HISTOIRE et MÉMOIRE
Lettre d'information du site Histoire et Révolution 1er octobre 2026 |
Envoi effectué avec l'appui logistique de l'Irelp |
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« Les choses derrière les choses » Jacques Prévert |
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Cela concerne la deuxième étape de notre travail. La première, en principe, a pour nom barbare quoique grec « heuristique », la méthode qui permet au chercheur de découvrir, de sélectionner et de hiérarchiser les documents qu'il utilise. Nous partons du principe, aujourd’hui, que l’historien.ne a délimité préalablement ce qu’il ou elle veut étudier, sa problématique (terme intraduisible, paraît il), la question qu’il veut résoudre. Par exemple, les raisons de la défaite de tel protagoniste dans tel conflit. En tout, un problème qui n’avait pas été résolu est posé par nous. Nous avons défini les sources à notre disposition ; plus, nous avons fait appel à l’imagination. Quelles sont les sources qui n’ont jamais été utilisées ? Nous nous enthousiasmons toujours, et à juste titre, quand l’un ou l’une d’entre nous découvre et mobilise quelque chose d’inutilisé. Il se trouve que je m’acharne ces jours ci sur la IIIe République et je découvre avec jubilation comment Christophe Bellon a utilisé les archives familiales de Waldeck-Rousseau. Notre travail ne peut rester sans invoquer à un moment ou à un autre Baudelaire ; « Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ? Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau ! » C’est ce neuf qui nous interpelle. «Le plus beau moment, c'est quand on se trouve devant un carton [d’archives] vierge dont on commence à dénouer les attaches » disait Georges Lefebvre. Incontestablement. Il n’existe, peut être, de moment plus exaltant que celui qui établit, donc preuves à l’appui, la validité d’une hypothèse. Cela m’est arrivé quelques fois, rares mais bouleversantes. Mias pour cela l’ouverture d’archives nouvelles était indispensable ; notre travail ne peut pas, ne doit pas, s’arrêter à la surface des choses, même neuves. Il est obligatoire de fouiller bien plus avant, de ne pas se contenter de la surface des choses. Pour reprendre le mot de Josée Mongeau, il faut « débusquer » ; concernant Les Femmes dans la Révolution française, puisqu’il s’agit de la discussion d’hier, je citais son propos et le commentais : « Débusquer les femmes dans les sources c'est chercher une aiguille dans une botte de foin. Elles sont là, mais il faut y regarder de près. II faut dépouiller les sources, page par page, pour entrevoir ça et là un jupon qui dépasse. » Cette appréciation, d’une immense portée, qu’il est indispensable d’avoir sans cesse à l’esprit quand on travaille sur les femmes et la Révolution ne doit pas nous empêcher de saisir son corollaire, les contemporaines et contemporains que nous sommes «débusquent » (parce qu’il faut débusquer) avec la mentalité qui est la nôtre et qui n’est pas celle des femmes et des hommes de l’époque » Insistons, il faut débusquer. Je parlais même de l’inquiétude qui doit nous animer à ce propos : et si ce que je suis en train de lire, de penser, d’écrire n’était tout simplement pas vrai ? Inquiétant ? Assurément oui mais on ne peut avancer dans la solidité de notre travail qu’à ce prix. Ces mots sont bien sommaires, j’ai dit en avoir conscience. Il faudra bien y revenir. Mais ce sera tout pour ce jour. Jean-Marc Schiappa |
21 novembre : rencontre-dédicaces au festival 100% Histoire (Versailles) |


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