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mardi 8 septembre 2026

Le Monde Moderne - La Quotidienne : La victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt, une leçon pour les partis d’extrême droite en Europe - le 8.09.2026

 

La victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt, une leçon pour les partis d’extrême droite en Europe

Démission du procureur général ukrainien, proposition de loi contre les VSS, Matignon saisit la justice, journée de grève à la Tour Eiffel.

 
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La victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt, une leçon pour les partis d’extrême droite en Europe

La victoire de l’extrême droite, en Saxe-Anhalt, est un séisme, et pas qu'en Allemagne. Le très haut score du parti Alternative pour l'Allemagne (AfD), qui a récolté 43,8% des voix, est salué par de nombreuses formations d'extrême droite en Europe. En France, le dirigeant du parti d'extrême droite Reconquête, Eric Zemmour, a ainsi parlé “d'heure de vérité”. En Hongrie, l'ancien Premier ministre Viktor Orban a salué “une soirée mémorable pour l'Allemagne et l'Europe”. Côté Espagnol, le leader de Vox, Santiago Abascal, s'est réjoui d'“un grand espoir pour l'Allemagne et pour l'Europe”.

De quoi donner confiance aux différents partis d'extrême droite, qui caracolent déjà en tête des sondages dans de nombreux pays, dont la France. La victoire d’Ulrich Siegmund, chef de file de l’AfD, pourrait influencer le programme des autres formations politiques européennes.

Le parti veut instaurer une ségrégation scolaire entre les enfants de réfugiés et les autres, interdire les symboles LGBT+, supprimer l’audiovisuel public et forcer à la “remigration” de populations immigrées.

En France, le RN observe avec prudence et mutisme la victoire de l’AfD. Marine Le Pen avait coupé les ponts avec son ancien partenaire en 2024, après les propos de l’un de ses cadres sur les Wafen-SS. L’absence de réaction est aussi de mise du côté de la Première ministre italienne, Georgia Meloni. Au Royaume-Uni, le patron de Reform UK, Nigel Farage, est, lui aussi, aux abonnés absents. Certains leaders estiment qu’un soutien à l’AfD pourrait leur coûter des voix.

En coulisses, le Rassemblement national voit cependant dans la victoire de l’AfD un signal positif. Les partis traditionnels ne sont plus en mesure de stopper la montée de l’extrême droite, estime un cadre du RN.

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En Ukraine, le procureur général démissionne sur fond d’accusations de corruption

Accusé de corruption, le procureur général d’Ukraine quitte ses fonctions. “J’ai remis ma démission”, a fait savoir Rouslan Kravtchenko, dans un message publié sur Telegram. “Je ne veux pas que le parquet général soit utilisé en tant qu’outil dans une confrontation politique”, a-t-il ajouté. Cette annonce fait suite à des perquisitions effectuées dans son administration, dans le cadre d’une affaire impliquant le secteur lucratif des centres d’appels frauduleux.

Au moment de mener ces perquisitions, l’agence anticorruption ukrainienne et le parquet spécialisé dans ces affaires avaient annoncé avoir mis au jour un réseau de blanchiment d’argent “dirigé par un responsable du bureau du procureur général”.

Selon les enquêteurs, ce réseau recevait de l’argent pour protéger des centres d’appels frauduleux organisant des escroqueries au téléphone et “légalisait des fortunes se chiffrant en millions”. Des pots-de-vin dépensés pour acquérir des biens immobiliers, des bijoux et d’autres objets de valeur.

Le secteur des centres d’appels frauduleux emploie près de 60 000 personnes en Ukraine, soit l’équivalent des deux tiers des effectifs du secteur bancaire. Il peut générer jusqu’à un milliard de dollars de revenus par mois.

Plusieurs scandales majeurs ont éclaté dans le pays depuis le début de l’invasion russe en 2022, y compris au sein de l’armée. En août, le président Volodymyr Zelensky a limogé Iryna Moudra, l’adjointe de son chef de cabinet, en raison de son implication dans une affaire de blanchiment d’argent. Le bras droit du président, Andriy Yermak, avait quant à lui été poussé à la démission en novembre 2025, pour une vaste affaire de détournement de fonds orchestrée par Timour Minditch, un homme d’affaires considéré comme un proche ami du chef de l’Etat, actuellement en fuite à l’étranger.

Ce que contient la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles

La proposition de loi intégrale concernant les violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants entame son parcours législatif, avec le début de son examen par une commission spéciale de l’Assemblée nationale.

Le texte, inspiré des propositions portées de longue date par les associations féministes et de défense des droits des enfants, a pour objectif de couvrir toute la chaîne des violences, de la prévention et du repérage des victimes au jugement des auteurs.

Après un avis du Conseil d’Etat, cet été, un groupe transpartisan de députés a retravaillé cette proposition de loi portée par l’élue socialiste Céline Thiébault-Martinez. Une fois son examen en commission terminé, elle devrait être débattue par les députés en séance publique début octobre.

Le texte compte rendre obligatoire la formation initiale et continue des professionnels de santé sur les violences sexistes et sexuelles, ainsi que la formation des salariés à la prévention et au traitement de ces questions en entreprise. Il élargirait par ailleurs le statut de lanceur d’alerte pour permettre aux associations d’être protégées lorsqu’elles signalent des violences.

La proposition de loi instituerait par ailleurs un entretien individuel annuel pour chaque enfant à l’école maternelle, y compris en cas d’instruction à domicile, afin de dépister les éventuelles violences commises à son encontre. Ce contrôle d’honorabilité serait rendu obligatoire pour toute personne amenée à travailler, de manière rémunérée ou bénévole, avec des enfants. Elle ambitionne aussi de renforcer le repérage et l’accompagnement des mineurs en situation de prostitution, notamment par des moyens humains et financiers dédiés.

Le texte entend garantir aux victimes de violences sexistes et sexuelles le remboursement intégral des soins liés à ces violences, même si une plainte n’a pas été déposée. Il créerait, dans chaque département, un centre dédié à la prise en charge médicale complète et remboursée des victimes, où il serait également possible de déposer plainte.

Parmi d’autres mesures, il prévoit aussi d’étendre le dispositif du Téléphone grave danger aux victimes de prostitution, de proxénétisme ou de traite des êtres humains. Créé en 2014, il permet aux victimes de violences déjà identifiées qui en sont munies de prévenir rapidement les forces de l’ordre en cas de menace.

Le texte vise à définir un socle d’actes d’enquêtes devant être obligatoirement réalisés avant toute décision de classement sans suite d’une affaire. Parmi eux, l’audition de la victime et du suspect, la préservation des preuves et la recherche d’éventuelles autres victimes. Il prévoit également d’élargir l’aide juridictionnelle sans condition de ressources pour les victimes d’agression sexuelle, et veut permettre aux associations de se constituer partie civile plus facilement.

La proposition de loi veut également mieux protéger les victimes durant les procédures judiciaires, aujourd’hui souvent vécues comme une victimisation secondaire. Après plusieurs mises en cause d’experts judiciaires pour des questions déontologiques, le texte entend encadrer strictement leur mission en leur interdisant “tout commentaire sur la crédibilité de la victime” et en “frappant de nullité les expertises reproduisant des stéréotypes sexistes, ou dépourvues de fondement scientifique”. Il écarterait des listes d’experts les personnes poursuivies ou condamnées pour de telles violences.

Le texte créerait des unités au sein de la police judiciaire pour traiter les violences sexistes et sexuelles et rendrait obligatoire la formation initiale et continue des policiers et gendarmes à ces violences. Si des brigades spécialisées existent déjà dans certains commissariats, il s’agirait de les déployer plus largement sur le territoire pour mieux prendre en charge les dépôts de plaintes et les enquêtes.

La proposition de loi prévoit par ailleurs la création de juridictions spécialisées, avec des tribunaux correctionnels et des cours criminelles dédiés aux violences sexuelles et intrafamiliales, et des juges et procureurs spécialement formés.

Le texte supprimerait le devoir conjugal du droit français et définirait explicitement l’inceste comme un crime spécifique dans le Code pénal. Il prévoit également que le cumul de circonstances aggravantes ou de victimes en matière de viol puisse entraîner l’augmentation de la peine prononcée, jusqu’à 30 ans de réclusion.

Il étendrait par ailleurs le principe de la prescription glissante à l’ensemble des violences sexuelles, y compris celles commises contre des victimes majeures. Déjà intégré dans le Code de procédure pénale depuis 2021 pour les victimes mineures, ce principe permet d’allonger le délai de prescription dans certains cas, et ainsi juger tout de même de très vieilles affaires.

Concernant les mineurs, le texte créerait une ordonnance provisoire de protection immédiate permettant au procureur de statuer en urgence sur les modalités d’exercice de l’autorité parentale en cas d’inceste parental vraisemblable. Il abolirait la “clause Roméo et Juliette” instaurée en 2021 qui permettait de ne pas criminaliser les actes sexuels entre un majeur et un mineur qui avaient moins de cinq ans de différence d’âge.

Sur le volet numérique, le texte prévoit de criminaliser l’envoi non sollicité d’images ou de vidéos représentant des organes génitaux, et de sanctionner le fait de localiser ou espionner quelqu’un via un outil numérique sans son consentement. En matière médicale, le texte ferait explicitement de la stérilisation forcée une infraction criminelle et renforcerait la répression des mutilations sexuelles féminines en faisant courir leur délai de prescription à compter de la majorité de la victime. Il créerait par ailleurs une infraction autonome de mariage forcé.

Matignon a saisi la justice après une fuite sur des travaux internes

Les services du Premier ministre ont annoncé avoir saisi la justice, après que la presse s’est fait l’écho de “travaux internes” suggérant que l’épargne salariale pourrait être imposée dans le cadre de la préparation du budget 2027 de la Sécurité sociale. “Un signalement au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale a été transmis à la procureure de la République de Paris”, font-ils savoir dans un communiqué.

Quelques heures après que le quotidien économique Les Echos a révélé que le gouvernement envisageait de soumettre à cotisations une partie des primes d’intéressement, de participation ou les abondements des employeurs aux plans d’épargne, le Premier ministre a dénoncé “les fuites qui circulent”.

Une fois rendus publics, de tels documents “sont susceptibles d’influer sur la vie économique du pays, notamment en troublant la vie des affaires en incitant des entreprises ou des particuliers à prendre des décisions d’investissement sur la base d’informations erronées”, insiste Matignon, ajoutant dans son communiqué que “la conception du budget relève des intérêts supérieurs de l’Etat et de la nation, et doit être protégée”. Ainsi, “ces faits sont susceptibles de caractériser un abus de confiance ou une violation du secret professionnel”, ont encore insisté les services de Sébastien Lecornu.

La tour Eiffel doit rouvrir après une grève contre la discrimination des employées

La tour Eiffel doit rouvrir après une journée de grève des salariés indignés par l'éviction du personnel féminin lors d'une visite dispensée à un groupe religieux hindou. Le groupe a présenté ses excuses mais nié avoir refusé l'accès “à qui que ce soit”. Une délégation du Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha, proche du Premier ministre indien Narendra Modi, conservateur et nationaliste, a visité samedi le monument parisien.

Gouvernement et candidats à l’élection présidentielle se sont également offusqués. Le maire socialiste de Paris Emmanuel Grégoire a notamment promis une enquête “dans les plus brefs délais”. Après la journée de grève, marquée par des rencontres entre direction et personnel, la tour Eiffel doit rouvrir dans des conditions normales, selon une représentante des salariés de la Société d’exploitation de la tour Eiffel (SETE).

La société d’exploitation du site touristique a reconnu que la délégation hindoue avait demandé une visite qui limite les “interactions avec les femmes”. “Ce n’est évidemment pas une pratique acceptable”, avait réagi Ariel Weil, maire PS de Paris Centre et président de la SETE. Parmi la diaspora, l’association Indian Alliance Paris a vu dans cette inauguration une nouvelle offensive du “suprémacisme hindou”, avec “une vision du monde conservatrice et hindou-nationaliste”.


Gaby et les 1000 troquets dans la revue de presse du mardi

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