentaux sont mis en cause. Cette situation est insupportable et menace la construction européenne elle-même.
En s’amplifiant, la crise économique et sociale accroît fortement les inégalités entre les travailleurs européens et met en cause les droits de tous.
L’Europe doit bâtir ses politiques sur la solidarité et garantir les moyens du progrès social. La journée de mobilisation du 14 novembre permettra aux travailleurs de toute l’Europe d’agir, ensemble et solidairement, pour des conditions de travail et de vie décentes. Cela implique :
• une véritable coordination des politiques économiques et des mesures de solidarité concrètes avec les pays les plus en difficulté en intégrant systématiquement la dimension sociale aux décisions européennes ;
• la négociation d’un « Contrat social » revendiqué par la CES au niveau européen, incluant des mesures mettant fin à la concurrence sociale entre les Etats, en instaurant des standards sociaux européens, en particulier un salaire minimum dans chaque pays ;
• des mesures de relance au plan européen afin de renouer avec une croissance durable et favoriser l’emploi ;
Les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA décident de faire du 14 novembre une grande journée de mobilisation interprofessionnelle rassemblant les salariés du privé et du public, les retraités et les chômeurs pour manifester leur volonté de voir apporter des réponses concrètes aux difficultés que vivent tous les travailleurs en France et en Europe, en solidarité avec les travailleurs espagnols, portugais et grecs. Elles appellent partout en France à manifester selon des modalités permettant la participation la plus large.
vendredi 26 octobre 2012 

La troïka ordonne à la Grèce 150 nouvelles mesures d’austérité, pour deux ans de plus


La troïka ordonne à la Grèce 150 nouvelles mesures d’austérité, pour deux ans de plus

s'informerLa Grèce va devoir opérer encore 150 nouvelles réformes de son économie, a révélé hier l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, s’appuyant sur le rapport provisoire de la troïka des créanciers (Union européenne, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne), qui devrait être publié définitivement au plus tard le 12 novembre. Le plan de la troïka par la Grèce pourrait durer deux ans de plus et ce retard sur les échéances initiales lui coûterait de 30 à 38 milliards d’euros.
60 % des réformes demandées sont accomplies, mais le rapport presse le gouvernement de réaliser les 20 % restantes en suggérant un assouplissement des lois sur le licenciement, un changement des règles sur le salaire minimum, et la suppression de certains acquis professionnels.
Le rapport ajoute qu’une augmentation automatique des impôts serait appliquée, si les réformes ne sont pas accomplies, et suggère que les créanciers de la Grèce, y compris les autres pays européens, acceptent d’abandonner une partie de leur créance.
Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, a expliqué au même Der Spiegel que « si nous voulons restaurer la confiance dans la zone euro, les pays devront transférer une partie de leur souveraineté au niveau européen ». Selon lui, « plusieurs gouvernements n’ont pas encore compris qu’ils ont perdu leur souveraineté nationale il y a longtemps. Parce qu’ils se sont lourdement endettés, ils sont maintenant dépendants du bon vouloir des marchés financiers ».

La police sud-africaine charge des grévistes qui s’opposent à un accord salarial qui ne les satisfait pas


La police sud-africaine charge des grévistes qui s’opposent à un accord salarial qui ne les satisfait pas

s'informerÀ Rustenburg, à 110 km de Pretoria, la capitale administrative de l’Afrique du Sud, la police a tiré samedi des balles en caoutchouc, des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes, contre des centaines de mineurs en grève.
Ces grévistes exprimaient leur mécontentement à l’occasion d’un rassemblement du Syndicat des Mines (NUM), affilié au Congrès des syndicats sud-africains (Cosatu), proche du pouvoir. Il y a eu plusieurs blessés.
Les grévistes voulaient protester contre le NUM qui est censé les représenter et qu’ils accusent de trahir leurs intérêts. « Nous, les mineurs grévistes, nous sommes fatigués du NUM », a expliqué un employé de la mine d’Amplats.
Ces protestations ont eu lieu au lendemain de l’annonce, par le NUM, d’un accord avec le premier producteur mondial de platine, l’Anglo American Platinum (Amplats), pour réembaucher 12 000 grévistes licenciés. Au lendemain aussi de la démission de sa Directrice Générale, Cynthia Caroll.
Les mineurs grévistes ont assuré qu’ils n’avaient pas été avertis de la conclusion de cet accord.
« Nous ne savons rien de cela, a dit un des manifestant en parlant de l’accord ». Nous n’avons pas été consultés, nous l’avons simplement appris par la radio », avant d’ajouter : « Nous ne pouvons pas retourner travailler tant que nos demandes ne sont pas satisfaites ».
Rustenburg est le chef lieu du bassin minier où a démarré la crise, à la mine de platine de Marikana.

Le gouvernement s’apprête à libéraliser les rapports entre le rail et le train


Le gouvernement s’apprête à libéraliser les rapports entre le rail et le train

Le gouvernement dévoilera demain les grandes lignes de la future réforme du rail qui prépare ce secteur à la libéralisation complète imposée dans le cadre de l’Union Européenne. « Nous voulons une grande réforme ferroviaire », a annoncé mercredi dernier sur France Inter le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Voulant rassurer les cheminots, il a affirmé que la réforme ne se « fera pas contre eux » mais « avec eux ».
Son ministre des Transports, Frédéric Cuvilier, a assuré que le gouvernement allait désormais « passer aux actes », débouchant sur une loi courant 2013.
Depuis 1997, la gestion du réseau est confiée à RFF (Réseau ferré de France) et son exploitation assurée par la SNCF et des opérateurs privés.
La SNCF plaide pour l’unification des activités de transporteur et de gestionnaire du réseau au sein dune holding, RFF soutient lautonomie de sa structure. Selon une source proche du dossier, le ministre pourrait annoncer la création d’un « pôle public unifié » qui prendrait la forme d’une holding comportant deux branches, l’une étant SNCF et l’autre un gestionnaire d’infrastructure unifié (GIU).
La Commission Européenne n’a pas dit son dernier mot. Occupée en ce moment par « la libéralisation du transport régional de voyageurs, le quatrième paquet ferroviaire », elle pourrait exiger une séparation stricte entre rails et trains.
Les cheminots, quand a eux, redoutent les conséquences sociales de la future réforme ferroviaire et de l’ ouverture à la concurrence du transport de voyageurs, qui pourraient remettre en cause le statut historique de la SNCF.

dimanche 28 octobre 2012

Congrès du PS: théâtre d'ombres et clivages sociaux


Une analyse pertinente de Denis COLLIN  paru sur le site de <<La SOCIALE>>

Congrès du PS: théâtre d'ombres et clivages sociaux

Par Denis COLLIN • Actualités • Dimanche 28/10/2012 • 0 commentaires  • Lu 43 fois • Version imprimable 

Le congrès du PS, qui se tient ce week-end à Toulouse, révèle au grand jour les contradictions de ce parti qu’unit seulement l’objectif de la conquête du pouvoir et du partage des postes et autres prébendes. D’un côté nous avons le PS gouvernemental, Hollande, Ayrault, Valls and Co, un PS qui est à quelques points purement cosmétiques près, dans le prolongement de la politique de Sarkozy-Merkel, approuvée, ne l’oublions pas, par l’essentiel des partis sociaux démocrates européens, qu’il s’agisse des Portugais, des Espagnols, des Grecs ou des Allemands… De l’autre, nous avons ceux qui pensent ou prétendent (on n’est pas en mesure de déterminer le degré de sincérité dans les illusions) que le PS reste le parti des salariés, le parti des travailleurs et des jeunes qui devrait un jour ou l’autre, plus tard, dans un temps indéterminé, conduire au socialisme.
Emblématiquement, Valls affirme qu’il expulsera plus de « sans-papiers » que Guéant, et obtient un triomphe à l’applaudimètre et de l’autre côté Gérard Filoche réaffirme ses revendications (35 heures, retraite à 60, SMIC à 1500€) en faisant semblant de croire que c’est l’objectif des socialistes alors que l’appareil s’en moque comme d’une guigne et que ceux qui connaissent les socialistes comme patrons (dans les régions, les départements, les municipalités) savent que leur sensibilité aux revendications sociales est très émoussée. Nous sommes devant un théâtre d’ombres. Ayant renoncé même aux promesses minimalistes de leur programme, les socialistes mènent un terrible combat sur le mariage homosexuel et pour montrer leur indépendance face au gouvernement, certains députés, derrière Bruno Le Roux en ont profité pour proposer un amendement légalisant la procréation pour autrui (c’est-à-dire les « mères-porteuses »). Que cela soit compatible avec la société du « tout au marché », c’est évident et d’ailleurs une partie non négligeable de la droite est ralliée à ces revendications sociétales qui concernent au premier chef les couches supérieures de la petite bourgeoisie intellectuelle. Mais pour ce qui des questions vraiment importantes : salaires, protection sociale, retraites, lutte contre les licenciements, le changement, ce n’est vraiment pas pour maintenant. Dans l’éducation nationale, Peillon se distingue en proposant la légalisation du cannabis, mais maintient intégralement la réforme Chatel du lycée. On ne touchera pas à l’autonomie des Universités qui en conduit de nombreuses au bord de la faillite et à l’urgente nécessité de trouver toujours plus des débouchés « professionnalisants », c’est-à-dire à abandonner toute prétention à un programme d’enseignement et de recherche indépendant au profit d’une soumission toujours plus étroite aux intérêts du capital financier.
Que cache ce théâtre d’ombres ? La réalité du pouvoir et la véritable nature du parti socialiste. On peut distinguer très schématiquement trois couches dans le PS. Tout d’abord, les restes du vieux parti socialiste, parti social-démocrate appuyé principalement sur les salariés moyens (employés et cadres). Compte-tenu de la composition sociale de l’électorat socialiste, ils devraient être le courant dominant du PS. Mais ce n’est pas le cas. Le candidat de la « gauche » a fait un bon score de 28% - meilleur que lors du congrès de Reims, par exemple – mais la « gauche » du PS, celle qui est au plus près des revendications sociales des électeurs socialistes, est écrasée par le poids de l’appareil qui a imposé Harlem Désir au poste de premier secrétaire. Les leaders les plus connus de cette gauche sont bâillonnés : Hamon est au gouvernement, Montebourg est au gouvernement, Emmanuelli comme de coutume tergiverse et finit par s’incliner devant l’appareil.
La deuxième couche est celle des élus locaux, petits et moyens. Ils sont fidèles à l’appareil – investitures obligent, mais inquiets devant la tournure des événements, car il ne fait guère de doute que les prochaines élections locales ne seront pas favorables au PS et que nombre de petits barons devront laisser leur siège, leurs secrétaires, leurs cabinets, leur voiture de fonction et tous ces attributs du pouvoir qui rendent l’existence si intéressante … Ils ne sont donc pas mécontents que la gauche rue dans les brancards et que leurs électeurs puissent se faire entendre des vraies sphères dirigeantes.
La troisième couche est celle des strates dirigeantes qui comprend les socialistes déjà intégrés dans la classe capitaliste transnationale (ceux qui sont dans les institutions européennes ou à l’OMC, par exemple), les socialistes gouvernementaux et les maires des grandes villes et présidents de régions insérées dans la globalisation capitaliste. Le président de la région Île de France n’a ni les mêmes objectifs, ni la même vision du monde qu’un conseiller général de Haute-Vienne. Pour tous ces gens l’avenir est hors du sol national. Ils sont déjà sur une autre planète. Dans cette planète, ils ne sont plus liés du tout aux professeurs et aux agents de la fonction publique qui votent « socialiste ». Ils sont organiquement liés à la classe dirigeante, c’est-à-dire au capital financier. Dans une tribune de « Marianne 2 », Laurent Mauduit dresse un tableau saisissant des apparentements terribles entre hiérarques socialistes et grandes entreprises.
« Au cœur de la machine élyséenne, il y a d’abord Emmanuel Macron qui, avec son titre de secrétaire général adjoint, supervise les questions économiques et sociales. Ex-associé gérant de la banque Rothschild, il a été, sous le quinquennat précédent, le principal collaborateur de Jacques Attali et a assuré le secrétariat de la commission du même nom, chargée par Nicolas Sarkozy de lui proposer de violentes mesures de déréglementation économiques et sociales. A ses heures perdues, Emmanuel Macron est aussi membre del’association En temps réel, un club où se côtoient quelques survivants de l’ex-Fondation Saint-Simon et des figures du capitalisme parisien, avec à sa tête Stéphane Boujnah, un ancien du cabinet de Dominique Strauss-Kahn, aujourd’hui patron de la banque Santander France.
À l’Élysée toujours, il y a aussi le conseiller pour les médias et la communication, David Kessler, qui jusqu’en mai était le bras droit pour la presse du dirigeant français de la banque Lazard, Matthieu Pigasse, par ailleurs propriétaire des Inrocks et copropriétaire du Monde. A Bercy, le mélange des genres entre intérêt général et affaires privées est tout aussi frappant. Le mandat confié par Pierre Moscovici au même Matthieu Pigasse pour le conseiller dans le projet de création de la Banque publique d’investissement (BPI) en est une spectaculaire illustration.
Mais cette porosité entre vie publique et vie des affaires va au-delà. A preuve, le ministre des Finances a aussi confié une mission de conseil à Gilles Finchelstein, un ancien collaborateur de Dominique Strauss-Kahn, qui est aussi un proche du banquier Matthieu Pigasse. De son côté, le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, a enrôlé comme attachée de presse une personne qui auparavant occupait la même fonction auprès de la milliardaire Liliane Bettencourt et du même... Matthieu Pigasse. Lequel banquier a du même coup ses entrées à tous les étages de Bercy, et jusqu’à l’Elysée.
De nombreuses nominations à des postes économiques importants révèlent la même confusion entre vie publique et vie des affaires. De sensibilité de droite, le futur patron de la BPI, Nicolas Dufourcq, qui est lui aussi membre du club En temps réel, s’est illustré dans le passé en amenant Wanadoo, la première filiale Internet de France Télécom, vers la Bourse et... la bulle spéculative de l’époque !
Quant aux personnalités qui ont été chargées de missions de réflexion, elles sont toutes du même acabit. Après avoir bien servi Nicolas Sarkozy en confectionnant son rapport controversé, Jacques Attali a ainsi été gratifié par François Hollande d’une nouvelle mission sur « l’économie positive » – on peine à comprendre de quoi il s’agit, mais, l’important, c’est sûrement qu’il reste dans le jeu !
Administrateur d’Havas (groupe Bolloré) et de Lagardère, mais aussi de la société suisse Nagra, spécialisée dans les technologies de contrôle et de verrouillage sur Internet, Pierre Lescure n’en a pas moins accepté, lui, une mission sur Hadopi. Et, enfin, l’ancien patron d’EADS Louis Gallois, qui est de longue date proche des milieux patronaux et qui défend des thèses économiques pas très différentes de celles de l’UMP, a donc été chargé d’un rapport sur la question de la compétitivité. »
C’est suffisamment parlant pour qu’il ne soit pas nécessaire d’ajouter de commentaires supplémentaires.
Au fond « l’alternance » n’a été que le remplacement d’une fraction de la classe dominante par une autre fraction de cette même classe dominante, sachant qu’entre ces deux fractions il y a bien une vraie lutte (il n’y a qu’un fauteuil pour deux prétendants), une lutte d’intérêts très matériels, mais en même temps un sens profond de la solidarité. Nous sommes presque arrivés au même point que les autres « grandes démocraties », au premier chef la démocratie américaine : c’est une démocratie où le peuple n’a aucun pouvoir mais doit se contenter de participer sans passion au concours de beauté pour départager les deux fractions candidates au pouvoir.
On pourrait croire que la solution « démocratie » serait de créer un nouveau parti, un parti vraiment « socialiste », « vraiment à gauche ». On s’est y beaucoup essayé, de « Die Linke » en Allemagne, au Parti de Gauche et au Front de Gauche en France. Mais ces partis ne parviennent jamais à ébranler vraiment le condominium des partis « de gouvernement ». Et surtout, dès qu’ils touchent au pouvoir, on a tôt fait de constater qu’ils ne sont pas fondamentalement différents de ceux qu’ils prétendent remplacer. « Die Linke » a été construit par un ancien bonze social-démocrate, Lafontaine, appuyé sur les vestiges du parti stalinien d’Allemagne de l’Est, l’ex-SED : ce n’était pas un gage très sérieux de rénovation politique. Le Front de Gauche en France unit une sorte de parti trotskyste dans son fonctionnement et ses effectifs mais à enveloppe social-démocrate, le PG, et le PCF, ou plutôt ce qu’il en reste, c’est-à-dire le fantôme de ce qui fut le premier parti stalinien comme jadis la France était « la fille ainée de l’Église ». Ce front de gauche reste un bon organisateur de spectacles (des meetings de Mélenchon à la fête de l’Huma) mais son influence politique réelle n’est pas supérieure à celle du NPA, du POI et autres particules du même tonneau.
Plusieurs questions se posent à partir de là. Énumérons-les pour voir ensuite dans quelle mesure on y peut répondre.
1)      La « forme-parti » est-elle complètement obsolète et peut-être n’a-t-elle jamais été adéquate à une politique visant à l’émancipation ?
2)      La déclin et parfois la décomposition de l’État-nation n’entraînent-ils pas le déclin du politique en tant que tel ?
3)      L’alternative radicale au capitalisme en crise n’exige-t-elle pas de sortir tout aussi radicalement des jeux politiciens ?
Ces trois questions se recoupent partiellement. Mais il semble que c’est bien autour d’elles que tournent pour l’essentiel les problèmes auxquels nous sommes confrontés.  

Partager cet article

      

Des milliers de manifestants à Rome contre l'austérité


Flash : des milliers de manifestants à Rome contre l’austérité

s'informerHier, des milliers de manifestants ont défilé à Rome pour protester contre les mesures d’austérité du gouvernement de Mario Monti, comprenant hausses d’impôts, baisses des dépenses publiques et réforme du système des pensions.
« Nous sommes ici contre Monti et sa politique, la même politique que dans toute l’Europe, qui a mis la Grèce à genoux et qui détruit la moitié de l’Europe, l’enseignement public, la santé », expliquait, un manifestant.
« Unis avec une Europe qui se rebelle. Débarrassons-nous du gouvernement Monti », lisait-on aussi sur une pancarte de la manifestation.