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vendredi 25 septembre 2026

Le Monde Moderne - La Quotidienne - Vendredi 25 septembre 2026

 

Interview d’Emmanuel Macron au 20 heures de TF1 et France 2

Rachida Dati perd patience au tribunal, les droits de navigation dans le Golfe, 98 000 hectares brûlés cette année en France, l’UE sanctionne Xenia Fedorova.

 
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Interview d’Emmanuel Macron au 20 heures de TF1 et France 2

Moins d'une semaine après une conférence de presse surprise, Emmanuel Macron a donné une longue interview à France 2 et TF1 depuis le palais de l’Elysée.

Une attaque russe pourrait-elle avoir lieu sur le sol français ? “Oui”, a affirmé Emmanuel Macron, sans détour. “La Russie multiplie les actes hostiles sur les pays européens”, a-t-il précisé, en citant notamment l’attaque ratée de drones explosifs à Leipzig en Allemagne. “Si elle avait réussi, il y aurait eu des morts sur le sol allemand”, selon le chef de l'Etat, qui a également rappelé que la Russie mène depuis plusieurs années des cyberattaques contre la France.

Cependant, Emmanuel Macron a démenti que la CIA aurait informé les services français d'une possible attaque russe imminente dans le sud de la France, contrairement à des allégations publiées dans des médias étrangers.

“Il y a plusieurs indices qui montrent que la Russie est en train de s’organiser pour une nouvelle mobilisation, d’aller chercher des jeunes hommes pour les intégrer aux forces militaires pour faire la guerre”, a dit le chef de l’Etat. Selon lui, une nouvelle mobilisation russe de 300 000 hommes est “un scénario qui nous paraît crédible”.

“Le cœur de notre action va être d’essayer de baisser la tension dans le golfe Persique”, a dit le chef de l’Etat, qui a annoncé l’envoi de “moyens militaires” pour protéger le site de Yanbu au niveau de la mer Rouge, en Arabie saoudite. Ce site énergétique est très important pour l’approvisionnement mondial, et permet l’acheminement de “plusieurs millions de barils” de pétrole. “On se met en situation de protéger ce site”, a expliqué le chef de l’Etat, qui va réunir les pays du G7 pour libérer les stocks de pétrole.

Comment faire baisser durablement les prix des carburants qui s’envolent depuis plusieurs semaines ? “Aujourd’hui, nous voulons d’abord agir diplomatiquement”, a affirmé Emmanuel Macron. “Le cœur de notre action, c’est de faire baisser la tension dans le golfe Persique.” Des efforts diplomatiques qui pourraient rapidement porter leurs fruits, selon le président de la République.

Le chef de l’Etat s’est également montré rassurant concernant les quantités de carburant et de gaz disponibles en France. “On sera à 80% de stocks pleins dans quelques semaines. On va continuer de sécuriser ces volumes”, a-t-il martelé.

Une interdiction des exportations de gazole américain, comme s'y est dit favorable Donald Trump, serait une “mauvaise” décision, a dénoncé Emmanuel Macron. “Je pense que tous les experts qu'il a autour de lui et tous les raffineurs américains ne peuvent lui dire que la même chose.”

Pas de baisse de taxe en vue sur le carburant. Le président estime qu'il vaudrait mieux “baisser les prix” – via des actions diplomatiques – plutôt que “baisser les taxes” sur les carburants.

Emmanuel Macron a également critiqué le RN – sans le nommer – qui propose de baisser les taxes sur le carburant, proposition qu'il qualifie de “démagogie budgétaire”, qui entraînerait des dépenses non financées. Cependant, Emmanuel Macron n'a pas n'exclut de baisser les taxes sur les carburants si l'envolée des tarifs se poursuivait.

Emmanuel Macron a défendu son bilan et les mesures qu’il a mises en place durant le Covid pour relancer l’économie, puis durant la crise énergétique pour protéger les Français face à la flambée du gaz et de l’électricité.

Le chef de l’Etat a affirmé que les dépenses des “dix dernières années” se décomposaient en “un tiers pour protéger les Français des crises”, “un tiers pour préparer la France à l’avenir”, et “un tiers parce qu’on n’a pas assez réformé le modèle social”. “Je ne regrette rien des deux premiers tiers. Je regrette de ne pas avoir été assez efficace et rapide sur le dernier”, a-t-il dit, tout en reconnaissant son échec sur la réforme des retraites, finalement suspendue.

L'Assemblée nationale restera en place dans les prochains mois. Emmanuel Macron a exclu l'idée d'une dissolution en cas de blocage sur le budget. Interrogé sur la colère sociale dans le pays et les appels à relancer le mouvement des gilets jaunes, le président de la République a reconnu que “dans ce contexte, c’est normal qu’il y ait de la colère”.

Rachida Dati sort de ses gonds face aux avocats des parties civiles

Rachida Dati s’est lancée dans une joute verbale devant le tribunal correctionnel de Paris. L’ancienne ministre et ex-eurodéputée, qui faisait le dos rond depuis l’ouverture de son procès pour corruption et trafic d’influence, est finalement sortie de ses gonds face aux questions acérées des parties civiles. La veille, déjà, la tension était montée d’un cran lors d’un interrogatoire incisif des juges assesseurs et du Parquet national financier.

Philippe Goossens, l’un des deux conseils de Renault SAS, aborde les missions de Rachida Dati à l’étranger, menées dans le cadre de sa convention avec Renault-Nissan VB. L’ancienne ministre est intervenue en Turquie alors que la France était menacée de boycott, en plein débat sur la proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien. Carlos Ghosn “craignait” que sa production automobile soit “sanctionnée”, expose la prévenue. “Comment on explique à quelqu’un que Renault n’est pas la France ?”, tique l’avocat. “On présente l’alliance avec Nissan, on explique que Renault n’est pas soumis aux instructions du gouvernement français…”, répond Rachida Dati sans cacher son agacement face à cette question.

La tension monte, puis elle s’emporte. “Je sais ce que vous voyez : on discute, on boit du thé, on est entre Arabes… Je sais ce que vous pensez !”, lâche-t-elle, suscitant des indignations dans la salle. “Madame Dati…”, s’oppose l’avocat. “ Non, je ne m’énerve pas, je dis les choses ! Hier encore, on a dit : ‘Est-ce qu’elle est vraiment avocate ?’, ‘Qu’est-ce qu’elle a fait comme travail ?’”

La présidente du tribunal l'invite au calme : "Pas question d'être sur un débat qui soit essentialisant, nous sommes saisis d'une ordonnance de renvoi devant le tribunal."

Au tour du second avocat de Renault d’entrer en scène. Kami Haeri, lui, se concentre sur l’Iran : “A combien chiffrez-vous l’enjeu de votre intervention ?” “Ecoutez on va pas faire l’Euromillions !”, s’impatiente Rachida Dati. “N’essayez pas de réinterpréter à chaque fois ce qu’on dit ! Je ne serais pas allée en Iran s’il n’y avait pas un enjeu important pour l’alliance” Renault-Nissan. “Monsieur Haeri, je ne suis pas la fée Clochette !”, lâche peu après la prévenue, chauffée à blanc. “Vous dites avoir eu au téléphone des Gardiens de la révolution. Est-ce que vous pouvez nous dire comment ?”, poursuit l’avocat. Rachida Dati assure être passée par l’ambassadeur d’Iran à Paris. “Alors il n’atteste pas de ces contacts, je tiens à le dire”, rétorque Kami Haeri.

Pour précommander le livre

Au milieu de ce jeu de ping-pong, Rachida Dati tacle : “Vous aimez vous écouter parler.” “Est-ce que vous estimez que votre mission [en Iran] était un succès, madame Dati ?”, reprend Kami Haeri. “J’estime que c’était un travail collectif, je n’ai pas sauvé l’alliance Renault-Nissan ! Et en Iran, ils n’ont pas été ennuyés, ne sont pas partis et sont devenus, après, leaders”, souligne Rachida Dati. Les esprits s’échauffent à nouveau, le ton monte. Des “échanges trop stériles” aux yeux de la présidente du tribunal. “Nous suspendons [les débats], cela permettra à tout le monde de retrouver sa sérénité, c’est le vœu le plus cher du tribunal”, insiste la magistrate.

L’audience reprend quelques minutes plus tard, mais la tension ne retombe pas pour longtemps. L’avocat de Renault revient sur la mission de Rachida Dati au Maroc, pour l’usine à Tanger : “Il me semble qu’un accord de financement avait été conclu avant votre arrivée dans le dossier…” “Un ton si doucereux, comme si c’était la vérité judiciaire…”, réplique l’ex-eurodéputée.

Puis la prévenue s’énerve à nouveau. “Quand vous êtes arrivé dans ce dossier, j’ai révélé tous les tweets que vous avez postés sur ma fille, sur moi, sur la paternité…”, attaque-t-elle. “Je ne suis pas le maître des marionnettes de ce dossier : vous pouvez essayer de personnaliser le débat, mais il n’y a aucune animosité personnelle [entre nous], nous ne sommes que des personnes de robe”, répond Kami Haeri. Rachida Dati n’en démord pas : “Il y a toute une série de tweets très sexistes et très racistes sur ma fille, je peux les produire.”

L’ambiance reste électrique quand les avocats des trois associations anti-corruption parties civiles dans ce procès sont invités à leur tour à prendre la parole. Il est question d’une lettre de Corinne Lepage qui, comme la prévenue, est avocate et ancienne eurodéputée. Elle répond dans son courrier à des propos tenus par Rachida Dati à l’audience, qui a fait à plusieurs reprises le parallèle avec sa propre situation. Corinne Lepage énumère dans cette lettre plusieurs précautions prises pour éviter d’être en situation de conflit d’intérêts au Parlement européen.

C’est ensuite l’avocate de Transparency International France qui attaque la prévenue sur son parcours professionnel. Clémence Witt cite le livre de la journaliste Marie-Dominique Lelièvre, Rachida Dati en solitaire. “Il y a eu plus d’une centaine de livres à charge”, balaie l’intéressée. Puis elle hausse le ton : “Mon parcours est issu de pièces probantes, pas d’un ramassis de ragots. Trop c’est trop : vous prenez un torchon pour mettre en cause ce que j’ai vécu !”

Clémence Witt poursuit en revenant sur la polémique qui avait surgi au moment de la nomination de Rachida Dati au poste de garde des Sceaux, en 2007. La presse avait alors révélé qu’elle aurait été reçue à l’Ecole de la magistrature en enjolivant son CV. “Vous n’avez pas honte ? Je ne suis pas poursuivie pour faux diplôme, je répondrai devant la justice !”, s’indigne Rachida Dati à la barre.

Une coalition de 80 pays appelle à restaurer les droits de navigation dans le Golfe

Une coalition de 80 pays a appelé à restaurer la liberté de navigation dans le Golfe. Ces pays ont aussi condamné les attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis au Yémen, qui entravent le transport maritime mondial.

“Nous appelons au rétablissement intégral et sans délai des droits et principes de navigation”, a déclaré le ministre des Affaires étrangères de Bahrein, Abdullatif ben Rashid Al-Zayani, lisant une déclaration commune adoptée à l’issue d’une réunion du Conseil de sécurité à ce sujet.

Le ministre était accompagné pour cette déclaration de dizaines de ses homologues, ainsi que de la Haute représentante de l’Union européenne, Kaja Kallas. “Nous condamnons fermement la décision des houthis de relancer le conflit au Yémen, leurs frappes contre l’Arabie saoudite et leurs attaques insensées en mer Rouge”, a affirmé le ministre bahreini, soulignant que l’avancement des houthis sur le détroit de Bab el-Mandeb ne fera que “augmenter les risques pour le transport maritime international”.

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98 000 hectares ont brûlé depuis le début de l’année en France

Un niveau cinq fois supérieur à la moyenne de ces vingt dernières années et un record depuis 1976. Environ 98 000 hectares ont été brûlés cette année par les 21 000 départs de feu qu'a connus la France hexagonale, a révélé l'Office national des forêts.

C’est “exceptionnel”, selon Juliette Faivre, directrice de l’agence ONF Ile-de-France Est, précisant toutefois que 97% des départs de feu sont éteints avant d’avoir parcouru 10 hectares. Ce bilan, qui devrait être affiné dans quelques semaines, comprend les feux de forêt, mais également les surfaces agricoles et les espaces naturels.

Pour la seule surface forestière, avec 76 000 hectares effectivement brûlés cette année, 2026 est une année record depuis le début des statistiques précises sur ce type d’événement, a précisé Christophe Chantepy, expert à l’ONF dans la défense des forêts contre les incendies. La moyenne annuelle sur les 20 dernières années est de 12 700 hectares. Les données sont collectées de manière précise depuis 1973. Le record de surfaces de forêt brûlées reste pour l’instant celui enregistré en 1976, avec au moins 80 000 hectares.

L’Union européenne sanctionne la chroniqueuse russe Xenia Fedorova

L’Union européenne a décidé d’ajouter la chroniqueuse russe à la liste des personnalités à sanctionner “eu égard aux activités déstabilisatrices menées par la Russie”. “Xenia Fedorova est une personnalité médiatique russe et ancienne cadre supérieure de Russia Today France qui joue un rôle actif dans la diffusion de discours pro-russes en France et dans l’Union, dans le contexte de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine”, détaille l’Union européenne. “La France, comme l’Union européenne, continuera d’entraver les activités de déstabilisation menées par la Russie sur notre sol”, s’est aussitôt félicité le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, sur X. “Notre détermination est entière : ceux qui pensent pouvoir conduire impunément des manœuvres hostiles à notre démocratie en subiront les conséquences.”

Egérie russe des médias de Vincent Bolloré, Xenia Fedorova est déjà dans le viseur du gouvernement français. Fin juillet, elle a reçu un arrêté d’expulsion du territoire, émis par le ministère de l’Intérieur. Elle avait aussi vu ses avoirs gelés par le ministère de l’Economie. L’arrêté ministériel fait état d’un “comportement” qui “porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’Etat”. Le document estime que sa présence sur le territoire français “constitue pour ce motif une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public”.

Par ailleurs, début septembre, le ministre de l’Intérieur avait menacé CNews de “sanctions pénales” si Xenia Fedorova refaisait son apparition à l’antenne. Son retour en visio sur la chaîne du groupe Bolloré constituerait un “contournement” des mesures prises par l’Etat français, “ainsi qu’une facilitation des actions d’ingérence qui lui sont reprochées”.


Le pape, le présiroi, Gaby, Benyamin et Zelensky : du monde dans la revue de presse du jour

Quarante minutes de télévision et pas une once de remise en question. Emmanuel Macron s’est dit fier de son bilan sur TF1 et France 2, a refusé de toucher au prix du carburant, et a annoncé l’envoi de troupes en Arabie saoudite pour protéger un site déjà bombardé par les Houthis. Pendant ce temps, Total encaisse 10 milliards de bénéfices en six mois sans qu’on lui demande un centime de plus. Voilà le résumé de la semaine : ceux qui paient le plein ne sont jamais ceux qui décident du prix.

Macron fier de lui, la France paie plein tarif

Il faut l’entendre balayer d’un revers de main l’idée d’un mouvement social généralisé, lui qui a réprimé les Gilets jaunes et matraqué la réforme des retraites. Il faut l’entendre défendre des sanctions qu’on applique religieusement à la Russie et jamais aux États-Unis, ou s’étonner d’une taxe carbone qu’il a lui-même votée avant même d’arriver au pouvoir. Ce que je reproche à Macron, ce n’est pas seulement l’inaction sur les prix à la pompe ou le renvoi du débat sur les superprofits au niveau européen — sabir bien commode pour ne jamais trancher. C’est cette conviction intacte que rien ne lui est imputable, ce « j’ai rien fait de mal, donc va chier » qu’il sert en creux à chaque interview. Pendant qu’il fait la promotion de son livre « Transformer la colère », on découvre que le référent intégrité de Santé publique France a touché 100 000 euros de Pfizer pendant le Covid avant d’être poussé dehors. Sur LCI, Alain Duhamel commente tout ça sans un gramme d’esprit critique, pendant que la chaîne s’excite sur une hypothétique guerre contre la Russie — un Christophe Barbier en pleine transe qui cherche un Oreshnik tombé sur Rouen. La seule bonne nouvelle de la semaine, c’est qu’il n’y aura pas de dissolution. Gabriel Attal peut souffler.

▶ 04:17 — Macron fier de son bilan, Total encaisse
▶ 10:24 — Macron minimise les mouvements sociaux qu’il a réprimés
▶ 35:21 — Macron botte en touche sur le carburant et les superprofits
▶ 1:07:35 — Macron chez Duhamel, LCI s’affole sur la guerre avec la Russie

La colère monte, le personnel politique s’effondre

Jean-Luc Mélenchon parle d’une période révolutionnaire, d’une France au bord d’une explosion sociale plus dure que les Gilets jaunes. Je le crois volontiers quand je vois Christine Lagarde recevoir David Amiel à Bercy pour préparer un budget d’austérité, pendant que même l’arme nucléaire ne protège plus la France face aux marchés. C’est le scénario grec qui se profile, Troïka comprise. Et en face de cette colère qui monte, qui trouve-t-on ? Gabriel Attal, candidat sans vision, qui répète « école, salaire, frontière, intelligence artificielle » comme un mantra et se dit prêt à devenir « président d’un pays en guerre » contre la Russie sur RTL. Marine Tondelier, elle, préfère accuser d’emblée les critiques de l’aide à l’Ukraine de faire le jeu du Kremlin — une cinquième colonne bien pratique pour ne jamais débattre du Frexit ni d’une sortie de guerre. Ni Attal, ni Tondelier, ni Raphaël Glucksmann n’ont jamais exercé le moindre métier ou mandat qui les frotte au réel. Pendant ce temps, à Madrid, Marie-Carmen, 87 ans, est expulsée manu militari de l’appartement qu’elle a acheté en 1955, malgré la mobilisation de tout un quartier. Scandaleux, mais légal. Et Ouest France supprime 158 postes, plombé par l’échec de sa chaîne Novo. La bulle politico-médiatique continue de tourner sur elle-même pendant que le pays se fissure en dessous.

▶ 16:33 — Mélenchon : « nous sommes en période révolutionnaire »
▶ 38:38 — Gabriel Attal ridiculisé sur sa candidature et l’Ukraine
▶ 49:21 — Tondelier accuse les opposants à l’Ukraine de faire le jeu du Kremlin
▶ 56:27 — Politiques sans expérience, armée en quête de femmes
▶ 1:00:39 — Une octogénaire expulsée à Madrid, Ouest France s’effondre

Le pape à Paris, la sécurité et les scandales

Léon XIV atterrit pour quatre jours entre Concorde, Lourdes et Metz, avec un dispositif de sécurité digne d’un chef d’État en guerre : snipers, chiens détecteurs, anti-drones, gardes suisses. Macron, lui, boude — furieux de ne pas avoir obtenu sa visite privée de Notre-Dame, il boycotte la messe de la Concorde. Une communion ratée, en somme, pendant que les chaînes d’info tournent en boucle sur la « Papamania ». Mais le vrai scandale n’est pas dans le protocole, il est dans les murs. Le pape va loger dans une nonciature du 16e arrondissement dont la chapelle est décorée par les mosaïques de Marko Rupnik, poursuivi par un procès canonique après des accusations d’abus sexuels et psychologiques par une vingtaine de femmes. Le nonce précédent, Luigi Ventura, a quitté ses fonctions en 2019 juste avant sa condamnation à huit mois de prison avec sursis pour agressions sexuelles. Pendant qu’on annule la visite à Bondy en agitant, bien commode, le raccourci entre banlieue, migrants et trafic de drogue, personne ne s’interroge sur qui a peint les murs où dormira le souverain pontife.

▶ 22:28 — Le pape arrive à Paris, Macron boude déjà
▶ 26:34 — La Papamobile, du trône à la voiture blindée
▶ 29:40 — Le pape va loger dans une nonciature aux scandales sexuels

Ukraine, Gaza, Chine : deux poids, mille mesures

On saisit 140 millions de dollars en liquide chez un haut fonctionnaire ukrainien en fuite, des montres de luxe, des voitures immatriculées en Ukraine repérées à Marbella et à Monaco — et la seule réponse qu’on trouve à qui pointe cette corruption, c’est l’accusation de « propagande du Kremlin », y compris contre Marine Le Pen. Certains ont plus de valeur que d’autres, visiblement, et l’argent occidental qui file vers Kiev ne semble jamais avoir à rendre de comptes. À l’ONU, Benyamin Netanyahou se fait siffler et voit une partie de l’assemblée déserter la salle avant d’exhiber les biper piégés qui ont frappé le Hezbollah — sauf la délégation française, fidèle au poste. Un responsable de Médecins sans frontières réaffirme que Gaza réunit tous les critères d’un génocide, pendant que l’actrice Susan Sarandon se fait arrêter à New York pour l’avoir dit trop fort. Face à ce chaos organisé, Xi Jinping affiche une entente cordiale inédite avec Donald Trump — la Chine, ironie du sort, semble décidée à rendre l’Amérique « great again » à sa place.

▶ 45:40 — 140 millions de dollars en cash : la corruption ukrainienne épinglée
▶ 1:16:08 — Netanyahou sifflé à l’ONU, l’accusation de génocide relancée
▶ 1:22:53 — Xi Jinping veut rendre l’Amérique « great again »


Entre un président fier de lui, un pape sous escorte et une classe politique qui n’a jamais rien produit d’autre que des formules, il ne reste plus grand monde pour raconter ce qui se passe vraiment. C’est tout l’enjeu de cette revue de presse, chaque jour.

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L’EDITO

Les palais soignent leurs réceptions pendant qu’on éteint le Tigré

Ce vendredi, les cloches des églises ont sonné dans tout le pays pour saluer l’arrivée de Léon XIV. D’Orly à l’UNESCO, puis jusqu’à l’Élysée, toute la presse a suivi le cortège pas à pas, en direct, jusqu’au détail d’un protocole vestimentaire que l’on nous a décrit avec la gravité réservée d’ordinaire aux traités. On a parlé de « visite historique ». Je me méfie toujours de ce mot : il sert souvent à annoncer l’importance d’un événement avant qu’il ait eu le temps d’en avoir une.

Il y a pourtant une phrase qui m’a arrêté, glissée dans un titre de direct : Emmanuel Macron, dit-on, « attendait plus de ce voyage ». Tout est là. Un chef d’État reçoit un pape comme on reçoit un capital symbolique, avec l’espoir d’en retirer un rendement. Il en espère de la hauteur, de la solennité, une image qui le hisse au-dessus de la mêlée d’où il ne parvient plus à sortir. La visite n’est pas ici une rencontre entre deux institutions. C’est un placement, et le locataire de l’Élysée semble déçu du rendement.

Le même jour, de l’autre côté de l’Atlantique, Donald Trump recevait Xi Jinping à la Maison-Blanche. La presse française a trouvé la formule : il l’a accueilli « en majesté ». La presse anglo-saxonne dit qu’il l’a courtisé. Le vocabulaire du compte rendu est celui de la gestion : on parle de « gestion de la rivalité », d’« incertitudes commerciales ». Il faut peser ces mots. Une rivalité que l’on « gère », c’est un conflit entre puissances que l’on a décidé de traiter à table plutôt qu’ailleurs. Et derrière les « incertitudes commerciales », il y a des usines, des salaires, des prix, des gens qui n’étaient pas invités au dîner et qui en paieront pourtant l’addition. Dans ces réceptions, les peuples ne figurent que comme variables d’ajustement.

Ce que je retiens de ces deux scènes, c’est qu’elles relèvent de la même technique. Le pouvoir se montre en train de recevoir. La cérémonie ne sert pas à produire un contenu, elle occupe le regard. Tant que les caméras cadrent le perron, le tapis et la poignée de main, elles ne cadrent rien d’autre. Guy Debord l’avait écrit mieux que moi : le spectacle n’est pas un ensemble d’images, c’est un rapport social médiatisé par des images. La majesté est un rapport de domination qui a trouvé le bon éclairage.

Et puis il y a ce qu’on n’éclaire pas. Dans le nord de l’Éthiopie, les affrontements ont repris entre les forces fédérales et les rebelles du Tigré. Les dépêches parlent de « combats intenses ». Elles parlent surtout de deux choses qui devraient nous glacer : les restrictions d’Internet et la crainte d’un blocus. Le mot « reprise » suffit à rappeler que cette région sait déjà ce que la guerre veut dire. Pourtant, ce vendredi, le Tigré est resté en bas de page, loin derrière la tenue exigée à l’Élysée.

Voilà le fil que je veux tirer jusqu’au bout. Le même jour où les puissants organisent leur visibilité sous toutes les caméras, un gouvernement organise l’invisibilité d’une région entière. Couper Internet, c’est éteindre le témoin. Un blocus dans une région coupée du monde, c’est une faim que personne n’aura besoin de montrer, parce que personne ne pourra la filmer. Ce sont les deux faces d’un seul pouvoir, celui de décider de ce qui existe aux yeux du monde. D’un côté, on allume : les cloches, les directs, la majesté. De l’autre, on éteint : le réseau, les routes, les nouvelles.

Je ne reproche rien au pape d’avoir été accueilli, ni aux cloches d’avoir sonné. Ce que je reproche, c’est la hiérarchie de l’attention que nous acceptons sans la discuter, comme si elle tombait du ciel. Elle ne tombe de nulle part. Elle se fabrique dans les services de communication des palais, dans les conférences de rédaction qui choisissent le direct le plus rentable, dans l’habitude que nous avons prise de confondre ce qui est montré avec ce qui compte. Une rédaction qui consacre sa journée au protocole d’une réception ne ment pas. Elle obéit simplement à l’agenda de ceux qui reçoivent.

Les peuples du Tigré n’ont pas de protocole vestimentaire, pas de perron, pas de cloches. Ils ont désormais un réseau coupé et la menace d’un siège. Leur malheur ne passe pas à l’antenne, et le monde ne le connaîtra que plus tard, une fois qu’il sera devenu un bilan.

Le silence aussi est un protocole.

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