Ne plus subir les évolutions et transformations de l’outil de travail, mieux les anticiper en proposant des projets de reconversion, d’innovation et de transformation de l’appareil productif. Telle est l’ambition du plan d’actions syndicales pour l’environnement de la CGT.
La réindustrialisation nécessite l’engagement de tou·tes
Acier, caoutchouc, électronique, automobile, pharmacie, … de nombreuses filières industrielles sont sacrifiées avec la disparition de dizaines de milliers d’emplois. Si la réindustrialisation est une urgence, cela ne peut se faire sous la contrainte de la financiarisation.
La réindustrialisation nécessite un travail actif de toutes les organisations CGT car cette ambition passe par une transformation radicale de la société et du modèle de production en opposition au système capitaliste.
La journée de lancement du 28 mai permettra d'aborder les enjeux de la réindustrialisation : comment répondre aux défis environnementaux ? Comment produire en France en respectant les enjeux environnementaux ? Comment travailler les contradictions sociales et environnementales ?
L'objectif de la journée est aussi de favoriser la reprise en main, par les salarié·es, de la finalité de leur travail. Cette rencontre permettra de faire connaître les outils CGT et les différentes démarches pour aider à construire un projet alternatif de reconversion ou de transformation de l’appareil productif.
Enfin, le 28 mai sera aussi l’occasion d’interpeller les candidats aux Européennes (PCF, LFI, EELV, LR, PS, Renaissance) sur les responsabilités de l’Europe et de la France dans toutes les délocalisations de notre industrie et sur leurs propositions pour améliorer les normes sociales et environnementales.
La journée de lancement du plan d’actions est une première étape pour engager ce travail collectif dans chaque territoire. Cette journée offrira aux militants des outils et arguments pour construire des propositions sociales et environnementales pour la réindustrialisation du pays.
Rendez-vous le 28 mai, pour la journée de lancement du plan d'actions syndicales pour l'industrie et l'environnement au siège de la CGT à Montreuil, Patio Georges Séguy.
Les bombes (ou armes) à sous-munitions sont des bombes lancées par voie terrestre ou aérienne qui, une fois en l'air dispersent des centaines de « sous-munitions » des munitions à peine plus grosses qu'une bille qui explosent lorsqu'elles touchent le sol. Ce format leur permet de toucher une zone très vaste, qui peut aller jusqu'à plus de 300 m², ce qui en fait des armes extrêmement efficaces sur le champ de bataille. L'inconvénient en revanche, c'est qu'elles sont assez peu précises et touchent donc indistinctement installations militaires et civiles. Le deuxième gros inconvénient, c'est qu'une partie non négligeable des sous-munitions n'explose pas au sol (le chiffre varie selon les pays mais les experts estiment la moyenne à 20 % des sous munitions). Elles peuvent rester dans le sol et exploser plusieurs années plus tard lorsqu'une personne non informée tente de les manier. Les enfants sont particulièrement touchés, attirés par leur format semblable à celui d'une bille, et leur aspect brillant. Des centaines de ces armes ont été lâchées sur le Laos par les États-Unis durant les années 1960, dans le contexte de la guerre du Vietnam. Aujourd'hui encore, chaque année, des innocents sont tués ou mutilés par la faute des résidus. On estime à 25 000 le nombre de personnes tuées ou blessées à cause des résidus. Plusieurs personnes estiment même qu'il faudra attendre la fin du siècle pour que les zones concernées soient totalement déminées. En 2022, 1 172 personnes ont été tuées ou blessées à cause de ces armes dans le monde, dont 95 % de civils, selon Human Rights Watch.
En juillet dernier, le gouvernement américain a annoncé qu'il allait livrer des sous-munitions à l'Ukraine. Le président cambodgien, dont le pays a également été durement touché par les bombardements américains des années 1960, a mis en garde contre ces armements. Il a appelé les Etats-Unis à ne pas les fournir à l'Ukraine et les Ukrainiens à ne pas les utiliser, au regard de l'expérience de son pays. Plus de 120 pays ont adhéré à la convention d'Oslo, signée en 2008, qui interdit l'utilisation, la production, le transfert et le stockage d'armes à sous-munitions. La France, l'Angleterre ou l'Allemagne sont signataires quand plusieurs grands pays d'envergure mondiale ne l'ont pas signée : la Chine, la Russie, les États-Unis, mais aussi le Brésil, l'Inde… En livrant des bombes à sous-munitions à l'Ukraine, les Etats-Unis prennent le risque de se mettre en porte-à-faux avec leurs alliés occidentaux qui ont interdit ce genre d'armes. Ainsi, l'Espagne, la Grande Bretagne, le Canada entre autres condamnent ou découragent l'utilisation de telles armes. Ce conflit autour de leur utilisation reflète bien ce double aspect des armes à sous-munitions : un grand intérêt tactique allié avec des dommages collatéraux considérables.
Quelques mois plus tard, on peut commencer à évaluer l'impact de ces armes dans le conflit ukrainien. Les premiers retours du front font état d'un succès certain. John Kirby, porte-parole du département de la Défense des États-Unis, rapportait dès le 21 juillet dernier « Nous avons eu des retours ukrainiens et ils semblent utiliser efficacement ces bombes ». Anatoliy Kharchenko, capitaine de l'armée ukrainienne estimait quant à lui que « les bombes à sous-munitions sont utiles et efficaces ». L'exemple de Robotyne, où les bombes à sous-munitions ont permis la libération d'un peloton bloqué de l'armée ukrainienne, est emblématique de ce succès.
Pour apaiser les réserves occidentales, les États-Unis ont affirmé que leurs bombes avaient un taux de raté de 2,35 %, chiffre invérifiable car la méthode de calcul est classifiée. De leur côté les Ukrainiens ont annoncé ne viser que les espaces où des militaires étaient concentrés et éviter les zones urbaines. Ils ont également annoncé tenir une liste précise des lieux visés, pour pouvoir les déminer à la fin de la guerre. Cependant alors que Kiev est en difficulté dans sa contre-offensive, ces armes pourraient participer d'un rééquilibrage, ce qui pourrait pousser l'Ukraine à les utiliser massivement.
De son côté la Russie nie utiliser ce type d'armes mais plusieurs sources font état de dégâts causés par des armes qui y ressemblent fortement. L'observatoire des armes à sous-munitions fait état de centaines d'attaque d'armes à sous-munitions par les forces russes.
Benoit Bertan de Balanda
Si un ami vous a transféré cet email et que vous n'êtes pas encore abonné(e) à LSDJ, faites-le, c'est gratuit : Je m'inscris
Les mouvements populaires brésiliens lancent un manifeste de solidarité avec le peuple vénézuélien. Ce manifeste a déjà été approuvé et signé par 19 organisations sociales, intellectuels, politiciens, personnalités publiques et parlementaires. "Compte tenu de la polémique autour du processus électoral vénézuélien, nous souhaitons exprimer notre opinion. Brésil, 2 avril 2024.” Traduction : Thierry Deronne Premiers […]
Après l’attentat à Moscou, la Russie met en garde la France et ses services secrets
Sébastien Lecornu et Sergueï Choïgou se sont entretenus au téléphone pour la première fois depuis octobre 2022.
Par Le HuffPost avec AFP
AFP/MONTAGE HUFFPOST
Sergueï Choïgu et Sébastien Lecornu, ministres de la Défense russe et français, ont eu un entretien téléphonique le 3 avril 2024.
INTERNATIONAL - C’est une menace à peine voilée. Après un appel entre les ministères de la Défense russe et français ce mercredi 3 avril pour parler notamment de l’attentat terroriste qui a eu lieu à Moscou fin mars, le Kremlin a mis en garde contre toute implication de Paris dans cette attaque.
« Le régime de Kiev ne fait rien sans l’aval de ses superviseurs occidentaux. Nous espérons que, dans ce cas, les services secrets français ne sont pas derrière cela », a indiqué Sergueï Choïgou, dans le communiqué de son ministère relatant l’appel. Bien que l’attentat ait été revendiqué par le groupe État islamique, la Russie s’entête à y voir la main de l’Ukraine et de ses alliés occidentaux.
Cette conversation d’une heure, la première depuis octobre 2022, s’est déroulée à l’initiative de Paris qui a rappelé que la France « ne disposait d’aucune information permettant d’établir un lien entre cet attentat et l’Ukraine » et a demandé à Moscou de « cesser toute instrumentalisation ».
Macron tacle des « commentaires baroques et menaçants »
En marge d’un déplacement sur l’inauguration du centre aquatique olympique à Saint-Denis, Emmanuel Macron a dénoncé des « commentaires baroques et menaçants ». « C’est ridicule » et « tout cela n’a aucun sens », a fustigé le président de la République. En parallèle, il a dit n’avoir « aucun doute » sur le fait que la Russie cible les JO, notamment « en termes informationnels ».
Ancien chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian a également regretté sur Sud Radio que Moscou se serve de la menace terroriste « à des fins de propagande », estimant l’accusation portée contre la France « délétère et intolérable », parlant même de « manipulation extrême ». Cet épisode a également inspiré une réflexion à l’ancien ministre français des Affaires étrangères, qui voit dans l’attitude du Kremlin une menace pour « les grands principes de sécurité qui avaient été acquis progressivement depuis la fin de la dernière guerre ».
Paris avait également auparavant affirmé que, lors de cet appel, le ministre des Armées français Sébastien Lecornu avait « rappelé la disponibilité de la France » à des « échanges accrus » avec la Russie dans la lutte contre le « terrorisme » après l’attentat du 22 mars revendiqué par l’EI.
Friture sur la ligne
Le 22 mars, des hommes armés ont pénétré dans une salle de concert avant d’ouvrir le feu sur la foule et de mettre le feu au bâtiment. Au moins 144 personnes sont mortes et 360 ont été blessées dans cette attaque revendiquée par l’EI.
Le ministère russe est par ailleurs à nouveau revenu sur les récents propos polémiques d’Emmanuel Macron, qui avait estimé en février qu’envoyer des troupes en Ukraine ne pouvait pas « être exclu ». « Sergueï Choïgou a indiqué qu’en cas de réalisation (de ces déclarations, NDLR), cela créera des problèmes pour la France elle-même », a affirmé le ministère russe.
L’entretien a aussi porté sur la guerre en Ukraine, et il semble y avoir de la friture sur la ligne entre Paris et Moscou. Le ministère russe a en effet déclaré dans son communiqué qu’« il a été noté une disposition à dialoguer concernant l’Ukraine. Le point de départ pourrait être “L’Initiative d’Istanbul pour la paix” ».
Des propos, a priori inattendus de la part de la France, immédiatement démentis par Paris. Le ministre russe a bien affirmé « être prêt à reprendre le dialogue sur l’Ukraine » mais « la France n’a accepté ni proposé quoi que ce soit » sur ce sujet, a souligné à l’AFP l’entourage du ministre français. Sébastien Lecornu avait plus tôt indiqué dans un communiqué avoir « condamné sans réserve la guerre d’agression que la Russie a lancée en Ukraine » pendant cet appel.